Research Papers in Economics : historique, fonctions et technique

By 18 March 2013

1.3. RePEc : Research Papers in Economics
http://repec.org

Troisième et dernier dépôt thématique, RePEc propose une quantité importante d’information et de services. Fonctionnant sur un modèle décentralisé, il constitute ainsi une ressource non négligeable pour les économistes.

1.3.1. Historique

RePEc, tel qu’il se présente actuellement est l’évolution du projet NetEc. Le projet NetEc voit ses origines remonter à 1991 et au travail de Thomas Krichel à l’université de Loughborough. Le rôle de NetEc était d’améliorer la communication scientifique dans le domaine des sciences économiques via les médias électroniques (listes de diffusion, gopher, wais, ftp, http, …). NetEc se présentait sous la forme de différents projets (BibEc, WoPEc, CodEc, WebEc, BizEc et HoPEc) ayant chacun des rôles différents mais travaillant à l’accomplissement des mêmes objectifs. Ces projets ont évolué, certains font encore partie aujourd’hui de RePEc [Krichel 1997].

RePEc se veut la réalisation matérielle du concept d’ Open Library mis au point par Thomas Krichel. Dans cette optique, il est possible non seulement d’ajouter et de référencer du contenu dans RePEc mais aussi de créer des services à partir des données de RePEc. Par exemple : mettre au point une interface de recherche et de présentation de documents ne concernant que certains sous­domaines des sciences économiques ou ne concernant que certains types de documents. C’est ainsi que plus de 100 personnes provenant de 44 pays différents travaillent bénévolement (en tout cas, sans rémunération de la part de RePEc, il est possible que ces personnes soient payées par l’institution à laquelle ils appartiennent) aux différents services offerts par RePEc [Krichel 2000]. Parmi ces participants, nous en retrouvons quelques uns en Belgique. Ceux­ci sont :

• Energy, Transport and Environnement Workgroup (K.U.L.);
• International Economics Working Group (K.U.L.);
• LICOS Centre for Transition Economics (K.U.L.);
• Centrum voor Economisch Studiën (K.U.L.);
• Faculty of Economics and Business Administration (R.U.G.);
• Faculté des sciences économiques, sociales et politiques (U.C.L.);
• Service of International and Interregional Economics (U.Lg);
• Vlerick Leuven Gent Management School.

1.3.2. Technique et fonctions

Plus que simplement donner accès aux documents, RePEc tente d’offrir un maximum d’informations concernant autant les auteurs et les institutions que les ressources documentaires en sciences économiques. Cet objectif ne peut être approché qu’en mettant en place un travail collaboratif et décentralisé (car demandant des ressources matérielles et humaines importantes qu’une institution seule ne peut pas fournir) [Krichel 2000].

Le site web de RePEc joue ainsi un rôle de centralisateur et de guide pour les utilisateurs des services et pour les éventuels créateurs de services.

En terme de documents disponibles via RePEc, ceux­ci peuvent être de plusieurs types : working papers (135 000), articles (143 000), logiciels (1 000), listes d’information sur des livres et chapitres de livres (750), des auteurs et leurs publications (5 200) ainsi que sur des institutions (8 050) qu’on limiterait à tort aux universités puisque nous retrouvons certains acteurs étatiques telle que la Réserve fédérale des Etats­Unis ou encore certaines banques. Une grande partie des documents renseignés dans RePEc sont accessibles en ligne mais pas toujours gratuitement étant donné que certains partenaires de RePEc sont des éditeurs commerciaux (par exemple : Kluwer Academic Publisher). Dans ce cas, un système de pay­per­ view est en général proposé au visiteur, sauf si celui­ci est déjà abonné au périodique qu’il souhaite consulter.

Comme expliqué plus haut, RePEc se compose de différents services. Chacun mériterait une analyse poussée mais ce n’est malheureusement pas possible dans le cadre de ce travail. Un bref aperçu de chacun est néanmoins indispensable.

