Le Web : le système de bouche à oreille de l’industrie du cinéma

By 5 May 2013

Le Web : le meilleur système de bouche à oreille de l’industrie du cinéma

Le spectateur connecté est devenu exigeant, les studios s’adaptent à ses caprices et les contenus promotionnels en ligne rivalisent de performance. Ainsi Le Projet Blair Witch des deux étudiants en cinéma de Floride, Daniel Myrick et Eduardo Sanchez, fut le premier a élaboré un marketing original sur Internet. L’intrigue consiste en la mystérieuse disparition de trois étudiants en cinéma après s’être égarés dans les bois et avoir été terrorisés par un antagoniste invisible. Présenté brut de décoffrage, ce film se fait passer comme étant les bandes vidéo retrouvées sur les lieux de la disparition. Sur Internet furent diffusées des rumeurs présentant le film comme un authentique documentaire et suggérant une réelle disparition des trois protagonistes. Ces rumeurs furent tellement bien relayées que cela causa des problèmes à la police de Burkitsville dans le Maryland où fut tourné le film. En effet, sur le site on pouvait trouver des avis de recherche, des revues de presse et des interviews de riverains, ainsi qu’une visite virtuelle des lieux et l’histoire de la soi-disant sorcière Blair. Le site fut mis en ligne un an avant la projection du film et causa un véritable phénomène Blair : 75 millions de visiteurs en un an ! Le film qui n’aura coûté que 25000 USD, en rapportera 144 millions rien qu’aux Etats-Unis.

Ce phénomène va inspirer les grandes majors d’Hollywood qui vont augmenter jusqu’à 75 fois leur budget publicitaire sur le support web. Ainsi, à la sortie du film A.I. : Intelligence Artificielle de Spielberg, le spectateur attentif qui prend le temps de lire le générique de fin y a vu l’adresse d’un site étrange consacré à l’ingénieur Evan Chan qu’il ne manquera pas d’aller consulter de retour chez lui. Mais le jeu a déjà commencé, amorcé par des envois de spams à droite et à gauche depuis quelques temps. L’internaute est ainsi invité à enquêter sur l’assassinat d’Evan Chan. « Surfant au gré d’un dédale de 35 faux sites créés expressément, l’internaute, Sherlock Holmes en herbe, sera amené à visualiser la scène du crime. Mais aussi à rencontrer Martin Swinton, architecte de son état et unique personnage commun au jeu et au film, voire quelques androïdes familiers à l’univers futuriste de ce dernier. Designer officiel, la firme Three Mountain Group nie à ce jour toute implication de Dreamworks, propriétaire de la fiction. Quel que soit le coupable, le pari, lui, est remporté : un million de joueurs avant même sa sortie et des centaines de communautés dédiées, à l’image de Cloudmakers.org. » (David Fernandes)

Dernière forme de sponsoring décliné sur la Toile : le spin-off, série de fictions dérivées à partir d’une franchise à succès. Le cas le plus réputé est celui d’Animatrix, suite de neuf courts métrages d’animation basée sur le volet initial de la trilogie Matrix et censée faire office d’interlude avant les deux actes suivants. Les quatre premiers épisodes sont déclinés en libre téléchargement dès février 2003 et remportent un plébiscite fulgurant (3,5 millions de téléchargements dès la mise en ligne de l’épisode 1 : Second Renaissance). Trois mois plus tard, la Warner, gérante de l’enseigne, commercialise l’intégralité de la série sous format DVD. Mais avec la sortie en janvier 2006 de Bubble aux États-Unis, le dernier Soderbergh, les exploitants de salle ont du souci à se faire. Le film est sorti le même jour en salle, en DVD et en téléchargement sur Internet. Le coup du siècle pour le distributeur, 2929 Entertainment, qui s’évite ainsi des campagnes de marketing répétitives et coûteuses.

L’histoire des digimas est toute récente, si quelques tendance majeures se sont dégagées, d’autres restent embryonniares. Cette typologie est incomplète mais nous donne une bonne idée du paysage qu’il nous reste encore à défricher. Nous profiterons de cette étude pour tenter d’affiner le classement et analyser ce qui fait d’un digima, un digima et rien d’autre. Qu’est-ce qu’un digima ?

Lire le mémoire complet ==> (LES DIGIMAS)
Mémoire de fin d’études – Section Cinéma
ENS Louis Lumière