La logistique urbaine d’un point de vue économique

By 29 August 2013

1.1.4. D’un point de vue économique

La logistique urbaine est indispensable au dynamisme et à l’approvisionnement des villes. Les acteurs économiques locaux sont de plus en plus sensibles à la problématique de la logistique urbaine.

Cependant, les coûts engendrés par les entreprises de transports, l’administration, où les producteurs-distributeurs ne sont pas à prendre à la légère.

* Les coûts engendrés par le pétrole

La hausse du prix du pétrole a commencé à se ressentir par les entreprises européennes dès 2005. Cette tendance n’a cessé de s’accentuer jusqu’en 2008. Aujourd’hui, le prix du pétrole oblige à remettre en cause les stratégies de distribution de nombreuses sociétés. En Ile de France, les poids lourds absorbent 46 % de la consommation de gazole et 22 % de la consommation totale de carburant (essence et gazole)51. Plus la distribution urbaine prend de l’ampleur, plus ce pourcentage augmente et inquiète les entreprises de par les coûts engendrés.

Le graphique ci-après représente l’évolution du prix du baril de Brent en $ entre 2003 et avril 2010 :
l’évolution du prix du baril de Brent en $ entre 2003 et avril 2010
Source : http://prixdubaril.com

La hausse de l’indice du pétrole entre 2003 et 2009 a été multipliée par 5,6 alors que la part du prix du carburant au sein du coût du transport est de 25 %. Par ailleurs, plus le prix du baril du pétrole augmente, plus cette proportion augmente. Cette part d’instabilité et son coût amènent les entreprises à imaginer un autre mode de transport moins coûteux sur le long terme tout comme l’utilisation de carburants alternatifs non soumis à cette fluctuation et qui de surcroît, militeraient pour une meilleure qualité environnementale.

Les coûts : pour l’administration et pour les entreprises

Toutes les organisations liées à la logistique urbaine – chacune à son échelon – tentent de s’organiser pour résoudre cette problématique. Les coûts engendrés par l’administration pour aider au développement d’une nouvelle logistique au sein de Paris sont colossaux.

Les entreprises ne souhaitent pas participer seules à cette expansion et amélioration, ou n’ont tout simplement pas les fonds nécessaires à cet investissement, d’autres encore attendent que les mairies se lancent dans cette aventure pour s’investir à leur tour.

Les professionnels attendent un soutien économique mais aussi informatif de la part de l’administration, soit un coordinateur de projet.

Les villes comme celle de Paris, attendent que de véritables prestataires de logistique urbaine se désignent comme intéressés par ce projet.

La thématique mûrit de jour en jour et les partenariats se créent entre les entreprises et l’administration. Des acteurs tels que l’Union Européenne, les CCI (Chambres de Commerce et d’Industrie) et les municipalités ont déjà montré à plusieurs reprises leur dynamisme et leur implication sur ces questions. La Mairie de Paris s’investit dans de nombreux projets dont un notamment qui a nécessité de nombreuses années d’étude :

** LE PREDIT :

La sûreté du transport et de la logistique des marchandises et des conteneurs nécessite de pouvoir identifier, localiser et contrôler :

– Des technologies d’identification automatique (codes-barres, étiquettes électroniques) sont employées pour le suivi automatique des objets.

– Des technologies de localisation (GPS, téléphonie mobile GSM) permettent le suivi des véhicules.

– Des technologies assurent le contrôle et luttent contre l’intrusion (cartes à puces, sans contact).

Au début des années 2000, certaines questions liées au problème de la sécurité et de la traçabilité ont commencé à se poser.

« Peut-on envisager un emploi combiné de ces technologies pour satisfaire, simultanément et à moindre coût, les besoins de « Track &Trace » et de sûreté ?

Par ailleurs, le faible niveau d’informatisation des PME françaises du transport routier de marchandises tend à limiter leur compétitivité. Serait-il possible, en montrant à leurs dirigeants la façon dont les TIC peuvent aider à contrôler des phénomènes perturbateurs tels que le vol, tout en apportant un regain de productivité et d’efficacité, de les inciter à doter leurs entreprises de moyens informatisés de gestion ? ».

