L’accompagnement de la ménopause : la phytothérapie

By 5 March 2013

II. Accompagnement par le Praticien Santé et Bien-être

A. La phytothérapie

La phytothérapie consiste à utiliser les plantes dans un but thérapeutique et a été aussi appelé « médecine des simples ». En réalité, une plante n’a jamais une simple action, ni une seule propriété. Son champ d’action est très vaste et ce n’est pas une médecine inoffensive ou une médecine placebo.
La phytothérapie

La phytothérapie est particulièrement indiquée pour soigner un certain nombre de troubles de la péri ménopause et de ménopause.

La prescription de plantes se fera bien entendu en accord avec le médecin traitant afin d’éviter de néfastes interactions médicamenteuses.

Les modes d’utilisation

On peut prendre les plantes sous forme de tisane, en infusion ou par décoction, ou sous forme de poudre, contenue dans des gélules ou des capsules.
On peut également les prendre sous forme liquide en teinture mère (TM), en macérât glycériné (MG), en suspension intégrale de plantes fraiches (SIPF)…

Qu’est-ce que les hormones végétales ou phytohormones ?

En fait le terme est impropre car ce ne sont pas des hormones. Les hormones sont fabriquées par nos glandes endocrines ou nos tissus, les phytohormones ne sont pas fabriquées in vivo dans le corps humain et ne se transforment pas en hormones dans notre corps.
Elles sont parfois des stimulants de nos glandes endocrines qui vont alors augmenter leur production d’hormones.

Ce sont des « hormones-like », elles agissent « comme des hormones, sans être des hormones », elles miment l’action des hormones.
Elles ont une activité hormono-modulante, ce sont des « modulateurs périphériques » du système hormonal, elles agissent sur les récepteurs des cellules sensibles aux actions hormonales.

Parmi les plantes hormono-modulantes, les « phyto-œstrogènes » représentent l’espoir de pallier aux défaillances physiologiques des ovaires. Ils possèdent une action voisine des œstrogènes puisqu’ils se fixent sur leurs récepteurs de façon compétitive et réversible. Ils agissent en prenant la place des œstrogènes et en modulant le fonctionnement du récepteur : ils ne sont ni des œstrogènes, ni des hormones, mais bien des plantes à activité hormono- modulante.

Phytothérapie et péri ménopause

Les plantes à action progestative sont intéressantes lorsque l’ovaire commence à fonctionner de façon irrégulière et laisse s’installer une dominance en œstrogènes.

Les symptômes généralement attribués à la période progestative sont d’origine à la fois physique et psychologique ; ballonnements, rétention d’eau (œdème), céphalée, tension douloureuse des seins, dépression, irritabilité et cycles courts, douloureux, abondants.

Les plantes progestatives ne contiennent pas de progestérone en tant que telle, mais sont stimulantes de l’activité progestative du corps jaune et de l’ovaire.

** L’Achillée Millefeuille (Achillea Millefolium)

Elle contient des flavones qui lui confèrent des propriétés spasmolytiques. L’ensemble de ses composés chimiques concourt à un effet anti-inflammatoire et cicatrisant externe.
L’Achillée Millefeuille

Elle soulage les spasmes de l’utérus et les règles douloureuses.

En infusion 2 cc par tasse de parties actives (tige et fleurs) ou en teinture mère (50 gouttes 2 fois par jour)

Déconseillée aux femmes enceintes et allaitantes.

** L’Alchemille Vulgaris (le Manteau de Notre-Dame)

La plus puissante des plantes d’action progestative, progestérone-like, intéressante dans les cas de fibrome, de congestion pelvienne, de trouble des règles, de tension mammaire…
L’Alchemille Vulgaris

Elle est astringente et anti diarrhéique, décongestionne le foie (dépurative) et les reins (diurétique)

En infusion ou en TM

** Le Gattilier (Vitex Agnus Castus ou Agneau chaste)

Il possède une activité progestative, anti-œstrogénique et anti FSH (stimule les follicules ovariens), il agit sur l’équilibre hormonal. Le gattilier améliore la vascularisation des muqueuses vaginales et diminue leur sécheresse.

Il est également sédatif, hypnotique, antispasmodique et équilibrant.

En infusion ou en TM, en gélules d’extrait sec 250mg, 2 le matin et 2 le soir.
L’action du gattilier est lente, mais certaine. Il faut souvent attendre 2 mois avant de constater des résultats. Une supplémentation de plus d’un an est souvent nécessaire.

