Théories des organisations : Théories à orientation diagnostique

By 28 April 2013

1.1.2. Les théories à orientation diagnostique

Les théories à orientation diagnostique sont marquées par une lecture systémique des organisations pour laquelle nous débuterons une présentation.

1.1.2.1. L’approche systémique

Cette approche considère l’organisation « comme un système ouvert finalisé, en interaction constante avec un environnement vivant, mouvant turbulent, imprévisible, qui a des attentes, des exigences, qui percute l’organisation. » Celle-ci ne peut donc pas créer seule ses normes et ses critères de résultats. Elle est en interaction permanente avec son écosystème.4

Dans une conception systémique, l’organisation est un organisme vivant dont l’activité essentielle consiste à transformer les entrées dans le but d’atteindre les objectifs qu’elle s’est fixée, de maintenir le système et de l’adapter à son environnement qui lui fournit certains feed-back.

Selon M. CROZIER, la coexistence de relations formelles et informelles entraîne un état d’interdépendance entre les individus et les groupes, d’où la complexité des processus de communication et l’émergence des conflits.

Pour l’Ecole de PALO ALTO, l’organisation doit être analysée comme « un jeu relationnel régulé par un système de communication » car tous les processus dans un système sont solidaires.5

Un système ouvert repose sur quelques principes de base :
• Totalité et finalité du système;
• Importance de ses interactions internes et externes;
• Principe d’homéostasie et d’autorégulation : équilibre dynamique.

La description d’un système passe par le repérage de ses parts, de ses entités, des sous-systèmes qui le composent et de son écho système.

Selon le biologiste HUMBERTO, dans un système, il distingue la structure (relativement stable) et l’organisation. (Plus évolutive)

La systémique vise « à saisir la multidimensionnalité des réalités, l’inattendu, l’incertitude, le mouvement, le changement, la richesse de l’information et des interconnexions, la variété des états, des évolutions possibles, en bref les situations complexes. »6

Les deux principales méthodes de l’analyse systémique en vue de préparer et conduire l’action et la décision sont la modélisation et la simulation.

Pour P. PRUM, « La systémique est venue bouleverser notre vision. Nous savons désormais qu’une classe n’est pas plus une somme d’élèves qu’un établissement n’est une juxtaposition de classes, des effectifs d’élèves, une collection de Maîtres, un ensemble séparé d’un environnement. »

La définition du système retenue notre professeur F. DRISSI est la suivante :

«Le système est un ensemble d’éléments en interaction dynamique, organisé en fonction d’une finalité. »

«L’approche systémique est une méthodologie permettant d’organiser les connaissances, les informations en vue d’une plus grande efficacité de l’action

Cette approche systémique va constituer l’ossature de ce travail puisqu’elle va servir d’une part au diagnostic et d’autres part à la création de l’établissement de formation professionnelle privé.

« Qu’en est-il d’un établissement de formation ? Que perçoit-on de ses finalités ? »

1.1.2.2. L’analyse économique et socio-économique

Selon H. SAVALL, l’analyse socio-économique met en évidence les circuits, les relations cachées, répétitives et coûteuses. Or pour lui, coûts et performances sont indissociables : il y a interdépendance entre facteurs économiques et facteurs sociaux.

Dans cette nouvelle conception des organisations, il faut chercher à faciliter, pour tous les acteurs, de nouveaux apprentissages à travers la formulation et la résolution de problèmes professionnels ainsi que les conflits sociaux qu’ils génèrent.

A partir de cette période, aux schémas hiérarchiques pyramidaux et fonctionnels, succèdent les nouvelles familles d’organigrammes : divisionnels selon les axes stratégiques accompagnés d’une direction par objectif (DPO) ou par produit, matriciels croisant fonctions et axes stratégiques.

Aujourd’hui, une attention particulière est accordée au modèle poly cellulaire ou grappes, basé sur le maillage de petits groupes semi-autonomes.

