Le poids de l’industrie automobile dans l’économie française

By 15 March 2013

B – Le paysage automobile français
1. Le poids économique et social du secteur dans l’économie française

1.1. Le poids économique

Les principaux indicateurs de l’économie : production industrielle, valeur ajoutée, investissement, balance du commerce extérieur soulignent la place prépondérante de la filière automobile dans l’appareil productif français.

a) Production et valeur ajoutée

Production

En 2004, la production de l’industrie automobile représentait près de 11 % de la production industrielle française. Cette part de la production automobile s’est stabilisée depuis plusieurs années.

La production de la branche industrie automobile (92 milliards d’euros) est à elle seule supérieure à la production agricole française (78,6 milliards d’euros).

La production de la branche commerce et réparation automobile a pour sa part connu une croissance d’environ 10 milliards d’euros en seulement 7 ans pour représenter aujourd’hui près de 13,5 % du commerce français.

Tableau 2 : Production par branche à prix courants en milliards d’euros

1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004
Industrie 686,6 716,4 744,4 820,1 841,4 824,5 811,6 840,6
Industrie automobile 60,2 69,6 79,0 85,8 91,2 93,6 89,1 92,0
Part de l’Industrieautomobile dans l’industrie française en (%) 8,76 9,71 10,61 10,46 10,83 11,35 10,97 10,94
Commerce 213,3 224,3 233,3 249,6 268,6 277,1 290,6 296,5
Commerce et réparationautomobile 29,5 31,5 33,5 34,9 36,2 37,5 38,9 40,0
Part du commerce et de laréparation automobile dans le commerce français en (%) 13,83 14,04 14,35 13,98 13,47 13,53 13,38 13,49

Source : INSEE – Comptes de la nation (mise à jour 1er juin 2006).

Valeur ajoutée

En ce qui concerne la valeur ajoutée dégagée par l’industrie automobile, du poids lourd et du « deux roues », elle s’élève à 17,4 milliards d’euros en 2004 et représente plus de 7 % de la valeur ajoutée dégagée par les industries manufacturières (ensemble des industries, à l’exception des industries agro-alimentaires et du secteur de l’énergie).

Le commerce et la réparation automobile représentent, pour leur part 15,2% de la valeur ajoutée de l’ensemble du commerce français en 2004.

Tableau 3 : Valeur ajoutée par branche en milliards d’euros

1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004
Industrie 209,0 218,4 219,5 229,0 230,8 230,5 228,5 233,2
Industrie automobile 12,6 14,5 15,4 16,0 15,6 17,0 16,2 17,4
Part de la valeur ajoutée del’industrie automobile dans l’industrie française (en %) 6,02 6,63 7,01 6,98 6,75 7,37 7,08 7,46
Commerce 120,6 126,8 129,2 135,7 146,3 150,2 158,1 159,8
Commerce et réparationautomobile 19,5 20,1 20,8 21,6 22,3 23,1 23,4 24,3
Part de la valeur ajoutée ducommerce et de la réparation automobile

dans le commerce français

(en %)

16,16 15,85 16,09 15,9 15,24 15,3 14,8 15,2

Source : INSEE – comptes de la Nation (mise à jour 1er juin 2006).

Concernant la branche distribution et services, il est important de noter que la nomenclature proposée de l’INSEE intitulée « commerce et réparation » ne tient pas compte des nombreux services de l’automobile (formation de conducteurs, loueurs, distribution de carburants, contrôle technique) dont la production et la valeur ajouté ont été en constante augmentation ces dernières années. En témoignent leurs chiffres d’affaires en 2004 : 1,1 milliard d’euros pour la formation des conducteurs et 1,8 milliard d’euros pour les loueurs de véhicules courte durée.

b) Impact sur les autres secteurs de l’économie française

La production automobile possède un impact significatif sur l’activité de nombreux autres secteurs économiques français. Les achats s’effectuent traditionnellement en direction de secteurs industriels : la métallurgie est ainsi restée le premier fournisseur (16 % des achats totaux). À titre d’illustration, il est remarquable qu’un tiers du chiffre d’affaires d’Arcelor soit réalisé chaque année grâce à la branche automobile.

Mais la production automobile irrigue également d’autres secteurs d’activité tels que la construction, le transport, la chimie, le textile… Au total, les achats totaux réalisés aux autres branches sont passés de 39 à 81 milliards d’euros de 1990 à 2004.

Ces achats s’orientent aujourd’hui de plus en plus vers le secteur des services. Les achats au secteur tertiaire ont en effet représenté en 2003 plus de 15 % des achats totaux de l’industrie automobile et ont notamment concerné le conseil et l’assistance, la recherche et le développement ainsi que les services opérationnels. Au total, l’ensemble des achats a quintuplé depuis 1980.

c) La contribution de la filière automobile au commerce extérieur

Importations et exportations

Dans un contexte de dégradation de la balance commerciale française liée entre autres, au renchérissement de l’énergie et à l’appréciation de l’euro, l’industrie automobile dégage un solde positif de 12,2 milliards d’euros. Le solde de la branche automobile industrielle précède celui des biens d’équipement (7,3 milliards d’euros) caractérisé notamment par l’aéronautique civil (Airbus) et celui du secteur agroalimentaire (6,5 milliards d’euros).

