Les mutations du Web 2.0 : Contenus générés par l’utilisateur

By 25 June 2013

III- Impacts des technologies 2.0 sur la relation candidat / recruteur

Depuis 2005, les techniques de recrutement sur Internet ont été une nouvelle fois modifiées par le développement de technologies telles que les standards RSS30 et les techniques de développement AJAX31. Celles-ci ont eu un impact majeur sur la notion de site Web qui, dans sa conception initiale, comprenait des pages statiques rarement mises à jour. Le site était alors considéré comme un outil de diffusion et de visualisation de données. Mais depuis quelques années, le Web subit de fortes mutations au niveau technologique et fonctionnel. Cette métamorphose a un nom: le « Web 2.0 ».

30 « Really Simple Syndication »: “Rich Site Summary” ou “RDF Site Summary” qui sont un jeu de plusieurs standards, initialement élaborés comme cadre technique permettant de traiter des métadonnées pour diffuser des informations sous formes de news ou alertes. Ces standards utilisent les balises XML qui qualifient l’information transmise.
31« Asynchronous JavaScript and XML » : en matière de recrutement, l’adoption de cette technique associée aux flux RSS permet aux diffuseurs d’annonces, comme aux personnes à la recherche d’un emploi de pouvoir créer un environnement personnel qui leur permet, comme sur l’écran ci-dessus, de recevoir des informations presque en temps réel. Pour une définition complète voir : http://en.wikipedia.org/wiki/Ajax_%28programming%29.

Selon Tim O’Reilly32, les technologies utilisées dans le Web 2.0 ne se caractérisent pas tant par leur nouveauté que par leur appartenance à la mouvance « Open Source » (le monde du logiciel libre et gratuit). Dans sa version 2.0, le Web devient une véritable plate- forme d’applications ; transformation rendue possible par l’évolution du navigateur (FireFox, Internet Explorer…) en un « client riche »33. Ainsi, l’utilisateur peut jouer avec les différents éléments de la page : personnalisation des contenus, intégration de ses propres médias, partage avec d’autres internautes, création d’un réseau…Dans le Web 1.0, l’internaute était passif, à partir du Web 2.0, il devient actif.

Le succès du Web 2.0 repose notamment sur sa capacité à proposer des nouveaux services en combinant des briques déjà existantes: la plupart des services du Web 2.0 sont gratuits et les modèles économiques reposent pour l’instant sur la publicité en ligne qui connaît un véritable essor et présente de nombreux avantages (ciblage, interactivité34…). Maintenant, les individus ont la possibilité de se mettre en avant par rapport à une communauté ou de se regrouper en ligne, via Internet : on assiste au développement de forums emploi, de blogs, de réseaux sociaux et autres outils collaboratifs, qui sont les nouveaux supports dont se servent les recruteurs pour alimenter leur pipeline de candidatures et approcher certains potentiels.

32 Fondateur d’une société d’édition aux Etats-Unis, il réfléchit aux transformations qu’il observe sur le Web et lance le terme de Web 2.0. Source http://radar.oreilly.com/archives/2005/10/web_20_compact_definition.html.
33 Le client est la dénomination en informatique du navigateur. Le Web 2.0 s’articule sur deux composantes, le client ou le serveur : le client lance des requêtes sur le serveur, dans le but de rapatrier les documents et de les afficher. On parle alors d’architecture « client-serveur ». L’adjectif « riche » est à prendre au sens d’enrichi comme dans « rich media » (média enrichi). Amazon, Yahoo ! Mail, Google Maps, Youtube, pour ne citer qu’eux, exploitent à leur manière les potentiels offerts par le client riche. C’est la nouveauté « technique » la plus visible du Web 2.0.
34 L’interactivité est une activité nécessitant la coopération de plusieurs êtres ou systèmes, naturels ou artificiels qui agissent en ajustant leur comportement. L’interactivité est souvent associée aux technologies permettant des échanges homme-machine. Toutefois elle est présente dans toutes les formes de communication et d’échange où la conduite et le déroulement de la situation sont liées à des processus de rétroaction, de collaboration, de coopération entre les acteurs qui produisent ainsi un contenu, réalisent un objectif, ou plus simplement modifient et adaptent leur comportement. Elle distingue une communication interactive qui s’opposerait à une communication à sens unique, sans réaction du destinataire, sans feedback. Source Wikipedia.

1- Les mutations technologiques du Web 2.0

Jesse James Garrett est à l’origine en février 2005, du néologisme AJAX35. Il cherchait un mot pour définir l’ensemble des technologies mises en œuvre dans un projet qu’il s’apprêtait, en tant qu’architecte des systèmes d’information, à présenter à un client.

AJAX est l’ensemble des technologies suivantes36 :
– présentations standard avec XHTML37,
– affichage dynamique et interaction,
– échange et transfert asynchrone de données,
– JavaScript pour lier les éléments entre eux dans le navigateur.

AJAX permet la création d’interfaces riches (« Rich Internet Application ») dans lesquelles l’utilisateur peut librement manipuler des éléments, déplacer des blocs, ou inscrire son propre texte dans des champs prévus à cet effet. Jusqu’à présent son action était limitée : cliquer sur des liens ou rentrer des données au moyen d’un formulaire mais avec Ajax ce ne sont plus des pages mais des applications qui peuvent s’afficher directement dans le navigateur. La transmission asynchrone des données enrichit le confort d’utilisation : l’utilisateur est en ligne et saute pas d’une page à une autre mais reste dans la même interface. Il a donc une activité en continu dans l’application.

