e-Prints Soton : University of Southampton e- Prints Service

By 19 March 2013

2.3. e-Prints Soton : University of Southampton e-Prints Service
http://eprints.soton.ac.uk

Dernier exemple de dépôt institutionnel, e­Prints Soton nous donne un aperçu service européen, britannique, plus précisément. Le Royaume Uni est sans doute un des pays européen les plus actifs en matière d’initiative Open Access.

2.3.1. Historique

Le dépôt institutionnel de l’université de Southampton, e­Prints Soton a été développé dans le cadre du projet TARDis (Targeting Academic Research for Dissemination and Disclosure) qui s’inscrit lui­même dans le cadre du programme FAIR12 (Focus on Access to Institutional Resources) financé par le JISC13 (Joint Information Systems Committee) [http://eprints.soton.ac.uk/information.html].

Le projet TARDis a été lancé au mois d’août 2002 [http://www.jisc.ac.uk/index.cfm?name=projectbrowse] avec pour objectif la mise sur pied d’un dépôt institutionnel multidisciplinaire qui donnerait accès à la recherche scientifique menée à l’université de Southampton. Ce dépôt serait bâti grâce à un système d’auto­archivage par les chercheurs et d’archivage assisté. Le projet TARDis s’est appuyé sur les expériences pilotes menées par les School of Ocean and Earth Sciences et School of Electronic and Computer Science dont les bases de données seront finalement intégrées dans le dépôt [http://tardis.eprints.org].

12 Le programme FAIR a pour objectif l’évaluation et l’exploration des différents mécanismes permettant la diffusion et le partage de contenu sur le web [http://www.jisc.ac.uk/index.cfm?name=programme_fair].

13 JISC offre, dans le cadre de l’enseignement supérieur, une guidance stratégique, des conseils et des opportunités à l’utilisation des technologies de l’information et de la communication pour aider l’enseignement, l’apprentissage, la recherche et l’administration [http://www.jisc.ac.uk].

Alors que le projet est lancé depuis un an, en août 2003, l’université de Southampton revoit et modifie sa structure générale en 3 “faculties” (Faculty of Law, Arts and Social Sciences, Faculty of Medicine, Health and Life Sciences, Faculty of Engineering, Science and Mathematics) et 20 écoles. Ces changements ne sont pas sans incidences sur le projet qui se voit obligé de s’adapter pour représenter au mieux la nouvelle structure de l’université [Hey 2004, pp. 2­3].

En plus des deux expériences pilotes, le développemnt d’un dépôt institutionnel à l’université de Southampton pouvait se baser sur deux éléments déjà disponible : le dépôt thématique CogPrints [http://cogprints.ecs.soton.ac.uk/] et le logiciel d’archivage GNU EPrints [http://software.eprints.org]. Ce dernier a d’ailleurs servit au développement d’e­Prints Soton [http://tardis.eprints.org]. Il n’est donc pas étonnant que l’université de Southampton ait décidé de se doter d’un dépôt institutionnel.

2.3.2. Technique et fonctions

Fonctionnement général

La consultation des documents hébergés au sein d’e­Prints est ouverte à tous sans restriction, il n’est pas nécessaire de s’inscrire, ni de payer pour y accéder. En revanche, en tant que dépôt institutionnel, le dépôt de textes est uniquement autorisé aux membres de l’université de Southampton qui se sont inscrits sur le site.

Ces chercheurs peuvent déposer tout type de documents : articles de périodique publiés ou non, chapitre de livre, texte de conférence,… ainsi que des documents multimedia. Pour le dépôt lui­même, deux solutions sont offertes. Le chercheur peut auto­archiver ses documents et prendre complètement en main leur dépôt via l’interface web, la rubrique “help” lui fournit toutes les informations pour ce faire. Il peut également choisir de transférer ses documents à un service d’e­Prints qui se chargera de les déposer dans l’archive.

Les avantages que le dépôt propose aux chercheurs sont de rendre leur travail de recherche plus visible et plus accessible; de promouvoir leur travail mais aussi celui de leur communauté à l’intérieur de l’université; d’offrir un espace de stockage sécurisé pour leur publication qui permet également de répondre aux requêtes full text et à la publication des données ; de contribuer aux initiatives globales et régionales qui ont pour but d’assurer une audience internationale aux dernières recherche.

