La santé publique : Définition, Concept et Organismes officiels

By 26 July 2013

1.2. Concept de Santé

1.2.1. Définition de la santé

Il n’est pas aisé de définir la santé. Les définitions diffèrent selon le regard que l’on adopte. En effet, la santé est un concept neutre que chacun est appelé à définir et qu’il n’est pas possible de la définir d’une seule manière, valable pour tous, en tout lieu et en tout temps. La définition proposée par l’OMS a le mérite de décrire les différentes composantes d’un état de santé et d’avoir contribué à l’évolution du concept de santé vers une représentation positive.

L’OMS fait référence à la notion de bien-être pour donner sa définition de la santé. Le bien-être, selon l’OMS, peut être considéré comme la satisfaction des besoins et l’accomplissement des capacités physiques, intellectuelles et spirituelles. Ainsi, pour être en « bonne santé », les besoins fondamentaux doivent être satisfaits. Il s’agit, par exemple, des besoins :

1. Nutritionnels : pouvoir manger et boire en quantité et en qualité suffisante ;
2. Sanitaires : propreté et hygiène ;
3. Educatifs : instruction et éducation en lien avec notre culture ;
4. Sociaux : être en phase dans la société dans laquelle on vit ;
5. Affectifs.

Pour Abraham Maslow, l’être humain est un tout présentant des aspects physiologiques, psychologiques, sociologiques et spirituels. Il a ainsi déterminé une hiérarchie des besoins, classés en cinq grandes catégories, connue sous le nom de « Pyramide de Maslow ».

1. Besoins de réalisation de soi, de dépassement ;
2. Besoins d’estime (reconnaissance, sentiment d’être utile) ;
3. Besoins sociaux (d’amour, d’appartenance) ;
4. Besoins de protection et de sécurité ;
5. Besoins physiologiques, de maintien de la vie.

Il considère que l’individu ne peut passer à un besoin d’ordre supérieur que quand le besoin de niveau immédiatement inférieur est satisfait. L’être humain est un être biologique (biologique, physiologique, vivant, dynamique, unique), social (en interaction constante avec d’autres individus, situé dans le temps et dans l’espace, dépendant de son environnement et agissant sur l’environnement, d’émotion (émotions, sensations, intentions) et de connaissances (connaissance, rationalité, réflexions). La santé s’exprime et s’exerce donc dans chacune de ces dimensions, biologique, sociale et psychologique.

Mais la notion de santé varie également selon le moment, la façon dont l’individu se perçoit et s’analyse (la perspective). La notion de santé dépend aussi des groupes d’appartenances, de la société et de la culture de l’individu. Par exemple, la notion de santé n’est pas la même dans les pays en voie de développement et dans les pays développés. Ainsi, l’OMS défini la santé comme étant un état de bien être complet (physique, social et mental) de la personne et, ne consiste pas seulement à une absence de maladie ou d’infirmité.

Auparavant, la santé était considérée comme étant l’état contraire de la maladie. S’occuper de l’accès à la santé revenait à lutter contre les maladies. Avec la définition de l’OMS, la prévention et les soins ne sont pas les seuls moyens au service de la santé, il y a aussi les lois, les règlements, les orientations politiques en environnement, aménagement du territoire, etc. La santé de la population devient donc une responsabilité collective.

La santé est un droit fondamental de l’homme et un investissement social. Les gouvernements doivent investir dans les politiques pour la santé et dans la promotion de la santé afin d’améliorer l’état de santé de tous leurs citoyens. Leurs buts principaux sont d’instaurer un environnement physique et social propice, de faciliter les choix des citoyens en faveur de santé, de combler l’écart de santé entre les personnes défavorisées et les autres.

1.2.2. Concept de santé publique

Aujourd’hui, le concept de santé publique regroupe diverses notions et s’appuie sur différentes disciplines (savoir individuel et collectif, sciences humaines, sciences biomédicales). L’apparition et l’instauration de la santé publique, se fait progressivement au fur et à mesure que les préoccupations à l’égard de la santé grandissent.

