@rchive SIC : Historique, Technique et Fonctions

By 18 March 2013

1.2. @rchive SIC : Archive Ouverte en Sciences de l’Information et de la Communication
http://archivesic.ccsd.cnrs.fr/

Autre dépôt thématique, autre domaine, autre lieu, @rchive SIC propose des articles sur les sciences de l’information et de la communication. Situé en France, la majorité des articles sont en français.

1.2.1. Historique

Le point de départ de la création d’@rchive SIC est une prise de conscience de l’état des revues scientifiques dans ce domaine et de leur faible diffusion envers les chercheurs. En 2000, le Ministère de la Recherche français demandait l’élaboration d’un outil visant à mesurer la production scientifique en sciences humaines et sociales. Pour ce faire, une série d’enquêtes ont été menées, notamment dans le domaine des revues en sciences de l’information et de la communication. Cette enquête montre que sur 263 revues de niveau mondial seules 17 sont connues par 50 % des chercheurs, et, au niveau national, seules 12 sur 40. Et cela ne signifie pas qu’ils les consultent régulièrement [Gallezot 2003a].

Face à ce constat, trois chercheurs (Gabriel Gallezot, Ghislaine Chartron et Jean­Max Noyer) ont proposé la création d’une archive ouverte en SIC [Gallezot 2002]. Celle­ci a été mise à disposition des chercheurs/auteurs en juin 2002. Ses trois objectifs principaux sont d’augmenter la diffusion des articles, de faciliter l’accès au savoir contenu dans ces articles et enfin de lutter contre la “babelisation7” de la discipline tout en conservant une certaine diversité. Plus largement, la création de cette archive ouverte devrait également permettre :

• une plus grande visibilité des articles,
• un accès facilité à des écrits trop dispersés,
• un encouragement à des échanges pluridisciplinaires sur les objets de la recherche,
• une cartographie de la communauté InfoCom,
• le maintient d’une mémoire collective concourant à la structuration de la discipline,
• une réflexion sur les nouvelles fonctionnalités éditoriales liées aux variations des pratiques cognitives en cours [Gallezot 2003b].

7 “Phénomène social de non-communication, conséquent à des tentatives avortées d’échanges de message, à cause de différences dans les langages utilisés” [Office québécois de la langue française, Grand dictionnaire terminologique, http://w3.granddictionnaire.com]

L’@rchive SIC telle qu’elle est disponible actuellement se caractérise par rapport à d’autres projets par son approche spécifiquement francophone (voire française), même si la langue française n’est pas obligatoire pour la publication d’articles.

1.2.2. Technique et fonctions

Fonctionnement général

Les documents publiés au sein d’@archive SIC sont soit des articles publiés ou en cours de publication, soit des working papers. Les auteurs ne doivent pas spécialement appartenir à une institution reconnue. Le dépôt est ouvert à tous mais l’inscription est obligatoire. Ce dernier peut également être soumis par l’institution à laquelle appartient son auteur.

Aucun peer review n’est assuré par @rchive SIC, les articles étant de toute façon déjà acceptés pour publication par d’autres revues ou en passe de l’être. Chaque domaine est chapeauté par un modérateur qui accepte ou refuse la publication d’un article. Un modérateur peut parfois être responsable de plusieurs domaines.

Une fois le texte accepté, il est enregistré dans une ou plusieurs catégories; il y en existe 22 :

• Bibliométrie, scientométrie
• Cinéma, art, esthétique
• Collectivité territoriale
• Communication et information scientifique
• Conflit, stratégie, veille
• Documentation
• Droit de l’information / communication
• Economie, industries culturelles
• Edition électronique
• Education formation
• Espace publique
• Gestion des connaissances
• Géopolitique
• Histoire de l’information / communication
• Hypertexte / hypermédia
• Ingénierie des systèmes d’information
• Muséologie
• Médias de masse
• Organisation et communication
• Sociologie de l’information / communication
• Théorie de l’ information / communication
• Autres

Au niveau technique, l’@rchive SIC utilise le logiciel libre GNU EPrints, spécialement développé comme système d’auto­archivage à l’Université de Southampton. La version utilisée est toujours la première mais quelque peu modifiée. Cela pour :

• simplifier le dépôt d’un texte,
• rendre le multi­dépôt possible. Tout comme arXiv, il est possible de référencer un article dans plusieurs thématique,
• ouvrir le dépôt à des documents aux formats .rtf, .doc, .zip et vérifier les en­têtes de formats,
• générer automatiquement des versions .html et .pdf,
• permettre de partager la modération,
• permettre la recherche full­text,
• offrir une version bilingue,
• offrir des statistiques de dépôt.

Un intérêt particulier du logiciel GNU EPrints est sa compatibilité avec les normes de l’Open Archive Initiative, ce qui rend l’archive interopérable.

L’entièreté de l’archive est hébergée au sein du Centre pour la Communication Scientifique Directe (C.C.S.D.) du Centre National de la Recherche Scientifique (C.N.R.S.) qui gère également d’autres dépôts ouverts (Thèse en Ligne, les archives de l’Institut Jean Nicod, mémSIC : mémoires de 3ème cycle en S.I.C., …) ainsi que le miroir français d’arXiv. Le fait qu’@rchive SIC soit ainsi hébergé, géré techniquement par le C.S.S.D. et lié au C.N.R.S. peut être vu comme une garantie de la pérennité de l’accès aux documents déposés, même s’il n’est pas exclu qu’un jour, le C.C.S.D. cesse ses activités par manque de moyens financiers.

