Contribution financière plus mince que promise – Drummondville

By 25 August 2013

3.2.1.3 Contribution financière plus mince que promise

Pour obtenir des fonds des gouvernements fédéral et provincial36, les autorités municipales adressent une réclamation à la Commission du chômage, puis au Bureau de reconstruction économique à partir de 1939. Comme toutes les villes qui formulent de telles demandes, les autorités politiques de Drummondville font valoir l’importance du chômage dans la cité pour justifier le besoin de soutien financier. Bien que les démarches pour l’obtention d’octrois se transforment au cours des années 1930, nous verrons que les sommes obtenues s’avèrent presque systématiquement inférieures aux montants souhaités.

De 1930 à 1932, la procédure à suivre pour obtenir des octrois est la suivante: le conseil de ville évalue les besoins et les frais de la Société Saint-Vincent de Paul -qui est alors chargée de la distribution des secours-, puis demande une somme pour l’ensemble de l’année. La première réclamation, qui date de décembre 1930, est de 3!000!$37. Drummondville reçoit finalement 1!000!$, assumés à parts égales par les gouvernement fédéral et provincial38. À l’automne 1932, le secrétaire-trésorier écrit à Québec pour obtenir 12!000!$39: Drummondville reçoit 1!800!$40.

36 Rappelons qu’en vertu de la Loi du Chômage, ces gouvernements devaient payer les deux tiers des secours distribués.

37 Procès-verbaux du conseil municipal de Drummondville, séance du 16 décembre 1930.

38 Le titre de l’article dit 1 500$, mais en fait, sur ce montant, une somme de 500$ doit être payée par la municipalité. « Notre ville recevra de la Commission du chômage un montant de 1,500$ en secours!», La Parole, 12 mars 1931, 5, 50, p. 1.

39 Procès-verbaux du conseil municipal de Drummondville, séance du 25 octobre 1932.

40 « Secours donnés à nos indigents », La Parole, 12 janvier 1933, 7, 42, p. 1

En 1933, le conseil municipal est appelé à remplir une demande d’octroi une fois par mois, selon les sommes réelles dépensées par la ville et non plus le budget prévu pour les secours. Cette année-là, comme les précédentes, la Commission du chômage rembourse dans un seul cas la totalité du montant exigé. Sauf en décembre 1933, où elle accepte la réclamation de 750!$, la Commission retranche entre 23!$41 et 54!$42 sur les comptes présentés par Drummondville et ces comptes varient entre 115!$ (mai 1933)43 et 750!$ (décembre 1933)44. De plus, la Commission refuse de défrayer, même partiellement, le montant des loyers aux bénéficiaires de secours directs45. Elle retire également sa contribution financière pour les repas fournis à l’Hôpital Sainte-Croix46. C’est d’ailleurs pour cette raison, rappelons-le, que la dernière mesure a été interrompue.

En 1934, le gouvernement fédéral veut privilégier les travaux publics et annonce aux gouvernements provinciaux qu’ils devront assumer seuls les coûts des secours directs. En fait, l’État central ne distribuera des octrois que « dans les limites de la nécessité absolue47. » De mars 1934 à octobre 1939 (inclusivement), Drummondville rembourse 25 889!$ uniquement en bons de secours et elle reçoit la modique somme de 1628!$, soit 1!197!$ en 193448 et 431!$ en 193549. En 1939, le Bureau de reconstruction économique explique qu’il refuse d’accorder une aide financière à Drummondville, puisque « les conditions du chômage […] ne sont pas suffisamment sérieuses pour justifier l’intervention du gouvernement50. » L’organisme accorde néanmoins une somme totale de 12!891!$51 à Drummondville, entre novembre 1939 et juillet 1940. En juillet 1940, le gouvernement provincial réitère toutefois sa décision de ne plus accorder de montants pour secours directs à cette localité. Il s’agira effectivement des derniers, bien que des allocations de secours soient encore distribuées dans la municipalité en 1942.

41 Réclamation pour novembre 1933. Procès-verbaux du conseil municipal de Drummondville, séance du 13 février 1934.

42 Réclamation pour avril 1933. Procès-verbaux du conseil municipal de Drummondville, séance du 26 octobre 1933.

43 Procès-verbaux du conseil municipal de Drummondville, séance du 28 novembre 1933.

44 Procès-verbaux du conseil municipal de Drummondville, séance du 9 janvier 1934.

45 Procès-verbaux du conseil municipal de Drummondville, séance du 28 novembre 1933.

46 Idem.

47 « Chaque province aurait la responsabilité des secours aux chômeurs », La Parole, 2 août 1934, 9, 16, p.1.

48 « L’économie sera encore au programme du conseil municipal en 1935 », La Parole, 28 février 1934, 9,

45, p. 1

En principe, l’avantage de ce type d’aide est d’être moins onéreuse pour les municipalités, puisque les coûts sont partagés avec les gouvernements provincial et fédéral. À Drummondville, cet argument économique en faveur des secours directs a donc eu peu de poids. Résultat? Cette mesure d’assistance, en général peu appréciée, ne sera que plus mal perçue.

49 « La situation financière de Drummondville à la fin de 1935 », La Parole, 13 février 1936, 10, 42, p. 1.

50 « Refusera-t-on l’aide au chômage à notre ville? », La Parole, 30 novembre 1939, 14, 28, p. 1.

51 C’est-à-dire: 3!472,85$ pour novembre et décembre 1939 ; 7!794,84$ pour janvier, février et mars 1940!(Procès-verbaux du conseil municipal de Drummondville, séance du 20 février 1939) ; 1!623,75$ pour juillet 1940 (séance du 29 août 1940).

Lire le mémoire complet ==> (Les élites locales et les mesures d’aide aux chômeurs durant la crise des années 1930 à Drummondville)
Mémoire présenté à l’université du Québec à Trois-Rivières comme exigence partielle de la maîtrise en études québécoises
Université Du Québec