** Le Yam Sauvage (Discorea Mexicana)

La plante la plus riche en précurseurs de la progestérone
En 1943, un chimiste américain, Russel Marker, fabrique de la progestérone naturelle à partir de la diogésine, issue d’igname mexicaine.

Il se comporte comme un modulateur des récepteurs cellulaires et parfois comme stimulant endocrinien. Après plusieurs semaines d’absorption, les dosages hormonaux peuvent révéler une augmentation significative aussi bien en progestérone qu’en œstrogènes.

Ce sont les effets très surprenant du Yam qui ont engendré toutes les recherches à son sujet, en particulier ceux sur les bouffées de chaleur ou ses effets de stimulation ovarienne chez les femmes présentant des troubles du cycle dus à une insuffisance de sécrétion.

Mais les propriétés du Yam ne s’arrêtent pas là :
– Il présente des effets défatigants, améliore la forme et augmente l’énergie.
– Il présente des effets cholérétiques, il stimule la sécrétion de bile et améliore la digestion.
– Il contient certains alcaloïdes qui agissent comme antispasmodiques sur l’intestin.
– Il présente, probablement du fait de la présence de saponines, des effets anti-inflammatoires légers.

On trouve le Yam sous forme orale en gélules ou en poudre et pour des applications locales ; il peut être présent seul ou associé à d’autres phyto-modulateurs comme le soja, le cimifuga, la racine de réglisse ou le trèfle rouge…

• Phytothérapie et ménopause

Au stade de la ménopause, on pourra proposer une association de plantes à activité progestative et des « phyto-œstrogènes ».

Les différentes actions des « phyto–œstrogènes »

– Contre les bouffées de chaleur
L’efficacité semble réelle, relativement rapide mais inconstante puisque 75mg d’isoflavones (Les isoflavones sont des molécules de la famille des flavonoïdes très étudiées pour leurs propriétés phyto-œstrogéniques) ne réduisent les symptômes que de moitié et seulement dans 50% des cas. La durée du traitement doit être d’environ 2 mois avant de tirer des conclusions trop définitives, il est en règle générale inutile de monter les doses si le résultat est insuffisant avec la dose moyenne de 75mg.

– Vis-à-vis de l’os
Les isoflavones, en stimulant très légèrement les ostéoblastes (constructeurs) mais surtout en freinant les ostéoclastes (destructeurs) préviendraient la perte osseuse et pourraient rétablir un bilan calcique. La conservation du statut osseux pourrait être réalisée avec 45mg d’isoflavones/jour, un gain osseux de l’ordre de 2% nécessiterait des doses d’environ 90mg/jour.

– Contre le cholestérol
L’effet hypocholestérolémiant d’une consommation de 30 à 50 g de protéines de soja/jour est à présent bien établi : cet aliment prévient athérosclérose, améliore le profil lipidique grâce à son activité anti-oxydante et à l’augmentation de l’excrétion fécale des acides biliaires et l’épuration du LDL (mauvais cholestérol).

– Contre le risque cardio-vasculaire
Les isoflavones le diminuent indiscutablement à la fois par leur action sur le cholestérol mais également par des effets propres sur les vaisseaux et la circulation.

– Contre le vieillissement cutané
Les isoflavones pourraient jouer un rôle bénéfique ne seraient ce que par leur activité anti- oxydantes.

– Vis-à-vis du cancer du sein
Cette maladie, peu fréquente dans les régions traditionnelles asiatiques, progresse indiscutablement dès que l’alimentation se modernise. Chez les femmes asiatiques qui consomment du soja 120 fois/an le risque de cancer du sein est réduit de 30% par rapport à celles qui en consomment 10 fois/an. Quel que soit leur statut hormonal.

Les œstrogènes de soja sont contre-indiqués chez les femmes qui ont fait un cancer du sein hormono-dépendant.

– Vis-à-vis des autres cancers
Le isoflavones de soja et les lignanes pourraient, grâce à leurs propriétés anti oxydantes, prévenir les cancers hormono-dépendants (sein, utérus, prostate) et du colon. La consommation de soja diminuerait en particulier de 50% le risque de cancer de l’endomètre. Mais la plupart des études concluraient à un retard d’apparition des tumeurs plutôt qu’à un empêchement de leur formation.

Les « phyto-œstrogènes » pour être efficaces doivent d’abord être parfaitement compris dans leur mécanisme d’action, ensuite bien indiqués, enfin correctement utilisés.