Une étude ambitieuse a alors été lancée. Ses résultats ont ensuite été formalisés sous la forme d’un guide publié en décembre 2003.

– déterminer l’impact de la réduction des risques de pertes ou vols et de l’amélioration du taux et de la qualité de services sur les entreprises françaises.

De tels projets nécessitent un apport financier conséquent. Il est alors important d’obtenir de la part de l’Etat des budgets suffisants. Des organisations telles que l’ADEME qui œuvrent à la mise en place des politiques publiques dans les domaines de l’environnement, de l’énergie et du développement durable, participent indirectement à la gestion des investissements des entreprises et de l’administration en la matière. Afin de permettre aux entreprises, aux collectivités locales, et aux pouvoirs publics de progresser dans leur démarche environnementale, l’agence ADEME met à disposition ses capacités d’expertise et de conseil. Elle aide au financement de projets, de la recherche jusqu’à la mise en œuvre et ce, dans des domaines variés :

– La gestion des déchets,

– La préservation des sols,

– L’efficacité énergétique et les énergies renouvelables,

– La qualité de l’air,

– La lutte contre le bruit.

Sans ces investissements, l’administration ne pourrait pas préparer les entreprises à suivre ce nouveau mouvement. L’investissement requis en termes d’études et de projet serait trop important.

Pourtant quelques entreprises ont pris les devants. Ce sont celles qui ont vu la tendance venir telles que Colizen ou La Petite Reine qui ont investi dans de nouveaux modes de transports urbains (GNV et vélo triporteur électrique). Ces entreprises se sont autofinancées et n’ont pas attendu que l’Etat commence à déb loquer des fonds. Certaines entreprises ont bénéficié d’une aide pratique de l’Etat pour pouvoir s’implanter. C’est ce que nous verrons dans la troisième Partie.

Problème de productivité, d’efficacité dans la distribution

Tous les acteurs sont conscients que la distribution urbaine est nécessaire pour la croissance de Paris. Il s’agit maintenant de l’adapter aux contraintes spécifiques de cette municipalité, car Paris est un centre en perpétuelle mutation et voit sa population évoluer au rythme de ses changements.

Les habitants sont toujours plus pressés, les transports en commun de moins en moins réactifs. Le lobbying automobile reste encore très présent. Ainsi, un grand nombre de parisiens prennent encore leurs voitures pour se déplacer. Des congestions se créent et impactent fortement sur l’efficacité de la distribution des marchandises.

L’objectif d’un certain nombre d’entreprises est de réduire de 30 % les kilomètres parcourus par leur service transport. Pour répondre à cette exigence, elles réalisent des simulations de parcours en fonction du jour de la semaine et des horaires de tournées. Cette simulation leur permet de fiabiliser l’organisation des tournées en fonction des contraintes horaires tout en évitant de gaspiller trop de gazole. C’est le cas d u Cybermarché Houra qui optimise ses tournées en fonction des heures de la journée.

Une part importante de la population réalise ses achats, alimentaires ou autres, exclusivement sur Internet. Ce mode d’achat induit un déplacement dans Paris pour l’entreprise qui fournit le produit et donc le service. Le nombre de déplacements augmente en fonction du nombre d’achats réalisés par ce biais. Nous savons actuellement que les entreprises développent leur attractivité Internet car cela leur permet de capter plus de clientèle. Et là encore la distribution s’en trouve perturbée parce qu’augmentée. Ces coûts que l’entreprise n’a pas lorsque le client vient directement en magasin, n’est pas négligeable. Les entreprises doivent pouvoir s’adapter aux besoins des clients même si la part des coûts engendrés par le transport à tendance à augmenter.

Lire le mémoire complet ==> (Distribution et centre-ville : vers un retour du commerce de proximité ?)
Mémoire de fin d’études – Master 2 professionnel en Sciences du Management – Spécialité Logistique
Université Paris 1 Panthéon – Sorbonne