Le diagnostic du secteur de la formation professionnelle privée

By 29 April 2013

3.2.3. Le diagnostic du secteur de la FPP à travers Les résultats de l’enquête terrain

L’évolution que connaît aujourd’hui le secteur de la formation professionnelle privée au niveau de ses structures ainsi qu’au niveau de son organisation, ne semble pas rejaillir positivement sur l’image que ce secteur donne de lui.

Malgré les nombreuses réformes que ce secteur a connu, et qu’il continue de connaître à travers les nouveaux axes de développement présentés plus haut (FPP), il n’a pas réussi à changer la perception des jeunes à son égard et faire en sorte qu’ils considèrent la formation professionnelle le chemin leur permettant d’atteindre leur objectif : L’insertion dans la vie active.

Il est évident que si cette vision persiste, c’est que le secteur de la formation professionnelle privée présente encore des faiblesses qu’il convient de connaître à travers la perception des étudiants prescripteurs.

Pour cela, les voies utilisées pour le recueil des informations nécessaires ont comme base fondamentale :
• Les différentes informations collectées à partir de l’analyse documentaire;
• Les entretiens réalisés avec les dirigeants des entreprises, les responsables de cabinet de recrutement; les conseillers d’orientation en formation, les parents et les étudiants.

A travers le résultat du terrain, nous évaluerons les attentes des apprenants et les besoins des entreprises en profils issus de la formation professionnelle privée, cette évaluation se fera sur la base de l’approche systémique en respectant les étapes de la démarche stratégique suivantes :

• L’identité de l’établissement;
• La segmentation stratégique;
• L’analyse concurrentielle;
• La position stratégique;
• Le diagnostic des ressources;
• Le diagnostic de la mise en œuvre des ressources

Nous proposons d’évaluer la vision des apprenants et de détecter les besoins des entreprises en terme de profils ce qui va nous permettre non seulement de répondre aux questions posées dans le cadre de cette recherche mais de proposer par la suite une démarche pour la création d’un établissement de formation professionnelle « sur mesure. »

Dans un premier temps, nous étudierons les attentes des apprenants et leur vision sur la formation professionnelle publique et privée.

3.2.3.1. Les attentes des apprenants et leurs souscripteurs

*c* Enquête : Résultats et orientations stratégiques

L’objectif attendu de l’enquête qualitative menée est de :
• Recueillir la perception des élèves et étudiants de la formation professionnelle en général, et la formation professionnelle privée en particulier;
• Savoir si la formation professionnelle privée présente, pour eux, un plus par rapport à la formation professionnelle publique;
• Connaître les manques à combler, de manière urgente, dans les établissements de formation professionnelle privée;
• Connaître les habilités que doit avoir, selon eux, un lauréat de la formation professionnelle;
• Déterminer la relation que doit avoir un établissement de formation professionnelle privé avec l’entreprise;
• Apprécier la place de la formation continue dans l’esprit des étudiants;
• Connaître les critères qui permettent aux étudiants de choisir un établissement de formation de qualité;
• Connaître les caractéristiques souhaitées dans un établissement de formation professionnelle privé.

3.2.3.1.1. L’identité

Nous avons essayé de relever l’identité des établissements de la Formation Professionnelle à partir de la perception des apprenants, des entreprises et de tous les partenaires retenus dans notre échantillon.

3.2.3.1.1. La perception de la formation professionnelle

Les réformes que connaît le secteur de la formation professionnelle, aussi bien sur le plan quantitatif que sur le plan qualitatif, ne semblent pas rejaillir sur l’image que ce secteur donne de lui.

