L’accompagnement de la ménopause par la somatothérapie

By 6 March 2013

F. La Somatothérapie

Comme nous l’avons vu, en plus des symptômes physiques, le déclin hormonal peut aussi entrainer « mal-être » général ; anxiété, tendance dépressive, angoisse, déprime, fatigue.

La somathothérapie pourra alors être proposée à la patiente.

* Qu’est-ce que la Somatothérapie

Somatothérapie vient du Grec « Soma le corps » et « Thérapeuein prendre soin », servir, soigner.

Le corps devient le messager de l’histoire de la patiente et celle-ci peut avec lui se libérer de ses blocages en exprimant ses ressentis et en trouvant ses solutions.

La respiration, la relaxation, le toucher et l’écoute sont autant de techniques utilisées dans le cadre de cette pratique, elles contribuent toutes à un processus d’accompagnement et de prendre soin dans la globalité de l’être.

En allant toucher le corps, le praticien va peut-être réveiller une histoire. Si c’est le cas, la proposition à la personne de respirer de façon plus consciente permettra de libérer le message qui se trouve inscrit dans une tension, une douleur, une gêne.

Ce qui va intéresser le praticien c’est « où cela résonne-t-il dans le corps ? » quand la patiente parle de ses difficultés.

Comment respire-t-elle ? Est-ce dans le ventre ou dans la poitrine ? De façon ample ou très courte ? Respirer provoque-t-il des tensions dans le corps, des nœuds, la sensation d’une « boule » dans la gorge ? Chaque patiente est différente, chaque histoire est différente, chaque tension est différente, le corps les manifestera de façons différentes lors de chaque séance…

C’est à travers le corps que se disent nos disharmonies, nos conflits intérieurs, nos peines, nos joies et aussi tout ce qui ne trouve pas de mots, tout ce qui ne se dit pas ou ne peut se dire.

En se mettant à l’écoute de son corps, la patiente va petit à petit permettre à ces aspects de se révéler afin d’en être de plus en plus consciente.

Certaines parties du corps sont comme des livres dans lesquels est inscrite l’histoire du sujet : le plexus solaire, le plexus cardiaque et le ventre appelé également le cerveau émotionnel. Le simple fait pour l’accompagnant de placer sa main sur une de ces parties et d’effectuer un toucher, un effleurage, en douceur, à l’écoute du corps, peut réveiller des aspects enfouis dans l’inconscient : un souvenir, une sensation, une émotion, des mots…

Les thèmes de consultation pouvant amener à cette approche sont larges : on pensera naturellement à l’anxiété, les troubles de l’humeur, la tendance dépressive, l’insomnie, les nuits agitées et les réveils nocturnes ont également leur place dans cet accompagnement.

Le thème de la sexualité pourra également être accompagné par la Somatothérapie, ainsi que tous les problèmes physiques dès lors qu’ils ont un impact sur l’affect de la patiente, son moral, l’estime de soi et la confiance.

* Les compétences du praticien

>> Savoir Faire : être capable d’utiliser fluidement les outils comme le toucher, la relaxation, la respiration, l’écoute, le questionnement. Créer les conditions qui amèneront la patiente à la détente et au lâcher-prise ; ambiance du cabinet, éclairage, éléments de confort, musique, senteurs…
>> Savoir Etre : Intention, attention, présence. Présence de soi «à ce qui est», la personnalité s’efface et laisse place à ce qui est sans commentaire, sans avis, sans jugement, sans s’imposer, simplement dans l’accueil, Concentration, calme intérieur, la capacité de présence à l’autre entraine un savoir-faire décuplé et oriente vers ce qui est le plus approprié dans l’instant (mot, geste, silence…)
>> Savoir Rencontrer : Simplicité, authenticité et qualité de présence du praticien l’amèneront à exprimer l’attitude adéquate pour faciliter le processus somatothérapeutique de la patiente, c’est au travers de la qualité de cette rencontre que finalement les maux pourront émerger et se dissoudre.
>> Savoir Ecouter : Autant avec les oreilles, qu’avec les yeux, les mains, le bout des doigts, le ressenti. Mettre tous ses sens en éveil, s’ouvrir à ce qui est et à ce qui se passe.

Il est néanmoins nécessaire que le praticien n’aille pas au-delà de ses compétences et qu’il n’hésite pas à proposer à la patiente un suivi psychologique (Psychiatre, psychologue, psychothérapeute). Ceci n’exclut pas la continuité de l’accompagnement par la Somatothérapie qui est un soutien efficace au travail psychothérapeutique.

