Les symptômes, les troubles et les complications de la ménopause

By 5 March 2013

B. Les troubles et les complications de la ménopause

Ils sont divers et variés, à la fois physiques et psychologiques, intermittents ou permanents, simplement gênants ou invalidants, considérés comme sévères dans 1/3 des cas, modérés dans un second tiers, absents ou insignifiants dans le dernier tiers.

De nombreuses enquêtes destinées à les hiérarchiser ont été effectuées :
• Les bouffées de chaleur sont le principal motif de plainte et de consultation : près de 70% des femmes
• La déprime et la dépression : 40%
• La transpiration excessive : 30%
• Insomnie : 25%
• Atrophie et/ou sécheresse vaginale : 20%
• Fatigue : 18%
• Maux de tête : 10%
• Problèmes de poids : 7 %
• Problèmes de cheveux : 6%
• Altérations de la texture de la peau : 6%
• Problèmes de seins : 5%

Les femmes ménopausées citent encore quelques autres troubles nerveux (irritabilité, crampes, palpitations…), une baisse de la libido, des douleurs articulaires…

La répartition des symptômes dans le temps fait que la plainte des femmes ou leurs problèmes de santé éventuels démarrent dès la péri ménopause, mais peuvent durer plusieurs années : tous ces signes peuvent être classés schématiquement en quatre groupes :
• Les symptômes immédiats spécifiques, plus ou moins visibles et invalidants, parmi lesquels les irrégularités du cycle avant l’arrêt complet des règles, les bouffées de chaleur, les problèmes de seins. Si le troisième symptôme est le plus inquiétant, le second est le plus gênant, le premier survenant chez une femme jusque-là réglée marque véritablement le début de la ménopause.
• Les symptômes différés mais tout de même en rapport avec la chute hormonale, tels les problèmes cutanés (peau, ongles, cheveux…), la baisse de la libido, les problèmes locaux vaginaux et urinaires, les modifications de la voix.
• Les symptômes contemporains de la carence hormonale peu ou non spécifiques, que les femmes ont néanmoins tendance à rapporter à l’arrêt des règles. Nous trouvons ici les troubles de l’humeur (anxiété, difficultés de concentration, déprime ou état dépressif, fatigue, insomnie, irritabilité, trous de mémoire, vertiges…), les problèmes de poids ou de silhouette, les maux de tête et douleurs diverses (arthralgies, dorsalgies, tendinites…), les problèmes veineux.
• Les complications plus lointaines, l’ostéoporose et le risque cardio-vasculaire accru, dus en partie au vieillissement général mais accélérés par la carence hormonale de la ménopause. Ces deux groupes d’affections sont souvent totalement muets, jusqu’à ce qu’une complication les révèle.

Conséquences de la chute des hormones :

De façon très schématique, nous pouvons considérer que : Le déficit en œstrogènes se traduit par :
• Bouffées de chaleur
• Sécheresse vaginale
• Difficultés, voire douleurs lors des rapports
• Diminution de la sensibilité clitoridienne
• Écoulements vaginaux
• Modifications de la peau
• Saignements post-coïtaux
• Troubles du sommeil
• Pertes de mémoire
• Diminution de la capacité de la vessie d’où augmentation de la fréquence des mictions, fuites urinaires à l’effort et lors des activités sexuelles.

Le déficit en progestérone se traduit par très peu de symptômes attribués à la ménopause. Il serait responsable d’une partie des symptômes attribués au syndrome prémenstruel (fréquent en péri ménopause)

• Règles plus abondantes
• Cycles plus courts

Le déficit relatif en testostérone se traduit par une diminution du désir et de la libido, ce qui ne va pas sans poser régulièrement des problèmes personnels et conjugaux.

Les symptômes immédiats de la ménopause

* Les Anomalies du cycle et les troubles des règles

Elles font partie de la période de la péri ménopause et ne s’observent qu’à ce moment-là : la ménopause va bien entendu les supprimer, en arrêtant définitivement les règles.

Les troubles menstruels peuvent apparaître comme :
• Une irrégularité des cycles : alternance de cycles courts et longs.
• Des périodes d’aménorrhée (absence de règles) suivi de la reprise des règles.
• Des règles plus longues et plus abondantes.
• Des règles en général plus douloureuses.
• Un syndrome prémenstruel fréquent et plus douloureux.
* Les Bouffées de chaleur

Elles constituent le symptôme le plus représentatif de la ménopause à tel point qu’elles en sont dans le langage courant quasiment le synonyme. Trois femmes sur quatre les ressentent de façon plus ou moins intense et durable, alors qu’un quart n’en souffrira jamais. Leur fréquence, leur importance, la gêne occasionnée sont très variables, mais elles sont pour la plupart d’entre elles vécues comme un évènement pour le moins désagréable.

les bouffées de chaleur
Quand et comment se manifestent les bouffées de chaleur ?