En effet, et selon les résultats des focus groupes, la majorité des élèves et étudiants ont une perception très dévalorisée de la formation professionnelle :

Les élèves de l’enseignement général considèrent la formation professionnelle comme étant le dernier recours lorsque toutes les possibilités de poursuite des études dans l’enseignement général sont épuisées;

Les étudiants ayant déjà poursuivi des études supérieures à l’université recourent à la formation professionnelle dans l’espoir de maîtriser, dans le court terme, un métier et accéder rapidement à un emploi. Il est à préciser, quand même, que les lauréats préfèrent taire leur passage par la formation professionnelle dans leur curriculum vitae lorsqu’ils réussissent d’autres diplômes, signale Melle SEFDAR, Responsable du recrutement au cabinet de recrutement MANPOWER.

Des étudiants de la formation professionnelle publique quittent les centres de formation après une année parce qu’ils n’apprécient pas le label « lauréat de la formation professionnelle. » C’est le cas généralement des étudiants des sections scientifiques.

La même perception est partagée par les souscripteurs qui ne penseront inscrire leurs enfants dans un établissement de formation professionnelle, public ou privé, que lorsque les chances d’inscription dans les grandes écoles publiques telles l’ISCAE, l’ENCG, l’ESIT, … sont inexistantes à cause des moyennes élevées requises et des concours.

De même, l’université se revalorise dans l’esprit des prescripteurs suite à la réforme amorcée depuis la rentrée universitaire 2003-2004;

Par ailleurs, l’attrait des parents par des écoles privées relevant d’un autre système de formation est plus important. C’est le cas de l’Ecole française des Affaires (EFA.)

Il paraît que l’amélioration de la qualité de la formation dispensée dans les centres de formation professionnelle en général et ceux de la formation professionnelle privée en particulier, ne s’est pas accompagnée d’actions de promotion suffisantes auprès des publics concernés : Les élèves et les étudiants qui constituent des candidats potentiels. Ceci est expliqué par :
• L’absence d’une vision à long terme dans la mesure où le lien entre les différentes composantes de la structure de l’enseignement au Maroc est quasi-inexistante;
• La contradiction entre une mission requise et une mission inavouée.

La mission requise est de répondre aux besoins de l’économie et de la société et être un agent de changement permettant d’anticiper les évolutions des besoins futurs :
ƒ En fournissant les compétences techniques nécessaires à l’exercice d’un métier et les savoir-faire et agir nécessaires à la vie économiques et sociale;
ƒ En jouant le rôle d’adaptateur de l’individu à un contexte évolutif. La mission inavouée est de chercher à atteindre un chiffre d’affaires dans l’immédiat sans aucune vision à long terme.

• La contradiction manifeste entre les objectifs généraux requis et les objectifs réels.

Les objectifs généraux requis sont :
ƒ Donner un enseignement de qualité;
ƒ Former de jeunes cadres directement opérationnels;
ƒ Assurer un lien entre les attentes des stagiaires et celles des entreprises par une adéquation entre la formation et l’emploi,
ƒ Rentabiliser les investissements. Les objectifs réels sont :
ƒ Donner la priorité à la quantité sur la qualité dans la formation;
ƒ Se soucier peu de l’opérationnalité des lauréats par manque de sérieux dans l’investissement dans la formation pratique des stagiaires;
ƒ Former par rapport à des normes théoriques même si l’adéquation entre la formation et l’emploi n’est pas pleinement assurée;
ƒ Rechercher la rentabilité en premier lieu.

• La non-conformité à la politique générale de la formation professionnelle qui prône la rentabilité par une formation de prestige.
• Le non-professionnalisme du système de management

Le système de management de la formation professionnelle publique est bureaucratique et centralisé avec une mauvaise coordination entre les différentes structures de son organigramme.

Si le système de management requis insiste sur le fait que l’équipe pédagogique doit appartenir au domaine de la formation, le système de management réel se caractérise généralement par des fondateurs qui ne sont pas du métier ignorant tout du secteur dans lequel ils agissent.

• La non perception des valeurs requises et des valeurs réelles par la formation professionnelle,

Les valeurs requises qui concernent :
ƒ Le professionnalisme,
ƒ La rigueur,
ƒ La qualité.Les valeurs réelles qui laissent apparaître
ƒ Une absence de professionnalisme dans la plupart des écoles;
ƒ Un manque de rigueur;
ƒ Un moindre intérêt pour la qualité de la formation dans la majorité des écoles.

