La qualité : du concept de contrôle au système de management

By 12 April 2013

I. Le management de la Qualité, Sécurité, Environnement : Un nouvel axe stratégique des organisations ?

Dans cette première grande partie, nous allons voir dans une première sous partie, le management de la qualité permettant d’aboutir à un management de la qualité totale. Dans une seconde sous partie, nous allons voir si le zéro accident est possible, grâce au déploiement du management de la sécurité. Ensuite dans une troisième sous partie, nous verrons si le management environnemental est un effet de mode ou si c’est une réelle prise de conscience de la part des organisations. Et enfin dans une ultime sous partie, nous verrons en quoi la mise en place d’un management intégré QSE est un axe stratégique pour les organisations.

A. Le management de la qualité : Vers un management de la qualité totale ?

Dans cette première sous partie, nous allons voir dans un premier temps la définition de la qualité et l’évolution de ce concept. Dans un second temps, nous verrons quels sont les enjeux du management de la qualité. Ensuite, nous nous attarderons sur les outils et les démarches applicables à la qualité. Et enfin dans une dernière sous partie, nous verrons le management de la qualité totale (TQM).

1. Définition de la qualité : du concept de contrôle au système de management

La qualité est « l’aptitude d’un ensemble de caractéristiques intrinsèques à satisfaire des exigences », Norme ISO 9000:2000, §3.11.1

L’évolution du concept de qualité passe par plusieurs phases. En effet, le concept de qualité tel que nous le connaissons actuellement et qui est la satisfaction du client, n’a pas toujours été le même.

Jusque dans les années 1970, on parlait essentiellement de contrôle de la qualité ou bien d’inspection. On évaluait si un produit fabriqué était conforme aux règles énoncées. On contrôlait les produits un par un, ou bien par échantillonnage pour s’assurer que le produit était conforme. Les clients peuvent exercés une surveillance concernant la qualité en vérifiant que les exigences en termes de qualité sont bien respectées, on appelle cela l’inspection. Le client se rend chez le fabricant et suit la démarche de contrôle. Il certifie que la démarche est satisfaisante.

Cependant le contrôle de la qualité et l’inspection peuvent poser deux difficultés. Tout d’abord, la qualité du contrôle dépend du facteur humain, et cela peut causer un risque de fiabilité, engendrant des tensions et des conflits entre ceux qui fabriquent et ceux qui contrôlent. Mais également, les ouvriers sont orientés vers la qualité du produit et non sur la qualité attendue par les clients.

Par la suite, le concept de qualité évolue, afin de favoriser la maîtrise des coûts pour les organisations. On veut de la qualité élevée pour un faible coût. L’objectif est de faire de la qualité, avec une conformité proche de 100 %, sans déchets et sans élimination. Pour cela il faut des informations fiables sur le processus de production et non plus sur le produit. L’opérateur qui fabrique le produit ne doit plus contrôler le produit en lui-même, mais il doit maîtriser le processus de production. Un processus est « un ensemble d’activités corrélées ou interactives qui transforme des éléments d’entrée en éléments de sortie » Normes ISO 9000 version 2000. L’objectif est de maîtriser le processus de production. Grâce à cette évolution, est crée la qualité multidimensionnelle. On agit sur la qualité, le coût, la livraison, la sécurité et le moral.

1 Bernard FROMAN, Jean Marc GEY, Fabrice Bonnifet (2009), Qualité, Sécurité, Environnement : Construire un système de management intégré, La Plaine Saint Denis, AFNOR éditions

Cependant, le développement de cette nouvelle phase de la qualité possède un point faible, celui de la concurrence. Cela demande énormément de temps à mettre en place mais aussi à l’appliquer au sein des organisations. Cette phase ne permet pas de répondre aux exigences de la concurrence. Les autres entreprises savent également le faire, avec peu, voire pas de défauts en peu de temps.

Enfin, la qualité a évolué afin d’identifier et satisfaire les besoins latents des clients. La qualité dans ce cas consiste à satisfaire les besoins de ces consommateurs avant qu’ils n’en prennent conscience. Cela signifie que la qualité dépend de l’innovation. Les difficultés liées à cette évolution sont que tout d’abord l’innovation coûte cher aux organisations. De plus ces dernières doivent être rapides et pertinent lors de ces évolutions.

