Développer la recherche dans le domaine de la production des fleurs

By 28 April 2013

3.5 Développer la recherche dans le domaine de la production des fleurs

Les performances de notre pays en matière de recherche et développement (R&D) restent mitigés et le budget consacré à la R & D est insuffisant sinon dérisoire (celui-ci ne dépasse guère 0.3% du PIB, au moins huit fois inférieur à ce qu’il est dans les pays avancés). Dans le secteur des fleurs coupées la faiblesse en matière de recherche et développement est encore l’une des entraves majeures qui empêchent la roue du développement à avancer.

L’Etat doit donc assurer le couplage entre la recherche et le monde économique : Appui à la mise à niveau des entreprises et à la qualité.

Diverses mesures doivent s’inscrire dans la stratégie de l’Etat pour le développement :
– Favoriser la recherche dans les entreprises pour la création de nouvelles variétés végétales et de nouvelles espèces de fleurs.
– Regrouper et compléter les équipements lourds dans les centres de recherche, les gérer de façon rationnelle et les mettre à la disposition de tous les opérateurs
– Instaurer un partenariat multiforme entre l’université et l’entreprise dans le domaine de la recherche.

3.6 Prêter assistance aux producteurs exportateurs des fleurs coupées

L’Etat s’est nettement désengagé vis à vis de certains secteurs qui occupaient une place importante dans son axe stratégique depuis l’adoption du P.A.S.

L’Etat a voulu que les professionnels prennent les choses en main. Les conséquences de cette politique ont lésé les entreprises privées Marocaines et les ont pénalisées en les rendant moins compétitives par rapport à leurs concurrentes étrangères. L’exemple de l’Espagne ou de la Tunisie (pays proches du Maroc) montre que l’Etat dans ces pays joue son plein rôle d’assistance aux entreprises exportatrices au niveau de :

– L’assistance administrative (simplification des procédures)
– L’assistance commerciale et de prospection
– L’assistance financière (subventions et aides financières)
– L’assistance technique (recherche de nouvelles technologies)

Dans ce cadre l’entreprise marocaine exportatrice des fleurs coupées ressent un besoin pressant d’être épaulée et parrainée par l’Etat. Car ce n’est que par l’intermédiaire de l’Etat que les producteurs peuvent négocier et défendre leurs intérêts. L’Etat peut orienter et conseiller les professionnels des fleurs coupées en mettant en place en leur faveur une plate-forme pour :

– Se regrouper en créant une centrale d’importation des intrants nécessaires à leur production.
– Diversifier la production en se spécialisant chacun dans une variété afin d’éviter que les producteurs se fassent concurrence.
– Créer un centre de recherche cultural avec la participation de l’Etat et les professionnels de la floriculture.

Conclusion générale :

Le secteur de la floriculture compte certes, parmi les secteurs qui drainent d’importantes recettes en devises tellement indispensables au redressement de la balance commerciale du Maroc. Néanmoins on assiste ces dernières années à une diminution globale des produits de floriculture. Cette régression s’explique par plusieurs facteurs d’ordre technique environnemental et commercial.

– Les facteurs techniques liés à la production
– Selon le type de climat et de sol, la culture des fleurs coupées est répartie sur huit régions du Royaume seulement : (l’axe côtier, Agadir, Kenitra) alors que la production peut être réalisée dans d’autres régions propices à la floriculture.
– Manque de diversification des produits de floriculture : l’espèce florale dominante est le rosier et l’œillet, ce qui pousse à l’arrachage après plusieurs années de culture.
– La prédominance des cultures en plein champ (66% des superficies) quoique l’analyse de l’évolution des cultures florales montre une augmentation progressive des cultures sous-serres.
– Les facteurs environnementaux

La crise que traverse le secteur de la floriculture est dû en partie aux contraintes liées à l’environnement national telles que :
– Le renchérissement du coût de transport aérien
– L’augmentation du coût des intrants
– L’insuffisance des subventions de l’Etat au secteur de floriculture et son manque d’assistance.
– L’absence de la recherche et développement en matière de production des fleurs

Alors qu’au niveau international, on assiste à ce jour au traitement inégal de fleurs coupées marocaines sur le marché communautaire eu égard aux autres pays (A.C.P) par l’assujettissement à un calendrier et à un prix de référence.