Les « phyto-œstrogènes » de soja sont apparentés à des compléments alimentaires : la consommation quotidienne est d’environ 5mg en France, de 25 à 45 mg en Asie et peut aller jusqu’à 200 mg au Japon.

Des apports quotidiens de 50 mg d’isoflavones semblent optimaux, ce qui correspond à 25 g de protéines de soja (farine, concentrés, tofu…) ou ½ litre de lait de soja, la teneur exacte dépendant de la variété, des conditions de culture, du procédé d’extraction… La partie germée contient par contre très peu d’isoflavones.

* L’Actée à Grappe (Cimifuga Racemosa) Une plante très utile pour la femme.
L’Actée à Grappe

Elle est utilisée dans les troubles sexuels et circulatoires, bouffées de chaleur, migraines, troubles du caractère et du sommeil apparaissant en période de ménopause.

L’extrait de Cimifuga pour réduire les bouffées de chaleur est attribuable à la régularisation de la réponse hormonale de l’hypophyse à la déficience en œstrogènes au moment de la ménopause.

En TM, 50 gouttes 2 fois/jour contre les bouffées de chaleur. En extrait standardisé de 20 à 40 mg 2 fois/jour.
Lehning L25, 25 gouttes 2 à 3 fois/jour.
Poconéol n°14, 5 gouttes sous la langue 2 fois/jour.

* La sauge Officinale (Salvia Officinalis) La plante de la prévention

Elle est extrêmement utile contre la transpiration excessive, les bouffées de chaleur et les sueurs nocturnes. Elle calme les douleurs menstruelles, régularise le cycle, augmente la libido chez les femmes.
La sauge Officinale

Elle est également sédative et favorise les digestions difficiles. Elle stimule les défenses immunitaires et réduit les périodes de convalescence.

En infusion : 1 cc par tasse d’eau bouillante, une tasse à chaque repas. En TM : 50 gouttes dans un peu d’eau 2 à 3 fois/jour.
En Gélules de poudre de plante (Arkogélules sauge) : 2 gélules 2 fois/jour.

* Le Soja

La plante de référence pour la femme

L’efficacité du soja et des extraits de soja est très popularisée. Il est habituel de dire que la femme japonaise ne connaît pas les bouffées de chaleur et que cette particularité est due à sa consommation quotidienne de soja sous toutes ses formes.
Le Soja

Toute femme aurait intérêt à en ajouter à son alimentation mais il faut savoir que beaucoup de personnes le digèrent mal ; gaz, ballonnements et prise de poids sont parfois au rendez-vous. C’est tout l’intérêt des préparations ou complexes de phyto-modulateurs oestrogéniques, d’extrait standardisé de soja et d’autres plantes d’apporter sous un faible volume des concentrations effectives de substances actives sans obliger à trop modifier l’alimentation.

Des produits nouveaux apparaissent régulièrement et contiennent le plus souvent entre 30 à 75 mg d’isoflavones de soja.

* Le Trèfle rouge (Trifolium Partense)

C’est la seule plante à contenir les quatre isoflavones : biochanine, formonétine, génistéine et daidzéine.
Le Trèfle rouge

Il est efficace en particulier sur les bouffées de chaleur et diminuerait la dépression et l’anxiété chez les femmes ménopausées. La présence de génistéine peut faire penser que le trèfle rouge aurait un effet phytomodulateur semblable à celui du soja et serait capable de prévenir les mêmes maladies dégénératives.

En capsules (Solgar), 1 à 2 capsules/jour.

* Le Houblon (Humulus Lupulus) Une plante très sédative
Le Houblon

Il possède une activité œstrogénique et anti-androgénique ; il coupe efficacement la libido et a la réputation d’aider et de freiner les éjaculateurs précoces. Il permet de lutter contre le duvet que déplorent certaines femmes à la ménopause.

Il est sédatif et légèrement hypnotique, il est digestif, anti-acide et diurétique. En infusion : 1 CC par tasse d’eau bouillante, une tasse à chaque repas

En TM : 50 gouttes dans un peu d’eau 2 fois/jour en cas de tension nerveuse ou d’anxiété, 50 gouttes le soir au coucher contre l’insomnie.

En Gélules de poudre de plante (Arkogélules houblon) : 2 gélules 2 fois/jour.