3.2.3.1.1.2. L’apport de la formation professionnelle privée par rapport à la formation professionnelle publiqueL’ensemble des participants aux différents focus groupes ne relèvent pas de différences notables entre la formation professionnelle publique et privée. Cependant, deux éléments contradictoires de distinction relatifs à la formation professionnelle privée ont été relevés :

• Un intérêt particulier est consacré à la communication et à la maîtrise des langues;
• L’absence de sérieux et de rigueur quant à la sélection et à l’octroi des diplômes.

Malgré une structure souple et des moyens pédagogiques de qualité, les établissements de formation professionnelle privée n’ont pas réussi à se distinguer nettement par rapport à la formation professionnelle publique car plusieurs manques doivent être combler de manière urgente.

Les élèves et étudiants observent un manque de considération pour toute activité sportive ou culturelle. Ce manque rejaillit sur la formation de la personnalité des étudiants.

En outre, le rapport de l’étudiant à son établissement devient un rapport désagréable car il ne prend en considération que le volet contenu, examens et évaluation.

L’établissement de formation est loin de réfléchir à créer, dans l’esprit de l’étudiant un lien d’appartenance et une identification aux valeurs de son établissement.

Par ailleurs, le contenu est lui-même réalisé en dehors d’une collaboration effective avec le monde de l’entreprise. Les stages de formation, quand ils sont réalisés, ne sont pas encadrés avec sérieux ou ne le sont pas, et les étudiants sont généralement livrés à eux même sans avoir bénéficié d’une formation méthodologique.

Pour offrir un lauréat ayant un profil qui répond aux besoins du marché, l’établissement de formation doit définir les habilités requises chez ce lauréat.

3.2.3.1.1.3. Les habilités requises chez un lauréat de la formation professionnelle

Pour les participants, un lauréat de la formation professionnelle doit :
• Etre opérationnel,
• Réussir son insertion dans le monde du travail,
• Savoir parler,
• Savoir s’habiller,
• Etre éduqué,
• Savoir réagir.

Il ressort des réponses obtenues que les élèves et les étudiants cherchent beaucoup plus un travail de l’établissement de formation sur leur personnalité en terme de savoir-faire et de savoir-être; Le contenu ne constitue pas pour eux un problème dans la mesure où le savoir devient disponible avec « Internet. »

Pour cela, l’établissement de formation doit développer une relation de partenariat avec l’entreprise.

3.2.3.1.1.4. La relation établissement de formation-entreprise

Pour les étudiants, pour que la formation réponde aux besoins de l’entreprise, il faut que cette dernière soit impliquée dans :

• Le choix ou la délimitation du programme de formation de chaque profil;
• L’encadrement des stages avec les formateurs de l’établissement;
• L’évaluation, aussi bien des stages que des soutenances des mémoires de fin d’année;

Les soutenances peuvent constituer des rencontres privilégiées des responsables d’entreprises avec les étudiants pour des recrutements.

En effet, selon Melle SEFDAR – responsable des ressources humaines au cabinet MANPOWER -, plusieurs entreprises clientes attendent les dates de soutenances des étudiants de certains établissements de formation pour procéder à des recrutements.

Cette relation doit être durable car les lauréats –futurs recrutés de l’entreprise ont besoin d’une formation continue pour le maintien de leur niveau.

.3.2.3.1.1.5.Evaluation de la place occupée par la formation continue

Les étudiants estiment que la formation continue est indispensable pour maintenir « le savoir actualisé » et pouvoir évoluer au sein de l’entreprise.

Lire le mémoire complet ==> (La création d’entreprise: Cas de création d’un établissement de formation professionnelle privé)
Mémoire présenté pour l’obtention du diplôme du Cycle Supérieur de Gestion
Institut Supérieur de Commerce et d’Administration des Entreprises