Un candidat à l’élection présidentielle et deux journaux 

By 4 April 2013

b) Libération 31

« A sa création en 1973, ce quotidien se veut l’expression, non d’un parti, mais d’une ‘sensibilité’ issue de la contestation de 1968 » (Charon, 1991 : 132). A elle seule, cette citation résume l’esprit dans lequel est né le quotidien.

Libération a vu le jour dans le prolongement de Mai 68, sous l’impulsion de Jean- Paul Sartre, début 1973. Il reprend le nom d’un journal de la résistance qui existait pendant la 2e guerre mondiale. A ses débuts, le journal est plutôt classé à l’extrême gauche. En 1974, Serge July, co-fondateur du journal succède à Jean-Paul Sartre et Jean-Claude Vernier en tant que directeur de la publication : il le restera jusqu’en 2006. En 1980, le journal prend une orientation plutôt « sociale-démocrate ».

Dans les années 1980 le tirage du journal augmente mais dans les années 1990, le journal connait de plus en plus de difficultés économiques : en 2005, Serge July se bat pour faire rentrer dans le capital Edouard de Rothschild. C’est le début d’une crise interne qui entraine le départ de nombreux journalistes, Serge July lui-même quitte le journal en 2006. Puis, c’est l’arrivée de Laurent Joffrin qui devient en 2006 président du directoire du journal, avant d’être remplacé en 2011 par Nicolas Demorand, qui assure, avec Nathalie Collin, la coprésidence du journal.

Du point de vue du contenu, Libération incarne un style à part, une originalité dans les titres et une certaine façon de « scénariser » l’information : « Après le lien avec le lecteur, après le titre-jeu de mots, la description de l’actualité par l’imitation d’un genre artistique répertorié constitue le troisième pilier du projet journalistique de Libération » (Aeschimann, 2007 : 27). A Libération, il semble que les journalistes cherchent à diffuser l’information en « racontant des histoires », en « colorant » celle-ci. Peut-être pour garder cette proximité avec leurs lecteurs. Est-ce cet esprit qui explique le diminutif « Libé », une manière assez intimiste de dénommer le journal.

29 Ibid.
30 www.pratiquesculturelles.culture.gouv.fr/doc/evolution73-08/T3-LECTURE-QUOTIDIENNE- JOURNAUX.pdf, consulté le 10 mai 2012.
31 Source principale : Libération et ses fantômes, Aeschimann E., 2007, Seuil.

Avec une diffusion quotidienne de 119 205 exemplaires quotidiens en 201132, Libération arrive loin derrière Le Monde (292 765 ex.) mais loin devant L’Humanité (45 827). Dans ce classement de la Presse Quotidienne Nationale (PQN) généraliste, Libération arrive en 4e position des journaux les plus lus en France derrière Le Figaro, Le Monde et Aujourd’hui en France.

c) Le Figaro 33

Le titre Figaro apparaît en 1826. Il ne devient un quotidien qu’en 1866, ce qui fait de lui le plus ancien encore en activité dans le paysage de la presse française.

Quand Figaro voit le jour en 1826, c’est un « journal satirique, spirituel et batailleur », selon sa propre présentation. Il est fondé par un certain Maurice Alhoy et son nom est choisi en référence à Beaumarchais, pour narguer le pouvoir monarchique en place et sa censure.

Jusqu’en 1854, le journal connaitra des fortunes diverses et pas moins de 11 versions différentes se succèdent, ainsi que plusieurs repreneurs. Cette année 1854 marque un tournant avec la reprise du journal par Hippolyte de Villemessant. Il choisit d’inscrire en 1ère page une devise tirée du Mariage de Figaro : « Sans liberté de blâmer, il n’est point d’éloge flatteur », qui est toujours présente aujourd’hui. Le journal devient quotidien en 1866 et, en 1880, un an après la mort de Villemessant, Le Figaro est le « quatrième quotidien de la capitale » (Blandin, 2007 : 61). Il est apprécié de la haute aristocratie et cherche à recruter de nouveaux lecteurs parmi la riche bourgeoisie.

Le journal traverse le XXe siècle en connaissant, comme toute la presse, la censure pendant les deux guerres : la parution sera d’ailleurs totalement stoppée entre 1942 et 1944. Après la guerre, le journal connait une belle progression, notamment sous l’impulsion de l’un de ses directeurs les plus emblématiques : Pierre Brisson. Il restera à la tête du journal jusqu’à sa mort, en 1964 : le journal est alors à son apogée avec un tirage de 439 000 exemplaires (1965) (Albert, 2008 : 142). Mais la mort de son directeur le fait entrer dans une période de tourmente et de crise interne avant de connaitre, une dizaine d’années plus tard, un autre évènement majeur.

En 1975, le quotidien est racheté par Robert Hersant : c’est le début d’une nouvelle ère qui durera jusqu’en 2004. Une des personnalités influentes pendant cette période se nomme Franz-Olivier Giesbert, qui sera notamment directeur des rédactions du Figaro de 1988 à 2000. En 2004, le journal passe sous le giron du groupe Dassault et Etienne Mougeotte en devient le directeur des rédactions en 2007. En juillet 2012, il est remplacé par Alexis Brézet.

Sur l’échiquier politique, le quotidien est considéré comme un « journal de droite » (Albert, 2008 : 142) ou encore « l’incarnation du conservatisme de la bourgeoisie française (…) » (Blandin, 2007 : 1). En 2011, avec un tirage de 321 101 exemplaires34, Le Figaro est le journal de Presse Quotidienne Nationale le plus lu en France.

32Site de l’OJD, www.ojd.com/chiffres/section/PPGP?submitted=1&section=PPGP&famille=1&thema=&search=&go=Lancer+la+recherche, consulté le 10 mai 2012.
33 Source : Le Figaro, deux siècles d’histoire, Blandin C., 2007, Armand Colin.

Après avoir dressé un cadre général, et du candidat, et des deux journaux dans lesquels seront faites les extractions, venons-en maintenant à la présentation détaillée des « petites phrases » sélectionnées.

Lire le mémoire complet ==> (a title=”Le rôle des petites phrases de François Hollande dans sa stratégie de communication” href=”http://blog.wikimemoires.com/2013/04/petites-phrases-francois-hollande-strategie-communication/”>Le rôle des “petites phrases” de François Hollande dans sa stratégie de communication)/strong>
pendant la campagne des élections présidentielles 2012, vu à travers deux journaux de la presse écrite
Master 2 Communication Parcours : Métiers de l’information et de la communication organisationnelle
Université Européenne de Bretagne – Rennes 2 – UFR ALC