La surveillance des détenus dans un établissement pénitentiaire

By 6 April 2013

Gérer les différents mouvements – Deuxième paragraphe :

Gérer les différents mouvements des personnes qui circulent dans un établissement pénitentiaire est très important pour la sécurité, que ce soit ceux des détenus eux-mêmes (A.), mais également ceux des personnes extérieures (B.).

A. Surveiller les détenus :

La sûreté d’un établissement pénitentiaire est intimement liée à la connaissance permanente du lieu où se trouvent les détenus. L’important, c’est que ces derniers ne puissent pas franchir les différentes grilles qui les séparent de l’extérieur, sans en avoir reçu au préalable l’autorisation. Ainsi, de nombreux sas permettent aux surveillants de vérifier l’identité de l’individu, ainsi que le bien fondé de son mouvement.

De plus, afin de faciliter cette surveillance et d’éviter un quelconque incident, tous les trousseaux de clefs sont sectorisés. Cela signifie qu’aucun individu, même le personnel de direction, ne peut faire le tour de l’établissement seul, sans l’aide d’une tierce personne. De cette manière, si un détenu s’empare de quelque façon que ce soit, d’un trousseau, il ne pourra pas ouvrir toutes les grilles de l’établissement.

Ensuite, le surveillant doit avoir les moyens d’enfermer convenablement les détenus dans leur cellule. Ainsi, les serrures doivent être très performantes et très sécuritaires. De plus, un œilleton doit permettre au surveillant de contrôler le détenu sans avoir à ouvrir la cellule35.

Pour éviter toute tentative d’évasion, chaque fenêtre doit être protégée par des barreaux ou par des vitres en verre incassable. Aux endroits où le détenu pourrait s’évader, comme par exemple lorsqu’une fenêtre se situe près d’un toit, on y place du concertina, fils barbelés enroulés.

De plus, comme on l’a vu précédemment, les miradors sont chargés de surveiller l’ensemble de l’établissement, et plus précisément, les murs d’enceinte. Mais lorsqu’il y a du brouillard, il est évident qu’ils ne peuvent en aucune façon contrôler quoi que ce soit. Dans ce cas, trois surveillants peuvent effectuer des rondes, grâce à un véhicule. C’est le cas, à la maison d’arrêt de Loos ainsi que dans la plupart des établissements 13000. A ce sujet, le rapport Chauvet préconise d’installer des systèmes de détection anti-brouillard. Il s’agit de poser un repère dans le chemin de ronde qui permettrait à l’agent du mirador d’avertir lorsque la marque n’est plus visible. De plus, comme l’a souligné M. Juillan, la mise en place d’une brigade canine permettrait également une meilleure sécurité (cette méthode est utilisée dans les pays anglo-saxons).

Aussi, afin d’empêcher toute évasion par hélicoptère, l’administration pénitentiaire a mis en place dans certains établissements, des filins. Ce sont des sortes de filets, disposés en hauteur sur les murs d’enceintes. Néanmoins leur utilité a été longuement contestée. Le rapport Chauvet propose par conséquent, d’augmenter leur nombre dans les établissements, ainsi que sur les zones interdites aux détenus. De plus, il suggère de diminuer le maillage (4 à 5 mètres). Néanmoins, tout cela n’apparaît essentiellement que pour apaiser les craintes de l’opinion publique.

Enfin, il faut également permettre le signalement au plus vite de toute anomalie. Pour cela, chaque agent possède une Alarme Portative Individuelle, en cas de problème. Néanmoins, dans la pratique, ces alarmes sont fortement critiquées par le personnel. D’ailleurs, leur remplacement en cas de dysfonctionnement s’avère souvent difficile. En conséquence, de nombreux surveillants partent en détention sans cette alarme. Le rapport Chauvet préconise à ce sujet, la mise en place de la téléphonie DECT, téléphone sans fil, associée au système protection travailleur isolé.

35 L’œilleton est très important la nuit étant donné que le personnel est en effectif réduit et que le surveillant ne doit pas ouvrir les cellules. L’œilleton permet de surveiller le détenu dans son intimité. Ainsi, certains éléments peuvent être découverts de cette manière, comme une agression sur un codétenu, un trafic…

Ensuite, il existe également des alarmes « coup de poing » qui sont fixées au mur. Ces alarmes déclenchent une sonnerie générale, qui retentit dans tout l’établissement.

Mais ces dernières ne sont réellement avantageuses que lorsqu’elles ne peuvent pas être déclenchées par les détenus eux-mêmes. A la maison d’arrêt de Loos, il en existe deux à chaque étage de la détention. Mais, par exemple, à la maison centrale de Saint Maur, aucune alarme « coup de poing » n’est installée.

Il ne faut pas non plus oublier que pour des raisons de sécurité des détenus, une alarme individuelle est installée dans chaque cellule.

De plus, de nombreuses caméras peuvent être installées à des points stratégiques de la détention, afin notamment de supprimer les nombreux angles morts. Néanmoins, encore une fois tous les établissements pénitentiaires n’en bénéficient pas forcément.

Pouvoir gérer les mouvements des détenus est bien évidemment indispensable pour la sécurité des établissements pénitentiaires. Mais les détenus ne sont pas les seuls à pénétrer dans une prison. En effet, le rôle de l’administration pénitentiaire est aussi de contrôler les mouvements des intervenants (B.).

Lire le mémoire complet ==> (La sécurité en prison)
Mémoire de DEA droit et justice
Ecole doctorale n° 74 – Lille 2