La situation économique au Liban, la bourse de valeur de Beyrouth

By 26 August 2013

La bourse de valeur de Beyrouth – Chapitre I :

Section1- La situation économique au Liban

La croissance économique du Liban a rebondi en 2003 à 5% et a atteint 6% en 2004 (selon l’INSEE). Les importations, qui représentent environ 80% de la consommation intérieure, elle-même comptant pour la 2/3 de la croissance du PIB, ont progressé de 31%. Tirées par le redémarrage de l’investissement dans le secteur de la construction et le développement du tourisme, elles atteignent leur plus haut niveau historique (9,4Md USD) et contribuent au creusement du déficit commercial (7,6Md USD, +35%), les exportations n’augmentant dans le même temps que de 15% à 1,7Md USD. Après le choc négatif qu’a constitué l’assassinat de l’ancien président du Conseil, Rafik Hariri le 14 février 2005, l’activité économique se redresse graduellement et la situation financière continue de s’améliorer. L’année 2005 se traduira néanmoins par une croissance faible voire nulle et une détérioration des finances publiques. Le succès de la récente émission obligataire devrait permettre au trésor d’assurer ses besoins de financement en devises jusqu’au printemps 2006.

1.1- Le PIB

L’’évolution du PIB au liban est passe du plusieurs période. Entre 1964 et 1974, le PIB libanais a progressé rapidement selon un rythme moyen annuel de 9,9 %, ou de 7 % à prix constant.

Au niveau sectoriel, les services représentaient l’essentiel de la richesse du pays (69 % du PIB), devant l’industrie (22 % contre 20 % en 1964) et l’agriculture (9 % contre 12 % en 1964).

En 1974, la contribution du secteur public au PIB était de 6,8 % contre 8,4 % en 1971. A partir de 1977, le PIB a progressé à nouveau rapidement et régulièrement pour atteindre 4,7 milliards de dollars en 1983.

De même, on assiste à un renforcement du rôle du secteur public dont le poids dans le produit intérieur brut atteint 30 % en 1983.

A partir de 1983, le Liban entre dans une récession aiguë. L’aggravation des conflits armés, notamment interlibanais, la baisse des revenus des pays producteurs de pétrole et en conséquence celle des transferts des Libanais du Golfe, on passe de 130 à 38 millions de dollars par mois en moyenne, le déséquilibre croissant de la balance commerciale expliquent qu’à la fin de la guerre, en 1990, le PIB équivalait au tiers de celui de 1974.

On observe, dès 1991, une amélioration de la situation économique, due à un effet de rattrapage et à la politique de M. Hariri. Le PIB atteint 12,3 milliards de dollars en 1996, soit une progression de 11,8 % par rapport à 1995, En 2004 le PIB devient 24 milliards de dollars (175% d’endette générale)1 Le revenu par habitant est aujourd’hui supérieur à celui des autres Etats de la région, excepté Israël et les pays du Golfe. En revanche, on assiste depuis la fin de 1995 à un tassement de la croissance économique largement imputable au contexte régional.

1.2- La monnaie et le prix

Longtemps considérée comme une monnaie forte, la livre libanaise (LBP) s’est dépréciée rapidement pendant les années de guerre. Echangée avant 1975 selon un taux régulièrement proche de 2,5 LBP pour 1 USD, la livre tombait à 3,10 pour 1 USD en 1976, puis 5,26 en 1983.

A partir de 1984, la dépréciation s’accéléra pour atteindre le taux de 1 200 LBP pour 1 USD en septembre 1990.

En février 1992, la décision de la Banque du Liban (Banque centrale) de ne plus soutenir la livre fit passer à cette dernière le seuil des 1 500 LBP pour 1 USD.

Avec la nomination de M. Rafic Hariri au poste de premier ministre, la livre qui s’échangeait à 2 800 pour 1 USD s’est raffermie sur le marché des changes et, depuis le début de l’année 1993, progresse régulièrement face à cette devise. En 1996, le taux de change est de 1 550 LBP pour 1 USD. Il convient de noter que la monnaie nationale est également soutenue par des taux d’intérêts élevés (autour de 15 %).

1.3- Les balances et la dette publique

Le Liban est un pays structurellement importateur. Son déficit commercial se monte à 6 500 millions de dollars en 1996. Malgré cette caractéristique, la balance des paiements est pratiquement toujours équilibrée ou excédentaire (+ 730 millions d’USD en 1996). Ceci s’explique essentiellement par les entrées de capitaux provenant de la diaspora libanaise. Parallèlement, on peut observer une augmentation du déficit public depuis 1991 (726 millions d’USD en 1991, 3 400 en 1996, 8100 en 2004), qui s’explique par le coût de la reconstruction ainsi que par la faiblesse des recettes fiscales. Cela entraîne un endettement important de 42 milliards de dollars à la mi 2005, principalement interne qui pourrait déboucher, si des dispositions correctives n’étaient pas prises à temps, sur une crise monétaire.

