Régions françaises de l’activité économique et de l’emploi automobile

By 15 March 2013

1.2. Tour des régions de l’activité économique et de l’emploi automobile

Bien qu’incontournables, l’expansion des marchés, l’internationalisation des stratégies et des activités de production ne sauraient pourtant occulter la contribution de l’automobile à la vitalité et à l’aménagement du territoire français qui peut se résumer en deux chiffres : 8 % des effectifs salariés de l’industrie et 18 % des investisseurs. Dans la plupart des régions françaises, la filière automobile joue un rôle majeur en tant qu’employeur, qu’investisseur et en tant que formateur.

Activité et emplois dans la filière automobile :

Les constructeurs français assurent dans certaines régions une présence parfois historique, rejoints par plusieurs de leurs concurrents étrangers ainsi que par un très ample réseau d’équipementiers de distributeurs et de réparateurs. Chacune de ces entreprises contribue à l’emploi et à la croissance économique, du plus petit sous-traitant jusqu’à la grande unité de production, en passant naturellement par les acteurs de la distribution et des services.

Les 490 000 emplois de la distribution et des services de l’automobile sont pour leurs parts répartis de manière plus homogène. En effet, les réseaux de distribution et les commerces liés à l’automobile (garagistes, réparateurs, carrossiers) ainsi que certains services de proximité (stations services, autos écoles) sont situés tant en zones urbaines que rurales et contribuent de ce fait directement au maillage et à l’aménagement de notre territoire national.

En dépit d’une forte tertiarisation, l’Île-de-France demeure la première région manufacturière, avec des sites se situant principalement dans les Hauts-de-Seine, les Yvelines et à Paris. La région parisienne concentre à elle seule 18 % des effectifs de l’industrie automobile, et le quart des effectifs de la construction de véhicules. Ce dynamisme est lié à des efforts financiers conséquents de la part des entreprises : avec 2 milliards d’euros, la région a concentré 40 % des investissements réalisés par le secteur, devançant très nettement les autres industries. Renault assure la production de Clio et de Twingo à Flins (5 800 emplois) tandis que PSA Peugeot Citroën produit des 206 à Poissy (8 600 emplois), des C2 et des C3 à Aulnay-sous-Bois (5 400 emplois), son centre technique se situant à Vélizy (4 500 emplois). Globalement, les sites franciliens des constructeurs français emploient environ 32 000 personnes en Île-de-France sur les 45 000 du secteur. Les équipementiers étant présents comme R. Bosch à Drancy (1 200 emplois) ou à Rambouillet avec Siemens VDO automotive (900 emplois par exemple. Le secteur de la distribution et des services automobile représente en Île-de-France plus de 13 000 entreprises et 82 000 emplois.

Au cours de ces dernières années, la région Nord-Pas-de-Calais est passée au rang de deuxième région productrice de véhicules. Le secteur automobile y est de loin le premier employeur (28 000 emplois) et le premier investisseur (un quart de l’ensemble de l’industrie). Renault, qui produit des Mégane et des Scénic II à Douai (6 000 emplois) ainsi que des Kangoo à Maubeuge (3 000 emplois), joue à cet égard un rôle majeur. La Française de mécanique, société conjointe entre PSA Peugeot Citroën et Renault, produit quelque 2 millions de moteurs par an destinés à leurs véhicules respectifs. La Sevelnord, formée entre PSA Peugeot Citroën (50 %) et Fiat Auto (50 %), produit quant à elle des monospaces et des utilitaires à Hordain, près de Valenciennes depuis 1994. En outre, l’arrivée récente de Toyota à Onnaing, près de Valenciennes, qui y produit la Yaris depuis 2001 ainsi que des moteurs depuis 2002, a également contribué au dynamisme industriel de la région, avec un site employant quelques 1 500 emplois. Ces implantations constituent une source d’activité importante pour de nombreuses sociétés, que ce soit notamment dans le verre ou la plasturgie. L’équipement automobile pour sa part est fortement implanté en production comme, par exemple, Favi (500 emplois) près d’Abbeville. La branche distribution et services de l’automobile représente 25 573 emplois et 4 466 entreprises dans le Nord-Pas-de-Calais.

De même, la construction automobile constitue l’activité prédominante de l’économie de la Franche-Comté. Elle représente le quart des investissements manufacturiers de la région, qui occupe ainsi la deuxième place dans ce domaine après l’Île-de-France. Les activités sont concentrées dans le nord de la région, non loin de l’Alsace. Les 61 entreprises de la filière automobile dans la région s’en sont d’ailleurs rapprochées pour constituer un pôle automobile

« Alsace-Franche-Comté ». PSA Peugeot Citroën y est historiquement représenté, notamment à Sochaux (19 000 emplois), principal site industriel de la région, tous secteurs confondus, ainsi qu’à Vesoul (3 300 emplois). Dans le seul département du Doubs, la construction et l’équipement automobiles représentent respectivement 28,5 % et 16,5 % des effectifs industriels, soit 45 % pour l’ensemble du secteur. Les équipementiers sont pour leur part entraînés par cette dynamique, notamment Faurecia, lui aussi très présent dans le Doubs avec en tout quatre sites et 4 000 emplois. La distribution et les services automobile représentent plus de 8 000 emplois et près de 1 800 entreprises dans cette région.

