L’iPad : le Web, l’image et une console de jeu ?

By 26 June 2013

L’iPad ou l’Hypermédia – Chapitre II :

L’iPad est une machine mince et facile à utiliser. Pouvant envoyer et recevoir des mails, surfer sur le web, regarder des vidéos, Jobs l’a décrit comme un hybride parfait entre ordinateur portable et téléphone. Et, au vue de ses caractéristiques, il n’a pas tort.

L’iPad semble être le meilleur appareil jamais inventé pour consommer du contenu. Pour reprendre la formule de Jacques Attali, l’iPad est un hypermédia.

Section I — Un outil parfait pour le Web

Etant avant tout porté sur la mobilité, comment l’iPad se connecte à Internet ?

§ 1 — Connexion de l’appareil à Internet

Grâce à sa fonction Wifi, la question de la connectivité de l’engin ne pose pas de problème pour l’usage à domicile, à condition que l’on dispose d’un réseau sans fil, mais quand est-il ailleurs ?

Comment profiter au mieux de la mobilité de ce produit qui est vendu avant tout comme un produit « nomade » ?

L’iPad se décline en 2 modèles, disponibles à leurs tours en plusieurs versions, un modèle Wifi basique, et un autre avec la 3G. Pour pouvoir bénéficier d’une parfaite mobilité et être connecté à tout instant, il vous faudra, comme pour votre téléphone portable disposer d’un forfait de connexion 3G.

En France, seul SFR et Orange propose des forfaits 3G pour iPad, Bouygues ayant renoncé d’entrer dans cette compétition en partie car cela nécessite une carte Sim33 qui n’a pas le même format que la Sim utilisée dans les clés 3G illimités. Ainsi, il est impossible de mettre la carte Sim de son téléphone dans l’iPad.

SFR propose deux forfaits, un bloqué à 250Mo, autant dire que le débit est très insuffisant pour un appareil qui se veut nomade, et un autre, au forfait illimité (pour un usage « intense »). Seulement comme avec les forfaits iPhone, afin de permettre à tous les abonnés d’accéder à Internet dans des conditions optimales, le réseau 3G/3G+ étant mutualisé, le débit maximum de connexion est ajusté au-delà de 1Go d’échange de données par mois, ce qui réduit considérablement l’usage d’une telle machine. Prenons l’exemple de Youtube, en dessous des 1Go consommé par l’usager, ce dernier aura sur son iPad une assez bonne qualité d’image, en revanche passé la barre des 1Go, le débit étant ajusté, la qualité d’image sera nettement moins bonne.

C’est en donnant la possibilité aux usagers de se connecter à toutes les bornes SFR Wifi que l’abonnement paraît attractif. En effet, l’accès au réseau WiFi de SFR via les points d’accès SFR WiFi, SFR WiFi Public, SFR WiFi Gares, SFR WiFi FON, Neuf WiFi et Neuf WiFi FON en France métropolitaine y est inclus et illimité.

L’offre d’Orange ressemble sensiblement à celle de SFR sans l’accès Wifi, un préjudice considérable, mais avec un tarif nettement plus élevé. L’offre iPad d’Orange est la plus chère au monde selon une étude de Tableau Software34.

§ 2 — Un usage identique, des sensations différentes

L’iPad ne réinvente pas l’ordinateur ou le téléphone, il ne fait rien de plus que ces appareils font déjà. L’outil en lui-même n’a rien d’extraordinaire. Cela fait dix quinze ans, que nous utilisons l’ordinateur de la même manière, un clavier, une souris, un écran. La puissance des ordinateurs a changé mais l’usage en lui-même est toujours le même.

Ce sont à la fois la vitesse et l’interface tactile de l’iPad qui en font un appareil révolutionnaire pour la consommation du contenu multimédia ; toutes sortes de contenus : sites, podcasts, vidéos, animations interactives, etc. Pour cet usage, l’iPad est l’appareil le plus abouti à ce jour et celui qui procure l’expérience utilisateur la plus riche. Il y a une relation d’intimité qui est créée avec l’iPad qui n’existe pas avec l’ordinateur de bureau. Il invente une nouvelle façon de surfer sur Internet, une « vraie » révolution.

Section II — L’image : son point fort

A première vue, l’iPad est un outil destiné à la lecture de vidéos, au diaporama de photos.

Et ce n’est pas les caractéristiques de son écran qui diront le contraire.

§ 1 — Un lecteur vidéo

Au regard de son écran, l’iPad se positionne plus dans la catégorie des lecteurs de vidéos que d’eBook. Le format, un peu moins qu’une feuille A4 apporte beaucoup en termes de confort de lecture. Il suffit de cliquer sur une icône pour acheter ou louer un film. Il est même possible de regarder des extraits. Tout ce que est- acheté ou loué est directement téléchargé dans la vidéothèque de l’iPad. C’est grâce au contenu disponible sur iTunes que l’iPad est aussi grande vidéothèque virtuelle.

§ 2 — Un poste de télévision

L’iPad n’est pas seulement une liseuse de luxe et un point d’accès à Internet, il est aussi un excellent téléviseur LCD35 portable. Pour peu que le débit WiFi ou 3G soit suffisant, l’iPad peut être un très bon « poste » de télévision.

