Fonctionnement, architecture et composants du système SPECS

By 12 March 2013

5. SPECS, un système pour la création de contenus éducatifs

5.4 Cadres de fonctionnement
5.4.1 Architecture et composants

Les principaux composants de SPECS sont :
* une base de données : utilisée pour modifier et chercher des documents;
* deux répertoires pédagogiques, un pour les documents créés et un autre pour les objets média. Ils sont utilisés pour stocker et assigner des URL aux documents et aux objets médias;
* un répertoire de structures : une série de règles et de feuilles de styles pour l’affichage de documents;
* une interface graphique d’utilisateur : elle fournit des contrôles et des boutons pour marquer les contenus, ainsi que pour ajouter des éléments complexes;
* un générateur de documents XML : il récupère l’information saisie par les auteurs pour produire des fichiers XML selon un modèle sémantique;
* une collection de services : un moteur de recherche, un moteur d’importation de documents, un moteur d’exportation de documents, une série de vues pour les documents.

Les composants et l’architecture du système peuvent être visualisés de manière schématique dans la figure 33.

SPECS : architecture et composants
SPECS : architecture et composants

5.4.2 Fonctionnement

Deux types d’utilisateurs sont principalement envisagés pour l’utilisation du système : les auteurs et les lecteurs. Un auteur est la personne qui interagit avec le système visant pour la création ou la gestion de documents, ce peut être un enseignant, un administratif, ou tout acteur disposant d’un mot de passe pour accéder à l’interface d’auteur. Pour sa part, un lecteur est la personne qui interagit avec le système sans produire pas de nouveaux documents, il peut être un apprenant, un enseignant, un « surfeur » quelconque sur le Web, ou une machine.

Les interfaces d’utilisateur sont donc différentes pour les deux types d’acteurs. Les auteurs ont accès à une interface qui permet de réaliser des opérations qui incluent l’édition, la publication, l’effacement, la modification, la recherche, l’exportation ou l’importation de documents pédagogiques numériques et de ressources médias. Pour les lecteurs, l’interface est limitée à la visualisation (interactive ou non, c’est-à-dire en choisissant parmi diverses formes de représentation d’un document) et à la recherche de documents et de ressources. Un lecteur ne peut pas modifier un contenu.

Le mode d’opération du système au niveau des auteurs commence à partir du moment où l’on accède à l’interface auteur, qui est sécurisée par mot de passe. À l’intérieur, on dispose des panneaux et des boîtes à outils (figure 34). Lorsqu’il s’agit d’éditer, modifier ou réutiliser un document, l’auteur accède à une interface similaire à des formulaires Web, mais enrichie par plusieurs fonctionnalités interactives qui permettent de manipuler le balisage XML.

SPECS : balisage XML
SPECS : balisage XML

Les documents sont ensuite générés dynamiquement et stockés sous format XML, accessibles depuis une adresse URL. Chaque document contient par défaut une référence d’affichage du type hypertexte navigable. Sur ce point, nous profitons de l’avantage des navigateurs modernes pour supporter nativement les technologies XML du côté client. Ceci permet la distribution et l’affichage de documents directement sous format XML, sans avoir besoin de transformations vers XHTML. De plus, nous avons ajouté deux couches hérités du DHTML : la navigation dans le contenu est contrôlée par le langage JavaScript et la charte graphique par une feuille de style CSS. Cette séparation permet de modifier la charte graphique d’une série de documents tout en gardant la même composition d’éléments de bloc et vice-versa.

Depuis une autre interface, le gestionnaire de documents et de médias, les auteurs ont accès à toutes les ressources et documents créés ou importés avec le système. Les utilisateurs ont également à leur disposition un moteur de recherche dans les métadonnées pour faciliter la localisation de documents et d’objets médias.

Afin de répondre aux normes e-learning lors de l’exportation des documents, SPECS incorpore un générateur de « paquets de contenus » conforme à la norme IMS CP ou SCORM CAM. Il est aussi possible de générer à la demande un troisième fichier selon le standard IEEE LOM, qui définit exclusivement les métadonnées pédagogiques. À travers ce mode d’exportation, les documents pédagogiques numériques s’insèrent dans une plateforme éducative en remplissant leur fonction de module et non seulement à titre de ressource indépendante. De cette manière, l’auteur peut construire un cours ou un scénario pédagogique selon divers modules qui pourront s’intégrer dans un ensemble logique géré par un LMS, par exemple.

La fonctionnalité d’importation n’est supportée qu’entre systèmes respectant un même modèle sémantique prédéfini. Pour ce faire, la technique AJAX a été une utilité pour insérer dynamiquement l’information dans la base de données et dans le répertoire de documents. Nous considérons que cette fonctionnalité trouve sa valeur lorsque, par exemple, diverses universités emploient le système. Ainsi, l’échange et la réutilisation de documents créés avec notre système, ou avec l’outil de préférence des auteurs pour créer des documents pédagogiques numériques (par exemple, XMLSpy sous Windows ou Oxygen sous Macintosh), deviennent aisés.

Quant au mode d’opération du système au niveau des lecteurs, SPECS propose une interface de recherche de documents et une liste de documents, créés ou importés, ordonnée thématiquement. L’accès aux documents est libre avec un navigateur Web conventionnel. Cependant, il est préférable de posséder une version récente de Mozilla Firefox, Internet Explorer, Safari, Camino ou Netscape car les documents sont livrés sous format XML et une grande partie de navigateurs de première génération ne supporte pas leur affichage.

À ce sujet, les documents contiennent par défaut une référence vers des règles XSL (un modèle d’assemblage) pour montrer le contenu sous une forme navigable. Il est envisageable, néanmoins, qu’au fur et à mesure que plusieurs structures ou modèles d’assemblage se développent, elles s’intègrent dans le répertoire de structures. À son tour, ces nouvelles structures sont proposées comme services depuis un affichage quelconque permettant ainsi que les lecteurs puissent changer non seulement la vue, mais aussi le type d’hypertextes dans lesquelles ils naviguent.

Étant donné que SPECS permet l’adressage URL de documents et que leur accès est libre, les manières de distribuer les documents sont variées : par référence de lien depuis un LMS ou un autre système de création; par l’intégration de documents dans des super-structures (scénarios pédagogiques, Walden’s Paths); par le découpage de documents dans des structures plus petites adaptées à une représentation interactive (mSpaces).

Une autre manière d’accéder aux documents repose sur la syndication du flux RSS intégré, qui communique les nouveaux documents créés à sans avoir besoin de revenir au site de manière régulière. C’est dans ce cas-là que le rôle de lecteur est réalisé par une machine. Un lecteur de fils RSS est couramment nommé « aggrégateur » et sa fonction est de « parser » le document RSS afin de récupérer les derniers ajouts [§ 3.7.3]. Actuellement, plusieurs types d’aggrégateurs existent sur le Web (par exemple, Google Reader) et plusieurs d’autres peuvent s’installer en local.

Objet technique hypermédia : repenser la création de contenu éducatif sur le Web
Thèse pour obtenir le grade de Docteur – Discipline: Sciences de l’information et de la communication
Université De Paris VIII – VINCENNES-SAINT-DENIS – U.F.R. Langage Informatique Technologie