– Les facteurs commerciaux

Malgré la bonne qualité des produits de la floriculture marocaine, on assiste à de timides tentations de vente sur de nouveaux marchés considérés comme exigent. Actuellement tout marché extérieur quel qu’il soit doit être abordé avec professionnalisme et avec beaucoup de doigté. Ceci dit, une stratégie commerciale doit précéder toute volonté de vendre. Pour ce faire, l’étude du marché prospecté s’impose pour connaître les chances de commercialisation du produit à vendre et son positionnement face à la concurrence. L’entreprise marocaine en générale et de floriculture en particulier souffre de ce manque de stratégie commerciale à l’export, ce qui limite donc son champ d’action en se contentant à quelques clients traditionnels. D’où un grand risque pour elle, c’est dans le cadre de ce nouveau contexte que nous avons essayé, à travers ce travail de recherche, de faire ressortir tous les points-clés de succès du secteur de la floriculture à l’exportation tout en étant très optimiste pour la réussite d’une nouvelle création d’une unité de production des fleurs coupées dont les produits sont destinés au marché prospecté : le marché belge.

En effet, et en premier lieu, l’étude documentaire du marché belge des fleurs coupées nous a tellement motivé pour croire à l’existence d’une opportunité d’exportation sur ce marché. L’analyse statistique de ce marché montre l’importance de la consommation des fleurs coupées par ménage et par région, le niveau de vie élevé, le pouvoir d’achat ainsi qu’une infrastructure moderne garantissant des canaux de distribution intéressants. L’étude de toutes ces données économico-commerciales ont été une étape nécessaire mais pas suffisante. Il nous a fallu confirmer notre étude documentaire par une étude sur le terrain préparée préalablement en fixant un plan de mission avec support de prospection.

Le résultat de notre étude s’est avéré concluant et a corroboré notre optimisme quant à l’existence d’une demande sur le produit marocain de la floriculture et sa bonne perception auprès de l’opérateur belge. Le produit de floriculture en l’occurrence la fleur coupée est compétitif sur le plan international. Il peut l’être davantage sur le marché belge si certaines conditions sont satisfaites tel qu’il découle de notre étude sur le terrain à savoir :

* Résoudre le problème de transport : (mauvaises techniques de manutention qui altèrent la qualité du produit)
* Prise de conscience par les exportateurs marocains de l’importance de l’emballage.
* Rigueur et sérieux des opérateurs marocains vis-à-vis des importateurs belges (Respect des délais de livraison et des commandes etc…..).

Ce genre de problèmes représentent un handicap majeur pour les produits marocains et altèrent l’image du pays vis-à-vis d’autres pays partenaires (mauvaise image qui fait tâche d’huile vers les autres pays).

Parallèlement, il faut établir un plan d’action qui sera axé sur le côté technique financier, sur les ressources humaines et sur l’environnement économique de l’entreprise. Car nous estimons que la bonne préparation d’un plan d’action c’est déjà parcourir la moitié du chemin vers la réussite d’un produit à l’exportation.

Afin d’aboutir à l’objectif final, l’entreprise exportatrice doit concevoir au préalable une stratégie globale qu’elle doit étaler sur le temps (stratégie à court, long et moyen terme) et dans l’espace (Marchés Internationaux). Cette stratégie doit comprendre toutes les composantes du Marketing Mix. En consolidation de l’action et de la stratégie de l’entreprise exportatrice dans le secteur des fleurs coupées, l’Etat doit intervenir sérieusement pour mettre en place un plan de soutien d’assistance et d’incitation à l’exportation des produits de la floriculture. Rappelons que le secteur de floriculture, malgré les problèmes qu’il rencontre actuellement, présente des opportunités certaines que nous avons saisies de plus près à travers notre recherche. Il convient de noter que plusieurs opérateurs belges ont exprimé leur volonté d’importer des produits marocains de floriculture qui jouissent selon eux d’une excellente qualité.

Nous avons donc l’intime conviction que les produits de la floriculture peuvent être compétitifs si et seulement si l’entreprise exportatrice offre un produit correspondant à un rapport qualité prix assorti d’une stratégie globale d’approche.

