État des lieux de l’enseignement du français au Laos

By 6 March 2013

1-2.4. État des lieux de l’enseignement du français au Laos

Comme le souligne les conclusions d’un rapport d’enquête commanditée par l’AUF en juin 2007, trois facteurs principaux nuisent à l’efficacité de l’enseignement de la langue française au Laos :

– une politique d’enseignement des langues vivantes peu cohérente et très peu suivie;
– un manque de ressources humaines adaptées;
– et une pénurie de ressources matérielles.

L’offre de l’enseignement du français est très aléatoire et elle ne répond pas à une demande précise, ni de la part des parents, ni de la part des autorités éducatives locales. Ce sont généralement les directeurs des établissements qui décident seuls de la politique linguistique qui sera adoptée dans leur école. Un directeur francophone ou francophile se battra pour le maintien d’une classe de français dans son établissement (dans laquelle il sera d’ailleurs souvent le seul à enseigner). Mais en général, surtout à la campagne, les parents choisissent l’école la plus proche de leur domicile, indépendamment de la qualité de l’enseignement dispensé ou des langues enseignées. L’apprentissage du français est donc complètement conditionné par l’offre qui est faite dans un village ou une zone déterminée. Et on observe à ce sujet une grande disparité à travers le pays.

Par ailleurs, il apparaît que le nombre de professeurs disponibles et leur faible niveau de formation limitent considérablement le développement de l’enseignement du français. Quant aux parents, même s’ils donnent priorité à l’anglais, ils ne s’opposent aucunement à l’enseignement de la langue française et la preuve en est qu’ils accordent leur préférence aux établissements dispensant un enseignement d’une LV2.

Il faut signaler que les directeurs sont tributaires des enseignants disponibles dans leur zone géographique et de leur manque de mobilité; ces derniers ne souhaitent pas, par exemple, faire plus de 10 km pour rejoindre leur lieu de travail. Nombre de diplômés du département de français, devenus professeurs titulaires, préfèrent enseigner une autre matière plutôt que d’envisager un déplacement ou un éventuel déménagement !

D’ailleurs, le manque d’enseignants touche non seulement le français mais aussi d’autres matières. Ainsi, le professeur de français affecté à un établissement où le français n’est pas ou plus enseigné, est aussitôt chargé d’enseigner une autre matière. Leur manque de formation à la pédagogie des langues, leur faible niveau, ainsi que la pénurie de matériel disponible dans les établissements n’incitent pas les directeurs à mettre en place des enseignements de français là où ils n’existent pas.

Lire le mémoire complet ==> (Orienter les filières universitaires francophones à partir des motivations, attentes et besoins des étudiants)
(une étude de cas à Vientiane, Laos)
Mémoire présenté pour l’obtention du Master 2 professionnel parcours 3
Université Paris III – Sorbonne Nouvelle – Ingénierie de formation pour les enseignements de français langue étrangère et des langues