Symptômes contemporains, peu ou non spécifiques de la ménopause

By 5 March 2013

Les symptômes contemporains, peu ou non spécifiques de la ménopause

Les femmes se plaignent souvent au début de la ménopause de troubles de l’humeur, de problèmes de poids et de douleurs diverses. Tous ces symptômes ou troubles, même s’ils sont fréquemment décrits à cette période et rapportés par les femmes à leur ménopause, tendent à être considérés comme peu ou non spécifiques, mais en rapport avec de nombreuses causes diverses et variées…dont l’arrêt des règles.

* Les Troubles Nerveux

Angoisse, déprime, dépression, fatigue, insomnie, irritabilité, stress, vulnérabilité…, ces troubles nerveux qui apparaissent volontiers à la ménopause ne seraient pas uniquement liés à la diminution des sécrétions hormonales. La ménopause survient en effet à une étape de la vie où les changements et/ou les bouleversements autres qu’hormonaux sont multiples, ce qui met en jeu les capacités d’adaptation et le vécu de chacune. De multiples facteurs s’intriquent de façon complexe : état physique ou psychologique antérieur, personnalité de chaque femme et signification qu’elle attribue à la ménopause, antécédents personnels, contexte familial, social, professionnel, attitude de l’entourage…

La ménopause est un révélateur, une période propice au bilan des expériences passées et des perspectives futures. Elle est souvent à l’origine d’une prise de conscience, elle est parfois le point de départ d’un désir de changement, ce qui peut être source d’angoisses et de peurs.

« Suis-je satisfaite de ma vie ? », « Vais-je continuer dans la même voie ? », « Comment dois- je à présent organiser mon existence, mon travail, mes loisirs, ma vie familiale… ? », Ce qui revient à demander : « Qui suis-je ? », « Où vais-je ? », « Quel est mon rôle ? ». Ce qui conduit à deux interrogations quasi philosophiques : « Quel est le sens de ma vie ? » et « Qu’est-ce qu’une femme de 50 ans ? ».

Selon que les réponses à ces questions essentielles sont valorisantes ou non, la façon dont la femme va appréhender cette période sera différente : celles qui sont actives, avec un projet, bien entourées…ont des chances de la vivre mieux que les femmes isolées socialement et/ou affectivement et qui s’ennuient.

Il convient de bien distinguer, et ce n’est pas toujours facile, ce qui relève de la ménopause, de la cinquantaine et/ou de la vie : la femme, à ce moment-là, a de fortes chances de vivre la maladie ou le décès de ses parents, le départ des enfants, une séparation…

Une prise de poids, des modifications de la silhouette, un avenir ou des réalisations professionnelles incertaines peuvent intervenir pour accuser les sentiments d’injustice ou de dévalorisation et ainsi déclencher ou entretenir les troubles nerveux.

Les signes nerveux et psychiques

Ils sont multiples et variés, n’ont rien de caractéristiques puisqu’ils peuvent volontiers apparaître ici ou en dehors de cette période difficile, à tout âge et dans les deux sexes. Certaines femmes les découvrent avec la péri ménopause et d’autres au moment de la ménopause. Pour celles qui en souffraient déjà, des symptômes tels que la fatigue, la déprime, la dépréciation de soi, les compulsions alimentaires vont s’installer, s’aggraver et devenir handicapants voire intolérables. Une grande fatigue physique ou morale peut apparaître de façon brutale ou insidieuse, ou au contraire une hyperactivité avec souvent, un retour sur des occupations passées peut s’observer et s’accompagner d’une agitation verbale ou d’un activisme social, artistique, politique, religieux…Dans certains cas, une déprime ou un état dépressif se manifeste avec perte d’envies, une grande tristesse, une apathie et un repli sur soi. Un désintérêt pour l’alimentation peut laisser la place à une boulimie générale ou pour certains aliments, une attirance pour l’alcool peut aussi se démasquer ou s’intensifier.

Les premiers signes d’alerte, même discrets, doivent attirer l’attention : troubles du sommeil, fatigue dès le réveil, non améliorée par le repos, sensation de ralentissement intellectuel avec difficultés de concentration ou dans la prise de décision, troubles de la mémoire… Tous ces signes, surtout si ils sont récents, peuvent traduire une bascule vers la dépression.

* Les Etats d’angoisse

Ils peuvent apparaître chez les femmes qui souffraient auparavant d’un syndrome pré menstruel et connaissent donc bien ces manifestations intermittentes de mal être. Mais ils peuvent également accompagner le début de la ménopause chez des femmes qui n’en avaient jamais véritablement souffert. Ils demandent à être traités rapidement car ils sont très inconfortables.

* La Dépression

La dépression peut se traduire par une démotivation, de la mélancolie, une simple morosité ou une impression dramatique d’inutilité. Celles qui ont toujours été fragiles psychologiquement le sont encore plus, celles qui ne connaissaient pas cet état vont découvrir un cortège de symptômes plus ou moins invalidants, qui n’améliorent ni les relations avec soi-même ni avec les autres. 1 femme sur 5 en péri ménopause, 1 sur 3 en ménopause avérée souffrent de dépression.