E­Prints Soton est ouvert à toutes les disciplines scientifiques enseignées à l’université de Southampton. Dans la pratique, néanmoins, on se rend facilement compte, via l’option “browse by subjects”, qu’elles ne sont pas toutes représentées. Sur les 1 239 documents répertoriés dans les différentes matières selon la classification de la Library of Congress, on en retrouve 766 en océanographie (soit 62 %) et 364 en géologie (soit 30 %). Les 8 % restant se retrouvent principalement parmi les autres disciplines scientifiques (mathématique, biologie, chimie, …). Des disciplines telles que la philosophie, l’histoire, le droit, les langues et littérature ne se retrouvent pas dans le dépôt institutionnel. On peut ainsi se rendre compte aisément des différences qui existent dans la manière de diffuser le savoir scientifique d’une discipline à l’autre.

D’un point de vue technique, e­Prints Soton utilise le logiciel libre GNU EPrints [http://software.eprints.org; http://www.eprints.org] pour la réalisation et le maintien de son dépôt institutionnel. L’utilisation de GNU EPrints rend le dépôt compatible avec les normes développées par l’Open Archive Initiative. Ce logiciel étant développé au département d’informatique et d’électronique de l’université de Southampton, on imaginait mal e­Prints Soton utiliser un autre produit. D’autant plus que la qualité de celui­ci est avérée par les nombreuses utilisations qui en sont faites de par le monde.

La recherche d’information

Le visiteur peut débuter sa recherche d’information via le formulaire “Quick Search” qui se trouve sur la page d’accueil. Cela lui permettra de rechercher de l’information parmi les auteurs, titres, mots­clés, date et résumé. Depuis cette même page d’accueil, il est possible de parcourir le dépôt institutionnel sur base de différents critères : sujets (présentés selon la classification de la bibliothèque du Congrés, les subdivisions qui ne concernent aucun documents du dépôt ne sont pas présentes); facultés, écoles ou autres groupements (sur base de l’organisation de l’université); années; derniers ajouts au dépôt (sans distinction de sujet, type de document,…).

Enfin, deux autres façons de rechercher de l’information : la recherche simple ou avancée. La recherche simple est assez proche de la recherche rapide, elle permet d’interroger en une fois les champs full text, titre, résumé, mots­clés, auteur, créateur, éditeur, date en précisant que les résultats doivent satisfaire à toutes ou n’importe quelles conditions. Il est également possible de les trier par titre, années (du plus récent au plus vieux ou inversément), noms d’auteur.

La recherche avancée offre, outre les champs “classiques”, “habituels” (full text, titre, auteur, créateur, éditeur, date, résumé, mots­clés, titre de publication, de revue) une recherche sur l’école, le centre d’où émane les documents, le sujet suivant la classification de la Library of Congress (toutes les subdivisions de cette classification sont présentées alors que certaines ne concernent aucun documents présents dans le fonds), le type d’e­print (article, livre, section de livre, textes de conférence ou de rencontre, monographie, brevet, thèse, autre) et son statut (publié, en impression, soumis pour publication, non publié).

On retrouve, en général, les mêmes moyens d’accéder à l’information dans les dépôts fonctionnant avec GNU EPrints, ceux­ci sont d’ailleurs indispensables. Les différences que l’on retrouve de l’un à l’autre montre aussi la modularité de ce logiciel et l’adaptation dont il peut faire l’objet par les gérants des différents dépôts. E­Prints Soton est un bon exemple des différentes possibilités de recherche disponibles avec GNU EPrints.

2.3.3. Situation actuelle

Les premiers dépôts de documents dans E­Prints Soton ont eu lieu aux alentours du mois de juillet 2003 et depuis, la quantité de documents disponibles n’a cessé d’augmenter. On peut notamment constater une importante accélération des dépôts durant la période qui va du mois de décembre 2003 au mois de mars 2004, c’est à cette époque que le dépôt semble prendre son envol [http://eprints.soton.ac.uk/information.html]. Il aura fallu quelques mois avant que le dépôt ne soit régulièrement utilisé.

La période couverte par les documents s’étend de 1980 à nos jours. Comme cela est presque toujours le cas, les documents les plus anciens sont aussi les moins nombreux, sans doute à cause de la démarche rétrospective que leur dépôt dans l’archive implique. En moyenne, ce sont 50 documents qui ont été déposés par an mais les écarts par rapport à cette moyenne sont forts. En effet, pour la période de 1980 à 1995, ce sont en moyenne, trois documents qui ont été déposés pour chaque année, tandis que de 2001 à 2004, ce sont 264 documents14
[http://eprints.soton.ac.uk/view/date_effective].

