La filière cacao : la rémunération et la problématique

By 10 August 2013

III- LA FILIERE CACAO

III-1. PROBLÉMATIQUE DE LA FILIÈRE

** Description

La forme actuelle de la filière cacao a été marquée en 2001 par la mise en œuvre d’importantes mesures dites de ” Refondation agricole” Sa restructuration mettait l’accent sur la libéralisation et la privatisation de toute la filière qui jusque là était le monopole de l’État. D’où la liquidation de la nouvelle Caistab.

En lieu et place de celle ci, a été crée la Bourse de Café et de Cacao (BCC), structure de droit privé détenue à la majorité 2/3 par les paysans et 1/3 par les exportateurs.

La BCC a pour principale mission de gérer la commercialisation de la production. Elle a ainsi déterminé en concertation avec les opérateurs, un prix minimum de référence pour le cacao de sorte que les planteurs soient en mesure de recevoir un prix rémunérateur et prévisible pour leurs fèves.

Cette libéralisation de la commercialisation extérieure du cacao s’est traduite par l’arrêt de la fixation par l’État du barème et du prix indicatif aux producteurs, ainsi que par l’abandon des ventes à termes et options. Par ailleurs, l’Autorité de Régulation du Café et du Cacao (ARCC) chargé de réguler la filière et de délivrer les autorisations a vu son rôle relancé. Enfin, un Fonds de Régulation et de Contrôle (FRC) a été institué pour gérer les prélèvements de la filière en vue d’une stabilisation des revenus.

Le but de la libéralisation de la filière était de permettre aux producteurs de cacao de gérer leur affaire et d’améliorer leurs revenus.

Malheureusement les choses ne se sont pas passées comme les coopératives de la filière ont souhaité. Dans l’euphorie de la gestion, les producteurs qui siégeaient dans les différentes structures créées par décret présidentiel ou par ordonnance, à savoir le FDPCC, le FRC, le FGCC, l’ARCC et la BCC se sont livrés à de nombreux palabres.

En plus des remous, des malversations financières sont décriées dans cette gestion. Le Président Gbagbo face à cet état de fait a ordonné une enquête. En octobre 2007, le chef de l’État a instruit le Procureur de la République Raymond Tchimou de diligenter, d’une part, une enquête sur le rachat des différentes sociétés acquises par les structures de la filière cacao depuis sa libéralisation, et d’autre part, sur la circulation des ressources et le flux financier de chacune des structures en question.

La suite, a été l’arrestation et la mise sous mandat de dépôt de plusieurs responsables des structures (FDPCC, BCC, ARCC, FRC, etc.)

C’est ainsi que, depuis le 22 septembre 2008, l’information sur la refondation de la gestion de la filière cacao a été rendue publique par une décision présidentielle, la gestion de la filière est désormais l’affaire d’un Comité de gestion de la filière café-cacao (CGFCC). Ce changement marque certes la fin d’une gestion critiquée et médiatisée, mais les challenges demeurent les mêmes.

Une série de mesures a été mise en place dans le cadre de la nouvelle restructuration.

– Incitation à la qualité à tous les niveaux de transformation.

– L’encouragement des producteurs à améliorer leur production par le maintien d’un prix plancher garanti.

III-2. RÉMUNÉRATION DE LA FILIÈRE

Dans tous les pays en développement, la filière cacao en Côte d’ Ivoire présente des coûts commerciaux relevant du secteur primaire beaucoup plus importants que dans les autres économies et secteurs. Les frais liés aux opérations de commercialisation sont élevés car les risques sont considérables, et de hauts niveaux de risques entraînent une hausse des coûts à chaque maillon de la filière. Cet état de fait n’a pas qu’une répercussion sur la compétitivité du pays, mais également sur le prix finalement payé aux producteurs et donc sur la situation sociale des acteurs économiques les plus faibles.

** Prix de revient

La structure indicative des coûts : C’est l’ensemble des charges liées à la commercialisation du café et du cacao. Elle permet d’une part au producteur de mieux négocier le prix de sa production et d’autre part à l’exportateur de mieux apprécier ses charges.

De ses différentes composantes, certaines sont incompressibles (taxes, redevances etc. car fixées par décret gouvernemental) et d’autres compressibles (fret maritime, traitement phytosanitaire, transport etc. car négociables par chaque opérateur). C’est la capacité de négociation de chaque exportateur vis-à-vis des prestataires de service qui détermine sa structure de coûts; de ce fait elle diffère d’un opérateur à un autre.

Prix Caf d’enregistrement: Le prix caf (Coûts Assurance et Fret) d’enregistrement sert au calcul de la taxe d’enregistrement. Son mode de calcul est le suivant:

[ (PCJ-1 + Diff) + (POJ + Diff) ] * Dév ————————————- PCAFenr= 2

PCJ-1: Prix de clôture jour de la veille (J-1)

POJ : Prix d’ouverture du jour (J)

Diff: Différentiel

Dév: Devise en euros

[ (872 + 20) + (869 + 20) ] * ( (1/0,6768) * 655,957 / 1000 )

PCAFenr =——————————————————— = 863 FCFA/Kg 2

Les prix (J-1 et J) variant chaque jour, le prix CAF d’enregistrement change tous les jours.