Région à forte tradition manufacturière, deuxième région industrielle après l’Île-de-France, la Région Rhône-Alpes est dominée par les secteurs de la métallurgie et de la construction mécanique. Elle a aussi su conforter, au fil des années, son statut de pôle français du poids lourds, grâce pour l’essentiel à Renault trucks, implanté sur trois sites : Vénissieux, Saint-Priest et Bourg-en-Bresse, soit 7 000 emplois au total. Près d’un poids lourds sur deux produits en France sort de l’une de ces usines. On trouve aussi dans la région Irisbus, filiale d’Iveco, principalement sur son site ardéchois d’Annonay (2 200 personnes). De nombreux équipementiers sont présents localement, au premier rang desquels SNR Roulements, filiale de Renault basée à Annecy (2 900 emplois). Au total, 21 000 emplois travaillent pour l’industrie automobile. La distribution et les services automobile représentent en Rhône-Alpes 50 200 emplois et près de 10 000 entreprises.

L’industrie en Haute-Normandie s’appuie largement sur le dynamisme de l’automobile, qui représente 35 % des effectifs et 10 % des investissements. Comparativement aux autres régions françaises, la Haute-Normandie a la particularité de voir ses effectifs industriels se concentrer dans des établissements de grande ampleur. C’est le cas de Renault, premier employeur industriel, qui dispose de deux sites majeurs en Seine Maritime, à proximité du port du Havre : celui de Sandouville (Laguna, Espace, VelSatis : 6 100 emplois) et celui de Cléon (moteurs, boîtes de vitesses; 4 800 emplois). Cette implantation de Renault a entraîné la constitution d’un vaste pôle d’équipementiers animé par Autoliv (1 200 emplois) ou Metzeler (1 000 emplois). Le secteur de la distribution et des services automobile compte près de 13 000 emplois et 2 300 entreprises dans cette région.

L’Alsace est à la fois l’une des trois régions les plus industrialisées de France mais aussi la moins touchée par le chômage (6,6 % fin 2002). L’ampleur croissante du travail transfrontalier n’y est sans doute pas étrangère, mais ces bons résultats sont avant tout à mettre à l’actif d’un tissu industriel dynamique, au sein duquel l’automobile occupe une place de choix : 300 sociétés, 40 000 emplois, 5 milliards d’euros de chiffre d’affaires. À lui seul, le groupe PSA Peugeot Citroën assure près d’un tiers de ces emplois (14 000 emplois, dont 11 750 pour le seul site de Mulhouse) et conforte ainsi sa place de premier employeur de la région. La proximité de la Franche-Comté a en outre permis la constitution d’un véritable pôle automobile transrégional, dont PSA, accompagné par plusieurs équipementiers, est le principal acteur. Parmi ces derniers, citons Johnson Controls (1 500 emplois) et Behr (1 200 emplois).

Le dynamisme de la région a par ailleurs permis l’arrivée de plusieurs groupes automobiles étrangers tel que Daimler-Chrysler qui dispose à Molsheim, non loin de son usine allemande de Wörth, d’un centre d’adaptation de poids lourds (400 emplois).

Mais l’Alsace est aussi la première région en termes d’exportations par habitant (12 646 euros en 2002). L’industrie automobile y contribue de manière significative, en arrivant à la deuxième place après les biens intermédiaires. Par ailleurs, le secteur a investi quelques 250 millions d’euros en Alsace en 2001. La distribution et les services automobile représentent en Alsace, 13 600 emplois et 2 300 entreprises.

L’industrialisation relativement récente et rapide de la Bretagne doit beaucoup au dynamisme de la construction automobile, très présente depuis les années soixante, et qui assure aujourd’hui 17 000 emplois dont plus de la moitié au sein de PSA Peugeot Citroën. Son usine de Chartres de Bretagne, près de Rennes, accélère aujourd’hui son expansion en s’appuyant sur la production de véhicules gamme moyenne supérieure. (Citroën C5 et Peugeot 407). À proximité de PSA, de nombreux équipementiers de premier rang assurent également une présence active. Il s’agit notamment de Faurecia de Plastic Omnium ou encore de Visteon et Sanden, implantés en Ille et Vilaine depuis les années quatre-vingt.