Stratégie d’approche du marché belge pour l’exportation des fleurs coupées
Mémoire de fin d’études du cycle supérieur de commerce international – Cycle Supérieur De Commerce International
Institut Supérieur Du Commerce et D’administration Des entreprises

Plan :

Introduction générale 7
Première partie : environnement national et international du secteur des fleurs coupées 11
Chapitre I : Etude sectorielle de la floriculture marocaine 14
Section 1 : Situation géographique et équipements 16
1.1 Localisation de la production 16
1.2 Equipements des plantations 25
Section 2 : Organisation du secteur 27
2.1 Types d’entreprise dans le secteur 27
2.2 Transport et logistique 28
Section 3 : Le commerce extérieur 29
3.1 Les exportations 29
Chapitre II: L’environnement international de la filière« Fleurs coupées» 32
Section 1 : Le marché mondial des fleurs coupées 32
Section 2 : Les accords d’association Maroc-U.E 35
2.1 Historique des relations commerciales avec l’Europe 35
2.2 L’accord d’association Maroc-U.E (1996) 37
2.3 L’application de l’accord 39
Section 3 : L’avènement de l’O.M.C et l’accord relatif à l’agriculture 41
3.1 Rappel historique 41
3.2 Naissance de l’O.M.C 42
3.3 L’O.M.C et l’accord relatif a l’agriculture 43
Section 4 : Impact des accords d’associations sur les échanges agricoles avec l’ U.E 44
Deuxième partie : Etude de marche d’exportation 47
Chapitre III : Etude documentaire (Desk Work) 49
Section 1 : Le marché des fleurs coupées dans l’Union Européenne 49
1.1 Consommation 50
1.2 Production 51
1.3 Les Importations 53
1.4 Les Canaux de distribution 54
1.5 Les principaux marchés de l’U.E des fleurs coupées 55
Section 2 : Choix et étude du marché d’exportation 61
2.1 Choix du marché d’exportation 61
Section 3 : Etude du marché-cible : La Belgique 68
3.1 Présentation du pays 68
3.2 Accords de coopération bilatéraux entre le Maroc et la Belgique 7
3.3 Etude du marché belge de fleurs coupées 80
Chapitre IV : L’Etude du marché sur le terrain (Field Survey) 89
Section 1 : Démarche et préparation de la mission 90
1.1 Détermination de l’objectif de la mission 90
1.2 L’élaboration d’un plan de prospection 92
Section 2 : Réalisation de la mission 93
2.1 Déroulement de la mission 93
Section 3 : Résultats de la mission 97
3.1 Perception des fleurs coupées marocaines par les professionnels belges 97
Troisième partie : plan d’action de l’entreprise-projet et sa stratégie à court et moyen-terme 108
Chapitre V : Plan d’action de l’entreprise projet 110
Section 1 : Sur le plan technique 110
1.1 Le local de production 111
1.2 Le processus de production 112
Section 2 : Sur le plan des ressources humaines 118
2.1 Diagnostique humain 118
2.2 Organigramme de l’entreprise projet 119
Section 3 : Sur le plan financier 121
3.1 Le compte d’exploitation prévisionnel 121
Section 4 : Sur le plan environnement économique 122
4.1 Le code des investissements et des exportations. 122
4.2 Les régimes économiques en douane 123
4.3 Le financement bancaire à l’exportation 124
4.4 L’assurance à l’exportation 124
Section 5 : le plan de création et de démarrage 125
5.1 Formalités juridiques et administratives 125
Chapitre VI : Stratégie globale de l’entreprise face à son marché d’exportation 129
Section 1 : Stratégie à court terme 130
1.1 Politique du produit 130
1.2 Politique du prix 133
1.3 Politique de distribution 134
1.4 Politique de communication 137
1.5 Politique d’emballage et de conditionnement 139
1.6 Gestion de trésorerie de l’entreprise 141
Section 2 : Stratégie à moyen terme 143
2.1 Implantation à l’étranger 143
2.2 Diversification des produits 146
2.3 Diversification des marchés 147
Section 3 : Actions à entreprendre par les pouvoirs publics pour assurer une meilleure compétitivité aux produits de la floriculture marocaine 148
3.1 Subventions pour la réduction des coûts de transport 148
3.2 Incitation à la mise à niveau des entreprises qui opèrent dans le secteur de la floriculture 149
3.3 Exonération des droits de douanes des intrants 150
3.4 Négociation avec l’U.E pour le libre accès des fleurs coupées au marché communautaire 151
3.5 Développer la recherche dans le domaine de la production des fleurs 151
3.6 Prêter assistance aux producteurs exportateurs des fleurs coupées 152
Conclusion générale