Elles peuvent survenir durant la péri ménopause mais viennent surtout gâcher les trois premières années de la ménopause. Les bouffées de chaleur consistent en une poussée soudaine et brutale de chaleur brève et intense, accompagnée de rougeurs qui les rendent encore plus détestables, d’une sensation pénible d’humidité du corps. Elles peuvent se traduire par l’impression d’avoir toujours trop chaud ou par une transpiration excessive. Elles partent en général du visage, du cou, du haut du thorax, de la poitrine puis envahissent le corps entier. Elles sont précédées ou accompagnées de picotements ou de fourmillements, de vertiges, de nausées, de palpitations, d’angoisses, de tremblements, d’une pression ou de battements dans la tête, d’une oppression thoracique qui bloque plus ou moins la respiration. Elles sont diurnes ou nocturnes et peuvent générer de l’insomnie avec ses conséquences propres.

Elles sont capricieuses dans leur survenue, leur installation, l’intensité et la fréquence des accès. Elles surviennent sans prévenir, à n’importe quel moment, constituant un véritable handicap social ou professionnel lorsqu’elles se déclenchent au milieu d’une réunion ou d’un entretien, ou d’une importante gêne personnelle lorsqu’elles obligent à changer de tee-shirt ou de pyjama plusieurs fois par jour ou par nuit.

Elles sont aggravées par le moindre événement intercurrent (stress, fatigue, énervement…) Elles disparaissent souvent au bout de cinq à huit ans après l’arrêt des règles, mais certaines femmes peuvent être ennuyées beaucoup plus longtemps, parfois même après soixante-dix ans. Dans d’autres cas, les bouffées peuvent même disparaître pendant de longues périodes, pour réapparaître ensuite de plus belle.

Causes des bouffées de chaleur :

Elles n’ont pas reçu d’explication formelle mais l’hypothèse la plus communément admise retient une perturbation du centre de la thermorégulation : la conséquence principale en est alors une perte de chaleur périphérique injustifiée liée à une activation inappropriée des mécanismes de refroidissement, comme un moteur qui aurait un problème de thermostat. Les bouffées de chaleur sont donc en rapport avec une activité accrue de l’hypothalamus, secondaire à la baisse des hormones féminines dans le sang.

La chute des œstrogènes est probablement le facteur essentiel puisque leur administration ou celle de substances à action oestrogénique (œstrogène-like) les corrige la plupart du temps.

* Les Problèmes de seins

Peu de femmes sont épargnées par ces problèmes car les seins qui contiennent de nombreux récepteurs à œstrogènes, sont tout particulièrement sensibles à leurs variations.

Des seins jusque-là sans histoires commencent à faire mal et deviennent plus gros, des boules et des kystes apparaissent. Ces symptômes sont à l’origine de nombreuses mammographies et échographies, le plus souvent fort heureusement normales.

L’arrêt de la sécrétion des hormones a également des conséquences cutanées au niveau mammaire : atrophie du sein, diminution de la taille des mamelons, dépigmentation et perte de leur pouvoir érectile…

Un autre facteur plus indirect, le poids, intervient aussi fréquemment pour modifier l’aspect des seins, puisque ceux-ci sont constitués de glandes et de graisses : une prise de poids les hypertrophie et favorise les vergetures, un amaigrissement important réduit leur volume et donne un aspect flasque. L’aspect des seins dépend donc à la fois de l’imprégnation hormonale et des variations pondérales qu’il convient d’éviter.

Les seins « vivants », douloureux, tendus, expriment la sécrétion oestrogénique. Les seins « endormis ou calmes » sont la conséquence de l’arrêt de la sécrétion ovarienne, ce qui revient à dire qu’il n’y a pas de problèmes spontanés de seins à la ménopause. Le traitement des douleurs et kystes dans les seins consiste à réduire l’apport en œstrogènes.

Lire le mémoire complet ==> (Bien Vivre sa Ménopause et Prévenir l’Ostéoporose)
Mémoire de fin d’études Formation de Praticien en Santé Bien-Être