Analyse concurrentielle du secteur pharmaceutique français

By 1 May 2013

3. Analyse concurrentielle du secteur pharmaceutique

3.1. Barrières à l’entrée

Les barrières à l’entrée sont fortes à toutes les étapes de la vie du médicament11. En particulier nous observons ce phénomène sur la recherche et développement des médicaments éthiques (des médicaments de prescription obligatoire avec une protection de brevet, ils sont commercialisés en milieu hospitalier ou médecine de ville12) dont le taux d’échec est élevé pendant cette phase, comparativement aux médicaments génériques et à l’automédication. Les raisons sont le besoin en capitaux nécessaires à leur financement (les laboratoires investissent relativement 15% de leur chiffre d’affaire à la R&D de nouveaux produits, à savoir que généralement la recherche a recours à l’autofinancement car la part du financement public est insuffisante et couvre à peine 1% de ses investissements 13), production et marketing (investissements promotionnels lourds), ainsi qu’à leurs développements qui est long et aléatoire avec une forte courbe d’apprentissage avant de se positionner sur une classe thérapeutique.

3. 2. Forte concurrence interne au niveau des classes thérapeutiques

Il existe une forte concurrence interne entre les laboratoires au niveau de leurs produits aux indications identiques qui ciblent les mêmes patients14. Nous constatons surtout une concurrence venant de la part des génériques qui représentent un vecteur d’accélération du déclin des blockbusters (spécialité pharmaceutique réalisant plus d’un milliard de dollars de ventes annuelles) tombant dans le domaine public.

Donc les groupes pharmaceutiques cherchent à se différencier en diversifiant le portefeuille des produits car il existe un risque de perte importante du chiffre d’affaire après l’expiration des brevets et certificats complémentaires de protection qui octroient une période d’exclusivité commerciale pendant une dizaine d’années. Ils choisissent également des domaines thérapeutiques sur lesquels ils préfèrent se concentrer.

Donc afin de réaliser cette différenciation des médicaments éthiques, les groupes pharmaceutiques centrent leur attention sur les besoins médicaux non ou mal satisfaits ainsi qu’à la « solvabilité assurée par l’AMO (Assurance-maladie obligatoire) et les AMC (Assurance-maladie complémentaire) »15 qui représentent des gisements de profitabilité.

3. 3. Pouvoir de négociation des fournisseurs et des « clients »

Le pouvoir de négociation des fabricants de principes actifs et façonniers est faible à l’égard des industriels car la production pharmaceutique externalisée est évaluée à un tiers et les prestataires (études, conditionnements…) sont fragmentés au pouvoir de négociation16.

Le pouvoir de négociation des « clients » dépend de leur profil :

• Fort pouvoir de négociation chez les : médecins (s’ils ne sont pas d’accord avec les suggestions des industriels, ils peuvent refuser) ; pharmaciens (concernant les génériques et l’automédication et nul pouvoir de négociation pour l’éthique ; patients (pour les produits d’automédication, mais faible pour les produits éthiques et les génériques) ; établissements hospitaliers (en raison de la concurrence des produits à l’exception du cas d’un monopole)17.

• Faible pouvoir de négociation chez les organismes payeurs (en particulier pour les nouveaux produits)18.
• Croissant pouvoir de négociation chez les grossistes répartiteurs en raison de l’augmentation de leur nombre au niveau national et également au niveau européen19.

12 Le secteur pharmaceutique en France et ses perspectives », « Les Echos » 2007, collection : Panorama stratégique des Grands Secteurs, publication : Paris Eurostaf, p. 29
13 « L’industrie pharmaceutique », 2004, Etude réalisée par Franck Paquotte, Coface SCRL, collection : L’observatoire des entreprises, p.24
19 « Le secteur pharmaceutique en France et ses perspectives », « Les Echos » 2007, collection : Panorama stratégique des Grands Secteurs, publication : Paris Eurostaf, p. 77

3.4. Les contraintes des segments de marché générique et de marché des OTC (Over the counter ou les produits d’automédication)

Avec une dizaine de laboratoires, le marché des génériques est très concurrentiel20. Cela s’explique par des remises commerciales accordées aux pharmacies d’officine, ce qui engendre une « érosion forte da la marge » des groupes produisant des médicaments génériques et par conséquence une érosion au niveau des prix qui sont réglementés par le CEPS (Comité économiques des produits de santé).

Le segment du marché des génériques subit également des tactiques anti-génériques suivis par des laboratoires de princeps21. Mais grâce aux coûts de développement et coûts de production réduits, ainsi qu’à l’incitation par les pharmaciens, il bénéficie de la tombée dans le domaine public des molécules leaders (loratadine, ciprofloxacine…) et marque un taux de croissance à deux chiffres.

La situation est plus différente sur le marché des OTC (médicaments dont la prescription est facultative qui ne sont pas remboursables par l’assurance maladie22) qui sont en concurrence forte des semi- éthiques. Les réglementations sont peu favorables aux switch OTC.

Les OTC bénéficient de budgets promotionnels élevés23. Les médecins généralistes sont désintéressés à l’automédication. Mais la volonté des patients de prendre en charge leur santé s’accroît, ils développent une culture de médicament « gratuit » et des pressions budgétaires freinent les organismes payeurs.

20 « Le secteur pharmaceutique en France et ses perspectives », « Les Echos » 2007, collection : Panorama stratégique des Grands Secteurs, publication : Paris Eurostaf, p. 78

Lire le mémoire complet ==> (Identification, contrôle et amélioration de la marge grâce à la fonction logistique dans les laboratoires pharmaceutiques)
Mémoire de fin d’études – Master 2 « Logistique »
Université de Paris 1 « Sorbonne Panthéon »