Rôle de l’intelligence comportementale dans la vie professionnelle

By 2 March 2013

Les compétences comportementales professionnelles – Première partie :

Chapitre 1 : Les compétences comportementales comptables

Le contexte général de notre travail est la profession comptable. Selon le projet du code d’éthique professionnelle de l’ordre des experts comptables de Tunisie (OECT), la profession comptable a pour objectif d’agir avec un haut niveau de professionnalisme, d’atteindre l’excellence et de satisfaire les exigences du public (investisseurs, bailleurs de fonds, le gouvernement et le public au sens large). Pour atteindre ces objectifs, le professionnel comptable doit mettre en œuvre non seulement des compétences techniques mais aussi des compétences comportementales.

Selon le même code « l’attitude et le comportement des professionnels comptables lors de la prestation de ces services ont des répercussions sur la prospérité économique de la collectivité et du pays » (Projet du code d’éthique professionnelle, OECT § 6).

Au niveau de ce chapitre, nous montrerons l’importance des comportements pour la réussite professionnelle au niveau de la section 1. Au niveau de la section 2, nous nous intéresserons aux compétences comportementales génériques comptables.

En revanche, l’identification des compétences comportementales comptables est insuffisante si elle n’est pas suivie d’une présentation des principaux facteurs favorisant l’acquisition de ces compétences. Ces facteurs seront l’objet de la section 3.

Section 1: Place des comportements dans la réussite professionnelle

Les critères d’évaluation d’un professionnel d’exception ont changé. Les chercheurs ont considéré comme acquis les aptitudes intellectuelles et le savoir faire technique. Les nouveaux critères d’évaluation se basent sur les qualités personnelles comme l’initiative, l’empathie, l’adaptabilité et la capacité à convaincre. Ainsi, les comportements font partie intégrante du management moderne et « nous nous attachons donc de plus en plus au savoir être autant qu’au savoir faire » (Plasse).

Daniel Goleman (1999) précise que dans notre vie professionnelle, nous ne sommes plus jugés sur notre savoir faire, mais plutôt sur notre façon de nous comporter, nos rapports avec les autres, le travail en équipe et le sens de commandement, en d’autre terme sur notre intelligence comportementale appelée aussi « intelligence émotionnelle ».

L’objectif de cette section est de montrer l’importance de cette notion dans la vie professionnelle (§ 1), son impact sur le caractère des individus (§ 2) et ses liens avec la performance et la réussite (§ 3).

1. Rôle de l’intelligence comportementale dans la vie professionnelle

1-1 : Qu’est ce que l’intelligence comportementale ?

L’intelligence comportementale est dérivée de ce que les psychologues appellent l’intelligence émotionnelle; qui est un concept relativement récent. La première utilisation du concept d’intelligence émotionnelle, attribuée à Mayer et Salovey, remonte au début des années 1990.

« L’intelligence émotionnelle telle qu’initialement définie par Salovey et Mayer2 (1990) incluait trois processus mentaux principaux : évaluer et exprimer les émotions (les siennes et celles des autres), être capable de les réguler, et savoir les utiliser pour faciliter les processus cognitifs » (Mignonac, Herrbach et Gond, 2003, p 85).

En 1998, Goleman a adapté cette notion au contexte du travail : « L’intelligence émotionnelle ne consiste pas à donner libre cours à ses sentiments, à se défouler. Elle signifie plutôt qu’on gère ses sentiments de manière à les exprimer de façon appropriée et efficace afin de permettre aux autres de collaborer harmonieusement aux objectifs communs » (Goleman, 1999, p 16).

Il en découle que l’intelligence comportementale peut être définie comme étant la faculté d’identifier, de contrôler et de gérer nos propres émotions et celles des autres, et de savoir les utiliser pour une résolution efficace des problèmes rencontrés. Il s’agit d’un ensemble d’aptitudes et d’habiletés non cognitives permettant à l’individu de s’adapter aux exigences de l’environnement, de bâtir des relations solides au travail, et de s’améliorer continuellement tout au long de sa vie.

2 En 1997, ces auteurs ont révisé leur modèle et proposent un cadre d’analyse plus complexe : « l’intelligence émotionnelle est envisagée comme un construit hiérarchique à quatre branches, chacune de ces branches représentant une catégorie de capacités :

– la perception et l’évaluation des émotions,
– la capacité d’intégration et d’assimilation des émotions pour faciliter et améliorer les processus cognitifs et perceptuels,
– la connaissance du domaine des émotions, et
– la gestion de ses propres émotions et de celles des autres » (Mignonac, Herrbach et Gond, 2003, p 85).

1-2 : Les valeurs et les comportements

« Les valeurs représentent les convictions et les croyances d’une personne, ce qu’elle considère dans sa conscience comme beau, bien et vrai. Les valeurs servent de références dans les jugements et la conduite, et par la même déterminent les émotions et les comportements d’une personne » (Yaich, 2005, p 22). En d’autre terme, les valeurs sont des principes fondamentaux propres pour chaque personne, elles forment ainsi un cadre conceptuel pour leurs comportements.

Pour la profession comptable, le comportement éthique est le produit des valeurs du professionnel. Pour agir avec un haut niveau de professionnalisme, atteindre l’excellence et satisfaire les exigences des partenaires, l’expert comptable doit avoir un ensemble de principes fondamentaux.

Selon l’ordre des experts comptables de Canada, il existe une relation essentielle entre les valeurs et compétences fondamentales et les compétences techniques. « La combinaison des valeurs et compétences fondamentales et des compétences particulières se traduit par l’excellence sur le plan technique, l’intégrité, l’objectivité et l’engagement envers l’intérêt public, qualité pour lesquelles la profession de comptable agréé est réputée » (ICCAa, 2005, p 7).

Les valeurs, lorsqu’elles sont partagées au sein de l’entreprise ou du cabinet, créent un lien « socio- affectif » entre les membres du groupe qui s’engagent, chacun de sa place, de les respecter. Selon Yaich (2005, p 23) les valeurs (telles que la créativité, la dignité, la gratitude, la fidélité, l’humanisme, l’humour, la transparence …) influencent les comportements des individus, et ce de trois façons :

– elles motivent l’action et elles motivent la personne qui s’engage à respecter la valeur. Dans ce sens, les valeurs sont une marque d’engagement,
– elles donnent un fondement conceptuel aux règles de conduite,
– elles servent de cadre conceptuel pour légitimer les décisions et les choix de comportement.

Lire le mémoire complet ==> (Les compétences comportementales dans les missions de commissariat aux comptes)
Mémoire pour l’obtention du diplôme national d’expert-comptable
Université du Sud – Faculté Des Sciences Economiques Et De Gestion De SFAX

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