1.1.2.3. L’analyse stratégique

« L’analyse stratégique est orientée sur l’acteur. »7

Selon CROSIER et FRIDBERG, l’analyse stratégique part du postulat nouveau selon lequel l’organisation est composée de plusieurs acteurs poursuivant chacun sa stratégie et dont la finalité est le pouvoir.

Cette analyse multidimensionnelle : politique, économique, structurelle, conduit à un management intégratif qui adopte une démarche prospective pour cerner les différentes stratégies en présence.

En quoi ceci décrit-il ce qui se joue à l’intérieur d’un établissement de formation ?

1.1.2.4. L’analyse ou l’approche culturelle

Pour R. SAINSAULIEU, «L’analyse culturelle des ensembles organisés apporte une dimension indispensable à la compréhension des fonctionnements. »

E. JACKES et E. SCHEIN sont les inventeurs du concept de culture d’entreprise.

Ces travaux coïncident dans le temps avec les recherches sur les établissements secondaires qui mirent en évidence la notion d’effet d’établissement.

L’intérêt symbolique de la culture d’entreprise est de distinguer les valeurs de l’entreprise.

« Quelles sont les valeurs et normes de l’établissement de formation ? »

De même, selon T PETERS, «Tout est symbole. »

En effet, les organisations ont besoin de symboles. Ces rituels englobent une foule d’événements variés allant des tenues vestimentaires aux réunions dans les salles des professeurs, …

Pour un établissement de formation. C’est pourquoi, la culture constitue un processus de socialisation des acteurs, surtout nouveaux.

L’organisation est donc une culture mettant en jeu des identités personnelles et collectives dans des processus communicatifs. Elle constitue pour ses membres «Un lieu d’apprentissage socioculturel visant à faire partager, à discuter, à modifier des valeurs, des représentations, une éthique de l’action, à développer de nouvelles capacités et compétences collectives. »8

Les valeurs naissent de la culture qui n’est pas partagée de manière uniforme par tous les acteurs; ce qui crée des identités sociales qui peuvent être source de conflits internes à une organisation : l’ethnocentrisme.

Selon E. MARC, «L’ethnocentrisme est la propension à chaque culture de saisir et juger les autres à travers ses propres modèles de références. »

« Pour un établissement de formation, peut-on mesurer les effets de sa culture, notamment sur ses résultats ? »

.1.1.3. Les évolutions actuelles

Ces dernières années, une accélération des travaux théoriques a été observée. Mais les évolutions réelles au sein des entreprises, aussi bien publiques que privées, vont plus lentement et à des rythmes diversifiés d’une organisation à une autre. C’est pourquoi on a renoncé à l’espoir de déterminer une seule méthode d’analyse.

Chaque théorie organisationnelle a sa propre conception de l’individu, une éthique propre. Ainsi :
• Les théories classiques donnent les armatures formelles rationnelles;
• Les théories des relations humaines inspirent des pratiques destinées à motiver les hommes par l’écoute et la reconnaissance;
• L’approche systémique s’appuie, pour la compréhension du fonctionnement, sur l’analyse socio-économique, l’analyse stratégique et culturelle pour planifier et mobiliser.

Après les époques du management planifié, on en est à celle du management stratégique. Selon J. JABES, «C’est la stratégie qui donne sens et légitimité aux changements organisationnels. Et c’est la maîtrise du changement qui donne substance et crédibilité à la stratégie. » Les organisations recherchent aujourd’hui à concrétiser ces idées à travers une démarche de projet.

« Qu’en est-il des établissements de formation ? En quoi la démarche de projet d’établissement fournit-elle une approche nouvelle et efficace de la conduite du changement dans un établissement de formation ? Quels changements pour quelles attentes sociales et pour quels besoins des entreprises ? »

Lire le mémoire complet ==> (La création d’entreprise: Cas de création d’un établissement de formation professionnelle privé)
Mémoire présenté pour l’obtention du diplôme du Cycle Supérieur de Gestion
Institut Supérieur de Commerce et d’Administration des Entreprises