• EconWPA (University of Washington) dont l’objectif est la “free distribution of working papers in economics”. Pour ce faire, EconWPA propose aux personnes dont l’institution ne serait pas partenaire de RePEc de déposer leurs working papers. Ceux­ci seront repris par après dans la base RePEc.
• IDEAS ­ Internet Documents in Economics Access Service (University of Connecticut, department of Economics) se présente comme “[the] largest bibliographic database dedicated to Economics” et donne accès à toutes les informations de RePEc.
• EconPapers – Economics at your fingertips (Economic Research Institute at the Stockholm School of Economics) propose un accès à la base de données RePEc.
• NEP – News Economics Papers (Bernardo Bátiz­Lazo & Marco Novarese) est un service d’alerte pour les nouvelles contributions, disponible sur inscription. Il est possible de n’être informé que sur certains sous­domaines, ceux­ci sont chapeautés par des spécialistes qui sélectionnent les nouveaux documents intéressants.
• EDIRC ­ Economics Departments, Institutes and Research Centers in the World (University of Connecticut, Department of Economics) liste toutes les institutions (8 078) et leurs coordonnées dans 217 pays.
• LogEc (Stockholm School of Economics) présente les statistiques de différents services de RePEc (NetEc, IDEAS, Socionet, EconPapers et NEP).
• Citations in Economics (Institute of Economic Research at Hitotsubashi University, Tokyo) “provides citation analysis for documents distributed on the RePEc digital library”. Ce service n’est pas encore très développé et ne prend en compte que les références aux documents électroniques.
• WebEc – World Wide Web Resources in Economics (Center for Innovative Education, Helsinki School of Economics & Faculty of Social Sciences, University of Helsinki) catégorise les informations libres d’accès en sciences économiques disponibles sur le web.
• WoPEc – Working Papers in Economics (Jose Manuel Barrueco & Thomas Krichel) utilise RePEc mais n’en retire que les working papers.
• BibEc (Jose Manuel Barrueco & Thomas Krichel) complète WoPEc en référençant des documents sur support papier.
• inomics – The Internet Site for Economists fournit un accès à RePEc ainsi que d’autres services pour les économistes (offres d’emploi, annonces de conférences,…).
• SPZ – Socionet Personal Zone se présente comme “[a] Workplace for Researchers, Tutor and Students in the Social Sciences Information Space”.
• Socionet met à disposition du public russophone un accès à RePEc ainsi que des services complémentaires.

Tous ces services fonctionnent de manière indépendante (sauf bien sûr, quand ils utilisent les données provenant d’un ou de plusieurs autres services); leur principal point commun est leur rattachement à RePEc. Il est important pour l’utilisateur, le visiteur de RePEc de s’informer sur le contenu de chacun de ces services de manière à utiliser celui qui sera le plus approprié à ses besoins.

1.3.3. Situation actuelle

Les statistiques disponibles sur LogEc (ne concernant donc que les services NetEc, IDEAS, Socionet, EconPapers et NEP) montrent que, de manière générale, l’utilisation des différents services disponibles est en augmentation, même si certaines périodes sont moins fastes que d’autres. Nous pouvons également noter une augmentation du nombre de documents disponibles. Depuis janvier 1998 jusque juin 2004, ce ne sont pas moins de 8 340 892 fichiers de tous types qui ont été téléchargés par les utilisateurs de RePEc.

En ce qui concerne le type de document, les statistiques montrent que ce sont les working papers qui sont le plus souvent téléchargés et dont les abstracts sont le plus souvent lus. Viennent ensuite les articles de périodiques. La consultation de livres, chapitres de livres et le téléchargement de logiciels semblent anecdotiques par rapport au succès des deux types de documents précédents (articles et working papers).

La décentralisation et la possibilité pour qui veut de créer de nouveaux services permet d’augmenter l’offre de documentation ainsi que les moyens d’y accéder. Ceci permet une offre plus variée de documentation et donc plus susceptible de rencontrer les besoins des utilisateurs. Dans l’état actuel des choses, nous pouvons déjà constater que RePEc ne se limite pas à un seul type de document; l’offre de service semble vouloir être exhaustive.

La division en de nombreux services n’est pas toujours claire et pourrait décourager l’utilisateur. Il est nécessaire que l’utilisateur de RePEc prenne le temps de comprendre comment fonctionne RePEc et ce que lui offre les différents services. S’il trouve cet apprentissage trop long ou trop complexe, pourquoi ne se contenterait­il pas d’une recherche sur Google ?

Il serait intéressant pour RePEc d’uniformiser un maximum les interfaces des différents services. Cela renforcerait la cohérence du projet et permettrait aux utilisateurs d’utiliser plus facilement les différents services.

Le nombre d’institutions et de personnes impliquées dans RePEc peut être le garant d’une survivance à long terme. Il y a peu de chance que tous se retirent de RePEc en même temps. D’un autre côté, l’importance du nombre de participants n’est pas forcément un gage de qualité.

Si l’offre de documentation de RePEc est large, diversifiée et pour la plupart d’accès gratuit, il est nécessaire pour l’utilisateur de s’habituer et de comprendre son fonctionnement. Cette démarche favorisera les utilisateurs du monde des sciences économiques qui ont souvent besoin d’accéder au type de documentation contenue dans les bases de données de RePEc. Par contre, l’utilisateur ponctuel ne fera sans doute pas l’effort d’apprendre à utiliser RePEc et préférera peut­être effectuer sa recherche via des moteurs de recherche plus généralistes.

Lire le mémoire complet ==> (Réflexions sur quelques nouveaux modèles de communication scientifique)
Diplôme d’études spécialisées (D.E.S.) en sciences et technologies de l’information
Université Libre de Bruxelles – Faculté de Philosophie et Lettres Section Infodoc