Les différentes catégories d’habitat et la consommation d’énergie

By 29 March 2013

Normes et législation – Chapitre 4 :

1. Introduction

Avant de se demander jusqu’à quel point il faut pousser les performances énergétiques d’un bâtiment (limite supérieure), il serait bon de se renseigner sur les exigences légales en la matière (limite inférieure). Dans un premier temps, nous allons décrire plus clairement ce que recouvrent des termes tels que « maison passive » ou «maison zéro émission » car ils seront utilisés dans la règlementation que nous analyserons ultérieurement. Du point de vue de la législation environnementale, c’est l’Europe qui donne chez nous le tempo et qui décide de directives qui sont ensuite transposées dans les Etats Membres. Nous suivrons donc cet ordre dans notre étude des textes de loi en vigueur.

2. Les différentes catégories d’habitat

2.1. Généralités

Les performances énergétiques liées à un bâtiment permettent de les qualifier de différentes manières : maison basse énergie, très basse énergie, maison passive… Ces distinctions sont liées à des consommations énergétiques faibles mais pas aux moyens de les atteindre. Il n’y a pas d’obligation d’utiliser des techniques particulières (ex : triple vitrage, épaisseur minimale de la couche d’isolation dans les murs, etc.) Mais il est évident qu’il est difficile d’atteindre cet objectif dans un habitat mal conçu ou ne faisant pas appel à un minimum de solutions techniques performantes, que ce soit au niveau de l’isolation ou, le cas échéant, des appareils consommateurs d’énergie.

Cette terminologie est en général utilisée pour désigner un bâtiment dont les performances énergétiques sont supérieures à celles d’une nouvelle construction ou à celles des exigences légales, et qui aura dès lors une consommation énergétique faible comparée aux bâtiments standards.

Ce concept peut évoluer dans le temps, dès lors que les règlementations deviennent plus strictes ou que les performances énergétiques des nouvelles constructions tendent à s’améliorer. Par ailleurs, un bâtiment « basse énergie » dans un pays pourrait bien être considéré comme un bâtiment peu efficace dans un autre. Ce n’est pas uniquement dû à des niveaux d’exigences plus ou moins élevés mais se justifie en partie par le fait qu’une même maison située dans un pays chaud entraînera des consommations énergétiques de nature et de niveau différent que si elle était exposée à un climat plus froid.

Plus on veut obtenir un bâtiment énergétiquement performant, plus il faudra mettre en œuvre des techniques d’isolation et de ventilation efficaces. Souvent en rénovation, la prise en compte des contraintes techniques, du bâti existant, et de la préservation du cachet original du bâtiment limite le niveau de performance que l’on peut atteindre. Des contraintes financières plafonnant l’investissement initial peuvent également avoir le même impact.

2.2. Maison basse énergie 54

En Belgique, seules les conditions relatives aux primes octroyées pour des bâtiments basse énergie définissent le concept. A Bruxelles par exemple, l’habitation basse énergie répond à un standard correspondant à une consommation pour le chauffage inférieure à 60 kWh/m².an.

2.3. Maison très basse énergie 55

Toujours sur base des primes existantes, ce terme désigne les habitations conçues de manière à occasionner une consommation de chauffage inférieure à 30 kWh/m².an.

2.4. Le standard maison passive 56

En Belgique, les critères pour obtenir le certificat “bâtiment passif” d’un logement (maison unifamiliale ou appartement) sont les suivants:

1. Besoin d’énergie pour le chauffage
Le besoin d’énergie pour le chauffage doit être inférieur ou égal à 15kWh/m².an. Le calcul du besoin en énergie pour le chauffage doit être réalisé avec le programme spécifique (PHPP 2007) et doit suivre les recommandations du vadémécum en vigueur au moment de la demande de permis d’urbanisme du bâtiment ou plus récent.

2. Etanchéité à l’air
Le taux de renouvellement d’air mesuré à une différence de 50 Pa doit être inférieur ou égal à 0,6 h-1 selon la norme NBN EN 13829. Cette valeur doit être mesurée avec un blower door test. L’étanchéité à l’air d’une maison est un facteur primordial car les principales déperditions de chaleur domestique sont dues aux infiltrations d’air extérieur par les lézardes et les fentes qui se situent principalement au niveau des fenêtres et de la toiture. Le corolaire de cette étanchéité est la nécessite de mettre en place une ventilation suffisante pour préserver une qualité correcte de l’air.

3. Surchauffe
Le pourcentage de surchauffe dans le bâtiment (plus de 25°C) doit être inférieur ou égal à 5%. Ceci permet de garder un habitat confortable, sans utilisation de système de conditionnement d’air grand consommateur d’énergie.

En plus de ces 3 critères, il existe également des recommandations, non obligatoires donc, mais presque incontournables pour atteindre l’objectif de la maison passive :
1. Isolation optimale afin de limiter les pertes de chaleur
L’épaisseur d’isolant varie en général de 25 à 35 cm pour les murs, 20 cm pour les sols et 40 à 45 pour les toitures. Les châssis ne doivent pas comporter de ponts thermiques et sont en général pourvus de triple vitrage
2. Optimiser les gains de chaleur en utilisant l’énergie passive

L’énergie solaire absorbée par les vitres exposées aux sud (vitrage spécial à valeur G élevée supérieure à 50%) sera restituée à l’habitation. Des protections (pare-soleil) seront prévues pour éviter tout risque de surchauffe en été.de l’énergie est également apportée par les habitants et leurs activités consommatrices d’énergie (éclairage, cuisine, repassage, …)

54http://www.bruxellesenvironnement.be/uploadedFiles/Contenu_du_site/Particuliers/01_Gestes/09_Mes_primes/Primes_Energie_2010/FR_PREB10b.pdf?langtype=2060
55 (ibid.)
56 http://www.maisonpassive.be

Lire le mémoire complet ==> (Les économies d’énergie dans le secteur des logements sociaux)
Mémoire de Fin d’Etudes en vue de l’obtention du grade académique de Master en Sciences et Gestion de l’Environnement
Université Libre de Bruxelles – Institut de Gestion de L’environnement et Aménagement du Territoire