En matière de recrutement, l’adoption de cette technique, associée aux flux RSS, permet aux diffuseurs d’annonces comme aux personnes en recherche d’emploi de se créer un environnement personnel leur permettant de recevoir des informations presque en temps réel (annonces emploi, candidatures,…). Ainsi, les simples inscriptions sur les sites emplois et la réception d’alertes e-mail ont été supplantées par les abonnements à des flux RSS. Avec le Web 2.0, le rôle des sites a considérablement évolué puisque les internautes ne sont plus obligés de les consulter pour accéder à de l’information : un flux RSS est une news (ou billet) codée pour être lue et interprétée par les agrégateurs 38 et applications configurés en fonction de ces mêmes standards. Ces agrégateurs ou applications dédiées, comportent une fonction logicielle chargée de rechercher, d’identifier et de rapatrier les nouvelles informations publiées sous forme de flux. D’un point de vue technique, le logiciel envoie selon des fréquences, variables en fonction de son degré de sophistication, des requêtes aux sites émetteurs pour savoir si de nouvelles news ou alertes ont été publiées. Ces requêtes sont envoyées toutes les heures, ou fraction d’heures et permettent à l’internaute d’être informé de la publication d’une offre lui correspondant sans même avoir eu à se connecter à un site. Cette révolution est due au principe de la « syndication »39.

35 Asynchrones Java script And XML
36 GERVAIS, J-F. (2007). Les Internautes au pouvoir : blogs, réseaux sociaux, partage de vidéo…Paris. Dunod, p. 73, 74.
37 XHTML est le successeur de HTML (HyperText Markup Language) où langage des pages Web.

A) Le développement des contenus générés par l’utilisateur

« User Generated Content » (UGC) signifie « contenu généré par l’utilisateur ». La création de contenu par l’utilisateur n’est pas une nouveauté, mais avec l’avènement du Web 2.0, il est désormais permis à l’internaute de réaliser lui-même ses propres contenus et de les partager avec le monde entier.

– Les sites de partage de vidéos :

Faire des images, faire des films et les publier sur le Net devient aussi facile que d’écrire un billet pour son blog. Le Web 2.0 mérite ici son suffixe. Il symbolise la seconde tentative dans l’histoire du Web de réussir cette étape : simplifier la publication et la diffusion de vidéos. Les plates-formes permettent de diffuser du contenu, souvent multimédias (vidéo et son) aux internautes. La mise en ligne et le partage de vidéos devient facile car accessible par tous les internautes de la communauté. Exemples de tels sites : YouTube, Dailymotion, ou YouJob.

Ces plate-formes de partage de vidéo offrent la possibilité à chaque Internaute de déposer une leur CV vidéo s’ils sont en recherche d’emploi et aux entreprises de diffuser une certaine image d’elles-mêmes et de leur ambiance de travail : elles peuvent réaliser et y déposer un lipdub (vidéo réalisé en play back par les collaborateurs destinée à une diffusion sur Internet ou un autre réseau et réalisée dans le milieu professionnel).

38 Ce sont des logiciels qui permettent de suivre plusieurs fils de syndication en même temps. L’objectif d’un tel logiciel est de permettre l’agrégation de plusieurs sources de contenus Internet en une seule application. Le suivi du contenu est réalisé quasiment en temps réel. Proche dans son fonctionnement de la messagerie électronique, l’agrégateur est le plus souvent un outil limité à la lecture des messages reçus.
39 La syndication consiste à vendre le droit de reproduire un contenu ou de diffuser un programme à plusieurs diffuseurs. Le système de la syndication a été créé par la presse écrite américaine, les syndicates vendant leur production (cartoons, comic-strips, chroniques, etc.) à plusieurs journaux locaux.

– Les sites de partage de photos :

La photographie est un travail solitaire ne nécessitant aucune équipe contrairement au cinéma. C’est donc naturellement que la photo s’est imposée comme le premier User Generated Content. Néologisme construit à partir de folks (gens) et de taxonomie (ou taxinomie), méthode de classification d’élément, la folksonomie est un « système de classification collaborative et spontanée de contenus Internet, basé sur l’attribution de mots- clés librement choisis par des utilisateurs non spécialistes, qui favorise le partage de ressources et permet d’améliorer la recherche d’informations »40. Techniquement, les mots clés choisis par l’utilisateur sont qualifiés de descripteurs ou d’étiquettes (« tags » en anglais). L’utilisateur peut ainsi marquer chacune de ses photos selon son sujet et les moteurs de recherche intelligents interprètent ce tag pour faciliter l’accès au document.

La recherche d’informations, qui se faisait auparavant sous forme de listes déroulantes, est aujourd’hui réalisée grâce à ces tags, qui rendent les informations directement accessibles via un moteur de recherche. Jamais l’accès à l’information sur une entreprise ou sur un individu n’a été aussi rapide.

Lire le mémoire complet ==> (Dans quelle mesure les supports Web 2.0 participent-ils à la promotion de soi lors de la situation de e-recrutement ?)
Master 2 – Mémoire de recherche – Spécialité : Psychologie Sociale
Université Catholique de l’Ouest – Institut de Psychologie et de Sociologie Appliquées