Le réchauffement climatique : une collaboration entre les ONG

By 8 April 2013

Le réchauffement climatique : une collaboration

En décembre 2009 les gouvernements du monde entier se sont réunis à Copenhague pour s’accorder sur la suite à donner au protocole de Kyoto, et à la lutte contre le réchauffement climatique. Au préalable de ce sommet Greenpeace a été actif pour tenter d’interpeller les chefs d’Etat sur la nécessité d’agir, “Politicians talk, Leaders act”. L’objectif était de pouvoir maintenir l’augmentation des températures sous la barre des 2° par des mesures contraignantes. Beaucoup d’ONG ont été présentes lors des sessions de négociations préparatoires au sommet, et étaient accréditées comme observateurs indépendants des Nations Unies.

Parmi les nombreuses actions en amont de ce sommet, Greenpeace, en juillet 2009 à la veille du G8, a gonflé une sculpture en forme d’iceberg sur la Seine pour illustrer la fonte des glaces. En octobre 2009 Greenpeace a collaboré avec l’artiste photographe Spencer Tunick pour une mobilisation artistique et originale. Plus de 700 personnes ont posé nues dans un vignoble de Bourgogne pour témoigner de la vulnérabilité de l’homme et du patrimoine face aux changements climatiques, ainsi que ses menaces sur les vignes. Sa campagne pour le climat a pour slogan “it is not too late”. En Décembre 2009 des militants de Greenpeace investissent le toit de l’Assemblée Nationale puis s’introduisent dedans en toute légalité pendant un débat sur le climat avec des banderoles “Copenhague : aux actes M. le Président”. Cela fait grand bruit, l’organisation est critiquée de terroriste, mais c’est un succès : elle est l’invitée du JT de 13h. Elle se justifie en disant que ces actions sont nécessaires pour être entendue, les moyens traditionnels ne suffisant plus.

WWF a aussi été actif sur le thème du réchauffement climatique. Ainsi en mars 2009 il est à l’origine de la Earth Hour, où de nombreuses villes, de nombreux bâtiments, des habitants, éteignent leur lumière pendant une heure. Pour cette action, il a beaucoup utilisé les réseaux sociaux, Internet, et ses propres vidéos. Il a également fait plusieurs publicités, grâce en partie, à des espaces offerts gracieusement. Cela a eu un écho important, par exemple, la Tour Eiffel s’est éteinte en présence notamment de M.Borloo. C’est un signal fort aux dirigeants avant Copenhague. Et en 2010 la même action a été répétée le 23 mars avec grand succès puisqu’elle a été suivie dans 126 pays, dans 250 villes françaises. L’action est véritablement symbolique mais permet de sensibiliser les citoyens. Des activités sont aussi proposées pendant cette heure sans lumière. Une semaine avant l’évènement World Wildlife Fund (WWF), ainsi que la Fondation Nicolas Hulot, GoodPlanet et le Réseau Action Climat, a proposé une semaine de débats et de rencontres sur le thème du climat, la “climateweek”. Le citoyen est au coeur de la mobilisation et cela oblige les dirigeants à prendre en compte leur voix.

Pour le climat, le slogan de leur campagne était « it’s time to lead ». En parallèle de cette action symbolique, WWF publie sur son site Internet de nombreux rapports quant à l’urgence climatique et propose plusieurs gestes simples à faire pour agir.

Earth Hour
© REUTERS / Jacky Naegelen

Pour Copenhague, Greenpeace et WWF ont créé avec 9 autres Organisations Non Gouvernementales (ONG) (Action contre la Faim, Care, FIDH, Médecins du Monde, Oxfam, Réseau Action Climat, Secours Catholique, Les Amis de la Terre, la Fondation Nicolas Hulot) la Fondation Ultimatum Climatique, dont le slogan était “On ne négocie pas avec le climat on agit”. Il n’y a pas seulement des écologistes car le réchauffement climatique concerne tout le monde, et comme nous l’explique Adelaïde Colin, la directrice de communication, Greenpeace a senti le besoin stratégique de ne pas mettre en avant la marque Greenpeace qui peut parfois rebuter certains. Ensemble ils pouvaient avoir plus d’échos, et toucher plus de monde. Ils ont lancé une pétition, “L’appel Ultimatum Climatique” (signée par 576 582 personnes, l’objectif d’un million n’a pas été atteint), organisé des clips avec des personnes célèbres, des événements communs comme un concert à Paris en novembre (cf affiche), des flash mobs où de nombreux participants se sont rassemblés pour faire sonner téléphones, alarmes, pour réveiller les dirigeants sur l’urgence. La pétition était un moyen aussi de collecter de nombreuses adresses mails de sympathisants, qui pourraient devenir de futurs donateurs. Pour cette fondation ils ont travaillé avec kMan Consulting, une agence de conseil en stratégie Eco Business, éthique des affaires et communication verte.

Malgré une mobilisation importante le sommet s’est soldé par un échec. Par la suite, a éclaté le scandale des climatosceptiques remettant en cause la théorie du réchauffement climatique. En mai 2010 Greenpeace met en place sur son site un test de dépistage de la maladie de “climatosceptite”.

On peut ainsi voir que Greenpeace malgré sa réputation d’intransigeante, sait collaborer avec d’autres ONG. Elle est également le co-fondateur avec WWF de l’Alliance Pour la Planète, créée en 2005. Cette dernière regroupe 82 ONG différentes. Sur le site Internet il est bien précisé que ce n’est pas une fusion d’associations, celles ci gardent leur indépendance, leur identité mais l’objectif est d’agir ensemble, de donner plus de poids et de résonance à des actions et des propositions communes. Mais il est vrai qu’elle a une certaine méfiance envers par exemple le mouvement altermondialiste, elle a peur d’un risque de dilution, d’une perte de visibilité. En effet même si elle partage avec les altermondialistes de nombreuses valeurs communes, Greenpeace veut garder sa spécificté. Elle privilégie comme thématique l’environnement, ainsi que des moyens d’actions plus large que la seule confrontation.

 Site de Greenpeace
Site de Greenpeace

En réalité, au lieu d’opposer WWF et Greenpeace, il est plus juste de dire que les deux Organisations Non Gouvernementales (ONG) sont complémentaires, par leurs méthodes, leurs préoccupations différentes. Elles peuvent être en concurrence, il peut y avoir des tensions entre elles, mais elles réussissent toutes les deux à remplir leurs missions. De plus malgré leurs différences, les deux Organisations Non Gouvernementales (ONG) arrivent à collaborer ensemble. Cela a été le cas notamment lors de la Fondation Ultimatum Climatique ou pour le Grenelle de l’environnement, mais cela est forcément difficile en raison de méthodes, d’objectifs qui peuvent varier. Comme nous l’explique Camille Lajus du World Wildlife Fund (WWF), on est plus fort à plusieurs, et on a tous besoin les uns des autres. En effet les associations ne visent pas les mêmes cibles et travailler ensemble permet ainsi de toucher le plus de personnes possible. Il est donc important pour elles de conserver leur spécificité qui fait partie de leur identité, et qui peut expliquer l’adhésion des donateurs à telle association.

Lire le mémoire complet ==> (Les stratégies de communication des ONG environnementales)
Mémoire de Séminaire Economie du Développement Durable
Université lumière Lyon 2 – Institut d’Études Politiques de Lyon