Cette possibilité est laissée aux mains des chaînes de télé. En effet, sans une initiative de leurs parts quant à la création d’une application qui permettent le visionnage de tel ou telle chaîne, l’iPad pourra accueillir la télé mais n’en sera pas une. A l’heure actuelle, seul Canal Plus a fait un pas vers l’iPad en proposant une application qui permet de voir les chaînes du bouquet de Canal. Free en a fait autant à destination de ses abonnés, à la seule exception que TF1, M6 et Canal Plus en clair ne sont pas disponibles.

On ne peut que regretter l’absence d’un plus grand nombre de chaînes afin de donner une nouvelle dimension à l’iPad mais en même temps, les débits trop peu suffisants ne permettent pas d’avoir une superbe qualité d’image. Bien au contraire.

35 Liquid Cristal Display, affichage à cristaux liquides.

Section III — L’iPad, une console de jeu ?

Qui aurait cru à son lancement que la Nintendo DS deviendrait la console la plus vendue au monde ? A sa sortie, les journalistes lui préféraient largement la PSP de Sony qui en réalité s’est fait distancer par sa consœur. Le tactile avait triomphé.

Pour Anh Phan, du journal du geek, « Nintendo a apporté le jeu avec la technologie tactile au grand public. Ensuite, Apple a surfé dessus ». Un constat appuyé par les chiffres des ventes de jeux vidéo, en effet bien que la première place de Nintendo soit incontesté, avec pas moins de 60% des ventes de jeux vidéo, la seconde place est occupée par l’iPhone/iPod Touch qui avec 20% d’applications de jeux achetées est devant la PSP de Sony.

Il est donc légitime de pouvoir penser qu’avec l’iPad, Nintendo voit naître un concurrent de poids. Comme vu précédemment, l’iPad permet plusieurs usages, le livre électronique va se développer très vite. Pour beaucoup d’adultes, ce sera un usage plus bureautique, l’usage de consultation du web et du mail. Difficile de dire quel usage va s’imposer le plus. Mais il est quand même possible que l’iPad devienne la console portable n°1. Nintendo va devoir se mettre à niveau.

Les jeux pour iPhone sont devenus une petite mine d’or pour les éditeurs: ils représentent 15% du chiffre d’affaires de Gameloft en 2009 (soit 18 millions d’euros), et 21% pour le seul premier trimestre 2010 (6,7 millions d’euros). On comprend mieux pourquoi les développeurs attendaient avec impatience l’arrivée de l’iPad. Et une étude du cabinet Flurry Analytics36 le confirme. Ainsi à quelques jours de son lancement aux Etats-Unis, 44% des applications testées par Apple relevaient du jeu, laissant loin derrière toutes les autres catégories.

L’iPod Touch est le principal symbole de cet essor du jeu vidéo sur support mobile, il est pour beaucoup utiliser en tant que console de jeu principal exemple.

36 Graphique de l’étude en Annexe.

« L’iPad est la plateforme de jeu portable la plus conviviale qui transforme encore une fois l’univers du jeu vidéo digital et téléchargeable. Nous avons accompagné l’iPad dès son lancement aux Etats Unis début avril, avec une offre variée qui a séduit les consommateurs. Nous sommes impatients d’enrichir notre catalogue de jeux à l’occasion du lancement de l’iPad dans ces nouveaux territoires » a expliqué Michel Guillemot, président et fondateur de Gameloft. Electronic Art, de son côté, avait, au lendemain de la présentation officielle de l’iPad, signé un contrat pour la production de jeux sur cette plateforme.

Pour plusieurs spécialistes, la taille de l’écran est un atout majeur pour les jeux vidéo, nettement supérieure à celles des Smartphones, iPhones et des consoles de jeux portables comme la DS de Nintendo ou la PSP de Sony. Autre point fort, l’écran tactile qui permet un confort de jeu optimal et une utilisation instinctive.

L’iPad se positionne entre ces deux consoles de jeu, il réussit le croisement parfait entre ces deux supports. Il arrive à allier la puissance graphique de la PSP et le côté tactile de la DS, ainsi que l’originalité des jeux qui caractérise Nintendo. L’iPad pourrait être l’hybride réussi entre ces deux consoles.

Avec son large écran, l’iPad peut amener le jeu vers une autre voie, et on peut l’envisager comme support à des jeux de sociétés, c’est en tout cas la volonté de certains développeurs dont Mike Rasmussen, Président de Republic of Fun, éditeur de titres pour l’iPhone qui juge que l’iPad « a à peu près la bonne taille pour qu’on le pose sur une table devant quatre personnes. Nous le considérons comme un genre de jeu de société dernier cri, pour lequel il peut y avoir des jeux vraiment interactifs, amusants, qu’on n’arrive tout simplement pas à faire pour l’iPhone ». Autre avantage, alors que le prix moyen des jeux sur consoles portables tourne autour de 30 à 45 euros, une application pour jouer sur iPad coûte en moyenne trois euros.

Cependant, bien que le jeu soit possible sur cette tablette, l’iPad ne satisfera jamais les puristes du jeu vidéo, il s’adresse plus à une communauté qualifiée de « casual-gamer ». Une Nintendo est faite pour jouer, un iPad accepte le jeu, et c’est là une différence énorme.

Lire le mémoire complet ==> (L’iPad ou l’hypermédia au service d’Apple)
Mémoire Master Professionnel « Droit des médias »
Université Paul Cézanne Aix-Marseille III