SPARC : The Scholarly Publishing and Academic Resources Coalition

By 18 March 2013

2. SPARC : The Scholarly Publishing and Academic Resources Coalition
<http://www.arl.org/sparc>

Deuxième fédérateur présenté dans ce travail, SPARC est une association qui regroupe des universités, des bibliothèques de recherche ainsi que d’autres organisations et qui a été créée pour répondre de manière constructive aux dysfonctionnements du marché de la communication scientifique. La stratégie adoptée pour ce faire est d’augmenter la compétition et supporter les projets Open Access pour ainsi contrer les prix élevés et croissants pratiqués par les éditeurs commerciaux de revues scientifiques. Ce problème étant plus aigu en sciences, techniques et médecine, SPARC se concentre jusqu’à présent sur ces domaines [http://www.arl.org/sparc].

L’origine de l’association se trouve dans le milieu des bibliothèques qui, à cause de l’augmentation des prix des périodiques ne sont plus aptes à assurer leurs missions. SPARC est un projet qui cherche une réponse pratique à ce problème de la “crise des périodiques” [Case 2002, pp. 2­3].

En octobre 1997, l’Association of Research Libraries (ARL) lance SPARC. L’initiative doit servir de catalyseur pour créer un changement qui rendrait le marché de la communication scientifique plus compétitif et dont la conséquence première devrait être la diminution des prix des périodiques. Le premier partenariat est conclu en juin 1998 avec l’American Chemical Society (ACS). L’objectif est de publier un nouveau journal tout les ans pendant trois ans. Le premier, Organic Chemistry est lancé pour concurrencer Tetrahedron Letters édité par Elsevier. La différence de prix d’abonnement est flagrante : le périodique de l’ACS est à 2 300 $ tandis que celui d’Elsevier coûte 8 000 $ [Case 2002, pp. 8­10].

SPARC se fait peu à peu connaître et de nombreuses institutions s’y joignent. Leurs frais de participation permettent de soutenir financièrement les projets lancés par SPARC.

En 2001, face à l’intérêt de certaines institutions européennes (principalement des universités et des bibliothèques), SPARC Europe est créé. L’objectif est le même que SPARC mais est mené dans une perspective européenne [Case 2002, p. 14; http://www.sparceurope.org].

Pour atteindre ses objectifs, SPARC a créé trois programmes mettant en oeuvres des moyens d’action différents : SPARC Alternatives, SPARC Leading Edge et SPARC Scientific Communities.

SPARC Alternatives soutient la création de périodiques en compétition directe avec ceux des éditeurs commerciaux classiques. Il a entre autre permis la création d’Evolutionary Ecology Research (abonnement : 305 $) par Michaël Rosenzweig pour concurrencer Evolutionary Ecology (800 $) édité par Wolters Kluwer et également créé par M. Rosenzweig. Ce dernier, accompagné par l’ensemble du bureau éditorial, a quitté Wolters Kluwer pour créer son propre périodique avec le soutien de SPARC. On peut également citer PhysChemComm concurrençant Chemical Physics Letters d’Elsevier, Theory and Practice of Logic Programming concurrençant le Journal of Logic and Algebraic Programming d’Elsevier également, et le Journal of Machine Learning Research s’opposant à Machine Learning édité par Kluwer [Case 2002, pp. 15­16]. Les intitulés des périodiques soutenus par SPARC sont souvent très proches de ceux auxquels ils s’”opposent”, ceci doit certainement entraîner une certaine confusion dans l’esprit des lecteurs et il n’est pas certain que SPARC en bénéficie. Ajoutons un autre bémol, SPARC encourage la création de nouveaux périodiques mais il n’est pas assuré que les bibliothèques vont s’y abonner. Il n’est pas forcément facile pour elles de se désabonner d’un périodique édité par Elsevier, Wolter Kluwer ou un autre. D’une part, elles risquent d’être confrontées à la pression des chercheurs habitués à travailler avec ces coûteux périodiques. D’autre part, l’abonnement peut appartenir à un ensemble négocié et il est dès lors difficile de se séparer d’une partie seulement de cet ensemble. Ajoutons que les restrictions économiques et budgétaires ne permettent vraissemblablement pas aux biblitohèques de s’abonner aux périodiques de SPARC (même s’ils sont moins coûteux) tout en conservant (parce qu’elles y sont obligées) l’abonnement envers les éditeurs commerciaux.

SPARC Leading Edge a pour mission le support de nouveaux modèles d’édition scientifique, il fait la publicité des entreprises qui utilisent les nouvelles technologies pour obtenir des avantages compétitifs ou qui introduisent des nouveaux modèles commerciaux. Parmi ces entreprises, nous pouvons citer le New Journal of Physics qui met les articles à disposition gratuitement sur le web et qui, pour se financer, fait payer la publication des articles par leurs auteurs (tout comme BioMed Central). L’Internet Journal of Chemistry quant à lui, utilise la 3D et des techniques d’animation pour enrichir son contenu et le rendre plus interactif. Il permet par exemple de montrer la composition d’une molécule en trois dimensions apportant ainsi un véritable plus par rapport à un périodique publié sur papier.

Enfin, SPARC Scientific Communities supporte l’aggrégation de contenus autour des besoins spécifiques d’une communauté d’intérêt. Ce programme encourage également la collaboration entre les scientifiques, leurs sociétés et leurs institutions. Il encourage aussi les universités à développer leur propre infrastructure de publication électronique. Les projets soutenus dans ce cadre sont, entre autres, eScholarship de la California Digital Library, Earthscape de Columbia et CogNet du MIT [Case 2002, pp. 17­18]. eScholarship de l’université de Californie a pour objectif le développement d’un modèle de communication scientifique financièrement viable. Et ce, en utilisant les nouvelles technologies. De manière plus générale, il s’agit d’améliorer les différents domaines ayant part à la communication scientifique : création, peer review, gestion, diffusion et préservation de ces documents. Sont pris en compte pour cela, le dépôt individuel des résultats de la recherche, la publication sur le web et l’édition électronique de monographies [http://www.cdlib.org/programs/escholarship.html]. Le Columbia Earthscape développé au sein de l’université de Columbia est une aggrégation complète de ressources concernant les sciences de la terre et de l’environnement [http://www.earthscape.org]. Enfin, CogNet du Massachussets Institute of Technology se présente comme une communauté électronique de chercheurs en sciences cognitives et cérébrales qui contient des textes importants ainsi que d’autres types d’informations susceptibles d’intéresser les chercheurs (offres d’emplois, annonces de conférences, groupes de discussions, …) [Case 2002, p. 18; http://cognet.mit.edu].

SPARC est une initiative qui provient du monde des bibliothèques scientifiques (de l’Association of Research Libraries) qui, face à l’augmentation des prix des périodiques, se sont vues obligées de réagir. Ses trois programmes s’inscrivent dans une perspective plus générale qui vise à apporter de réels changements dans le monde de la communication scientifique. Pourtant, l’efficacité de SPARC Alternative peut être mise en question car il n’est pas certain que les bibliothèques auront les moyens de s’abonner à ces nouveaux périodiques. Et si, cet aspect de SPARC est sans doute le plus connu et le plus visible, les deux autres ne doivent pas être minimisés.

Lire le mémoire complet ==> (Réflexions sur quelques nouveaux modèles de communication scientifique)
Diplôme d’études spécialisées (D.E.S.) en sciences et technologies de l’information
Université Libre de Bruxelles – Faculté de Philosophie et Lettres Section Infodoc