Le poids économique de l’industrie équipementière française

By 15 March 2013

3. Chiffres clés de l’industrie équipementière française et de ses sous- traitants
3.1. Le poids économique de l’industrie équipementière française

a) Les équipementiers

Parmi les équipementiers, on distingue plusieurs niveaux d’entreprises :

• Les équipementiers de « rang 1 » constituent des partenaires privilégiés pour les constructeurs automobiles. En effet, leur activité est exclusivement consacrée à la fabrication d’équipements destinés aux véhicules. Ils jouent un rôle essentiel au sein de la filière économique française. Ils occupent aujourd’hui le quatrième rang mondial et le deuxième rang européen.

L’industrie française de l’équipement automobile est constituée par 300 entreprises qui génèrent chaque année un chiffre d’affaires de 28,8 milliards d’euros.

Elle est entraînée par le dynamisme des deux constructeurs nationaux PSA et Renault. En cinq ans, la production industrielle des équipementiers a augmenté d’environ 10 %.

• Les équipementiers de « rang 2 » regroupent des entreprises de taille et de positionnement très variés, à savoir des équipementiers, des fournisseurs de sous ensembles, des sous traitants de spécialité et de capacité dans des secteurs d’activité aux dynamiques variées. À l’exception de l’électronique peu dépendante jusqu’à présent du secteur automobile, la grande majorité du secteur de la sous-traitance ont pour premier client l’automobile.

L’industrie équipementière fournit deux grands marchés : la première monte et la rechange.

Le marché de première monte est cyclique, et dépend de la croissance du marché de l’automobile. Les premiers clients sont les constructeurs. Cette activité de la première monte domine à 85 % le marché grâce à la logique industrielle des constructeurs, qui consiste à externaliser certaines activités intégrées mais également à augmenter les équipements de série et les options d’origine proposées sur les véhicules. Les ventes de première monte ont atteint 20,8 milliards d’euros en 2004.

A contrario, le marché de la rechange, stabilisé à 15 %, s’adresse aux réseaux de distribution automobile. Malgré l’augmentation du nombre de véhicules en circulation, la croissance de ce marché est freinée par l’allongement de durée de vie et la fiabilité des équipements montés sur les nouveaux véhicules. Les ventes aux clients de la rechange progressent néanmoins et représentent un montant total de 3,7 milliards d’euros pour 2004.

b) Les différents fournisseurs de l’automobile

La construction automobile entraîne le secteur des équipementiers et des autres fournisseurs dont l’activité n’est pas forcément exclusivement consacrée à l’automobile comme c’est le cas pour les équipementiers de rang 1, tels que la plasturgie, le caoutchouc industriel, la fonderie, les services industriels des métaux.

La plasturgie automobile compte 220 entreprises et travaillent sur des applications qui se sont substituées à d’autres matériaux dans la carrosserie et l’habitacle, afin d’alléger les véhicules pour réduire les rejets de polluants. Désormais, les plastiques à haute performance, par leur tenue en température et leur adaptation aux formes complexes dans un espace limité, investissent l’environnement moteur. De plus, des développements s’opèrent également dans de nouveau secteur tel que les liaisons au sol. Dans les programmes de recherche l’accent est mis par les plasturgistes sur la sécurité et l’absorption des chocs.

L’automobile est le premier client du caoutchouc industriel avec près de 50 % des débouchés en volume et en valeur. Un véhicule de moyenne gamme est constitué avec 1 300 pièces en caoutchouc pour un poids total de 35 kg, équivalent à celui des pneumatiques. Parmi les producteurs de grands groupes industriels développent des produits spécifiques comme les anti-vibratoires qui les positionnent sur le module très concurrentiel des liaisons au sol.

Les services du travail des métaux (traitement thermique et revêtement, décolletage, mécanique industrielle, forgeage, estampage, matriçage, découpage et emboutissage, métallurgie des poudres) sont très atomisés et les PME sont très largement majoritaires (seules 24 entreprises sur 2 200 emploient plus de 500 personnes). Ces entreprises travaillent à plus de 80 % en sous-traitance ce qui les a conduits à adopter une double mutation dans la dernière décennie du XXè siècle : d’une part, une politique d’alliance avec des entreprises de métier équivalent pour répondre aux exigences de taille critique, d’autre part, la recherche d’acteurs exerçant des métiers complémentaires pour pouvoir fournir des sous ensembles ou une palette de services plus importante. Les implantations des chefs de file dans les PECO, les tensions sur les prix des matières premières sont autant de contraintes nouvelles que ces professions doivent affronter.

En 2004, le chiffre d’affaires cumulé des fournisseurs de l’automobile a atteint 50,6 milliards d’euros. Ces derniers réalisent aujourd’hui en moyenne 75 % du prix de revient de fabrication d’une automobile, le reste correspondant aux opérations d’assemblage. 70 à 80 % du coût global de la fabrication d’un véhicule est assuré par les prestations des fournisseurs externes.

Schéma 2 : Organigramme de la filière
Organigramme de la filière
Source : SESSI

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