La connaissance des hébergeurs en auberge de jeunesse en autonomie

By 4 August 2013

La connaissance des hébergeurs en auberge de jeunesse – Section 5 :

Etant donnée l’importance du secteur de l’hébergement que la Direction du tourisme qualifie volontiers de « structurant » pour l’offre touristique vers les jeunes adultes, il m’a ensuite semblé important de questionner la demande plus directement sur les auberges de jeunesse.

Nous pouvons tout d’abord dire au regard des réponses à ce questionnaire que, malgré l’expression de leurs préférences de logement en auberge de jeunesse, la grande majorité des jeunes interrogés ne connaissent pas réellement le réseau des auberges maillant le territoire français. Sur la totalité des personnes interrogées seulement trois déclarent connaitre le réseau de la FUAJ et aucune ne connaît Ethic Etape, alors que ces derniers s’affichent comme les principaux réseaux d’hébergement de jeunes en France. L’entreprise St Christopher’s Inn, quant à elle, semble jouir d’une connaissance relative au vu des réponses des interrogés, cette pseudo- notoriété n’étant néanmoins pas négligeable si l’on considère son entrée récente sur le marché français contrairement à la FUAJ ou à Ethic.

« Je connais St Christopher Inn et je fais souvent appel à eux lorsque je cherche un hébergement en auberge. »

Pour en revenir sur la FUAJ, nous pouvons relativiser les propos précédents dans la mesure où trois interviewés déclarent connaitre cette structure, un seul d’entre eux déclarant y avoir séjourné :

« Je connais la FUAJ pour avoir séjourné dans certaines auberges. »

Cette autre déclaration :

« Je connais juste la FUAJ. Je reçois un bulletin régulièrement dans ma boite aux lettres mais j’avoue que je ne lis même pas, je sais même pas ce qu’il contient, je le jette cash. » peut amener à penser que l’ancienneté et l’importance de cette structure sur le territoire français entrainent une vague connaissance de cette dernière, mais qu’il n’en est pas de même pour l’ensemble des auberges membres de son réseau ainsi que pour les activités qu’elles proposent.

Section 6 : L’auberge de jeunesse idéale ?

Toujours dans la perspective d’obtenir des informations sur les préférences d’hébergement, en particulier en auberge de jeunesse, mais aussi du fait du manque d’études sur le sujet, interroger la demande sur les qualités essentielles d’une telle structure me paraissait intéressant.

Les réponses des interviewés permettent d’identifier des éléments déjà relevés dans la phase

d’analyse documentaire, à savoir :

I) Une bonne ambiance

La convivialité, des possibilités de rencontres et d’échanges, notamment internationaux, semblent être des facteurs déterminants dans l’évaluation d’une bonne auberge de jeunesse.

Ainsi les interviewés déclarent :

« Rien à faire si c’est vieux ou tout neuf ou super méga équipé. Le principal pour moi reste […] la possibilité de parler aux autres voyageurs pour échanger les bons plans. »
« conviviale, avec bar et salle commune » « conviviale »

II) Une qualité de l’hébergement

Les résultats de l’analyse qualitative ne font pas apparaitre cette exigence de manière très importante. En effet sur les 20 personnes interrogées, seulement deux pointent le doigt sur la qualité de l’hébergement :

« Il faudrait qu’elle soit avec des draps (pas comme dans hostels), wc et douche à l’intérieur […] etc…. »
« Et pas des dortoirs avec 18 lits. »

Je reste donc perplexe vis- à- vis de l’analyse documentaire dans laquelle j’ai dégagé à de multiples reprises l’importance de la qualité dans l’offre de produits touristiques en direction des jeunes de 18 à 25 ans. Concrètement, il semble que cette clientèle apparaisse en réalité comme « schizophrène » face à cette caractéristique. En effet, nous pouvons voir que cette cible des jeunes de 18 à 25 ans ne semble pas énoncer avec insistance son exigence de qualité (intégrée aux exigences de consommateurs vues précédemment) lors des enquêtes, mais y soit en réalité beaucoup plus sensible qu’elle n’y parait. Ainsi, nous avons vu que les jeunes apparaissent comme une clientèle exigeante, aussi, même si la qualité de l’hébergement n’apparait pas comme un des premiers éléments dans le choix et la satisfaction d’un produit touristique ; en réalité, celle- ci peut rapidement se transformer en caractéristique essentielle qui fidélisera, ou, au contraire, fera fuir le client.

Ceci rejoint également l’analyse de Joël Gayet que nous verrons dans la dernière partie de ce dossier sur la nécessité d’un nouveau marketing touristique axé sur l’hyper qualité. Dès lors, la qualité de l’hébergement va passer par une propreté, un confort important, mais aussi par une taille modérée des dortoirs et éventuellement la présence de sanitaires directement dans la chambre pour restreindre leur utilisation à quelques personnes.

