La mesure de la rentabilité  d’un fonds de commerce

By 28 August 2013

2- Mesure de la rentabilité :

Généralement, le propriétaire de fonds de commerce s’intéresse surtout à la somme qu’il doit immobiliser de façon permanente dans l’exploitation et dont il attend un revenu. C’est donc en se basant sur le revenu net probable que le propriétaire va décider quelle somme lui parait correspondre à un investissement global raisonnable.

Si par exemple, il escompte un revenu net de 40.000D,il acceptera d’investir 240.000D parce que relativement à l’objet de l’entreprise au lieu et à l’époque de l’acquisition la capitalisation du revenu se fait couramment au taux de 16.7% mais ces 240.000D qui pour l’acquéreur constituent un maximum vont se répartir au fonds de roulement(70.000D), le reste pour le prix de revient de l’affaire (140.000D) et 30.000D au fisc et aux intermédiaires.

Par conséquent le coefficient à appliquer au revenu doit tendre à traduire non la valeur du fonds de commerce, mais le montant du capital investi de manière à fixer la rentabilité globale et réelle de l’entreprise, il faut donc distinguer entre le taux de placement, et le taux de capitalisation. Le capital engagé est défini comme étant :

Capital engagé= valeur du fonds + frais d’achat + fonds de roulement
d’où
Valeur du fonds= n * revenu net – (fonds de roulement + frais d’achat)

a- Le fonds de roulement :

Le fonds de roulement a une incidence sur la rentabilité réelle. En effet, si les marchandises se règlent par traites et sont parfois déjà vendus la facture se présente ; par contre il existe un stock de départ nécessaire, qui pendant toute la durée de l’exploitation représente souvent un capital considérable.

D’autre part, il existe des déboursés permanents, tels que dépôts de garantie, loyers d’avance, salaire du personnel, et c… qui même portés aux frais généraux constituent une avance de fonds.

Il en résulte que la rentabilité réelle d’une entreprise est appréciée inexactement si l’on ne tient pas compte du fonds de roulement.

La question qui peut être posée est celle de la déduction du bénéfice l’intérêt du fonds de roulement. Certains auteurs proposent la déduction du bénéfice net, pour l’estimation du fonds, l’intérêt normal des sommes que l’exploitant doit nécessairement placer dans son entreprise comme fonds de roulement.

Cette pratique n’est pas recommandable. Le commerçant qui investit de l’argent et une certaine somme de travail qu’il fournit dans une activité commerciale ne fait pas de distinction dans la rémunération qu’il reçoit au titre de ses diverses prestations (prix d’achat, frais d’acquisition, fonds de roulement et travail) il spécule ce revenu global.

A partir d’un exemple on peut montrer que l’on doit s’abstenir de ventiler l’intérêt revenant aux diverses prestations consenties par le commerçant. Soit un fonds de commerce dont le prix de revient proprement dit est de 150.000D (prix d’achat et frais d’acquisition), un fonds de roulement de 80.000D, l’investissement total s’élève à 230.000D. Si le bénéfice commercial est supposé égal à 30.000d, on déduit la rémunération normale du travail fourni, arbitrée à 22.000D et l’intérêt à 10% du fonds de roulement soit 8.000d, on voit qu’il ne reste plus de revenu à capitaliser pour compenser la déboursé en prix de revient comme il n’y a pas de raison de ne pas évaluer l’intérêt de ces 150.000D pour les porter aux frais généraux, on aboutirait ainsi à déduire que le prix de revient du fonds est égal à n fois la perte annuelle.

b- Les facteurs directs de la rentabilité :

La rentabilité globale d’un fonds de commerce étant un facteur essentiel et principal de sa valeur il convient donc de voir les facteurs de cette rentabilité ainsi que son incidence sur le revenu.

Nous avons vu précédemment que :

n*revenu net = valeur du fonds + frais d’achat + fonds de roulement
revenu net = vente – (achats + frais généraux)

Le revenu net dépend d’une part de l’importance des ventes et d’autre part des frais généraux de l’entreprise, les achats sont proportionnels aux possibilités d’écoulement de la marchandise objet du fonds de commerce.

Dans l’estimation d’un fonds de commerce, l’étude des frais généraux est capitale car l’incidence de ces frais sur la détermination comptable du bénéfice net est évidente. Il faut donc procéder à des réajustements par exemple réintégrer au bénéfice les amortissements excessifs, fournitures diverses empruntées à l’entreprise, et c…

Il existe de multiples moyens de vérifications comptables, des normes permettant de juger si la part relative des frais généraux est en rapport avec les usages de la branche exploitée et de conclure à une bonne ou mauvaise exploitation.

Chiffre d’affaire : le volume des affaires réalisées par une entreprise est fonction des achats, et d’autre part il varie selon la clientèle et l’achalandage dont l’entreprise dispose.

La clientèle et l’achalandage : la clientèle et l’achalandage sont très importants qu’on les assimile le plus souvent au fonds de commerce. Pour trouver les véritables fondements de la valeur, il faut dégager les causes de la clientèle ou de l’achalandage.

Le loyer : le loyer afférent au fonds de commerce doit retenir l’attention de l’expert.

En effet, toute variation du loyer afférent aux locaux d’exploitation peut avoir une incidence sur la valeur du fonds de commerce.

Le fonds de commerce: protection et évaluation
Mémoire de fin d’études – Institut des Hautes Etudes Commerciales
Université 7 Novembre A Carthage