La forme semi forte de l’efficience et les tests d’événement

By 27 August 2013

b) La forme semi forte de l’efficience et les tests d’événement

1- Définition et implication de la forme semi forte

La forme semi forte de la théorie de l’efficience postule que l’ensemble des informations disponible concernant un actif financier est intégré dans le prix de ce titre à l’instant même où ces informations sont rendues publiques. Il n’exister aucun décalage temporel entre le moment où l’information est dévoilée et le moment où celle-ci est intégrée dans le cours.

Cette notion d’instantanéité est expliquée da ces derniers doivent réagir instantanément comme il s’agissait d’un réflexe. Donc, les informations doit etre traitée et analysée e temps réel.

La définition de Jensen (1978) qui postule que l’utilisation des informations nouvelles à l’instant où elle rendue publique ne permet pas a l’opérateur de réaliser des profits sans subir la risque attaché à la détention de cette opération, compte tenu des frais de transaction.

Sur un marché efficient au sens de la forme semi fort :

– Le prix de chaque titre coté correspond à sa valeur réelle, il n y a aucun décalage entre la valeur d’un actif et son cours de cotation puisque toutes les informations sont intégrées dans les cours.

– Il n y a aucune possibilité d’arbitrage, dans le mesure où toutes les informations est instantanément incluse dans les cours.

– Il est possible de déterminer ex-post l’impact sur le cours d’un événement quelconque, à partir du moment où celui n’a pas été anticipé.

– Les anticipations concernant des événements futurs doivent être considéré comme des informations concernant l’actif

L’existence des anticipations brouille les possibilités de mesure l’impact d’un événement sur le cours. Il suffit donc qu’un événement ait été anticipé pour que l’effet de son annonce dans le cours ne soit plus mesurable. Il n’est possible de connaître et de mesure l’effet de la diffusion d’une information sur le prix d’un titre que dans la mesure où cette information n’a pas été anticipée.

Si l’on souhaite mesure l’impact de l’annonce d’un événement dans les cours, il est nécessaire de savoir si l’événement a été anticipé ou non.

2- La forme semi forte et la vitesse d’ajustement des cours

Toute la problématique de la vérification de la forme semi forte de l’efficience réside dans la mesure de la vitesse d’ajustement des cours à une nouvelle information.

En effet, pour que le marché soit réputé efficient au sens de la forme semi forte, il est nécessaire que l’ajustement soit immédiat, ce qui signifie que la vitesse d’ajustement soit infinie.

Le graphique 1 résume quelle devrait être la réaction à l’annonce sur le marché d’une information non anticipé.
la réaction à l’annonce sur le marché d’une information non anticipé

1 Réaction théorique du prix d’un titre à un événement non anticipé

Dans la réalité, l’ajustement des prix des titres à l’annonce d’une information nouvelle est rarement immédiat. Un certain délai est nécessaire pour que le marché intègre correctement la nouvelle information dans le prix. Le temps de réponse des marchés à l’annonce d’une information nouvelle varie en fonction d’un certain nombre de critères :

– Le type et les conditions de concurrence entre les agents qui caractérisent ce marché.

– L’importance des coûts de transaction.

Le graphique 2 est représentatif de ce type de phénomène : les investisseurs prennent d’abord le temps de décoder l’information qui leur transmise. C’est pourquoi leur réaction n’est pas immédiate.

L’importance des coûts de transaction
Source : Charreaux (2000)

Graphe 2 Ajustement du prix d’un titre à une information non anticipée.

Ce graphique montre que la réalité ne coïncide exactement avec ce que la théorie prévoit. Ce défaut d’efficience provient des l’hypothèse liées au modèle, qui ne sont pas vérifiées dans leurs intégralité.

3- La vitesse d’ajustement des cours à un événement spécifique

Contrairement à ce que la théorie prévoit la réaction des marchés financiers est rarement instantanée. Par ex, la catastrophe du 11 sep 2001 est à ce titre éloquent. L’indice cac40 de la bourse de paris a évolué au cours du temps après l’annonce de cette catastrophe. Cet événement est intéressant à étudier, car il était non anticipable, constitue une bonne approximation des réactions de l’ensemble des investisseurs à cet événement.

On peut tenter de décomposer le processus d’ajustement de la manière suivant.

Schéma 1 De l’information à l’action
De l’information à l’action

Temps nécessaire à la prise de connaissance de l’information
Temps nécessaire à l’analyse et au traitement de l’information
Temps nécessaire à la prise de décision d’investissement ou non
Temps nécessaire à la prise en compte de l’ordre par la système de cotation

Dans le schéma 1, l’information est disponible en t. t est le moment où l’information apparaît sur les écrans des opérateurs. L’investisseur ne prend connaissance de l’information qu’en T1, le délai entre t et t1 pouvait varier des quelques secondes à plusieurs heures. La période entre t1 et t2 est nécessaire au traitement de l’information. Le traitement de l’information peut encore varier des quelques secondes à plusieurs heures, ou à une journée. La période comprise entre t2 et t3 matérialise le temps nécessaire à la prise de décision. Le temps qui sépare t3et t4 correspond au temps qui sépare la décision de l’exécution de l’ordre sur le marché.

On pourrait penser que les études traitant de la vitesse d’ajustement des cours aux informations nouvelles sont nombreuses.

Dann, Mayers et Raab (1977) ont étudié la vitesse de réaction des marchés à l’annonce de la négociation d’un bloc d’actions. Ils concluent qu’en moyenne, sur des titres assez suivis par le marché. Les investissements ne peuvent plus tirer profit de l’information plus de 5 minutes après l’annonce de la négociation de bloc.

Patell et Wolfson (1984) ont étudié la vitesse d’ajustement des cours aux annonces de bénéfices et de dividendes. La conclusion à laquelle ils parviennent est double :

– Ils constatent que le marché réagit très promptement aux annonces de résultat et de dividendes. Le temps de réaction moyen varie entre 5 et 15 minutes.

– Ils comparent une annonce des résultats par rapport à une annonce de dividende. Ils s’aperçoivent que le temps de réaction du marché est beaucoup plus bref et l’importance dans le cas de l’annonce de résultat que de l’annonce de dividendes.

La conclusion corroborent donc tout à fait la forme semi forte de l’hypothèse d’efficience. Cependant la vitesse d’ajustement des cours à une nouvelle information n’est pas seule composante de la théorie de l’efficience. Il est aussi nécessaire observer la vigueur de la réaction. Pour cela, la famille de ce type de test connue sous le nom d’études d’événement.

Lire le mémoire complet ==>

(La Bourse de Beyrouth : Test de l’efficience du marché financier)
Mémoire de fin d’année du Master 2 recherches APE « analyse et politique économique »
Université Montpellier 1