Tableau 4 : Balance commerciale de la France par groupe de produits

milliards d’eurosCAF-FAB
2001 2002 2003 2004
Automobile
Solde 11,2 11,1 11,5 12,7
Biens d’équipement
Solde 8,7 10,9 38,2 7,3
Industries agricoles et alimentaires
Solde 6,3 6,9 6,8 6,5
Agriculture, sylviculture, pêche
Solde 1,2 1,8 1,8 1,7
Biens intermédiaires
Solde -4,1 -2,3 -3,1 -5,8
Biens de consommation
Solde -6,0 -5,9 -6,4 -7,7
Énergie
Solde -21,8 -20,6 -22,0 -27,9
Total
Solde (FAB-CAF) -4,4 1,8 -3,0 -13,8
Solde (FAB-FAB) 2,4 8,4 3,4 -6,6

Source : INSEE, comptes nationaux base 2000
FAB : franco à bord; valeur transactionnelle de la marchandise y compris les coûts du transport et de l’assurance jusqu’à la frontière du pays exportateur.
CAF : coût, assurance, fret; valeur transactionnelle de la marchandise majorée des coûts du transport et de l’assurance jusqu’à la frontière du pays importateur.

Depuis 1997, la part de l’automobile dans l’ensemble des exportations de biens a progressé significativement et s’est élevé à près de 16 % en 2004. Quant aux importations, elles ont représenté 11,6 % contre 9 % en 1997, année de crise sur le marché français des véhicules neufs.

Tableau 5 : Le commerce extérieur automobile en 2004

En milliards d’eurosExportations

(FAB)

2003

2004

Variation

2004/2003 en

%

Importations

(CAF)

2003

2004

Variation

2004/2003 en

%

Soldes

2003

2004

Taux de couverture (2)

2003

2004

Voitures neuves25,7

27,4

6,7

18,2

19,8

9,2

7,5

7,6

142

138

Véhicules utilitaires légers neufs2,2

2,8

29,5

2,4

2,7

10,8

-0,2

0,2

91

107

Véhicules industriels neufs2,2

2,8

25,3

2,6

3,1

18,2

-0,4

-0,3

85

90

Pièces et moteurs (1)17,1

19,4

13,1

13,1

15

15

4

4,3

131

129

Branche automobile industrielle47,3

52,4

10,9

36,3

40,6

12

11

11,8

130

129

Véhicules d’occasion1,4

1,6

10,9

0,6

0,6

6

0,8

0,9

233

244

Branche automobile48,7

54

10,9

36,9

41,3

11,9

11,8

12,7

132

131

Ensemble des biens323,2

342,7

6

326,2

356,5

9,3

-3,1

-13,8

99

96

Part de l’automobile15,10%

15,80%

11,30%

11,60%

(1) au sens de la nomenclature de l’INSEE

Entre 2003 et 2004, les exportations et les importations de produits de l’industrie automobile de la France ont plus progressé que celles des autres branches de biens : respectivement +11 % et +12 %.

Répartition mondiale des échanges

Entre 2000 et 2004, les échanges automobiles industriels (hors véhicules d’occasion) ont dégagé un excédent de plus de 10 milliards d’euros qui s’est réparti en 6,7 milliards d’euros d’excédent intra Union européenne (ex Europe des 15, avant l’élargissement de 2004) et 5,1 milliards d’euros d’excédents extra Union européenne des 15.

Avec les 10 nouveaux États membres de l’Union européenne, le solde automobile industriel s’est élevé à près d’un milliard d’euros.

L’Amérique Latine, l’Afrique et le Proche-Orient sont les principales zones où l’excédent hors Union européenne a progressé. Hors Union européenne des 25, le solde automobile industriel s’est élevé à plus de 4 milliards d’euros, en hausse de plus de 20 % par rapport à 2003.

Les excédents supérieurs à 1 milliard d’euros enregistrés avec le Royaume-Uni (3,7 milliards d’euros), Italie (2,1 milliards d’euros), la Belgique et le Luxembourg (2,4 milliards d’euros) compensent les déficits constatés avec l’Allemagne (-5,1 milliards d’euros), le Japon et la Corée du Sud.

d) La contribution de l’automobile aux recettes fiscales

Outre sa contribution à la production industrielle et commerciale française, la filière automobile constitue une importante source de recettes fiscales pour l’État.