Recherche d’information

Les possiblités de recherche d’articles au sein de l’archive sont variées et spécifiées très clairement dès la page d’accueil. Trois possibilités sont offertes aux visiteurs : parcourir la liste des auteurs ou des domaines, rechercher dans les mots clés ou dans le texte intégral, ou encore accéder à un document dont l’identifiant est connu.

La recherche par mots­clés est simple ou avancée. La recherche simple est limitée aux champs titre/résumé en français/mots­clés en français, titre de la revue ou du colloque qui a accueilli l’article, auteur, domaine d’application. La recherche avancée s’étend aux champs résumé en anglais, mots­clés en anglais; elle permet aussi de spécifier le type (article ou communication) et le statut (working paper, soumis à évaluation, publié ou en cours de publication) du document.

La recherche full text est effectuée grâce à un module extérieur appelé “ht://Dig” qui n’a pas été mis au point par le C.C.S.D. Celui­ci propose un système d’indexation et de recherche complet pour les intranets ou les domaines internet [http://sourceforge.net/projects/htdig; http://www.htdig.org].

Dans un premier lieu, les résultats d’une recherche n’indiquent que le titre de l’article, son auteur, les références complètes de la revue ou du colloque, ainsi que le statut de l’article. L’accès au texte lui­même s’effectue via une page d’information plus complète comprenant les résumés en anglais et en français, les mots­clés attribués et les différents domaines dans lesquels le document est référencé. Les articles sont en général disponibles sous plusieurs types de formats : .rtf, .pdf, .html, éventuellement en .doc.

Il est également possible d’être tenu au courant des nouveaux articles déposés via un système d’abonnement par e­mail. L’utilisateur peut choisir la fréquence à laquelle il veut être alerté de l’arrivée de nouveaux documents (quotidienne, hebdomadaire ou mensuelle) et peut se limiter à certains domaines. L’abonnement aux nouveautés est bien sûr gratuit, il suffit de se créer un compte sur le site, compte qui permet également le dépôt de document.

1.2.3. Situation actuelle

@rchive Sic propose à ses lecteurs une série de statistiques concernant l’évolution de l’archive depuis avril 2002 [http://archivesic.ccsd.cnrs.fr/info/index_fr.html].

La création de comptes est, en moyenne, de 21,26 par mois mais l’écart par rapport à cette moyenne est très varié : on trouve un pic de 85 comptes créés en octobre 2003 et un creux de 3 comptes créés en septembre 2002. L’évolution du nombre d’articles déposés tous les mois suit de près celle de la création de comptes et on retrouve les mêmes pics et creux. En octobre 2003, 77 documents ont été déposés dans l’archive. Ce nombre est du au dépôt des articles du colloque C.I.F.S.I.C. (Conférence Internationale Francophone en Sciences de l’Information et de la Communication) qui a eu lieu à Bucarest du 28 juin au 2 juillet 2003 [mail de Christian Rossi reçu le 21/07/2004].

Au 27 juillet 2004, le nombre total de documents déposés est de 364. Cela peut paraître peu en comparaison avec un dépôt tel qu’arXiv. Cependant, @rchive SIC existe depuis moins longtemps, concerne des domaines plus restreints et un public principalement francophone, moins nombreux que les anglophones.

La plupart des articles (12 %) concerne la sociologie de l’information et de la communication mais ce domaine est suivi de près par l’édition électronique et la théorie de l’information et de la communication (8 % chacun) ainsi que par les domaines concernant la documentation (7 %), les hypertextes et hypermédia (7 % également). Les chercheurs dans ces domaines que l’on retrouve en tête sont les plus susceptibles de s’intéresser à ce qu’est une archive ouverte en elle­même, à son fonctionnement et à sa possible évolution.

@rchive SIC a l’avantage de s’adresser aux professionnels des sciences de l’information et de la communication, au sens large. Ces personnes sont supposées être intéressées par ce genre de projets et sensibilisées à la problématique de la communication scientifique.

Alors que la plupart des projets “open access” sont (exclusivement) anglophones, @rchive SIC est majoritairement francophone mais ne se limite pas au français puisqu’il est possible d’effectuer une recherche sur les mots­clés et résumés en anglais, que certains articles sont écrits en anglais et que l’interface est disponible dans ces deux langues. Néanmoins, il est utile de se poser la question de la place des publications francophones alors que la majorité de la communication scientifique se fait aujourd’hui en anglais. La publication d’articles en français est une force autant qu’une faiblesse. Une force car elle permet la diffusion internationale de textes qui, à cause de leur langue, n’auraient vraissemblablement pas trouvé de place dans des revues internationales en anglais. Une faiblesse car le français reste moins lu et moins connu que l’anglais, et s’adresse donc à un public plus restreint.

@rchive SIC ne s’inscrit pas dans une volonté de “contourner” l’édition scientifique commerciale. Dans cette optique, les articles ou communications ne sont acceptés que s’ils ont déjà été évalués ou sont en passe de l’être (en étant communiqués lors d’un colloque, en étant destinés à une revue ou en étant déjà publiés dans une revue). Ceci permet d’assurer une certaine qualité des textes puisqu’une évaluation a déjà été faite, ou sera faite, en plus du modérateur de domaine propre à @rchive SIC.

Pour terminer, notons que depuis octobre 2003, parrallèlement à @rchive SIC, on trouve le projet mémSIC qui permet le dépôt et la consultation de mémoires, rapports de stage concernant également les sciences de l’information et de la communication. Ces deux dépôts se complètent pour donner un aperçu de ce qui se fait dans le domaine des SIC, principalement en France.

Lire le mémoire complet ==> (Réflexions sur quelques nouveaux modèles de communication scientifique)
Diplôme d’études spécialisées (D.E.S.) en sciences et technologies de l’information
Université Libre de Bruxelles – Faculté de Philosophie et Lettres Section Infodoc