Les coûts logistiques totaux : la définition

By 2 May 2013

2.2.3. Les coûts logistiques totaux

• Les coûts intrinsèques des stocks (inventory carring cost)

Les stocks entrent de plus en plus en compétition avec d’autres investissements de l’entreprise. Afin de définir le niveau du stock correctement, il est indispensable d’être bien informé de l’ensemble de variables logistiques : ordonnancement de la production, mode de transport, niveau de service clientèle ; commander fréquemment en petites quantités réduit les stocks, mais augmente les coûts de commandes et de transport.

Donc il est essentiel de comparer les réductions de coûts associés à un moindre stockage au coût accru de commande et de transport. Cela aide à déterminer l’impact financier des plus petites commandes.

Le fait de pouvoir mettre en œuvre les arbitrages du coût logistique total nécessite d’avoir d’informations fiables sur les coûts. Il ne s’agit pas de décider arbitrairement la rotation des stocks ou les niveaux de stocks sans connaître le coût intrinsèque des stocks. C’est un coût qui a un impact sur le nombre d’entrepôts et l’ensemble des politiques logistiques de l’entreprise. Pour calculer ce coût, c’est indispensable de prendre en compte quatre éléments :

Figure 5 : Modèle de coût intrinsèque des stocks (inventory carryng cost)

Coût de financement des investissements en stocks (capital cost on inventory investment)

Le fait de garder le stock immobilise des capitaux qui peuvent être empruntés à des tiers ou ces capitaux peuvent représenter des disponibilités propres à l’entreprise111. Ce sont des capitaux qui peuvent être utilisés plus judicieusement dans l’entreprise. Il s’agit de savoir quel est le taux d’intérêt à considérer pour les fonds investis dans du stock. C’est un taux qui grève le coût logistique des marchandises entreposées. Dépendant de la catégorie de risque des différents projets : des projets à haut risque (l’investissement de nouveaux médicaments ou processus dont nul ne peut être assuré du succès du projet) ou des projets à faible risque (des investissements dans les entrepôts, des flottes de véhicules utilitaires), certaines entreprises différencient le coût de capitaux. Dans ce type d’entreprises une réduction de stock peut être utilisée pour financer d’autres catégories d’investissements à faible risque. Ce qui est essentiel est de considérer un taux d’intérêt hors taxes parce que les coûts comme le coût de transport ou d’entreposage sont des coûts avant impôts.

Coût de financement des investissements en stocks (capital cost on inventory investment)
=
Valeur du stock (out of pocket investment inventory)
×
Coût d’opportunité de l’argent (coût interne des capitaux pour des projets à faible risque tels que des stocks) (opportunity cost of money)

Coûts associés à la tenue des stocks (inventory service cost)

Ces sont des coûts qui incluent les frais d’assurance contre le vol et le risque d’incendie majorés de la valeur de taxes majorés de la valeur de taxes éventuelles spécifiques à certains stockages112. Le montant pour ces assurances ne se modifie pas beaucoup d’année en année et par conséquent le pourcentage de ces frais par rapport à la valeur des stocks non plus. Donc nous pouvons déduire que dans tout budget c’est un pourcentage historique qui peut être utilisé pour déterminer les coûts associés à la tenue des stocks.

Coûts associés à l’espace de stockage (storage space cost)

Nous considérons quatre types d’entrepôt : entrepôts d’usines, entrepôts publics, entrepôts appartenant à l’entreprise et entrepôts pris en location à des tiers113.

Coûts associés aux risques sur stocks (inventory risk cost)
Ce sont des coûts qui concernent l’obsolescence, les dégâts, les déperditions et le risque de transbordement et de transfert interne114.

• Les coûts des ventes manquées (situation de rupture de stock)

Les coûts des ventes manquées sont dus à l’absence du produit (situation de rupture de stock) au moment où il est indispensable115. Cela peut entraîner une dégradation de l’image de marque de l’entreprise et un risque de baisse des ventes potentielles, car un produit qui n’est pas en stock, implique un chiffre d’affaires qui n’est pas réalisable et par conséquent un manque à gagner.

