L’image environnementale et sociale d’IKEA

By 27 April 2013

C. L’image environnementale et sociale d’IKEA

Outre les bas prix de ses produits fonctionnels, modulaires et esthétiques, une autre clé de la réussite d’IKEA tient à son image environnementale et sociale.

Pour produire à bas coût, l’enseigne suédoise a très tôt commencé à délocaliser une partie de ses productions. En 1961, la Pologne devenait son premier fournisseur étranger et depuis lors, la part de production réalisée par IKEA en dehors de son pays n’a cessé d’augmenter, en Asie notamment, comme c’est le cas de beaucoup de produits. Mais, à partir des années 1990, cette politique de délocalisation a commencé à faire l’objet de nombreuses critiques. Ainsi, « entre 1994 et 1997, trois reportages des télévisions allemande et suédoise ont accusé l’entreprise d’employer dans des conditions dégradantes des enfants au Pakistan, en Inde, au Vietnam et aux Philippines ». En 1998, « après la découverte de conditions de travail déplorables en Roumanie, le syndicat des travailleurs du bois et de la construction, l’International Federation of Building and Wood Workers (IFBWW), a menacé la multinationale d’un boycottage » 36.

Très vite, IKEA a réagi. L’enseigne a signé un partenariat avec l’UNICEF en 1999, et aussi avec l’organisation mondiale « Save the Children » en faveur des enfants partout dans le monde (Kosovo, Inde, Liberia, Burundi, Pakistan, Indonésie, Sri Lanka…). Le Groupe apporte des aides d’urgence ou participe à des programmes de développement comme l’éducation des enfants du nord de l’Inde. IKEA lance également ses propres campagnes : en 2003, le groupe récolte plus de 24 millions d’euros avec sa campagne « une peluche achetée = 1 euro de don à l’Unicef »; en 2009, plus de six millions de peluches ont été vendues dans les magasins de IKEA de 26 pays.

36 « IKEA en Inde, un emploi démontable » de Olivier Bailly (journaliste), Jean-Marc Caudron (chercheur) et Denis Lambert (secrétaire général de Oxfam, association de solidarité internationale; article du Monde Diplomatique de décembre 2006.
Ces trois personnes sont les auteurs du livre « IKEA, un modèle à démonter », 2006, éditions Luc Pire.

Ces actions d’IKEA sont régies par sa charte, l’IWAY, lancée en 2000. Comme on peut le lire sur le site internet du groupe, ce code de conduite « énonce les exigences que nous imposons à nos fournisseurs et prestataires, et présente ce qu’ils sont en droit d’attendre en retour. Outre le document principal, il compte plusieurs annexes spécifiques selon les secteurs, ainsi qu’un code de conduite spécial concernant le travail des enfants. Il incombe aux fournisseurs IKEA de présenter le code de conduite IKEA à leur personnel et à leurs sous-traitants ».

La charte pose ainsi les règles de conduite d’IKEA en matière de conditions de travail, notamment l’absence du travail forcé et du travail des enfants. Son point 7 (« santé et sécurité des ouvriers ») détaille les conditions de travail des salariés qui devront porter les protections nécessaires pour la production. La charte « se fonde sur des conventions et déclarations internationales, dont la Déclaration universelle des droits de l’Homme des Nations Unies (1948) et sur la Déclaration de l’Organisation Internationale du Travail sur les principes et droits fondamentaux du travail (1998) ».

Par ailleurs, l’IWAY se fonde également sur la Déclaration de Rio sur l’environnement et le développement (1992), deux sujets de préoccupation qu’IKEA met en avant depuis de nombreuses années. Par exemple, le groupe est engagé auprès de l’Organisation Mondiale de certification forestière FSC (Forest Stewardship Council) pour s’approvisionner en bois de forêts gérées de manière responsable et certifiées comme telles. IKEA collabore aussi avec WWF (World Wildlife Fund), organisation mondiale de conservation de la nature, pour mieux gérer les forêts de la planète et lutter contre l’abattage illégal. Cette coopération s’est récemment renforcée avec la lutte contre le changement climatique. Ici, IKEA et WWF s’engagent à réduire les émissions de gaz à effet de serre en développant des moyens de transports respectueux de l’environnement, notamment sur les transports des marchandises par la route, la mer, le rail, et aussi les transports entre fournisseurs, centres de distribution et magasins, ainsi que les trajets clients-magasins. Objectif du géant de l’ameublement : réduire sa consommation énergétique et ses émissions de dioxyde de carbone.

Parmi les autres actions d’IKEA en matière de protection de l’environnement, on peut encore citer sa fondation « Sow a Seed », née en 1998, dans le but de réhabiliter la forêt tropicale de l’Etat de Sabah, dans l’île de Bornéo, mise à mal par les abattages illégaux et les incendies. Concrètement, le projet concerne la plantation de diverses espèces d’arbres indigènes.

Lire le mémoire complet ==> (L’implantation d’IKEA à Bayonne : Quels impacts, mutation, et enjeux sur le(s) territoire(s) ?)
Mémoire de Master 1 « Géographie : Dynamiques, Territoires, Pasages »
Université d’Argers