Situation macro-économique, l’évolution de l’épargne des ménages

By 17 March 2013

Diagnostic de positionnement et des problèmes actuels

Dans la branche assurance vie, l’analyse de la situation actuelle révèle de vrais problèmes à différent niveaux, macro-économiques, assureurs et assurés. Il n’y a pas d’amélioration en vue {court terme.

I. La situation macro-économique

1. Les problèmes fondamentaux

La France souffre depuis longtemps de plusieurs handicaps structurels qui brident sa capacité à générer de la croissance, à augmenter le pouvoir d’achat, à réduire le chômage et les inégalités. Certains de ces handicaps ne lui sont pas spécifiques et constituent autant de faiblesses européennes comme la productivité et la compétitivité insuffisantes ou le vieillissement des sociétés.

L’OCDE estime au 11 avril dernier que la France enregistrera en 2011, un produit intérieur brut (7) de 2 % contre 1,6 % prévu initialement. Cette prévision est un signe encourageant {court terme compte tenu de l’amélioration de la situation économique pendant les derniers mois. Par contre ce taux ne sera pas suffisant pour faire réduire l’importance du taux de chômage, qui demeure très élevé à la moyenne des pays développés.

L’Institut National de la Statistique et des Etudes Economique (INSEE) a annoncé la semaine dernière une croissance de 0,6 % au premier trimestre et 0,4 % au deuxième. Elle prévoit également une baisse de la consommation, une « première » depuis 2008, due à la flambée des matières premières.

Quoi qu’il en soit, « la reprise est enclenchée en France, c’est un fait avéré, a estimé lundi 11 avril Angel GURRIA, secrétaire général de l’OCDE, mais elle reste modérée, relativement {l’ampleur du choc économique subi ». L’organisation prévoit « une croissance modérée » dans le pays pendant plusieurs années.

La France souffre d’un déficit de gains de productivité manifeste, non seulement vis-à-vis des économies émergentes mais également d’autres pays développés. Entre 2000 et 2008, la productivité n’a progressé en moyenne que de 0,7 % par an en France et de 0,8 % en zone euro.

Cette insuffisance de gains de productivité ne permet pas de contenir la hausse des coûts de production découlant de l’évolution des salaires, et handicape par conséquent la compétitivité.

(7) Produit Intérieur Brut (PIB) est défini comme étant la somme des valeurs ajoutées réalisées à l’intérieur d’un pays par l’ensemble des branches d’activités auxquelles on ajoute la TVA et les droits de douane pour une période donnée. C’est l’indicateur par excellence de la performance et de la santé économique d’un pays.

La crise financière a conduit à une forte hausse de la dette publique qui peut s’analyser comme un transfert de dette du privé vers le public. Plus précisément, l’augmentation de la dette publique est la contrepartie :

* De la prise en charge par l’Etat de sa fonction d’assureur contre le risque de catastrophe.
* Du soutien de la demande dans un contexte de récession et de désendettement du secteur privé.

En conséquence, comme le relevaient les auteurs d’une récente étude (8), c’est la première fois que la dette publique augmente autant et simultanément dans un si grand nombre de pays en temps de paix. C’est dans ce contexte qu s’inscrit l’évolution de la situation budgétaire en France, où le déficit public est passé de 3,3% en 2008 à 7,5 % en 2009, du jamais vu depuis le début des années 1990. La dette publique a progressé de plus de 10 points, passant à 78,1 % du PIB en 2009, ce qui correspond à environ 54 000 € par ménage français. A la fin de 2010, la dette publique Française s’élève {1 591,2 milliards d’€ (9).

En bref, des problèmes comme la croissance de notre pays, le taux de chômage élevé, l’importance de la dette publique et la hausse des prix des matières premières commencent à produire leurs effets sur le pouvoir d’achat des ménages. Le secteur d’assurance vie est une partie intégrante de notre système économique, donc il n’échappera pas aux conséquences négatives de cette conjoncture notamment au niveau du taux d’épargne des ménages Français.

2. L’évolution de l’épargne des ménages

Taux d’épargne des ménages en France (%)
Taux d'épargne des ménages en France (%)
Source : INSEE, comptes nationaux

(8) Banque des Règlements Internationaux, S. Cecchetti et al, « The future of public debt, prospects and implications », Février 2010.
(9) Source : INSEE

Ce graphique permet de constater que les français n’ont jamais autant épargné depuis 7 ans malgré la progression de leurs revenus. Cela peut être expliqué comme une « épargne de précaution » sur laquelle ils préfèrent miser face aux inquiétudes liées à la conjoncture économique.

Signe de leur précaution, les Français ont d’ailleurs plébiscité en 2009 les placements les plus sûrs, souvent moins rémunérateurs, comme le livret A et l’assurance vie.

Autre facteur d’explication, avance Cyril BLESSON (10), « Vous avez un ralentissement très manifeste du crédit, qui fait mécaniquement remonter l’épargne ».

La France incarne en effet un modèle où les ménages mettent de côté leurs économies quand l’Etat s’endette beaucoup, contrairement aux pays anglo-saxons traditionnellement marqués par un fort endettement des ménages.

Si on considère que la crise économique a fortement modifié les comportements d’épargne des Français en faveur de l’assurance vie de manière conjoncturelle, comme signe de prudence. La tendance peut s’inverser (d’ailleurs le taux d’épargne global (11) en 2010 s’élève {15,8 %) si la consommation repart {la hausse d’une part, d’autre part la baisse du rendement du livret A depuis 2008 a été profitable pour la croissance de la collecte d’assurance vie ces dernières années, je ne suis pas certain que ça sera le cas dans les années à venir.

Il y a un risque potentiel que ces facteurs macro-économiques impactent notre secteur d’activité de manière direct ou indirect {différents niveaux comme la décroissance de la collecte, le rendement des actifs financiers, des contrats et donc les résultats des compagnies d’assurance vie.

Lire le mémoire complet ==> (Vers la fin des fonds en euros ?)
Mémoire de fin d’études – Le CNAM
Ecole nationale d’assurances