La stratégie d’implantation des équipementiers français

By 15 March 2013

2.2. La stratégie des équipementiers

La stratégie des équipementiers et fournisseurs est d’accompagner leurs clients constructeurs là ou géographiquement ceux-ci décident d’implanter leur site d’assemblage dans le cadre d’une production en flux tendu, couplée à une gestion des stocks optimisée (encours de production et produits finis).

• En effet dans le cas d’un travail selon le principe de « l’entreprise élargie », la filière automobile étant un exemple de ce type d’organisation, l’objectif est l’amélioration de la performance industrielle des entreprises participant à l’élaboration d’un produit ou d’un service en vue de répondre aux exigences du marché. L’entreprise qui propose ce produit au client final est « le chef de file » et la proximité de localisation entre celui-ci et le panel de ses fournisseurs apparaît comme un facteur majeur de réussite (« exemples de stratégies collaboratives : externalisation, fonctionnement en alliances… » par Franck Moreau aux éditions Insep Consulting).

Cet accompagnement des constructeurs impose également aux équipementiers et Fournisseurs, la nécessité d’effectuer un bilan des ressources économiques locales déterminant dans la définition du type de relation économico industrielle à initier (« green field » (bassin d’emplois qui consiste à regrouper tous les acteurs automobile sur un même site comme à Rennes ou Sandouville), « Joint Venture », licence, partenariat technique…).

La monographie du corpus légal et réglementaire local pour une implantation, identifiant les obligations à la charge des investisseurs étrangers et le cadre d’aides offert tant par les administrations du pays d’origine de l’investisseur ainsi que celles du pays d’accueil est obligatoire pour une bonne réussite du projet.

De plus, le travail précité s’accompagnera d’un inventaire des forces et faiblesses des sous-traitants de capacité et/ou de spécialités locales, présents ou potentiels dans cette filière verticale de production, qu’est l’automobile, afin de permettre le choix industriel le plus approprié aux techniques employées (ex : étude sur « les possibilités d’implantation des fournisseurs européens de l’automobile dans le MERCOSUR » commandée par les services de la Commission européenne à la FIEV en 1996).

• Enfin parce que leurs ressources ne sont pas sans fin, les équipementiers et les fournisseurs dans leur positionnement géo-économique tiennent compte du poids du client constructeur dans leur volume respectif d’affaires présentes ou à venir, ainsi que de la pression concurrentielle sur la fourniture produite.

En effet les équipementiers réalisant des systèmes (équipements se trouvant à différents endroits du véhicule mais concourant à la mise en œuvre d’une fonction (exemple : chauffage climatisation) ou modules (équipement situé dans un seul endroit sur le véhicule et remplissant plusieurs fonctions ex : le tableau de bord) pour tous les grands constructeurs ne sont généralement qu’en petit nombre pour la fourniture d’un même équipement (3 verriers : Glaverbell, Pilkington). Saint Gobain Sékurit pour la réalisation de pare-brise Bosch, Denso et Delphi pour l’injection diesel directe ou « common rail »), et se déterminent pour l’accompagnement de leur client à l’international en fonction notamment de la proportion d’approvisionnement qui leur est consentie par le constructeur, ces derniers se refusant logiquement à la source unique afin d’éviter toute dépendance d’approvisionnement.

L’automobile française : Une filière majeure en mutation
Avis et rapports du conseil économique et social
République française