L’apprentissage du français en France et les parcours universitaire

By 2 March 2013

Les parcours universitaire en France: Rapport aux études – Chapitre 3:

3.1 L’apprentissage du français en France et la préparation à la formation universitaire

Avant de venir en France, un des principaux objectifs de leurs études est d’apprendre le français, « la plus belle langue du monde », selon leur expression. Ils ont dépensé beaucoup d’argent et de temps dans l’espoir de pouvoir un jour parler couramment cette langue.

3.1.1 La formation coûte cher, mais la performance reste faible

La majorité de nos enquêtés ont suivi des cours intensifs avec l’Alliance française pendant trois ou six mois avant de venir en France et les frais d’études sont de l’ordre de 1000 à 2000 euros. Une fois arrivés en France, ils ont consacré un an, même un an et demi spécialement pour apprendre le français. Les frais de formation de 4000 euros pour 700 heures de cours. Certains nous ont confirmé avoir dépensé au moins 15,000 euros pendant cette période d’apprentissage de français (frais d’études, dépenses pour le logement, la nourriture et le transport, etc.)

Avant d’arriver, les étudiants chinois avaient tout l’espoir de pouvoir progresser très vite en français, se disant « une fois arrivé en France, nous nous immergerons totalement dans un milieu francophone, c’est la meilleure de façon de progresser très vite dans la pratique d’une langue». Mais ils se trompent. L’immersion ne s’effectue pas ou trop partiellement : Dès leur arrivée en France, ils sont mis par l’agence intermédiaire dans un centre d’apprentissage du français où il n’y a que des Chinois et dans un centre de logement où une grande partie sont des Chinois. C’est à chacun de trouver une solution pour sortir de ce mauvais agencement, et s’adapter à la vie en France et /ou améliorer son niveau de français.

La plupart de nos enquêtés ont suivi des cours de français pendant un an ou dix huit mois à l’université Paris Descartes. Dans ces cours, ils se retrouvent entre eux et forment une promotion qui se suit dans ses déplacements et son parcours. « Les premières années, en Classe préparatoire de français, nous étions une trentaine d’étudiants chinois séparés selon le niveau en deux classes […]. Le désavantage, c’est qu’on progresse très lentement en français, on s’enferme petit à petit entre nous » (Ka, garçon 27ans, M 2en gestion, en France depuis quatre ans)

J’ai rencontré Tang au resto-U et je l’ai invité à déjeuner à la même table. Un ami français nous a rejoint après et lui a adressé la parole. Nous avons remarqué qu’il parlait relativement bien le français. Pendant l’entretien, je lui posais la question sur l’apprentissage du français.

Q : Tu parles bien français ! ?
R : Comme-ci comme-ça. Je ne pense pas que mon français soit bon. Q : comment as-tu appris le français ?

R : « J’ai eu 500 heures de cours de français à l’Alliance française en Chine, et après mon arrivée en France, j’ai passé encore dix huit mois pour apprendre le français. Là, Il y a peu de cours : environ 16 heures par semaine. J’ai eu plus de 1000 heures d’apprentissage du français, en tout.»

Q : Tu as beaucoup progressé grâce à ça ?
R : Pour fonder une base solide en français, c’est mieux qu’en Chine. Ici, les professeurs n’insistent pas vraiment sur la grammaire. Certains Chinois ont eu une base très solide en français en Chine, par contre, à l’oral, ils ne parlaient que quelques mots. Une fois arrivés en France, ceux sont ces étudiants là qui ont de très bons résultats dans l’évaluation à la fin des cours de français.

En Chine, les étudiants pensaient qu’on pourrait progresser vite une fois arrivé en France, parce que nous nous immergerions totalement dans un milieu francophone. Mais ils se trompent. Ici, les Chinois restent avec les Chinois, Les Français ne veulent pas non plus, consacrer du temps à bavarder avec toi.

Les Chinois se ferment entre eux, cette immersion ne s’effectue que partiellement : quand tu t’es inscrit dans la formation universitaire, pendant les cours, ce sont les professeurs qui parlent, tu ne fait que les écouter. Quand tu rentres chez toi, ceux qui habitent avec toi, ce sont les Chinois, tu n’as pas l’occasion de parler français. Tu peux toujours sortir avec des Français et causer de la pluie et du beau temps, mais ça n’aide pas vraiment en français. Tu n’utilises que ces mots que tu sais déjà, ceux qui tu ne connais pas demeurent inconnus. » .

Q : As-tu ressenti la nécessité de maitriser le français ?
R : Il est évident que la maitrise du français est nécessaire et importante. Il faut surtout enrichir son vocabulaire. Plus le vocabulaire dont tu disposes est riche, plus ton niveau de français est bon. Et la grammaire, même les Français font plein des fautes. C’est le vocabulaire qui fait la différence, et qui doit être amélioré en particulier. A l’écrit, il faut que l’on fasse attention à la grammaire. A l’oral, le principe, c’est de se faire comprendre. »

3.1.2 Une formation intégratrice est-elle envisageable ?

On n’est pas ici pour discuter quelle méthode d’enseignement est le plus efficace pour la performance du français des étudiants Chinois. On va souligner l’importance de cette période –clé dans la socialisation des étudiants

Une formation en français plus performante va faciliter l’intégration universitaire et sociale des étudiants chinois et elle doit comprendre trois objectifs : apprendre le français, s’adapter à la vie en France, et se préparer pour la formation universitaire. Une méthode intégratrice pour savoir comment se comporter dans la société française, et des apprentissages visant également à la familiarisation de la formation universitaire. Nos enquêtés distinguent clairement le français parlé dans la vie quotidienne et le français utilisé dans le domaine académique, ils disent que malgré dix-huit mois à DU à Paris 5, le premier semestre, ils ne comprennent que très peu les cours. Il s’agit d’une période étrange, pour les étudiants dans les filières scientifiques, c’est le vocabulaire qui leur manque, mais pas les connaissances scientifiques. Pour les étudiants en Sciences Humaines, tous les deux sont étrangers pour eux.

Les grandes écoles font mieux à ce sujet : les étudiants chinois s’inscrivant dans les grandes écoles ont une petite année linguistique pour avoir des bases de français lorsque les cours commencent. À côté de leur apprentissage du français, ils peuvent suivre quelques cours de sa spécialité, participer aux examens et valider.

Lire le mémoire complet ==>

(L’expérience des étudiants chinois en France : Entre mobilité et intégration)
Mémoire de Master Recherche : Sociologie de l’éducation et de la formation
Université Paris Descartes – Paris V – Faculté des Sciences Humaines et Sociales – Sorbonne

Sommaire :