* Le Chardon Marie (Carduus Marianus)

C’est en augmentant le métabolisme et plus particulièrement le catabolisme (réactions de dégradations moléculaires) des hormones que cette précieuse plante modifie les équilibres hormonaux. Son activité « progestérone-like » sera la conséquence de sa capacité à transformer les œstrogènes et surtout les excès d’œstrogènes.
Le Chardon Marie

Elle peut être utile pour supprimer ou diminuer d’intensité les maux de tête (céphalées ou migraines).

En gélules de poudre de plante.

* Le Dong Quaï (Angelica sinesis ou Angélique chinoise)

Utilisé depuis des milliers d’années pour traiter une grande variété de troubles féminins, on lui a donné le nom de « ginseng féminin ». Son activité serait due à des effets antispasmodiques, il peut réduire la tension artérielle et exercer une action anti arythmique. C’est un antalgique qui peut calmer les douleurs arthritiques et les maux de tête.
Le Dong Quaï

On pourra également associer l’onagre, très largement utilisée avant l’arrivée du soja et qui conserve tout son intérêt grâce à son activité anti-inflammatoire et sa polarité gynécologique.

* L’Onagre

La plante (presque) indispensable à la femme.
L’Onagre

Elle est surtout utilisée chez la femme grâce à son activité anti-inflammatoire naturelle qui lui permet à la fois d’être efficace contre les symptômes gênants du syndrome prémenstruel (déprime, irritabilité, tension mammaire, rétention d’eau…)

ou de la ménopause (bouffées de chaleur, troubles de l’humeur, problèmes de peau…) Elle réduirait les kystes dans les seins, pourrait faire baisser les chiffres du cholestérol et de la tension artérielle (de façon modeste) , améliorerait la circulation sanguine.

En capsules d’huile, 1ère pression à froid de la graine.

2 capsules de 400 à 600 mg/jour.
Bionagrol qui contient en plus des huiles de poissons et de la vitamine E.

Différents complexes et formules que l’on trouve dans le commerce

Sojyam ® :

Association de plante progestative et de plante œstrogénique
2 comprimés apportent : 150mg d’isoflavone de Soja et 235mg de Yam
Sojyam

Natural Œstrogènes® (Smart City)

2 comprimés apportent : 110 mg de phyto-œstrogènes, 25 mg de Cimifuga Racemosa,
25 mg de Dong Quaï, 20 mg de Vitex Agnus Castus, 25 mg de racine de Réglisse.
Natural Œstrogènes

Femwel ®(Solgar)

1 comprimé apporte : 100mg de Cimicifuga, 100mg d’isoflavone de soja, 75 mg de Chardon marie, 75 mg de Vitex Agnus Castus, 75 mg de Dong Quaï, 75 mg de ginseng Coréen, 75 mg d’Astragale.
Femwel

Super concentré d’Isoflavones de Soja ®(Solgar)
1 comprimé apporte 38 mg d’isoflavones.
Super concentré d’Isoflavones de Soja

La plupart de ces formules sont conseillées à 1 ou 2 comprimés/jour.

• Phytothérapie et troubles associés

– Problèmes de peau : la Bourrache et la Bardane
– Troubles de la libido : le Ginseng Panax
– Cystites : Canneberge, Busserole, Echinacée
– Sécheresse vaginale, prurit vulvaire : la Bourrache
– Problèmes de poids : Orthosiphon, Piloselle, Pissenlit, Ispaghul, Konjac, Fucus, laminaire
– Anxiété : Angélique, Aubépine
– Dépression : Millepertuis, Griffonia
– Fatigue : Ginseng, Eleuthérocoque, Avoine, Menthe, Cassis
– Troubles du sommeil, insomnie : Tilleul, Verveine, Escholtzia, Passiflore, Valériane, Aubépine, Ballote, Aspérule
– Mal de tête, migraine : Partenelle, Millepertuis
– Problèmes rhumatologiques : Cassis, Saule blanc, Curcuma
– Troubles circulatoires : Marron d’inde, Hamamélis, Ginko biloba, Vigne rouge
– Ostéoporose : Ortie, Prêle, Luzerne (alfalfa), Cassis
– Problèmes cardio-vasculaires : Ginko Biloba, les bio flavonoïdes (brocoli, choux, épinard, airelle, cassis, fraise, raisin, framboise etc….)

Lire le mémoire complet ==> (Bien Vivre sa Ménopause et Prévenir l’Ostéoporose)
Mémoire de fin d’études Formation de Praticien en Santé Bien-Être