Eco diversité du système financier – Le secteur du Shadow banking

By 28 June 2013

B. Représentation d’un système parallèle et importance croissante de son rôle

Les activités du Shadow Banking, demeurent pour beaucoup encore très confuses. Bien souvent la titrisation apparaît dans la littérature comme la principale cause de la crise financière de 2008. Laurent Guenier de AXA IM (Table ronde du Sénat 2012) déclare que « la titrisation est une technique financière de transfert d’actifs à des investisseurs qui ne pourraient pas y accéder autrement. Il s’agit d’un vecteur. La crise des subprimes est liée à une qualité d’actifs très mauvaise et un manque d’information surs ses actifs. La titrisation n’est pas elle-même une cause de la crise mais un simple vecteur ».

Le secteur du Shadow banking est essentiellement mentionné pour son rôle d’avant crise, omettant souvent que son activité perdure et connaît une croissance à l’issue même de cette crise. Il est indispensable de rappeler sont rôle dans le financement de l’économie mondiale.

1. Eco diversité du système financier

Le Shadow banking constitue un challenge à part entière avec des activités aux frontières du champ d’intervention traditionnel de la supervision des institutions financières, nécessitant aussi, dans une approche globale, une coordination avec la supervision des marchés financiers. Le développement du Shadow banking répond en partie à un besoin des agents économiques. Il a longtemps été considéré comme la dernière étape de l’innovation financière. Ces innovations de procédés, sous réserve que leurs risques soient correctement maîtrisés, contribuent à améliorer la liquidité et l’allocation des risques au sein du secteur financier.

Un système influant sur l’économie mondiale

Bien que les Etats-Unis disposent toujours du système bancaire parallèle le plus important au monde, avec 23.000 milliards d’actifs en 2011, le shadow banking est un système de financement représenté à l’échelle mondiale. Sur le Vieux continent, les actifs qui échappent aux régulateurs atteignent un montant supérieur à 30.000 milliards de dollars. A elle seule, l’Europe est donc à l’origine de presque la moitié (46%) du “shadow banking” mondial.

Le Royaume-Uni et la Suisse sont responsables en grande partie de cette montée en puissance. Ce sont les pays industrialisés où la finance de l’ombre progresse le plus depuis la crise. Selon les travaux du FSB, elle a augmenté de 10% au Royaume-Uni sur la période 2007-2011, et de 6% en Suisse, alors qu’en France et aux Etats-Unis, l’activité déclinait sur la même période.

D’autre pays atteignent des pourcentages record comme Hong-Kong (520%) et les Pays-Bas (490%). Ces chiffres illustrent parfaitement le besoin pré-crise et post-crise d’un financement de l’économie via le shadow banking.

Un système qui jouit d’une grande diversité d’acteurs

Le shadow banking bénéficie des spécificités et de la complémentarité d’une grande diversité d’acteurs tels les MMF, les hedge funds, les véhicules ad hoc et les assureurs. Ces entités en plus d’être non régulées permettent d’optimiser les investissements en offrant des rendements plus élevés pour les épargnants, une réduction des coûts de financement pour les emprunteurs (par exemple, quand un hedge fund opère une stratégie de Relative Value) et de faire bénéficier l’économie réelle de garanties d’intermédiation.

Une aubaine pour contourner la règlementation Bâle III

Dans un contexte post crise et un durcissement des réglementations bancaires, le FSB souligne que le “shadow banking” risque de se développer d’avantage face aux nouvelles règles bancaires, qui contraignent les banques à renforcer considérablement leurs garanties en fonds propres. En effet, cet argument est régulièrement invoqué par les banquiers qui s’insurgent contre la nouvelle réglementation. Selon eux, non seulement elle constitue handicape mais elle risque de déplacer les activités les plus risquées vers les acteurs les moins régulés de la sphère financière. Certes le Shadow banking est une forme d’échappatoire à l’arbitrage réglementaire (à travers ses mécanismes de titrisation et de collatéralisation) mais il demeure une source de financement alternative non négligeable pour pallier à une potentielle pénurie de crédit bancaire (aux PME et ETI particulièrement). Des services de financement entre ménages se sont déjà développés enFrance (suivant un modèle anglo- saxon) comme Prêt d’Union, une plateforme de crédit entre particuliers. Depuis le début de ses activités, à l’automne 2011, la plate-forme a octroyé 21 millions d’euros de prêts. Mais l’ambition est bien là et la production s’accélère, avec 3 millions d’euros de nouveaux prêts uniquement en mars. L’objectif est d’accorder entre 50 et 70 millions d’euros de crédits d’ici la fin 2013. La plate-forme se rémunère seulement sur l’emprunteur et se refinance via un véhicule ad hoc qui émet des titres souscrits par les investisseurs. Ce premier exemple de prêt collaboratif démontre que même si l’émission de crédit par les banques est verrouillée, la demande demeure toujours aussi forte.

Un rôle de plus en plus central dans le financement de l’économie

Lors de ta table ronde organisée par le sénat le 20 juin 2012 sur les enjeux du développement du système « shadow banking » plusieurs intervenants, parmi lesquels Thierry Varène de BNP Paribas, ont insisté sur l’importance qu’était appelé à prendre le système bancaire parallèle. Le secteur non bancaire jouait déjà un rôle important dans la collecte des ressources financières. Il va en jouer un de plus en plus essentiel dans le financement », a également indiqué Olivier Garnier, le chef économiste de la Société Général.

L’ensemble de ces constats ont fait conclure au sénateur Marini que « le système bancaire parallèle ne mérite aucun opprobre, [qu’] il répond à une fonction économique nécessaire mais [qu’] il y a besoin de transparence et de régulation à satisfaire ».

Le financement parallèle s’avère être complémentaire au financement bancaire offrant des alternatives de financement et une diversification de l’offre auprès d’investisseurs aux besoins complexes.

Lire le mémoire complet ==> (Shadow Banking : Avenir de la finance ou simple échappatoire à l’arbitrage réglementaire ?)
Mémoire pour l’obtention du Master 2 en Sciences de Gestion
Mention Management, spécialité prospective, innovation, stratégie et organisation
Le CNAM – Département Management – Innovation – Prospective