La place du cacao dans l’économie ivoirienne

By 10 August 2013

II.3. LA PLACE DU CACAO DANS L’ECONOMIE IVOIRIENNE

II.3.1. Importance du cacao

Premier produit d’exportation et principale source de devises, le cacao fait vivre environ 6 millions d’Ivoiriens, soit plus d’un tiers de la population. Il représente 40% de la production mondiale.

Le cacao se trouve ainsi au centre d’une agriculture exportatrice qui constitue la clé de voûte de l’économie nationale depuis l’indépendance en 1960.

Jusqu’à la fin des années 1970, les cours mondiaux sont au zénith et l’État engrange des bénéfices importants.

Il dispose d’une machine bien rodée: la Caisse de stabilisation (CAISTAB) qui fixe les prix du cacao et du café et qui fixe aussi les prix d’achat aux planteurs, délivre les autorisations aux exportateurs et prélève les taxes.

La CAISTAB compense la baisse éventuelle des cours auprès des exportateurs et continue à payer le prix garanti aux planteurs. Le pays de l’éléphant est alors présenté comme un modèle de performance économique et de stabilité politique sur le continent africain à travers le cacao.

II.3.2. Évolution du Cacao

Le cacao, originaire de la forêt amazonienne, est incontestablement la première richesse de la Côte d’Ivoire. Introduite dès les premières années de sa colonisation, vers 1880, dans la région du Sud-est. Fort de 2 176 000 ha cultivés en 2000, la Côte d’Ivoire est au premier rang mondial depuis 1980. En 2004, avec 1,4 million de tonnes, le pays représentait à lui seul 60% de la production africaine et 40% de la production mondiale.

Évolution du Cacao

Lengende: Évolution du cacao en côte d’ivoire

La figure nous montre une évolution Pour l’ensemble de la période 1970-2003, on enregistre une moyenne annuelle de 841,5. C’est en 2000 qu’on enregistre le plus haut niveau (1 300) et c’est en 1970 qu’on enregistre le plus bas niveau(179,2). Le changement enregistré entre la première et la dernière année est 625%. Pour mesurer ce changement, nous disposons des résultats pour 11 années de la période 1970-2000. Sur la base de ces informations, on peut estimer qu’en 2010 ces données devraient être de l’ordre de 1 648,6. Construite selon un modèle statistique fort simple, cette prévision présente un niveau de fiabilité élevé puisque les variations des 30 années présentent une structure relativement simple.

Cela nous amène à dire que la Côte d’Ivoire restera le premier producteur mondial de cacao au plus tôt jusqu’en 2010 et au plus tard jusqu’en 2015. Telles sont les prévisions de l’organisation Internationale du Cacao (ICCO).

II.3.3. Évolution de la qualité

La qualité, c’est l’ensemble des caractéristiques qui conditionnent la vente du cacao à un bon prix. La qualité, c’est d’abord un engagement, une volonté de mieux faire (d’après TAPE DOH ex PCA de la BCC).

Tout le cacao produit en Côte d’Ivoire est traité par voie humide. Selon le mode de traitement, on aboutit à la qualité « fully washed » ou à la qualité « washed ».

Au sein de chaque qualité, on distingue différents grades :

le grade 1 ou G1
le grade 2 ou G2
et le sous-grade ou S/G.

Les grades sont les échelons du classement du cacao marchand accepté par les professionnels de la filière cacao. Ce classement est basé sur les défauts de moisissure, d’ardoisée et de défectuosité.

Pour déterminer les grades, on utilise le test à la coupe encore appelé analyse, de 300 fèves de cacao. Cette analyse permet de connaître le pourcentage de fèves moisies, le pourcentage de fèves ardoisées et le pourcentage de fèves défectueuses.

le tableau ci dessous indique les caractéristiques de chaque grade.

Grade Fèves moisies Fèves ardoisées Fèves défectueuses
G1 ≤ 3% ≤ 3% ≤ 3%
G2 ≤ 4% ≤ 8% ≤ 6%
Sous-grade › 4% › 8% › 6%

Source : A.C.E

Exemple de classement en grade

Grade Fèves moisies Fèves ardoisées Fèves défectueuses
G1 1,66% 2,33% 0,66%
G2 3,66% 6,66% 2,00%
S/G en moisissure 4,66% 2,66% 1,33%
S/G en défectuosité 3,66% 6,33% 7,00%

Source : A.C.E

Nous avons poursuivi nos recherches dans la nouvelle boucle du cacao ou la qualité du cacao-marchand laisse toujours à désirer dans la grande région forestière. Les déchets, placentas, grains noirs collés sont la caractéristique des fèves sèches prêtes à être commercialisées.

Les organisations des professionnels agricoles qui pensent que cette mauvaise qualité influence le prix bord-champs pointent un doigt accusateur sur la présence des multinationales ou encore des exportateurs dans les campagnes. Ces coopératives s’inquiètent aussi de la course au tonnage organisée par les traitants, qui soucieux d’atteindre les objectifs qu’ils se sont fixés à l’ouverture de la campagne, favorisent ainsi la mauvaise qualité.

La concurrence, constate-t- on, est vive sur le terrain du cacao. Et ce, depuis le mois d’octobre dernier dans le Sud-Ouest de la Côte d’Ivoire. Cela fait dire au président d’une coopérative agricole à Zégban, un village de la commune de Fresco, qu’ ” en Côte d’Ivoire il y a plus d’acheteurs que de planteurs de cacao et c’est ce qui favorise le mauvais traitement des fèves de cacao.”

Les nombreuses séances de formation des producteurs de cacao sur la qualité, organisées par l’Agence Nationale d’Appui au Développement Rural (ANADER), apparemment, n’ont pas donné de résultat. A preuve les paysans, une fois le cacao cabossé, ramassent les fèves blanches, non encore fermentées, pour les mettre à la disposition des pisteurs< qui opèrent avec les traitants.

“On ne sépare plus les bonnes fèves des déchets et les placentas du cacao. Le pisteur achète le produit non fermenté qu’on appelle dans notre jargon” poto-poto” au nom du traitant pour aller le verser devant son magasin sur une bâche noire. Tout cela parce que le paysans est le plus pauvre maillon de la chaîne producteur-acheteur-usinier.”, explique Ndri Faustin, président du conseil d’administration de la coopérative ECA Gomenébéri

Lire le mémoire complet ==> (La gestion de risque de prix liée à la commercialisation du cacao en Côte d’ivoire)
Mémoire présente pour l’obtention du Diplôme de Master en Négoce des matières premières 4 produits (Café-Cacao, Anacarde, Coton et Pétrole)
Institut Supérieur de Formation Professionnelle et Technique I.S.F.P.T- École Supérieur Internationale des Matières Premières E.S.I.M.P