Au final, les effectifs de l’industrie automobile dominent largement l’économie bretonne. Dans cette région, la distribution et les services automobile comptent 21 300 emplois et plus de 4 000 entreprises.

L’automobile en Lorraine, a pris le relais, dès les années quatre-vingt, d’anciens fleurons locaux tels que la sidérurgie ou l’exploitation de minerais. Elle est aujourd’hui le premier investisseur industriel grâce aux constructeurs mais aussi aux équipementiers. Renault est présent en Meurthe et Moselle par l’intermédiaire de sa filiale Sovab qui produit à Batilly les fourgons Master et Mascott avec quelques 2 700 emplois. La Société mécanique automobile de l’Est (S.M.A.E) implantée en Moselle, à quelques kilomètres de l’Allemagne, produit des moteurs et des transmissions et emploie 6 000 personnes. Le groupe Daimler-Chrysler a lui aussi choisi la proche Lorraine pour produire des Smart à Hambach (environ 1 700 emplois). On trouve également dans la région, de nombreux équipementiers qui travaillent en complémentarité avec la SMAE; il s’agit notamment de TRW (freinage) ou encore de Honeywell (compresseurs). Le secteur des pneumatiques est par ailleurs représenté par Kléber (1 200 emplois) et continental (1 100 emplois). La branche distribution et services automobile compte près de 17 000 emplois et 3 200 entreprises en Lorraine.

En Basse-Normandie, l’industrie automobile représente avec 12 000 emplois 11 % des emplois manufacturiers. La principale activité industrielle de la région est celle de Renault trucks qui produit des véhicules et monte des véhicules à Blainville-sur-Orme, près de Caen, grâce au concours de 3 100 emplois; PSA Peugeot Citroën produit pour sa part des liaisons au sol et des transmissions à Cormelles, dans le Calvados (2 800 emplois). Côté équipements automobile ce secteur occupe la deuxième place en termes d’effectifs et d’équipements, grâce notamment à Faurecia qui fabrique des sièges dans l’Orne, employant 1 700 personnes; Bosch, implanté dans le Calvados, y produit des composants de climatisation et des composants électroniques de carrosserie (1 300 emplois). La distribution et les services représentent près de 11 000 emplois et 2 300 entreprises en Basse-Normandie.

Dans la région Pays de la Loire, les activités d’ACI, filiale de Renault spécialisée dans les liaisons au sol et les transmissions, emploient au Mans environ 2 800 personnes. D’autres équipementiers majeurs sont eux aussi présents dans la région, à commencer par Valeo qui produit des systèmes de climatisation dans la Sarthe (1 500 emplois). Michelin emploie 2 300 personnes, réparties entre les sites de Cholet et de La Roche-sur-Yon. On notera enfin que la plasturgie est le deuxième employeur et le troisième investisseur de la région.

Le secteur équipementier est le troisième investisseur de la région Centre qui accueille quelques grands groupes tels que Michelin, qui emploie 3 100 personnes dans la région, Delphi, qui produit des systèmes pour moteurs Diesel à Blois (1 700 emplois) ou Valeo Climatisation à Nogent-le-Rotrou (1 100). Dans cette région, la distribution et les services automobile représentent près de 20 000 emplois et 3 700 entreprises.

Les équipementiers automobiles forment, de loin, le premier investisseur industriel de Poitou-Charentes. Le paysage est composé de nombreuses petites et moyennes entreprises (dont les trois quart emploient moins de cinquante emplois). Ces entreprises exercent en grande partie dans la sous-traitance, notamment automobile.

À Cerizay (Deux-Sèvres), le groupe Heuliez assemble pour de nombreux constructeurs, français et étrangers, des véhicules de niche, des dérivés ou des pièces de carrosserie (Saxo et 106 électriques, toit-coffre de la Peugeot 206 CC par exemple). Ces activités occupent 1 200 emplois. Dans la Vienne, on retrouve Valeo à Châtellerault (900 emplois), Michelin à Poitiers (700), tandis que Delphi produit de son côté des systèmes pour moteurs diesel en Charente-Maritime (700 emplois). Dans cette région, la distribution et les services automobile comptent près de 14 000 emplois et près de 3 000 entreprises.

En Aquitaine, l’équipement automobile constitue le quatrième investisseur (avec 72,5 millions d’euros) et un employeur non négligeable : la société conjointe Gretag Ford, produit plus d’un million de transmissions par an à Blanquefort en Gironde (2 800 emplois). La distribution et les services automobile représentent près de 25 000 emplois et plus de 5 600 entreprises.