Le moyen âge constitue la période de la mise en place des hôpitaux. L’hôpital a pour mission de recueillir les pauvres. L’Hôtel-Dieu est un endroit où l’on prend soin de l’indigent pour l’amour de Dieu. C’est avant tout un lieu consacré aux âmes. Au 18ème siècle, la prévention des maladies épidémiques a été la première préoccupation de santé publique. Le 19ème siècle a beaucoup plus concerné le courant hygiéniste, bien que le développement de la clinique soit majeur à cette période, desresponsables sanitaires et des médecins se questionnent sur les liens entre maladies et conditions sociales. Cette supposée causalité permettre l’amorce de politiques sociales. C’est la naissance du courant hygiéniste qui réussit à faire son entrée dans les débats à l’échelle internationale. Les hygiénistes cherchent à encadrer la vie sociale (exemple de la lutte contre la tuberculose), mettent aussi l’accent sur la responsabilité individuelle et luttent contre les foyers de contagion (rénovation urbaine).

En 1902, apparaît comme la période de la territorialisation des politiques de santé et affirmation du concept de santé publique. charte de l’hygiène publique instaure une réglementation et une organisation sanitaire au niveau départemental et communal (obligation de la vaccination contre la variole, déclaration des maladies infectieuses, désinfection des locaux, surveillance des sources d’eau potable…).

A la première moitié du 20ème siècle, la multiplicité des préoccupations sociales et sanitaires (lutte contre la tuberculose, hygiène alimentaire, hygiène des lieux de travail, prophylaxie des maladies infectieuses…). Ainsi, la santé publique prend en compte les dimensions d’organisation administrative, politique et économique. La santé publique aborde l’organisation de la santé pour une collectivité, une population à un niveau individuel et à un niveau collectif. L’OMS, en 1952, en donne la définition suivante : « La santé publique est la science et l’art de prévenir les maladies, de prolonger la vie et d’améliorer la santé et la viabilité mentale physique des individus, par le moyen d’une action collective concertée visant à :

– Assainir le milieu ;
– Lutter contre les maladies ;
– Enseigner les règles d’hygiène personnelle ;
– Organiser des services médicaux et infirmiers en vue d’un diagnostic précoce et du traitement préventif des maladies ;
– Mettre en œuvre des mesures sociales propres à assure à chaque membre de la collectivité un niveau de vie compatible avec le maintien de la santé ».

La santé publique est aujourd’hui une discipline autonome qui s’occupe de l’état sanitaire d’une collectivité, de la santé globale des populations sous tous ces aspects : curatif, préventif, éducatif et social. La santé publique peut être aussi considérée comme une institution sociale, une discipline et une pratique. Son champ d’action est vaste et, couvre tous les efforts sociaux, politiques, organisationnels qui sont destinés à améliorer la santé des groupes ou de populations entières. Ceci inclut toutes les approches organisées, tous les systèmes de promotion de la santé, de prévention des maladies, de lutte contre la maladie, de réadaptation ou soins orientés en ce sens.

La santé publique fait appel à un ensemble de disciplines variés et complémentaires : la médecine épidémiologique, sociale et économique et intègre diverses notions telles que l’environnement, l’histoire, la culture. Elle concerne toutes les dimensions de soins : préventive, curative, éducative, et de réhabilitation. Une politique de santé publique est l’ensemble des choix stratégiques des pouvoirs publics pour choisir les champs d’intervention, les objectifs généraux à atteindre et les moyens qui seront engagés. Elle correspond au terme anglais « Politics ». Il s’agit de maintenir ou d’améliorer l’état de santé d’une population. Un plan de santé publique est un ensemble de dispositions arrêtées en vue de l’exécution d’un projet et comporte une série de programmes d’actions. Il opère des choix stratégiques en retenant certains types d’intervention plutôt que d’autres et fixe les priorités de son action en les hiérarchisant. Il correspond au terme anglais « Policy ».

Un programme de santé publique est un ensemble cohérent d’actions pour atteindre des objectifs précis (exemple : Programme tuberculose). Une action de santé publique est la composante opérationnelle d’un programme ; elle s’inscrit dans les objectifs du programme en définissant un mode d’intervention particulier.

