Les métiers liés à la réparation automobile en France

By 15 March 2013

2. La réparation automobile

Chaque année, on dénombre 55 millions d’entrées dans les ateliers de professionnels de l’automobile en France pour entretenir et réparer les véhicules automobiles. Le chiffre d’affaires de l’après-vente en France (hors réparations/collisions réglées par les assureurs) est supérieur à 21 milliards d’euros. L’ensemble de ces interventions s’effectue principalement par les concessionnaires, les Mécaniciens réparateurs d’automobiles (MRA) et agents, les spécialistes, les centres autos. Ces derniers interviennent sur un parc de 35 millions de voitures particulières dont l’âge moyen est d’environ 8 ans.

2.1. Les métiers liés à la réparation

a) L’entretien et la réparation mécanique

Une distinction doit être opérée entre les activités liées à l’entretien et à la réparation mécanique des véhicules. En effet, l’entretien consiste en un contrôle régulier de l’état du véhicule tandis que la réparation mécanique concerne davantage les pannes ponctuelles que peuvent rencontrer les utilisateurs. Par ailleurs, on observe que l’entretien s’effectue majoritairement chez les concessionnaires pour des véhicules encore sous garantie, alors que la réparation mécanique s’effectue pour sa part davantage dans le réseau secondaire et dans les chaînes de réparation indépendante. Aujourd’hui un véhicule dont la durée de vie est de 16 ans est généralement, entretenu dans le réseau d’un concessionnaire ou d’un agent au cours de ses cinq premières années de mise en circulation, et notamment durant la période de garantie de 2 ou 3 ans qui est généralement attachée aux véhicules neufs. Lorsque le propriétaire revend ce véhicule, celui qui l’achète n’a plus de lien commercial avec le concessionnaire et privilégie le secteur de la réparation automobile.

Concrètement, les principales activités liées à la maintenance automobile concernent les contrôles anti-pollution, les vidanges du moteur, les remplacements du liquide de frein, les opérations relatives aux suspensions et climatisations. En résumé, ces interventions concernent surtout la vérification, la mesure et le réglage des ensembles mécaniques ou électriques et électroniques. Plus de 50 % des entrées dans les ateliers concernent l’entretien préventif : vidange, révision, check-up. Afin d’intervenir sur les véhicules, les réparateurs ont recours à une documentation technique et à des appareils de mesure de plus en plus perfectionnés. Cette technicité, nécessaire à l’élaboration de diagnostics et à la réparation de systèmes mécaniques et électroniques, implique des compétences et des qualifications de plus en plus élevées.

Le marché de l’entretien et de la réparation est aujourd’hui relativement stable : en effet les interventions sont aujourd’hui plus coûteuses mais moins fréquentes. Ainsi, l’augmentation des tarifs pratiqués a été en partie compensée par la diminution du nombre des interventions. En effet, les tarifs augmentent du fait de la haute technicité des interventions, mais les interventions sont moins fréquentes grâce à la fiabilité accrue des véhicules. La qualité des voitures conduit donc globalement à une baisse des réparations même si cette tendance est à relativiser du fait de l’augmentation du nombre de nouvelles fonctions dans les voitures. Il est par exemple nécessaire d’entretenir une climatisation tous les ans ce qui n’était pas le cas il y a dix ans, où les voitures étaient peu équipées dans ce domaine. De la même manière, les ABS qui équipent aujourd’hui la majorité des véhicules doivent être régulièrement entretenus.

b) La réparation collision

Les voitures accidentées constituent la matière première des carrossiers réparateurs. Leur rôle consiste à remettre en état les carrosseries endommagées. Pour ce faire, ils débranchent les systèmes électroniques, démontent les pièces abîmées et rétablissent leur forme initiale. Lorsque les éléments sont irrécupérables, ils les remplacent par des éléments neufs. Ils procèdent également à la mise en conformité du châssis grâce aux systèmes de mesure.

Outre des compétences en carrosserie telles que le démontage, le « débosselage » ou la fabrication de pièces, les carrossiers réparateurs doivent aussi avoir aujourd’hui des connaissances en peinture, en électricité et en électronique.

L’activité de réparation collision est structurée de façon complexe. Elle peut être exercée soit au sein des réseaux constructeurs, soit par des indépendants. La notion d’indépendants regroupe cependant différents profils professionnels (affiliés ou non à un réseau d’équipementiers ou de fournisseurs de peinture, ou encore à une chaîne de spécialistes) qu’il apparaît difficile d’évaluer.

Le secteur de la réparation collision est constitué de plus de 4 000 entreprises dont la plupart travaillent sous les enseignes AD, Axial… 75 % du chiffre d’affaire global de la réparation collision est réalisé par les entreprises de moins de 10 salariés.

Si le marché de la réparation collision augmente en termes de masse financière globale, on assiste cependant à une baisse de la sinistralité et notamment des gros chocs relativement à la diffusion des équipements de sécurité dans les véhicules, mais aussi grâce à une politique des pouvoirs publics en matière de prévention des accidents et d’amélioration des infrastructures routières. Ainsi, la baisse de la sinistralité est évaluée à environ 8 % en 2003 et 4 % en 2004. De plus, l’emploi de nouveaux matériaux dans la conception des carrosseries, en particulier des tôles élastiques et des plastiques à mémoire, devrait contribuer à réduire les « petits chocs ». Face à cette réduction du marché, la carrosserie rapide prend de plus en plus d’importance face à la carrosserie lourde.

Aujourd’hui, selon l’étude Global Insight réalisée en 2005, 150 sociétés et mutuelles d’assurance opèrent sur le secteur automobile, mais en réalité, 60 % du volume d’activité est réalisé par cinq grandes compagnies. Les principaux groupes à savoir la Macif, Axa, Groupama-Gan, Maaf-MMA concentrent plus de 40 % du marché en valeur et près de 60 % des volumes (nombre de véhicules assurés). Les sociétés d’assurance, c’est-à-dire les réseaux traditionnels, perdent progressivement des parts de marché en assurance automobile pour atteindre 35 % au profit des Mutuelles sans intermédiaires (MSI) qui représentent plus du tiers du marché, suivi des bancassureurs qui progressent rapidement (6 % du chiffre d’affaires de l’assurance automobile). Le recours aux fusions et acquisitions comme ce fut notamment le cas lors du rapprochement entre MMA-Maaf et Azur-GMF (en association aussi avec Generali) permettent à ces sociétés d’acquérir une taille critique afin de gagner des parts de marché et ainsi de faire face à la montée des bancassureurs et de nouveaux entrants, tels que la grande distribution et les constructeurs automobiles.

Tableau 13 : Chiffres d’affaires des assureurs automobiles en 2003

Nombre de contrats automobiles Chiffres d’affaires automobile
Nombre de

véhicules

(milliers)

% 03/02 CA (milliers) % 03/02 Part dans

CA global

Macif 4 670 1,2 1670 2,69 74
Axa 4 000 2,5 1820 3,3 34*
Groupama-Gan 3 800 1,5 1780 4 17
Maaf 2 800 2,5 1070 3 52
AGF 2 050 -3 921 5,1 29
Maif 2 007 1,8 646 4,67 68
MMA 1 269 1,6 458 4,8 11,6
Avive 502 stable 220 4 33
Direct Assurance 369 8,85 163 10,8 95
Eurofil 150 stable 61 4 86

Source Argus de l’automobile 2004, *part du chiffre d’affaires IARD

Graphique 3 : Répartition des cotisations automobiles en 2002
Répartition des cotisations automobiles en 2002
Source : FFSA Gema

L’automobile française : Une filière majeure en mutation
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