En Midi-Pyrénées, où dominent d’autres secteurs de pointe tels que l’aéronautique, l’industrie automobile tire son épingle du jeu. Le textile technique pour l’automobile constitue une activité importante, grâce à Siemens VDO présent sur trois sites et employant au total 2 200 personnes. À Rodez, 2 100 emplois assurent la fabrication d’équipements de moteurs pour Bosch. Le département de l’Aveyron, pourtant à forte tradition agricole, est de ce fait dominé par le secteur de l’équipement automobile, qui devance l’industrie laitière sur le plan de l’équipement. Dans la région Midi-Pyrénées, la distribution et les services automobiles représentent près de 19 500 emplois et près de 5 000 entreprises.

Les équipementiers occupent en Picardie, la troisième position en termes d’emplois et d’investissements. De grands noms du secteur y ont élu domicile, notamment dans l’Oise : c’est le cas de Faurecia qui produit des équipements intérieurs (1 400 emplois), de Valeo qui produit des systèmes de transmission à Amiens (1 000 emplois), ou de Bosch qui produit des systèmes de freinage à Beauvais (800 emplois). Trois manufacturiers de pneumatiques ont eux aussi jeté leur dévolu sur la Picardie : on y retrouve en effet Goodyear (1 600 emplois), Continental (1 100) et Dunlop (800). En Picardie, la distribution et les services automobiles comptent 14 500 emplois et près de 2 400 entreprises.

En Auvergne, la transformation du caoutchouc et le secteur du pneumatique constituent le cœur de l’activité, par ailleurs peu industrialisée mais imprégnée par la présence historique de Michelin (11 établissements, environ 15 000 emplois dans la région dont 14 000 à Clermont-Ferrand). Son concurrent Dunlop emploie pour sa part 940 emplois à Montluçon. La région compte 10 000 emplois et 2 500 entreprises dans le secteur de la distribution et des services de l’automobile.

Tableau 8 : Répartition des effectifs dans la construction automobile

Secteur Tous secteurs
Répartition Territoriale(des effectifs salariés 2001-2003) % Cumul % Cumul
Part des principales régions :
Île-de-France 34,5 % 34,5 % 24,8 % 24,8 %
Nord Pas de Calais 13,2 % 47,7 % 6,2 % 31,0 %
Franche Comte 13,0 % 60,7 % 1,8 % 32,8 %
Alsace 8,1 % 68,8 % 3,3 % 36,1 %
Rhône Alpes 6,1 % 74,8 % 10,7 % 46,8 %
Bretagne 6,0 % 80,8 % 4,4 % 51,2 %

Source : UNEDIC, statistique France métropolitaine au 31 décembre. Emploi au lieu de travail. Exploitation Céreq.
Champ : salariés assujettis au régime des ASSEDIC (sont exclus en particulier les non salariés et les salariés de la fonction publique).

Carte 1 : Carte des régions, effectifs salariés chez les constructeurs 2002-2004
Carte des régions, effectifs salariés chez les constructeurs 2002-2004
Source : UNEDIC, statistique France métropolitaine au 31 décembre. Emploi au lieu de travail. Exploitation Céreq.
Champ : salariés assujettis au régime des ASSEDIC (sont exclus en particulier les non salariés et les salariés de la fonction publique).

Tableau 9 : Répartition des effectifs dans l’industrie équipementière

Secteur Tous secteurs
Répartition Territoriale(des effectifs salariés 2001-2003) % Cumul % Cumul
Part des principales régions :
Lorraine 11,3 % 11,3 % 3,4 % 3,4 %
Rhône Alpes 9,2 % 20,5 % 10,7 % 14,1 %
Centre 8,5 % 29,1 % 3,9 % 18,0 %
Haute Normandie 7,9 % 37,0 % 2,9 % 20,9 %
Pays de Loire 6,9 % 43,9 % 5,7 % 26,6 %
Ile-de-France 6,5 % 50,4 % 24,8 % 51,4 %

Source : UNEDIC, statistique France métropolitaine au 31 décembre. Emploi au lieu de travail. Exploitation Céreq.
Champ : salariés assujettis au régime des ASSEDIC (sont exclus en particulier les non salariés et les salariés de la fonction publique).

Carte 2 : Carte des régions, effectifs salariés chez les équipementiers 2002-2004
Carte des régions, effectifs salariés chez les équipementiers 2002-2004
Source : UNEDIC, statistique France métropolitaine au 31 décembre. Emploi au lieu de travail. Exploitation Céreq.
Champ : salariés assujettis au régime des ASSEDIC (sont exclus en particulier les non salariés et les salariés de la fonction publique).

Carte 3 : Nombre d’entreprises et de salariés dans la distribution et les services automobiles
Nombre d’entreprises et de salariés dans la distribution et les services automobiles
Source : INSEE sirene 2004 et DADS 2002.

L’automobile française : Une filière majeure en mutation
Avis et rapports du conseil économique et social
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