Le marché belge face à la compétitivité la floriculture marocaine

By 28 April 2013

Action à entreprendre par les pouvoirs publics pour assurer une meilleure compétitivité aux produits de la floriculture marocaine – Section 3 :

L’entreprise exportatrice, si elle n’est pas épauler par l’Etat restera faiblement armée pour affronter la concurrence, de plus en plus intense, sur le marché international ; concurrence d’autant plus forte qu’elle bénéficie, au niveau des principaux pays concurrents, d’une panoplie de mesures de soutien, de subventions à l’exportation. Malgré les quelques efforts déployés, les entreprises marocaines souffrent d’un retard en matière de modernisation des moyens de production, de restructuration sectorielle, de développement de nouveaux créneaux à l’exportation. Au-delà de la mise à niveau, condition préalable de survie, les efforts de modernisation et d’innovation doivent être permanents et en temps réel.

C’est dans ce sens que les pouvoirs publics devront centrer leur politique à l’incitation et à l’encouragement de l’entreprise exportatrice en général et celle opérant sur le secteur de la floriculture en particulier.

3.1 Subvention pour la réduction des coûts de transport

La subvention de l’Etat aux entreprises exportatrices des fleurs coupées est une mesure urgente qu’il y a lieu de mettre en place compte tenu de l’importance de ce problème qui constitue un obstacle majeure à la compétitivité des produits exportés. En effet, le transport absorbe 30% des coûts de production dans le secteur des fleurs coupées. Le transport aérien, moyen par excellence pour l’acheminement des exportations vers les marchés extérieurs, est une réelle entrave devant le secteur de la floriculture. Le coût de l’affrètement est élevé relativement à nos principaux concurrents : (à titre d’exemple, un envoi direct par avion à Zurich coûte 9dh/Kg tandis que l’envoi aérien par échange coûte 19,50dh/Kg.

Pour ce qui est du transport terrestre et particulièrement à destination vers l’Europe, le parcours Tanger-Algesiras (de 18Km) selon M Bennani Smires (Directeur de PrimRose) absorbe à lui seule 30% de la charge de transport pour un parcours de 2000Km.

Une subvention du coût de transport de la part des pouvoirs publics contribuera énormément à réduire une des charges d’exploitation la plus contestée par les exportateurs des fleurs coupées. De même, l’Etat doit intervenir d’une manière efficace auprès de la R.A.M pour réduire à moitié les coûts du transport aérien et assurer les directions de vols vers les marchés d’exportation.

3.2 Incitation à la mise à niveau des entreprises qui opèrent dans le secteur de la floriculture :

L’entreprise marocaine est appelée plus que jamais, à être compétitive sur les marchés extérieurs. Le rôle des pouvoirs publics est d’aider l’entreprise opérant sur le secteur de la floriculture en particulier, de réussir son intégration à l’économie mondiale. C’est là tout l’enjeu de la mise à niveau : donner à l’entreprise exportatrice marocaine les moyens de se mesurer à des concurrents étrangers. L’Etat doit donc mettre en place un programme de mise à niveau de ces entreprises et veiller strictement à son application avec les moindres coûts. C’est donc pour l’entreprise marocaine exportatrice des fleurs coupées, le relèvement de leur niveau de compétitivité. Cette mise à niveau doit donc comprendre un plan d’affaires qui devra faire ressortir les besoins suivants :

– L’investissement en matériels liés à la modernisation d’équipements industriels, à l’acquisition de nouvelles technologies et à d’éventuelles extensions.

– L’investissement immatériel ayant trait aux volets suivants :

* Développement des ressources humaines et formation.
* Amélioration de la gestion administrative ;
* Marketing et développement des exportations.
* Etablissement d’un système d’assurance qualité
* Recherche de partenariats techniques, commerciaux et financiers.
* Protection de l’environnement.

Dans le cadre de la mise à niveau la caisse centrale des garanties (CCG) intervient dans ce sens pour faciliter le financement des entreprises marocaines dans plusieurs domaines.

3.3 Exonération des droits de douanes des intrants :

Les professionnels du secteur des fleurs coupées confirment que l’élément majeur qui handicape leurs entreprises et qui les rend moins compétitif, par rapport à la concurrence, est le prix des intrants : produits phytosanitaires, engrais, pesticides etc…

La menace du secteur des fleurs coupées persistera si l’Etat n’intervient pas pour prendre des mesures concrètes telles que :

– l’exonération des droits de douane des importations.

Donner l’autorisation aux producteurs des fleurs coupées pour importer collectivement les produits phytosanitaires et engrais, ainsi que le plastique élément essentiel dans le processus de production, sachant que le secteur de floriculture se base sur les serres. Les producteurs des fleurs coupées trouvent une grande difficulté dans l’approvisionnement, s’agissant des produits qui ne sont pas autorisés à l’importation. Le recours au produit national ne répond pas souvent aux exigences du secteur (couleur, qualité etc…)

L’intervention de l’Etat à ce niveau, permettra aux entreprises opérant sur ce secteur d’être plus compétitives sur le marché international et assurer un meilleur ordonnancement à leur production. Ajouter à cela l’amélioration de la qualité de leur produits.

3.4 Négociation avec l’U.E pour le libre accès des fleurs coupées sur le marché communautaire

Les produits marocains de floriculture rencontrent une discrimination vis-à-vis de l’Union européenne par leur assujettissement à un calendrier et un prix de référence sous peine d’application d’un équivalent tarifaire maximale. Les contraintes tarifaires et non tarifaires contenus dans les accords d’association avec l’Union Européenne pénalisent les exportations marocaines.

Le gouvernement Marocain doit donc bâtir une stratégie dans ses négociations, avec l’Union Européenne et dans les accords bilatéraux, dans le but d’intégrer le volet agricole (pour les produits à l’exportation).

La négociation concernant l’accord de pêche avec l’Union européenne doit être une opportunité pour le Maroc afin d’amener l’Europe à traiter équitablement nos produits exportés avec les autres pays (A.C.P ou Israël ) en levant toutes sortes de barrières à l’entrée.

Stratégie d’approche du marché belge pour l’exportation des fleurs coupées
Mémoire de fin d’études du cycle supérieur de commerce international – Cycle Supérieur De Commerce International
Institut Supérieur Du Commerce et D’administration Des entreprises