Les étudiants étrangers : Un séjour en France satisfaisant

By 3 March 2013

Le bilan de séjour et le projet d’avenir – Chapitre 5 :

5.1 Un séjour satisfaisant

Les étudiants qui sont en France depuis trois ans sont interrogés sur le bilan de leur séjour. La question suivante leur a été également posée « Encourageras-tu d’autres étudiants à venir en France ? Pourquoi ? Que leur dirais-tu ? » .

Le séjour à l’étranger est un processus de seconde socialisation. Ils sont majoritairement d’avis que les études à l’étranger les ont fait évoluer positivement. Ce séjour en France leur a apporté beaucoup. Chacun peut faire une liste des acquis : dans l’acquisition des savoirs et de compétences académiques, dans la formation de leur personnalité (gagner de l’autonomie et/ou de l’indépendance), dans la vision du monde, dans la connaissance de la culture occidental et leur compétence de communication avec des Occidentaux, etc. On souligne ici les deux thèmes les plus évoqués : avoir reçu une formation de qualité et avoir forgé son autonomie.

5.1.1 Une formation de qualité : l’acquisition de savoirs et des compétences scolaire

-La réussite à l’université française exige des efforts

Les étudiants estiment qu’ils se forgent une connaissance spécialisée plus solide et plus avancée que les étudiants en Chine. Parce qu’ils doivent passer toutes ses épreuves très sévères pour obtenir un diplôme. « Les étudiants en Chine n’apprennent pas autant car il n’y pas de sélections au cours de leurs études, de plus les manuels ne sont pas renouvelés depuis une décennie dans beaucoup d’universités chinoises. » (Tang, 25 ans, en Licence 2

Biomédicale, en France depuis 4 ans). Qian souligne la qualité de la formation en France.

« S’ils sont clairs dans leurs projets, je les encourage à venir étudier en France. C’est plus ouvert qu’en Chine, les ressources d’études sont beaucoup plus riches; l’équipement en laboratoire de sciences du vivant est super. La France est un laboratoire vivant pour les études en architecture, en art, ce qui est impossible à voir en Chine ».

-On ne peut pas « se faire dorer » par l’université française

Les étudiants ont souligné également la différence entre les études en France et celles en Angleterre ou en Australie. Cette dernière propose des formations au niveau master en un an mais fait payer au prix fort les étudiants étrangers.

« Pour les études… ne viens pas en France, si tu veux seulement un diplôme avec peu d’effort, d’autrement dit « se faire dorer », vas plutôt en Angleterre ou en Australie. On ne peut pas avoir un diplôme aussi facilement en venant en France. » (Song, garçon en Licence 1 biomédicale).

« Si tes conditions économiques familiales sont limitées, mais que tu veut vraiment étudier et apprendre, la France est aussi un bon choix. De plus il faut que tu apprennes le français. Dans ce cas là, tes études devraient durer plus longtemps que ceux qui sont dans des pays anglophones » (Tang)

5.1.2 Une école de vie : forger son autonomie et gagner l’indépendance

Etudier à l’étranger n’est pas seulement un acte éducatif, c’est de surcroît une école de vie. « Le problème des étudiants chinois c’est qu’ils sont dépourvus d’indépendance et d’autonomie. Le plus important ce n’est pas d’étudier à l’étranger, mais aussi d’apprendre à y vivre. S’ils veulent juste briller devant les autres, et chercher directement un diplôme dans une université de bonne réputation et une spécialité dans la suivante, je ne leur conseille pas de venir en France, ca ne correspond pas aux enjeux des études à l’étranger. » (Qian)

Les étudiants chinois pensent majoritairement que l’expérience de la vie à l’étranger est plus importante que les études à proprement parler. Ce séjour en France est la meilleure des occasions pour forger leur autonomie, car ils affrontent des difficultés de tout ordre : linguistique, culturel, économique, affectif. Il y a toute sorte de péripéties de l’existence : la recherche des moyens de subsistance, le savoir-vivre avec des gens de cultures différentes et le fait de savoir surmonter des crises sentimentales.

Cela leur laisse parfois une sensation d’amertume dont ils se plaignent par fois. Une fois surmonté ces difficultés, ils sont plus surs d’eux-mêmes. « Cette expérience renforce notre autonomie. C’est un atout par rapport aux étudiants en Chine. » (Ka, garçon, en Master 2 en Sciences économiques). Cette logique s’explique par le culte des Chinois pour la réussite dans des conditions difficiles qui trouve son origine dans la pensée chinoise.

Certains ont pu gagner l’indépendance financière vis-à-vis de leurs parents. Ils ont un sentiment de réussite et de fierté. « Ma plus grande récolte est d’avoir gagné mon indépendance, je ne désigne pas par là d’avoir appris à se débrouiller tout seul dans des affaires domestiques. Je veux dire l’indépendance financière. Les enfants chinois ont grandi sous la protection des parents. Tendre la main est suffisant pour avoir de l’argent. Bien sure, ce sont leurs parents qui leurs donnent de l’argents sans limites. Pour nous les Chinois, le plus important est de gagner notre indépendance économique. J’achète ce que j’aime, sans besoin de demander de l’argent à mes parents. C’est ma grande réussite, être indépendant économiquement, j’ai acquis un sentiment de fierté en» (Qian, garçon 24 ans en Master 1 en MIAGE).

Lire le mémoire complet ==>

(L’expérience des étudiants chinois en France : Entre mobilité et intégration)
Mémoire de Master Recherche : Sociologie de l’éducation et de la formation
Université Paris Descartes – Paris V – Faculté des Sciences Humaines et Sociales – Sorbonne

Sommaire :