Problématique de la recherche, les étudiants chinois en France

By 2 March 2013

1.3 La problématique et la méthodologie de notre recherche

1.3.1 Du rapport aux études aux modes de vie

Comment limiter le champ d’ « expérience » ? Au début, J’avais pensé à étudier leur expérience dans un sens académique, c’est-à-dire à connaître leurs activités académiques et répondre à la question : comment les étudiants chinois travaillent-ils à l’université, selon quelle logique et quels principes ?

Deux ressources théoriques m’ont orienté dans cette réflexion :

1.3.1.1 La pluralité des temps et la diversité du lieu dans la construction de l’expérience étudiante

C’est le séminaire de M. Sue « sociologie de la formation et de l’association » à Paris

5 qui m’a orienté dans ma réflexion autour de la problématique « la pluralité des temps éducatifs » et « des expériences menées en divers lieux », qui consiste en une caractéristique très forte de notre société de connaissance. « Dans la société du savoir qui est la nôtre, il faut multiplier les occasions, les instruments et les temps d’appropriation des savoirs, à l’école, dans le temps extra- scolaire, dans le temps associatif, de connaissance du monde du travail, dans le temps de loisir organisé, dans le temps personnel, dans les temps intermédiaires dont nous avons souligné l’importance pour la cohérence et la relance des apprentissages ». Cela est d’autant plus vrai pour les étudiants chinois à l’université française. Le campus français

n’est pas comme le campus américain, ni le campus en Chine7, qui est un espace où se déroulent en même temps le travail académique et la vie sociale. Les étudiants en France partagent leur temps entre le travail et la « vie », élargissent leur espace du campus à la ville. Cette spécialité du temps et de l’espace conditionnent et structurent très fortement leur expérience étudiante.

1.3.1.2 Le rôle et le statut des étudiants étrangers : une dualité de statut social (l’étudiant et l’étranger); une vie coupée en deux (la vie universitaire et la vie juvénile)

« Les doubles vies étudiantes » est un terme de François Dubet. Le mode de vie des étudiants apparait comme « coupé » en deux, entre la vie universitaire et la vie juvénile. L’expérience étudiante est d’abord une expérience juvénile « l’étudiant est un jeune qui s’éloigne plus ou moins de sa famille, qui adopte un mode de vie soumis à un ensemble de conditions; le logement, la ville où il étudie, la nature de ses ressources; le type de sociabilités adaptent ses options idéologiques et politiques ». Elle est en même temps une expérience universitaire : « Les étudiants sont des individus engagés dans une activité intellectuelle, comme des membres d’une organisation scolaire, comme des acteurs tenus de donner un sens à leur travail, de construire des projets » (Dubet, 1994)

7 Les campus des universités chinoises sont comme « une ville dans la ville », ils sont des communautés sociale : il y a non seulement les bâtiments administratifs et les bâtiments des salles de cours, la bibliothèque, mais aussi les résidences des étudiants, les cantines, les supermarchés, les épiceries, les restaurants, l’hôpital, la poste et école maternelle et primaire, qui accueillent les enfants du personnel, les jardins et parcs.

Il existe divers associations qui organisent des activités étudiantes : association culturelle (théâtre, cinéma) des associations académiques (Union des étudiants et de chercheurs en littérature, en mathématique…), branche de Croix-rouge, associations politiques, de bénévolat… Ces associations sont sous tutelle de la Ligne de Jeunes Communistes.

Une fois arrivé en France et inscrit à l’Université, le double statut social de l’étudiant, (le fait d’être étudiant et étranger), implique des différences de langue, de mode de vie, de normes et d’organisation pédagogique. Comment réagit l’étudiant étranger devant cette situation d’isolement, quelle est son attitude face à un milieu social qui lui est étranger par la langue, les mœurs, et les pratiques sociales ?

La question des logiques d’action des étudiants étrangers doit être plus complexe. Il existe une confrontation des valeurs et des normes universitaires, des différences du rapport aux études, des rapports sociaux qui sont liés à leur double statut : étudiant et étranger, à leur expériences qui sont caractéristiques par divers lieux, et une pluralité temporelle.

J’ai choisi le thème des modes de vie étudiant, c’est-à-dire que je m’intéresse à la fois à leur vie universitaire et hors universitaire, en d’autres mots : leur vie sociale. Je m’interroge aussi sur leur mode de vie en France, et leur intégration sociale.

1.3.2 La méthodologie

Pour répondre à ces questions, nous utilisons la méthode des entretiens semi- directifs. Une population d’enquête de quinze étudiants sera construite par les filières d’inscription (le droit et science d’économie; les sciences; et les sciences sociales), et par le niveau d’études (de Licence 1 au Master 2). « L’effet d’établissement » n’est pas notre objectif de recherche, nous choisirons essentiellement les étudiants chinois à l’Université Paris 5. Un entretien d’une durée d’environ une heure pour chaque étudiant fut réalisé entre mars et juin 2009.

Les thèmes comme le parcours antérieur en Chine, la motivation et le projet de venir en France, l’apprentissage du français et les trajectoires universitaires (les projets à l’Université, les perceptions de l’organisation des études et les relations interpersonnelles) et les modes de vies sont particulièrement traités (Cf. Guide d’entretien dans l’annexe).

Lire le mémoire complet ==>

(L’expérience des étudiants chinois en France : Entre mobilité et intégration)
Mémoire de Master Recherche : Sociologie de l’éducation et de la formation
Université Paris Descartes – Paris V – Faculté des Sciences Humaines et Sociales – Sorbonne

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