La contribution des TIC au service du développement durable

By 9 August 2013

3. LA CONTRIBUTION DES TECHNOLOGIES DE L’INFORMATION ET DE LA COMMUNICATION (TIC) AU DEVELOPPEMENT DURABLE

Les Technologies de l’information et de la communication englobent un vaste ensemble d’outils nécessaires à la “manipulation” de l’information comme la radio, la télévision, les différents moyens de production multimédia, la téléphonie, les ordinateurs ou les différentes applications de l’Internet.

Ces innovations technologiques sont, comme l’était hier l’apparition de l’électricité ou de la machine à vapeur, à l’origine de modifications profondes de la société. D’une part, l’informatique permet de digitaliser les informations et de les traiter. D’autre part, les nouveaux moyens de télécommunication permettent d’échanger la connaissance. Mais quelle contribution peuvent apporter ces nouvelles technologies à la mise en œuvre du développement durable ?

Dans cette troisième et dernière partie, nous allons tenter de proposer quelques pistes de réflexion sur la contribution des TIC au service du développement durable.

Dans un premier temps, nous tenterons de mieux comprendre la notion de société de l’information. Nous ne pouvons et ne souhaitons pas résumer cette vaste problématique dans ces quelques lignes. Cette partie introductive va simplement nous permettre de présenter quelques grands axes afin d’y voir un peu plus clair.

Dans un deuxième temps, nous proposerons de rendre compte de quelques initiatives de pays francophones utilisant les TIC au service du développement durable. Nous utiliserons comme fil directeur les grands thèmes évoqués dans les Objectifs du Millénaire à savoir : réduire la pauvreté, assurer l’éducation, promouvoir l’autonomisation des femmes, combattre les maladies et enfin assurer un environnement durable.

3.1. Problématique de la société de l’information

Nous sommes indéniablement entrés dans une nouvelle ère : celle de la société d’information où l’information intervient de plus en plus dans tous les domaines de l’activité humaine. Deux éléments fondamentaux ont donné naissance au concept de “société de l’information” : la révolution numérique et la fracture numérique.

La révolution numérique, alimentée par les technologies de l’information et de la communication, bouleverse radicalement nos modes de pensée, de comportement, de communication, de travail et de rémunération. Elle ouvre de nouvelles perspectives à la création du savoir, à l’éducation et à la diffusion de l’information. Elle modifie en profondeur la façon dont les pays du monde gèrent leurs affaires commerciales et économiques, administrent la vie publique et conçoivent leur engagement politique. Elle permet de fournir rapidement une assistance humanitaire et des soins de santé et d’envisager autrement la protection de l’environnement. L’accès à l’information et au savoir, qui est indispensable à la réalisation des objectifs de développement énoncés dans la Déclaration du Millénaire, peut améliorer le niveau de vie de millions de personnes de par le monde.

Paradoxalement, alors que la révolution numérique fait reculer les frontières du “village global”1, l’immense majorité des habitants du monde restent en marge de ces progrès. Alors que le fossé entre la connaissance et l’ignorance, ne cesse de s’élargir, l’écart de développement entre les riches et les pauvres, d’un pays à l’autre et à l’intérieur d’un même pays, se creuse. Les pays doivent donc impérativement s’efforcer de réduire cette fracture numérique et d’accélérer la réalisation des objectifs de développement pour le Millénaire en utilisant les TIC.

1 Le sociologue canadien M. McLuhan affirmait en 1969 que les télécommunications allaient changer la face du monde et engendrer le progrès dans les pays non-industrialisés : télévisions par câble et liaisons satellites étaient les maîtres mots d’une société résolument nouvelle ne ressemblant plus qu’à un “village global”.

Reconnaissant que cette nouvelle dynamique nécessitait l’organisation d’un débat au niveau mondial, l’Union internationale des télécommunications a décidé d’organiser un Sommet mondial sur la société de l’information (SMSI).

Lors de la première phase du sommet à Genève, les participants ont proclamé :

“Nous sommes pleinement conscients du fait que notre capacité individuelle et collective à créer et échanger des connaissances est devenue un élément moteur qui nous permet de façonner notre avenir et qu’il faut désormais prendre des mesures concrètes et des engagements sur le plan international, notre objectif étant de faire en sorte que, grâce aux nouvelles technologies, les objectifs de développement que nous nous sommes fixés lors du Sommet du Millénaire soient plus vite atteints”1.

Il s’agit donc, comme le précise Adama Samassékou2 d’”examiner les moyens de mettre cette révolution technologique au service du développement humain. Il s’agit de lutter contre la fracture numérique, certes, mais surtout contre les fractures économiques et sociales à travers le monde”.

3.2. La contribution des TIC aux Objectifs du Millénaire pour le développement durable

L’adoption des Objectifs du Millénaire pour le développement tirés de la Déclaration du Millénaire des Nations Unies est une date dans l’histoire de l’Organisation. Pour la première fois, les dirigeants de la planète se sont engagés à s’attaquer sur tous les fronts aux problèmes de la paix, de la sécurité et du développement, des droits de l’homme et des libertés fondamentales.

Pour engager le XXIème siècle sous de bons auspices, les États Membres des Nations Unies sont convenus de huit objectifs essentiels à atteindre d’ici à 2015. Ces objectifs du Millénaire pour le développement, qui vont de la réduction de moitié de l’extrême pauvreté à l’éducation primaire pour tous, en passant par l’arrêt de la propagation du VIH/sida, et ce à l’horizon 2015, constituent un schéma directeur pour l’avènement d’un monde meilleur.

Nous aurons le temps d’atteindre les objectifs, à l’échelle du monde entier et dans la plupart, sinon la totalité, des pays, mais seulement si nous rompons avec la routine. Cela ne se fera pas en un jour. Le succès exige une action soutenue pendant les 10 années qui nous séparent de l’échéance. Il faut du temps pour former des enseignants, des infirmiers et des ingénieurs, pour construire des routes, des écoles et des hôpitaux, pour créer de petites entreprises et de grandes sociétés qui créent à leur tour des emplois et des revenus. C’est pourquoi nous devons commencer tout de suite. Dans les quelques années qui viennent, nous devrons faire mieux que doubler l’aide au développement dans le monde, sinon, il n’y aura pas moyen d’atteindre les objectifs.
Kofi A. Annan
Secrétaire général des Nations Unies

Afin de mieux comprendre les implications et le rôle des TIC dans la mise en œuvre du développement, nous avons choisi de proposer au moins un exemple concret d’utilisation des TIC pour le développement en nous appuyant sur les grands thèmes énoncés dans les Objectifs du Millénaire. Nous tenons à signaler que l’ordre d’apparition de ces exemples ne correspond pas nécessairement à leur poids ou à leur importance. Nous avons délibéremment choisi de ne pas “classer” ces initiatives selon un ordre logique car une même expérience n’aura par exemple pas nécessairement le même impact en fonction de l’endroit où elle aura été mise en place. Ainsi, de nombreux facteurs pourraient fausser notre interprétation. Nous aborderons les thèmes suivants : la pauvreté, l’éducation, l’égalité et l’autonomisation des femmes, la santé et l’environnement.

Lire le mémoire complet ==> (L’information au service du développement durable dans l’espace francophone)
Mémoire DESS en Sciences de L’information et de la Documentation Spécialisées
Conservatoire National Des Arts Et Métiers – Institut National des Techniques de la Documentation