III) Des services annexes à l’hébergement

Nous voyons par exemple que ces personnes déclarent :

« Il faudrait qu’il y ait une cuisine, un bon salon et une bonne salle à manger histoire de pouvoir faire des rencontres et discuter. Après avec des casiers fermés à clé pour mettre les trucs précieux (…). La possibilité de se faire la bouffe aussi car c’est souvent moins cher. »

« Ha et l’accès à Internet est bien pratique aussi quand on voyage. »
« Avec bar et salle commune »
« Immense salon avec plein de jeux de société avec un bar »
« Les repas et boissons inclus »

Les services apparaissant comme essentiels semblent donc être :

Une cuisine équipée (même si sur ce point le dernier commentaire semble davantage aller vers un système de restauration intégré à l’auberge), des casiers fermés, un accès internet, un bar et des salles en commun, des jeux de société…

IV) L’organisation de soirées festives et à thèmes mais aussi de visites avec notamment certaines propositions :

Nous voyons à travers les déclarations suivantes que les festivités, associées aux rencontres, mais également à des activités variées et axées autour de la culture et de l’apprentissage restent fondamentales.

« Une auberge qui a également un rôle d’agence événementiel c’est- à- dire qui organise des événements pour les gens présents dans l’auberge afin qu’ils se connaissent (visites, fêtes,…) »

« visites semi- guidées dans la journée et en petits groupes »
« Soirées de découverte gastronomique internationale »

V) L’importance de la localisation des hébergements

Une localisation en centre ville et proche des « centres de vie » ou encore en bord de mer est régulièrement citée.

Comme nous l’avons souvent remarqué dans l’analyse documentaire de la demande, la localisation des hébergements est, elle aussi, considérée comme essentielle pour ces voyageurs, utilisant le plus souvent les moyens de transports en commun et souhaitant être à proximité des centres d’activités et d’attractions. Ainsi, certains des interviewés déclarent au sujet de la localisation des auberges :

« Bien situées dans les villes»
« au centre ville proche des boites de nuit des resto des bars »
« Une auberge située à proximité des « centres de vie » »

IV) Des prix attractifs

Le choix d’hébergement en auberge de jeunesse est lié, outre à l’ambiance et aux possibilités de rencontres qu’elles représentent, au rapport qualité prix particulièrement intéressant de ces dernières. Ainsi, nous voyons que nombre de personnes interrogées citent ce critère en premier lieu.

« Rien à faire si c’est vieux ou tout neuf ou super méga équipé. Le principal pour moi reste le prix […]. »
« Pas chère »

Section 7 : Les facteurs d’attractivité dans le tourisme

Pour ce qui est maintenant des facteurs attirant le plus les jeunes de 18 à 25 ans interrogés, nous voyons ici encore que nous rejoignons grandement l’analyse documentaire. Ainsi, les facteurs les plus attractifs pour un produit touristique semblent être : le prix et le contenu/les activités proposées.

« Le prix bien- sur »
« le prix »

Viennent ensuite différentes composantes dans les réponses des personnes interrogées à savoir le climat, la distance de la mer ou de la montagne, mais aussi l’originalité :

« Petits coins tranquilles en bord de mer »
« La distance de la mer ou de la montagne »
« si c’est pour voir des trucs super touristiques que l’on peut visiter sans souci, bof quoi. Par contre, si c’est pour découvrir des trucs difficilement atteignables sans opérateurs, là c’est top »

La spécificité jeune semble également importante :

« si c’est spécial jeunes. Genre, je me vois mal partir avec des vieux de 50 ans… »

Ou encore la flexibilité de l’offre :

« l’adaptabilité en fonction de la météo par exemple, de mes envies, etc. »
« Si c’est un package, l’espace de liberté qu’il laisse dans les visites possibles. »

Section 8 : Les modes d’achats de produits touristiques des jeunes en autonomie

Sur ce point, la grande majorité des personnes interrogées déclare acheter ses produits touristiques directement par internet et, presque toujours, par carte bancaire. Ceci nous renvoie aussi aux caractéristiques fondamentales de la demande dégagées précédemment. Ces dernières nous montrent que cette demande des jeunes de 18 à 25 ans se caractérise par une utilisation d’internet à presque toutes les étapes, de son information, et de sa consommation touristique. Nous ne sommes donc pas étonnés de voir que cet outil est le premier utilisé par les jeunes, dans la mesure où il leur permet également de comparer les meilleurs rapports qualité-prix, et de faire preuve d’instinctivité et d’opportunisme quant à leurs choix de produits touristiques, deux caractéristiques fondamentales de cette demande.

Néanmoins, au delà de cette utilisation importante d’internet, certaines personnes interrogées citent également les agences de voyages notamment dans leurs voyages à l’étranger, comme par exemple cette personne déclarant :

« Alors, c’est plutôt sur place, sans planifier quoique ce soit. Genre, j’étais au Vietnam et du coup, j’ai pris souvent des allers- retours prévus dans des agences touristiques pour aller visiter tel village un peu reculé, la baie d’Along etc. Je préfère faire ça avec des autochtones si on peut dire, parce que j’ai l’impression qu’ils connaissent mieux le terrain qu’un mec qui me vendrait ça en France. Puis surtout, ça ne nécessite pas trop d’organisation. C’est plus sur un coup de tête, en discutant avec les jeunes en auberge de jeunesse qui me disent que telle agence de voyage est bon marché, bonne qualité, etc. »

Cette déclaration est particulièrement intéressante dans la mesure où elle nous renvoie également à cette volonté d’autonomie, mais également d’instinctivité et d’opportunisme de cette cible des jeunes qui privilégieront aussi l’échange, les rencontres et le prix pour choisir leurs produits touristiques.

Lire le mémoire complet ==> (Le marché des jeunes touristes français et internationaux en autonomie, de 18 à 25 ans, en France)
Mémoire de recherche
IEP de Toulouse