1.4- L’emploi

Jusqu’en 1975, le cinquième de la population libanaise vivait de la terre alors qu’une grande partie des citadins (26 %) travaillait dans le commerce ou les services.

Aujourd’hui, le problème de l’emploi au Liban est grave dans la mesure où tous les secteurs d’activité connaissent une pénurie de main-d’oeuvre qualifiée due aussi bien à la guerre (mort infirmité) qu’à l’émigration et l’absence de formation professionnelle.

Les études réalisées à l’époque montrent qu’entre 1975 et 1977 (les deux premières années de la guerre civile), 30 % des salariés de la construction, 50 % des employés de l’industrie, 15 % des commerçants et 10 % des professionnels des services ont émigré de manière définitive.

Par ailleurs, la chute de la livre libanaise a également entraîné une compression dramatique du pouvoir d’achat d’une grande partie de la population active. Dans le même temps, faute d’investissements, le nombre des chômeurs n’a fait que croître. Ainsi, selon les Nations unies, en 1990 le taux de chômage était estimé à 35 %. En 1996, ce taux a été évalué à environ 20 %1.

1.5- Le secteur tertiaire

Avant la guerre, Beyrouth était une place bancaire régionale très active. En effet, de nombreux établissements bancaires avaient été amenés à quitter le Caire pour Beyrouth en 1952. De plus, à partir de 1973, une grande partie des revenus pétroliers des pays du Golfe a été gérée par les banques libanaises. Dès le début des hostilités, le système bancaire, très fragilisé par le premier choc pétrolier, a connu un rapide déclin qui a pu toutefois être enrayé par la mise en place de nouvelles lois sur les banques offshore, le capital minimum des établissements bancaires et un rôle plus important de la Banque centrale. Après s’être redressé en 1978, le secteur bancaire a rencontré de nouveaux problèmes en 1982 avec l’invasion israélienne et surtout en raison de la dépréciation rapide de la livre libanaise.

Depuis la fin des évènements, quinze banques commerciales se sont vues retirer leur licence, et sept autres ont cessé leur activité. En 1996, 82 banques étaient effectivement actives.

Le système bancaire constitue donc l’un des piliers de l’économie libanaise, et ce, depuis le début des années 50. Le Liban reste l’un des rares pays où la dimension monétaire est tradi- tionnellement supérieure à la dimension économique : le bilan consolidé du secteur bancaire équivaut à 160 % du PIB, alors qu’il y contribue à hauteur de 8 % jusqu’au 72 milliards de dollars en 2005 (300% de PIB).

Les particularités de ce secteur au Liban, qui sont à l’origine de son développement, sont principalement :

– une totale liberté de change et de transferts de capitaux.

– le secret bancaire, institué par la loi du 3/9/56.

– la possibilité d’ouvrir un compte numéroté.

– l’exonération des carnets d’épargne et des comptes courants ouverts de l’impôt sur le revenu des capitaux mobiliers.

On parle également de dollarisation de l’économie puisque les flux en devises n’ont cessé de progresser pour atteindre 60 % des dépôts et 87 % des crédits en 1996.

Les difficultés rencontrées par le secteur bancaire et les exigences liées à la reconstruction ont conduit les autorités libanaises à modifier, depuis trois ans, la réglementation bancaire dans un souci de sécurité et d’efficacité. Depuis avril 1995, par exemple, le Liban a décidé de s’aligner sur les termes de l’accord de Bâle et de porter le taux de solvabilité de ses banques de 3 à 8 % et d’imposer un capital minimum aux établissements bancaires.

La grande majorité des banques étrangères implantées au Liban est française. Ces banques françaises représentent environ 25 % du marché :

Banque nationale de Paris succursale « Intercontinentale », Crédit lyonnais, filiale à 89 %, Banque Indosuez actionnaire à 51 % de la, Banque libano, française, Crédit agricole actionnaire à 6 % de la Fransa bank, Société générale actionnaire à 50 % de la Société générale libano européenne de banque, Banque Paribas actionnaire à 10 % de la Société nouvelle de la banque de Syrie et du Liban.

1.6- Le commerce

Il n’existe aucune statistiques permettant d’apprécier le nombre de commerçants au Liban.

Lire le mémoire complet ==>

(La Bourse de Beyrouth : Test de l’efficience du marché financier)
Mémoire de fin d’année du Master 2 recherches APE « analyse et politique économique »
Université Montpellier 1