Au niveau des domaines représentés au sein du dépôt, rappelons une absence presque totale des sciences sociales et humaines. Il serait d’ailleurs peut­être intéressant pour l’université de Southampton d’encourager le dépôt de documents dans ces domaines afin que l’archive institutionnelle soit un meilleur reflet de la recherche menée à Southampton. Il est vrai que les habitudes de communication scientifique sont différentes d’un domaine à l’autre mais il est peu problable qu’il n’y ait rien à diffuser électroniquement du côté des sciences sociales et humaines et que les membres de cette communauté n’aient aucun avantages à tirer de l’enrichissement d’un dépôt institutionnel.

14 Notons que les chiffres pour l’année 2004 ne sont pas complets puisque l’année n’est pas terminée.

D’autant que le dépôt individuel est plus facile à réaliser que, par exemple, dans le cas de Caltech CODA (Collection of Open Digital Archives), il n’est pas nécessaire ici de créer un niveau supplémentaire (un dépôt ne concernant qu’un département, une école, une unité de recherche), le dépôt d’un document peut se faire immédiatement par le chercheur. E­Prints Soton est donc directement accessible à tous les chercheurs de l’université.

Dans la mise sur pied de son dépôt institutionnel, l’université de Southampton a pu bénéficier de deux avantages que d’autres institutions n’ont pas forcément eu. D’un côté, citons l’archive thématique CogPrints [http://cogprints.ecs.soton.ac.uk] concernant la psychologie et les neurosciences créée sur impulsion de Steven Harnad en 1997 [Gallezot

2002] considérée comme projet pionnier (avec arXiv et RePEc) dans le domaine des archives ouvertes. Du côté technique, c’est au sein de l’université de Southampton qu’est développé le logiciel GNU EPrints qui sert à la création d’archives en ligne, tant institutionnelles que thématiques. E­Prints Soton peut ainsi bénéficier des derniers développements de ce logiciel. Il est aussi presque obligatoire pour e­Prints Soton d’utiliser ce logiciel; quelle serait l’image de GNU EPrints si l’université dans laquelle il est développé se permettait d’utiliser un autre outil ? Que se passerait­il si GNU EPrints n’était plus développé en continu et dépassé par un autre logiciel (par exemple : DSpace du MIT) ? Le lien qui unit e­Prints Soton à son logiciel comporte certe des avantages (rapide passage aux nouvelles versions, possibilité de retour, de commentaires sur le produit,…) mais aussi des inconvénients principalement celui de ne pas pouvoir aller voir ailleurs en cas de non­satisfaction.

Le lancement du dépôt institutionnel a été réalisé dans le cadre du projet TARDis (Targeting Academic Research for Deposit and Disclosure) financé par le JISC (Joint Information Systems Committee). Par ces moyens de financement et l’inclusion dans le programme FAIR (Focus on Access to Institutional Resources), l’université s’inscrit dans le cadre d’un projet plus général concernant l’entièreté du Royaume­Uni et assurant une certaine cohérence entre les différents projets. Le financement d’initiatives de ce type est sans aucun doute un point fort pour la communication scientifique au Royaume­Uni mais que se passera­t­il si, à un moment donné, ces financements étaient stoppés ? Les projets en cours pourraient­ils continuer normalement ? La marche pour une amélioration de la diffusion des textes scientifiques ne serait­elle pas stoppée ? Et de là, ne serions­nous pas face à un retour en arrière ? Autant de questions et de situations qu’il est impératif d’envisager dès maintenant pour pouvoir y répondre au mieux si elles viennent à se poser un jour.

E­Prints Soton présente de nombreux avantages dont l’un des plus marquant est la simplicité avec laquelle il semble possible de déposer un document et de retrouver de l’information. Espérons qu’il puisse s’enrichir encore et profiter de ses liens avec les développeurs du logiciel GNU EPrints de manière à “coller” au mieux avec les attentes et besoins de ses utilisateurs.

Les dépôts institutionnels sont basés sur un principe assez simple : la collecte de textes provenant d’un même milieu, quel que soit son auteur, son domaine d’application et parfois, son type. A partir de ce principe, les trois exemples examinés nous ont montré que des variantes étaient possibles. Il va sans dire qu’il en existe bien d’autres, chaque université étant libre defaire ce qu’elle veut de son dépôt. Ce type de projet est d’ailleurs de plus en plus développés dans les universités. Citons ici le projet BICTEL/e mené par les universités francophones de Belgique.

Lire le mémoire complet ==> (Réflexions sur quelques nouveaux modèles de communication scientifique)
Diplôme d’études spécialisées (D.E.S.) en sciences et technologies de l’information
Université Libre de Bruxelles – Faculté de Philosophie et Lettres Section Infodoc