Les producteurs doivent le comprendre comme étant un paramètre de calcul de la taxe d’enregistrement (taxe = 5% x PCAFenr) qui influence le niveau du prix bord champ.

Prix bord champ: comme son nom l’indique, c’est le prix payé au producteur par la coopérative ou le pisteur. Il résulte du prix international auquel sont retranchés les différents coûts de commercialisation du produit.

Prix minimum indicatif: Fixé en début de chaque trimestre de la campagne, il sert de base de négociation au producteur.

Total CAF: C’est le cours de clôture de la veille à la bourse de Londres en franc CFA.

Fret maritime: C’est le coût du transport maritime du port d’embarquement au port de décharge

Courtage: Ce sont les frais payés à un tiers qui a servit d’intermédiaire entre l’exportateur et son client

Assurance: C’est le tarif appliqué par l’assureur pour garantir le produit depuis l’embarquement jusqu’au débarquement.

Freinte maritime: C’est la perte de poids subit par le produit au cours du transport maritime.

Total FOB: Ce sont tous les frais payé par l’exportateur depuis le bord champs (achat du produit au bord champs) jusqu’à la mise à quai du produit.

Caution d’enregistrement: C’est le coût du cautionnement d’une banque à un exportateur lorsque celui ci effectue un enregistrement (déclaration d’un contrat de vente) auprès de la BCC.

Taxe d’enregistrement: La taxe payée au receveur des impôt toutes les fois qu’un exportateur effectue un enregistrement

Redevance BCC,FRC,ARCC: Ce sont les sommes payées aux différentes structures de régulation pour leur fonctionnement

FDPCC: C’est une redevance payée au FDPCC pour son fonctionnement et pour lui permettre de réaliser des investissement en direction du monde paysan

Redevance sacherie: Ce sont des charges payées par les exportateurs pour l’achat des sac brousse pour les producteurs

Réserve de prudence: Somme sensée servi à la régulation du prix bord. En d’autres termes, la réserve permet de payer le prix minimum au producteur dans un contexte de chute des prix en dessous du prix caf de référence

Etablissement BV: Frais engagés pour l’établissement du bulletin de vérification (BV) après la qualité du produit

Traitement phytosanitaire: Ce sont les frais de traitement du produit contre les parasites, la moisissure

Certificat poids: Ce sont les frais engagés pour établir le poids du produits par des entreprises agréées

Frais généraux: Ils renferment tous les frais autres que ceux énumérés dans le barèmes. Rémunération: C’est le gain de l’exportateur

Prix loco magasin: C’est la valeur du produit après usinage et mise en sac

Sacherie export: C’est le prix du sacs export

Usinage: C’est la préparation du produit à l’export. Cela consiste à bien le sécher dans des fours après l’avoir débarrassé des débris et des déchets

Magasinages: Ce sont les coûts de location de magasin avant usinage

Freinte usinage: C’est la perte de poids du produit après usinage

Prix rendu usine: Valeur du produit parvenu à l’usine ou à l’exportateur

Valeur entrée zone portuaire : Ce que paie l’exportateur pour faire entrée le produit en zone portuaire.

Primac : C’est le Programme d’ Information sur les Marchés du Café et du Cacao. Il a été initié à l’attention du monde rural afin de permettre aux producteurs d’avoir des bases de négociation fiables. (www.bcc.ci)

Depuis la réforme de la filière en 2001, un nouveau système de rémunération a été mis en place. Dans le système libéralisé actuel, chaque opérateur a son propre barème des charges en fonction de la rentabilité recherchée et l’optimisation des coûts. Le barème se définit comme une structure de coûts qui prend en compte les différents frais nécessaires au fonctionnement de la filière cacao qui sont engagées par les opérateurs de ces dernières.

* Les planteurs sont rémunérés sur la base du prix plancher fixé par la BCC. En cas de forte baisse de prix sur le marché mondial, c’est grâce au Fonds de Régulation et de Contrôle qu’il est possible de garantir le prix accordé aux producteurs.

* Des prélèvements fixent sont perçus sur les recettes de la filière et servent à couvrir les frais de fonctionnement des différentes structures de la filières (BCC, FDPCC, ARCC, FRC). De plus, il permet de financer les activités d’intérêt général pour la filière (achats d’insecticides, recherche, entretien des pistes d’accès auprès des producteurs, etc.)

* L’état est rémunéré par le prélèvement des taxes, qui sont fixés par décret gouvernemental.
L’état est rémunéré par le prélèvement des taxes, qui sont fixés par décret gouvernemental
Tableau de Structure de coûts

Lire le mémoire complet ==> (La gestion de risque de prix liée à la commercialisation du cacao en Côte d’ivoire)
Mémoire présente pour l’obtention du Diplôme de Master en Négoce des matières premières 4 produits (Café-Cacao, Anacarde, Coton et Pétrole)
Institut Supérieur de Formation Professionnelle et Technique I.S.F.P.T- École Supérieur Internationale des Matières Premières E.S.I.M.P