1.2.3. Bref historique

La santé est un concept dynamique, elle est un état résultant de l’évolution normale de la personne tout au long de sa vie, de la naissance à la mort. C’est un état dynamique qui demande la participation de la personne au moyen d’une prise de conscience de son état et d’une volonté à agir pour l’améliorer.

Dans l’histoire le terme Santé apparaît vers l’an 1000 avant Jésus-Christ. Il dérive du vieil anglais ” Hoelth ” signifiant ” être en sécurité ” ou ” globalité du corps ” (d’où provient le terme plus moderne d’ ” Holistique “. Avec l’ère scientifique moderne, la santé fut associée à l’absence de maladie et la société développa de stratégies d’assistance aux personnes malades. Le curatif prends le pas sur le préventif.

Par la suite, la santé est perçue comme un continuum s’échelonnant de la maladie vers la santé. Il est possible d’y évaluer des paramètres objectifs (quantifiables) aussi bien que subjectifs (perception de sa santé par la personne).

Le nouveau paradigme de la santé a été abordé par FERGUSON M. (1981) et repris par CASTILLO F. (1988). Ce dernier définit un paradigme comme un cadre de pensée, une espèce de structure intellectuelle permettant la compréhension et l’explication de certains aspects de la réalité. Un changement de paradigme fait apparaître des principes qui ont toujours été présents, mais que nous n’avions pas reconnus. Il inclut l’ancienne conception comme une vérité partielle, comme un aspect de la réalité, notamment comment les choses fonctionnent, mais en acceptant qu’elles puissent aussi fonctionner ” autrement. Un nouveau paradigme transforme le savoir traditionnel, fournit une nouvelle trame conceptuelle où l’on peut intégrer les observations diverses en conciliant leurs contradictions apparentes.

1.2.4. Santé selon les organismes officiels

En 1974, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) proposa une définition de la santé qui met l’accent sur la globalité (Wholeness) et les qualités positives de la santé. C’est encore actuellement la définitions officielle mondialement acceptée. Au cours de la même année, le Ministère de la Santé nationale et du Bien- être social du Canada publiait sa position officielle en matière de santé publique dans un document intitulé « Nouvelle Perspective de la Santé des Canadiens ». Dans cette brochure, nous retrouvons des éléments qui permettent de cibler les aspects importants du mode de vie des personnes, et de pouvoir éventuellement intervenir pour corriger ou améliorer leurs habitudes de vie. Ces habitudes de vie, ainsi que d’autres facteurs indépendants de la personne, y sont traités dans une perspective globale. S’y trouvent inclus les déterminants relatifs à la biologie humaine, à l’environnement, aux habitudes de vie et à l’organisation des soins de santé.

Cette conception globale de la santé était alors considérée comme un instrument d’analyse efficace des questions se rapportant à la santé; elle permet en outre de déterminer les besoins de santé des populations et d’adopter les mesures susceptibles de satisfaire ces besoins. En plaçant à égalité biologie, habitudes et environnement avec soins de santé, cette approche permettait de se soustraire de la vision traditionnelle qui ne privilégiait que les soins de santé.

En 1984, on publia le rapport du comité d’étude sur la promotion de la santé intitulé Objectif Santé. Ce rapport reprend quasi intégralement la vision globale du rapport Nouvelle Perspective de la Santé des Canadiens et la nomme Approche Écologique de la Santé. Cette approche écologique se veut interactive et mise sur l’interrelation entre les différents déterminants de la santé, les problèmes de santé, et le système de soins.

C’est donc dire que les organismes officiels ont adopté, malgré un persistant accent mis sur les soins de santé et sur la vision médicale traditionnelle, une approche globale permettant de mieux comprendre et de mieux intervenir en promotion et en éducation pour la santé.

Lire le mémoire complet ==> (Pauvreté des ménages et accès aux soins de santé en république démocratique du Congo)
Mémoire en vue de l’obtention du titre de Diplômé d’Etudes Approfondies en Economie – Option : Economie des Ressources Humaines
Université De Kinshasa – Faculté Des Sciences Economiques Et De Gestion