* Les outils liés à la séance de Somatothérapie

>> La Relaxation : par induction verbale, par la musique, mais aussi par les odeurs, le confort la chaleur, la lumière.

>> Le Toucher : il sera doux, en effleurages, en bercements ou pressions légères. Les mouvements seront fluides et harmonieux. Les zones prioritaires seront le plexus solaire, le plexus cardiaque et le ventre. Mais tout le corps pourra être touché, à même la peau avec des huiles essentielles ou sur les vêtements si la patiente ne supporte pas le toucher direct.

la somatothérapie

>> La Respiration : on utilisera la respiration continue ou circulaire, c’est une respiration consciente sans les pauses entre inspire et expire et qui permet d’évacuer un maximum de gaz carbonique. L’on provoquera une hyperventilation (respiration de plus en plus rapide par la bouche) dans le but de déconnecter le mental pour qu’il se recentre sur le corps et non dans la mentalisation. Cette hyperventilation peut amener la tétanisation des mains et des pieds, on la proposera donc par paliers alternés avec des paliers de respiration naturelle. On pourra aussi amener la patiente à se concentrer uniquement sur sa respiration naturelle, ce qui pourra la faire glisser dans un état d’hypnose légère.

>> La Verbalisation, le questionnement : Plusieurs types de questionnement seront privilégiés, ils seront utilisés afin d’affiner la compréhension.

– Les questions ouvertes d’ordre général qui laissent l’autre répondre ou non, qui respectent son rythme « Comment vous sentez vous ? », « Que ressentez-vous ? »
– Les questions plus ciblées, de précision qui vont permettre de compléter les informations manquantes, de clarifier des généralisations, qui donnent la possibilité de choix « Vous vous sentez plutôt …ou plutôt… ? »
– Une fois qu’une sensation, un sentiment ou un souvenir émergera, continuez le questionnement pour recentrer la patiente sur son ressenti « Cela vous évoque quoi ce… ? », « A quel sentiment vous ramène ce… ? »
– Les questions plus personnelles pour connaître quel est l’enfant intérieur qui souffre, qu’a-t-il à dire, « Quelle est son histoire ? », « Quelle est la petite fille qui pleure aujourd’hui ? », « Comment se sent-elle ? », « Qu’aimeriez-vous lui dire »
– On évitera les « Pourquoi ? » qui font appel à une justification, on préférera les « Comment ? ». Les questions fermées auxquelles on ne peut répondre que par oui ou non ne font guère avancer. Les questions inductrices ne seront pas les bienvenues car elles peuvent être directives.

>> La Reformulation : il s’agit de redire dans d’autres termes de façon plus concise, plus explicite ce que l’interlocuteur vient de dire et lui montrer que son point de vue est compris sans jugement. Le fait de reformuler ce que le sujet nomme, place le praticien en position de miroir qui renvoie un reflet sans correction et permet de renvoyer de manière neutre le message qui vient d’être émis.

Les effets sont immédiats ; le praticien est certain de ne rien introduire de personnel, la patiente qui se reconnait dans la reformulation est certaine de se faire comprendre et sera encouragée à s’exprimer davantage car l’on pose ainsi un cadre d’écoute et de compréhension. Si le praticien a mal compris, la patiente pourra le lui signaler et il y aura une autre possibilité de compréhension validée.

>> L’Ecoute : le plus court chemin de soi à soi passe par l’autre et l’écoute de soi passe par le fait d’être écouté par un autre. La présence dans l’écoute permet à l’autre de se sentir reconnu et d’exister.

On peut discerner plusieurs niveaux d’écoute :
– Les faits : histoire, événements racontés, anecdotes…
– Le ressenti ou le vécu émotionnel
– Le comportement : gestes, attitudes
– Les résonnances en soi

L’écoute

« Entre ce que le patient pense, ce qu’il veut dire, ce qu’il croit dire, ce qu’il dit, ce que vous voulez entendre, ce que vous entendez, ce que vous croyez comprendre et ce que vous comprenez, il y a au moins neuf possibilités que vous n’entendiez pas. » (M.Poujol)

Lire le mémoire complet ==> (Bien Vivre sa Ménopause et Prévenir l’Ostéoporose)
Mémoire de fin d’études Formation de Praticien en Santé Bien-Être