Est développé ensuite le système du management de la qualité totale ou le Total Quality Management (TQM). Selon Jacques CHOVE, le management de la qualité totale est « un mode de management d’un organisme, centré sur la qualité, basé sur la participation de tous ses membres et visant au succès à long terme par la satisfaction du client et à des avantages pour les membres de l’organisme et pour la société. ». La qualité totale pour les organisations est une politique mobilisant, de façon permanente tous ses membres afin d’améliorer, la qualité des produits et des services, mais aussi la qualité de son fonctionnement et enfin la qualité des ses objectifs par rapport à l’évolution de son environnement.

La qualité totale s’inscrit dans une démarche d’amélioration continue, elle va concerner l’ensemble des services ou l’ensemble des processus de l’organisation. L’amélioration continue est un concept inspiré de la roue de DEMING. Elle signifie que la qualité doit s’améliorer constamment. Elle ne doit pas rester fixer, mais évoluer tout le temps.

La roue de DEMING se décompose en quatre phases :
– Plan : Préparer, planifier. Cela correspond à la stratégie.
– Do : Développer, réaliser, mettre en œuvre. Cela correspond à l’exécution des tâches.
– Check : Contrôler. Cela correspond à la vérification.
– Act : Agir, ajuster. C’est que l’on met en place une action pour ajuster.

La qualité doit constater s’améliorer afin de répondre au plus près des attentes des clients.

Le développement de la qualité passe également par le développement de la démarche de l’assurance qualité. L’assurance qualité est « la partie du management de la qualité qui vise à donner confiance pour que les exigences en matière de qualité soient satisfaisantes. » Norme ISO 9000 version 200. L’assurance qualité consiste à mettre sous contrôle un ensemble de processus, espérant obtenir des produits correspondant aux niveaux de qualité requis. L’assurance qualité repose sur 3 objectifs qui sont la maîtrise du fonctionnement interne pour éliminer les dysfonctionnements, la capitalisation du savoir-faire, l’amélioration des relations clients-fournisseurs.

L’assurance qualité repose sur deux types de moyens. Tout d’abord, elle repose sur des référentiels. Ce sont des documents de référence sur lesquels une organisation s’appuie pour mettre en place sa démarche qualité. Ces références peuvent être internes comme des normes d’entreprises ou bien externe comme les normes ISO. Ensuite l’assurance qualité peut s’appuyer sur de la documentation qualité. C’est manuel qualité, la charte qualité qui sont des engagements clés de l’organisation en matière de qualité, ou bien encore des relevés et des rapports.

L’assurance qualité est un outil difficile à mettre en place mais aussi à suivre. En effet, elle est très procédurière car tout doit être écrit. De plus elle est très complexe car on doit prendre en compte plusieurs référentiels. Ensuite, elle est très lourde à suivre et peut être source de démotivation. Elle coûte chère aux organisations qui la mettent en place, et il faut attendre longtemps pour obtenir un retour sur investissement. On peut dire que l’assurance qualité est un outil très bureaucratique.

Le développement de la qualité au sein des organisations passe par les certifications à des normes comme les normes ISO. Les normes ISO (Organisation internationale de la normalisation) sont des référentiels internationaux permettant de savoir si une organisation respecte un ensemble de processus pour produire. Concernant la qualité, on peut référencer plusieurs certifications ISO comme la norme ISO 9000 qui pose le principe de démarche qualité, ISO 9004 qui prend en compte les besoins et les attentes des clients, ISO 9001 qui permet de montrer que l’on répond aux exigences du client. Le fait d’être certifié pour les organisations permet de se faire reconnaître auprès de potentiels clients, soucieux de la qualité de leurs produits.

Le concept de qualité a évolué tout au long de ces dernières années. Aujourd’hui, la qualité est considérée comme un axe stratégique pour les organisations, qui sont de plus en plus soucieuse de la satisfaction de leurs clients. En effet, la mise en place de la qualité totale, mais aussi des systèmes comme l’assurance qualité et des certifications montrent que la qualité a une importance énorme. La qualité est un coût pour les organisations, qui souhaite produire bien en une seule fois.

Le concept de qualité a évolué pour arriver à ce que nous connaissons actuellement. Après avoir défini, la qualité, nous allons voir ses enjeux.

Lire le mémoire complet ==> (Le management de la qualité, de la sécurité et de l’environnement QSE)
Mémoire professionnel – Master Management Stratégique des Organisations Parcours Ressources Humaines
Université de Reims Champagn-Ardenne – Institut Remois de Gestion