Le candidat François Hollande : un parcours éminemment politique

By 4 April 2013

Candidat, corpus, techniques d’extraction – 2ème Partie :

Dans cette deuxième partie seront étudiés d’une manière concrète les éléments de la recherche. Ainsi, après avoir présenté le candidat choisi pour l’étude ainsi que les deux journaux sélectionnés, nous présenterons les quatre « petites phrases » qui ont été retenues.

Puis, nous expliquerons de quelle manière elles ont été extraites et surtout avec quels mots clés. Ceci nous servira de base pour observer dans la troisième et dernière partie de l’étude leur portée stratégique, à travers plusieurs critères, dont leur durée de vie.

A) Un candidat, deux journaux

1) Le candidat François Hollande

a) Un parcours éminemment politique13

« Je suis de la génération Mitterrand. J’en suis fier, même si j’ai parfois pris mes distances. Mon engagement n’a pas varié. Entré tôt dans les combats de la gauche, j’y suis resté fidèle tout en sachant que sa pérennité suppose un perpétuel renouvellement » (Hollande, 2012 :12). Dire que François Hollande a eu un destin politique est une évidence, tant le sien semble toujours avoir été lié à la conduite des affaires publiques. Mais, lorsque l’on parle de destin, il ne s’agit pas d’évoquer ce tournant de vie majeur qu’a été pour lui l’acte de candidature aux élections présidentielles de 2012, que nous aborderons un peu plus loin, mais plutôt son parcours, toujours lié de près ou de loin à la politique.

François Hollande est né le 12 août 1954 à Rouen. Il a un frère, Philippe, de deux ans son aîné ; deux garçons élevés par un père, Georges, médecin ORL et une mère, Nicole, assistante sociale. Dès son enfance, il est baigné dans la politique, notamment par son père, militant d’extrême-droite et deux fois candidat malheureux à des élections locales. Le jeune François suit une éducation religieuse au pensionnat Saint-Jean-Baptiste de la Salle, à Rouen, jusqu’à sa troisième. Bon élève et plutôt discret, il n’est pas influencé outre mesure par cette éducation plutôt stricte. En 1965, à 11 ans, il commence à s’intéresser à la politique et suit les allocutions télévisées du candidat de la gauche, François Mitterrand, aux côtés de sa mère, qui a des idées opposées à celles de son mari.

13 Source : Changer de destin, Hollande F., 2012, Robert Laffont.

En 1968, la famille déménage à Neuilly-sur Seine et le père se lance dans l’immobilier. Alors que des barricades se dressent un peu partout dans le pays, François cherche sa voie et ses idées sont alors proches de la vieille SFIO (Section

française de l’Internationale ouvrière)14 : il croit en Mitterrand, au contraire de son père, qui le juge « hors jeu ». En parallèle, le jeune homme poursuit sa bonne scolarité. Même s’il a des capacités, il n’est pas un surdoué, et c’est grâce à son travail qu’il obtient son bac avec mention « assez bien ». Il poursuit alors des études de droit dans une université parisienne et obtient une licence, avant de rentrer à HEC (Haute Ecole Commerciale) Paris ainsi qu’à l’IEP (Institut d’Etudes Politiques). En 1980, il sort de l’ENA (Ecole Nationale d’Administration), issu de la promotion « Voltaire ». C’est là qu’il fait la connaissance de Ségolène Royal, qui sera sa compagne jusqu’en 2007 et avec laquelle il aura quatre enfants.

Affichant déjà son soutien au candidat Mitterrand dès 1974, il adhère au parti socialiste en 1979. Puis, avec Ségolène Royal, il intègre, autour de Jacques Attali, l’équipe qui prépare la campagne du candidat Mitterrand. La carrière politique de François Hollande est cette fois bien lancée et après la victoire socialiste de 1981, le jeune conseiller se lance, à 36 ans, dans la bataille des législatives et part défier Jacques Chirac en Corrèze. Il échouera mais poursuivra sa carrière politique d’une autre manière. En 1983 et 1984, il exerce la fonction de directeur de cabinet, d’abord de Max Gallo, puis de Roland Dumas, tous deux porte-paroles successifs du gouvernement. Toujours en 1984, il devient conseiller municipal d’Ussel, en Corrèze, avant de se faire élire député de Corrèze en 1988, à la suite de la réélection de François Mitterrand et dans une circonscription différente de celle de sa première tentative. En 1989, il quitte Ussel pour se présenter à Tulle et devient adjoint au maire. En 1993, il perd son mandat de député et en 1995, les élections municipales de Tulle : c’est la période où il exerce la profession d’avocat pendant quelques temps.

En 1997, sa carrière politique prend une nouvelle tournure. En effet tout en étant réélu député cette même année, il devient le premier secrétaire du parti socialiste : il le sera jusqu’en 2008. Cette période est marquée par des victoires et des échecs. Parmi les victoires, citons les bons résultats aux élections cantonales et régionales de 2004. Parmi les échecs, la défaite cinglante de Lionel Jospin aux élections présidentielles de 2002, qui n’arrivera même pas au 2ème tour : c’est un moment très difficile pour le parti socialiste et son premier secrétaire. En 2007, François

Hollande pense un temps à se présenter à l’élection présidentielle, mais s’efface finalement devant Ségolène Royal et sa popularité croissante. Après son départ de la tête du parti socialiste en 2008, François Hollande se relance dans les batailles électorales locales en Corrèze.

Au total, François Hollande aura exercé de nombreux mandats locaux puisqu’il sera tout d’abord député de Corrèze de 1988 à 1993 et de 1997 à 2012. Il sera également Maire de Tulle de 2001 à 2008 et président du Conseil Général de Corrèze de 2008 à 2012.

Pendant la période où il aura été premier secrétaire, François Hollande aura également à gérer de nombreuses tensions au sein de son parti. Un de ses fidèles, Bruno Le Roux15, n’hésite pas à déclarer que certains ont « tout mis en oeuvre, entre 2003 et 2006, pour empêcher le parti de fonctionner normalement, alors que François faisait tout pour le mobiliser et le garder uni! » (Michel, 2011 : 25). Ces mots résument assez bien la violence de certaines attaques qu’aura à subir François Hollande en tant que premier secrétaire. On lui reproche globalement de ne pas savoir trancher, de toujours chercher la conciliation : « Des années de victoires et de défaites, des années de compromis ayant parfois conduit à des synthèses solides, mais aussi molles, tant il est délicat de tenir le gouvernail du premier parti de la gauche » écrit encore Richard Michel (ibid., 19).

14 Parti politique français créé en 1905 et qui change de nom en 1969 pour devenir le Parti Socialiste.
15 Homme politique français, député de Seine St Denis depuis 2007.

Comment alors, celui que beaucoup pensaient « fini » va-t-il se remettre en selle ? Où va-t-il puiser les ressources pour se lancer dans la bataille des Primaires Socialistes en 2011 ?

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pendant la campagne des élections présidentielles 2012, vu à travers deux journaux de la presse écrite
Master 2 Communication Parcours : Métiers de l’information et de la communication organisationnelle
Université Européenne de Bretagne – Rennes 2 – UFR ALC