* La Fatigue

Les femmes ménopausées se plaignent volontiers d’être exténuées, incapables du moindre effort : elles présentent une perte de tonus, ont moins d’envies, ont du mal à effectuer des tâches simples réalisées jusque-là sans aucun problème, elles sont sans ressort, comme cassées de l’intérieur, elles refusent d’entreprendre quoi que ce soit, se marginalisent, s’isolent. Cette fatigue semble physique mais s’accompagne de signes psychiques (trous de mémoire, erreur de jugement) qui peuvent parfois faire craindre à l’entourage un début de maladie d’Alzheimer. La carence en œstrogènes est responsable de cette fatigue en apparence inexplicable, les hormones ou les substances d’action apparentées (œstrogène-like) jouent en effet un rôle antifatigue indiscutable sur le cerveau.

* Les Troubles du sommeil

Des nuits entières, parfois rythmées par les sueurs nocturnes, passées à méditer sur la vieillesse, la maladie, le conjoint, les enfants, le sens de la vie…entretiennent ou aggravent la fatigue et la déprime dans une espèce de cercle vicieux. Certaines vont trouver l’apaisement dans le réfrigérateur et infléchir leur courbe de poids…

* La Prise de poids

De nombreux évènements de la vie des femmes, et tout particulièrement la péri ménopause et la ménopause, les exposent à des problèmes de poids sans qu’aucune explication scientifique n’ait pu être donnée à ce phénomène. Les femmes se mettent parfois à grossir à ce moment-là sans modifier radicalement leur façon de s’alimenter. Des perturbations du métabolisme des graisses ont été évoquées et pourraient être responsables de cette prise de poids inopinée et très mal acceptée, d’autant qu’elle accompagne d’autres symptômes plus ou moins gênants.

La cinquantaine ne constitue pas véritablement la période d’entrée dans le surpoids, mais elle est le moment privilégié de la prise de conscience et de refus, plusieurs facteurs interviennent et concourent à cette prise de poids souvent difficilement évitable.

– La réduction des dépenses énergétiques : non seulement le métabolisme de base tend à fonctionner au ralenti avec l’âge mais l’attrait pour les activités sportives s’émousse.
– La carence hormonale induit de nombreux troubles vasomoteurs et nerveux et parfois des modifications du comportement alimentaire : les compulsions de compensation sont fréquentes, la déprime entretient le cercle vicieux du poids.
– La disparition de la sécrétion des œstrogènes favorise une enzyme, la lipoprotéine-lipase qui accumule la graisse sur le ventre : le « bide » remplace la culotte de cheval.
– Mal de tête, Migraine

Le mal de tête et sa forme plus singulière, la migraine, représente un motif de consultation extrêmement fréquent puisqu’il affecte au total près du tiers de la population et dont deux tiers sont des femmes.

Il existe manifestement un lien entre hormones et migraine mais les nombreux travaux sur ce sujet apportent des conclusions contradictoires.

La migraine démarre souvent à la puberté et marque une recrudescence au moment des règles et de l’ovulation (l’influence de la pilule reste controversée), elle disparait pendant la grossesse pour réapparaitre rapidement après l’accouchement.

Elle a une évolution plus variable à la ménopause, disparaissant 3 fois sur 4 mais pouvant persister voire s’aggraver.

Chez la femme ménopausée, les douleurs de causes diverses et variées, sont très fréquentes et démoralisantes, elles sont interprétées comme un signe supplémentaire de vieillissement, ce qui entretient ou aggrave la déprime ou la morosité et qui à son tour renforcent les symptômes.

Les douleurs siègent bien entendu au niveau de la tête mais irradient volontiers vers la nuque et les trapèzes, où elles entrainent d’intenses contractures musculaires.

* Douleurs rhumatismales

Les femmes parlent souvent de rhumatismes qui sont un terme trop vague. Les douleurs sont très fréquentes et démoralisantes et sont interprétées comme un signe supplémentaire de vieillissement, ce qui déclenche, entretient ou aggrave les troubles nerveux qui à leur tour augmentent les douleurs. Elles peuvent siéger partout et toucher toutes les articulations. L’aggravation de toutes ces douleurs à la ménopause est peut-être en rapport avec l’arrêt des œstrogènes qui, grâce à une structure chimique proche des stéroïdes, possèdent une petite activité anti-inflammatoire. S’il existe de surcroit une carence en magnésium, le calcium a tendance à se déposer aux points d’insertion des tendons, des tissus péri articulaires, des articulations entrainant alors arthrite, bursite, tendinites.

* Les Problèmes veineux

Les causes les plus fréquentes sont : le travail en position assise ou debout prolongée, le chauffage par le sol, l’exposition au soleil ou à la chaleur, le nombre de grossesses, les facteurs hormonaux (pilule), l’obésité, une alimentation trop épicée, mal équilibrée, l’alcool, le tabac…

Plus d’1 femme sur 2 souffre de troubles de la circulation durant sa vie, 1 sur 3 se traite. Les femmes font très vite l’expérience de l’influence des hormones sur leur état veineux : la congestion, caractéristique du syndrome prémenstruel, l’aggravation des varices pendant la grossesse, la décompensation des troubles lors de la ménopause. Le risque veineux est un des éléments dont il est impératif de tenir compte lorsqu’est envisagée une prise en charge hormonale de la ménopause.

Lire le mémoire complet ==> (Bien Vivre sa Ménopause et Prévenir l’Ostéoporose)
Mémoire de fin d’études Formation de Praticien en Santé Bien-Être