Le tout début du webcinéma : animation – Court-métrage en séries

By 5 May 2013

Le tout début du webcinéma : l’animation

L’animation sur le Web a aussi pris son envol grâce à de grands noms du cinéma : Burton, Lynch… Bientôt suivis pas une foule d’adeptes du logiciel Flash de Macromédia qui a connu un succès fulgurant avec sa technique de dessin vectoriel « intuitive ». Ce logiciel permet de concevoir des animations légères et facilement intégrables aux pages Web car diffusées sans trop de soucis au travers des modems 56k. À la fin des années 1990, 3 millions d’utilisateurs sont recensés.

Dumbland, David Lynch
Dumbland, David Lynch

Dumbland, David Lynch

 Stainboy, Tim Burton
 Stainboy, Tim Burton
Stainboy, Tim Burton

« Début 2000, Tim Burton brûle d’adapter sur la toile un recueil de nouvelles démarré deux ans plus tôt sous l’interminable et loufoque intitulé La Triste fin du petit enfant huître et autres histoires. La caravane Flash passe et Stainboy naît. Cette série de six épisodes narre en prose les péripéties fantasmagoriques d’un garçonnet chétif et timide qui, le temps d’enfiler cape et combinaison moulante exhibant un grand S sur le thorax, fuit sa réalité sordide pour combattre nombre de monstres pseudo imaginaires tels Staregirl, la fille aux yeux qui fixent, ou Toxic Boy, le gamin contagieux. » Il fut bientôt suivi par David Lynch avec Dumbland, chroniques disjonctées de l’Amérique Profonde qu’il décrit lui-même comme une série « grossière, stupide, violente et absurde ». Si les deux premiers épisodes peuvent être visionnés gratuitement, il faut ensuite recourir à son compte Paypal pour regarder la suite. Plus récemment fut mis en ligne entre l’automne 2003 et le printemps 2004, entre la sortie de Star Wars II et III, une série animé Star Wars : Clone Wars, récompensée d’un Emmy Award en 2004. Genndy Tartakovsky se chargea de réaliser 20 courts métrages de 1 à 5 minutes diffusés en ligne sur Cartoon Network (co-producteur avec Lucasfilm Ltd. Bien évidemment) et désormais édités en DVD où téléchargeables sur iTunes Store. Cette série reprend le film là où l’épisode II l’avait laissé, détaillant certaines batailles devant avoir lieu dans le temps ellipsé entre cet épisode et le III, avivant ainsi l’appétit des fans. Bientôt la production d’e-animations va s’intensifier et certaines start-up vont sentir la bonne affaire. C’est le cas d’Atom Films qui dès 1999 sélectionne les meilleurs animations et fonctionne aujourd’hui comme « une grande salle de cinéma virtuelle avec près de 120 chaînes et 1500 catalogues rachetés à la firme Shockwave ». En France ce phénomène commence aussi à apparaître, avec en tête de liste bechamel.com.

Les web-animations ont permis à des graphistes-papier ou autres animateurs traditionnels, gens de la pub et du jeu vidéo, d’accéder à une certaine célébrité. Par exemple, les frère Lycette, venus d’Australie comptent parmi ces feuilletonistes encensés par les internautes avec un soap sur la vie de bureau : Not my type fait de caractères typographiques. Xiao Xiao créé par un certain Monsieur Zhu est un personnage au graphisme sobre est devenu une mascotte sur la Toile, réutilisé à foison dans des parodies de licences cultes (Matrix, la Panthère Rose…). « La palme revient à Olivier Janin et la team cHmAn, géniteurs de la célèbre tribu reggae Banja qui, après avoir ensorcelé le réseau par ses épisodes musicaux, prête depuis ses couleurs vertes et jaunes à une série TV et un jeu PSP». Comme quoi les références web immigrent vers un autre type de contenu : le jeu vidéo. On trouve une foule d’animations flash sur le Net, dont la diffusion a été largement facilitée par le système d’abonnement aux podcasts, à partir du logiciel iTunes notamment. Des séries « cultes » telle Happy Tree Friends peuvent se télécharger automatiquement sur votre PC ou mobile.

Happy Tree Friends
Happy Tree Friends

Happy Tree Friends
Happy Tree Friends

Xiao Xiao, M. Zhu
Xiao Xiao, M. Zhu

Le court-métrage en séries : format privilégié

« Vidéothèque sélective pour cinéphiles avertis ou rampe de lancement de jeunes réalisateurs, aujourd’hui le web est une véritable « salle de cinéma » dédiée aux courts. D’iFilm à Ciné-courts, en passant par la plateforme Triggerstreet.com de Kevin Spacey, tous rendent hommage au genre. » (David Fernandes) En effet, il est désormais possible de visualiser des milliers d’heures de courts-métrages sur le Net, chaque apprenti réalisateur saisissant cette possibilité d’une diffusion mondiale pour proposer son travail. Certains manqueront l’histoire plus que d’autres, tel est le cas de 405, film qui a tout d’un blockbuster à gros budget avec moult effets spéciaux fut un véritable événement sur le Net. Réalisé par deux anonymes sur leur PC à la maison, ce court-métrage est LA référence du cinéma Home Made, du Garage Cinema en somme, impressionnant par la qualité du résultat. Sur le site qui leur ai consacré on y trouve le making off expli quant la supposée simplicité de sa fabrication et encourageant tout un chacun d’en faire autant. Ce travail a mené ces deux auteurs génaix, Bruce Branit et Jeremy Hunt à collaborer aux effets spéciaux de Sin City et du King Kong de Jackson. (http://www.405themovie.com/)

D’autres exemples suivront tels George Lucas in Love film de fin d’études produit en 1999 retraçant de façon parodique la supposée genèse de l’idée de Star Wars dans la tête du jeune Georges Lucas. Plus de 150 000 internautes aurons visité le site Mediatrip.com trois semaines après sa diffusion. www.koreus.com/media/gorge-lucasin-love.html. Un autre film connu un immense succès d’audience : Submission, document tragique car il valu au réalisateur néerlandais Théo Van Gogh de se faire assassiner à Amsterdam en novembre 2004 et à sa scénariste de rester sous surveillance policière suite à une tentative d’assassinat. C’est le monologue d’une femme voilée au corps tatoué, narrant une triste aventure amoureuse vouée à l’échec par l’intolérance de sa société. On peut aussi aller voir Sous surveillance de la réalisatrice Chloé Micout (janvier 2005) qui a obtenu de nombreux prix dans plusieurs festivals. C’est une critique astucieuse de l’obsession perverse des spectateurs d’émissions de télé-réalité. www.chloemicout.net.

Lire le mémoire complet ==> (LES DIGIMAS)
Mémoire de fin d’études – Section Cinéma
ENS Louis Lumière