Si le produit n’est pas vendu, le coût de rupture de stock correspond à la marge bénéficiaire perdue116.
Si nous sommes dans le cas d’une production, le manque de matières 1ères peuvent générer des retards de livraison, des arrêts de fabrication, des pénalités de retard qui doivent être payés au client.

C’est un coût qui est très difficilement mesuré. Il peut engendrer une insatisfaction du client qui peut s’orienter vers la concurrence. Face à une rupture, sa réaction est suivante : soit la vente est perdue (le client achète chez le concurrent), soit la vente est différée (le client accepte d’attendre)117. Si nous sommes dans le cas d’une vente différée, la perte de marge bénéficiaire doit être remplacée par un coût qui correspond à une pénalité à payer au client (parfois prévue dans le contrat) et à la hausse des coûts liés à une expédition d’urgence ou à une fabrication.

• Les coûts de traitement des commandes

Les coûts de traitement des commandes contiennent les coûts de transmission des commandes, de traitement, de réception, manutention, communications118. Si nous sommes confrontés à calculer le coût du processus de commande, les coûts sont susceptibles de se modifier en fonction du niveau de service clientèle et les autres conditions de la décision.

« Avant de passer une commande, il faut surveiller le niveau du stock, déterminer la taille de la commande, choisir un fournisseur, fixer avec lui le délai, le prix et les conditions de transport et de livraison. »119Ainsi nous pouvons considérer les coûts de passation de commande comme des frais liés au déclenchement de la commande auprès du fournisseur.

Ils comprennent le temps passé à contacter le fournisseur par téléphone ou fax, les frais administratifs, les frais informatiques, les négociations d’achat, les relances, les coûts de réception ou contrôle d’entrée ainsi que les coûts liés au personel. Ce sont des coûts qui sont indépendants de la taille de la commande, mais qui se répètent à chaque fois qu’une nouvelle commande est passée120. La formule avec laquelle nous pouvons calculer le coût d’une commande à l’année est les coûts totaux d’acquisition divisés par le nombre annuel de commandes. De cette manière il est possible de comparer l’évolution des coûts d’une année à l’autre.

• Les coûts de production définis par lots

Les coûts de production ou d’approvisionnement dépendent du niveau de service clientèle requis ou tout autre élément du système logistique121. Leurs composantes pour chaque lot de production sont :
– Coût de préparation et de mise en route de la production : temps de mis en route, inspection, inefficience du début des opérations, déchet associé au début de production (setup scrap) ;
Capacité perdue en raison d’un changement de production ;
Frais de manutention, d’ordonnancement et d’expédition des lots de production ;

• Les coûts d’entreposage

« Les coûts d’entreposage dépendent directement du nombre et de la taille des sites d’entreposage122». Très souvent nous constatons dans la littérature une confusion entre les coûts d’entreposage et les coûts intrinsèques des stocks123. Mais c’est une constatation qui est erronée car les coûts d’entreposage n’augmentent pas avec le niveau des stocks mais avec le nombre des entrepôts. Si les sites sont détenus en propriété ou en location-financement, les coûts sont fixes et indépendants du niveau de stock. La quantité de produits qui passe à travers l’entrepôt (throughput) représente un élément qui détermine le coût de location de l’entrepôt. « Ce coût de volume (throughput cost) est le coût exprimé en termes de flux quantitatif et constitue la charge imputée au locataire par un loueur public ou privé d’entrepôts »124.

• Les coûts de transport

Les coûts de transport peuvent être identifiés par segments : transport interne, transport externe, par fournisseur, par client, par mode de transport, par prestataire de services, par produit etc125. Ce sont des coûts qui sont en fonction de la démarche logistique : création d’entrepôt, optimisation des tournées de livraison, choix des modes de transport et de stockage.

Lire le mémoire complet ==> (Identification, contrôle et amélioration de la marge grâce à la fonction logistique dans les laboratoires pharmaceutiques)
Mémoire de fin d’études – Master 2 « Logistique »
Université de Paris 1 « Sorbonne Panthéon »