Les taxes portant sur l’automobile se répartissent en trois grandes familles :
– les taxes liées à l’acquisition de véhicules : TVA, taxe sur les certificats d’immatriculation (cartes grises), taxe additionnelle pour les véhicules les plus polluants;
– les taxes liées à la possession de véhicules : taxe sur les véhicules de société et taxe à l’essieu;
– les taxes liées à l’usage des véhicules, comme par exemple, les taxes sur les permis de conduire ou la TVA sur la réparation l’entretien et les pièces détachées. Mais plus significatifs sont les rendements de la Taxe intérieure sur la consommation des produits pétroliers (TIPP) qui a constitué en 2005 dans sa globalité (c’est-à-dire en tenant compte de son application aux carburants, aux combustibles et autres produits dérivés du pétrole), la quatrième source de recettes pour l’État après la TVA, l’impôt sur le revenu et l’impôt sur les sociétés. Enfin, l’automobile génère également, des recettes non fiscales provenant en particulier des péages d’autoroutes et du stationnement payant sur la voie publique.

En 2004, les recettes fiscales liées à l’automobile s’établissaient à près de 40 milliards d’euros, chiffre à rapporter aux quelque 261,5 milliards d’euros de recettes fiscales nettes avant prélèvement des collectivités locales et des communautés européennes.

Tableau 6 : Part de la TIPP dans le budget général de l’État

Recettes nettes du budget général
Milliardsd’’euros
2004* 2005* 2005/04*
%
Impôt sur le revenu 53,5 55,0 2,9
Impôts sur les sociétés** 37,2 42,6 14,4
Taxe intérieure sur les produits pétroliers 20,3 20,2 -0,1
Taxe sur la valeur ajoutée** 120,5 127,3 5,6
Autres recettes fiscales 30,0 27,0 -10,0
Recettes fiscales nettes 261,5 272,1 4,1
Recettes non fiscales nettes 36,0 35,6 -1,1
Prélèvements sur recettes -60,8 -62,3 2,5
Soit : au profit des collectivités locales -45,4 -45,7 0,8
au profit des Communautés européennes -15,4 -16,6 7,6
Recettes totales nettes 236,7 245,5 3,7
* Loi de finances révisée pour 2004 et projet de loi de finances pour 2005.** Produits nets des restitutions, des remboursements et dégrèvements.

Source : ministère de l’Économie des finances et de l’industrie

Tableau 7 : Produits des taxes spécifiques et redevances sur l’automobile

En millions d’euros 1980 1990 1999 2000 2001 2002 2003 2004
Les taxes sur lesproduits pétroliers à usage routiers (y compris la TVA)

Les taxes sur les assurances automobiles Les amendes

forfaitaires de la police et de la circulation et condamnations pécuniaires

Les taxes sur certificats d’immatriculations (cartes grises)

Les taxes sur les voitures de société Taxes à l’aménagement

du territoire

Les taxes à l’essieu

Redevances domaniales

Les taxes à la circulation (vignettes) Les taxes sur les permis

de conduire

Total

9 078 21 335 29 450 30 630 30 557 30 111 30 341 31 531478 2 780 3 350 3 429 3 543 3 769 4 083 4 025

154 317 707 720 726 485 810 1 076

157 846 1 313 1 373 1 413 1 503 1 427 1 309

199 345 551 644 701 756 827 855

0 0 381 442 448 470 479 494

59 75 127 223 226 227 184 181

– 30 129 132 137 145 143 149

866 1 901 2 065 539 249 205 148 124

88 86 4 4 4 4 4 –

11 079 27 716 38 078 38 136 38 004 37 675 38 446 39 744

TVA sur les dépensesd’acquisition et d’utilisation liées à l’automobile

Les péages sur les autoroutes (y compris la TVA)

15 300- – (1998) – – – – –

610 2 592 5 168 5 330 6 147 6 626 6 973 7 296

e) L’emploi dans la filière automobile

• Emplois directs et indirects :

La filière automobile représente au total 2,5 millions d’emplois en France. En faisant travailler un français sur 10, elle s’impose comme le premier secteur d’emploi de l’hexagone, hors secteur de la Défense, sous le contrôle de l’État.

Ce secteur induit en effet plus d’un million d’emplois directs dans l’industrie, le commerce et les services automobile.

De part sa production et ses achats auprès des autres secteurs d’activité, l’industrie automobile génère 750 000 emplois.

Au niveau des activités liées à l’usage de l’automobile, ce sont environ 670 000 emplois qui se rattachent notamment aux secteurs des services liés aux véhicules (vente, réparation, commerce d’équipements automobiles…), des carburants et du recyclage (huiles, démolisseurs, etc.).

Enfin, les transports routiers (voyageurs et marchandises) et leurs infrastructures emploient indirectement plus d’un million de personnes.

Schéma 1 : Emplois induits par l’automobile en 2004 (en milliers de personnes)
Emplois induits par l’automobile en 2004

Source : SESSI, INSEE.

L’automobile française : Une filière majeure en mutation
Avis et rapports du conseil économique et social
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