Collaboration de l’audit avec l’entreprise auditée

By 3 March 2013

Exigences comportementales au niveau de l’exécution de la mission – Section 2:

Selon l’approche d’audit par les risques, la mission d’audit commence par l’observation de l’activité de l’entité dans son environnement, de la structure de son capital, de son organisation, du style de gestion et de la stratégie de sa direction, et de la manière dont les opérations comptables sont conduites, contrôlées et enregistrées. Cette approche permet à l’auditeur de porter directement son attention sur les aspects significatifs et son objectif est de concentrer l’effort d’audit sur les zones de risques.

18 La norme française 1-201 élaborée par la CNCC prévoit une seule lettre de mission co-signée par les deux co- commissaires aux comptes.

Tout au long de ces étapes, l’auditeur se trouve en relation directe aussi bien avec le personnel de l’entreprise auditée, qu’avec les membres de l’équipe d’audit. Dans son code de conduite (PWC, 2002) PriceWaterhouseCoopers déclare que « les meilleurs solutions proviennent d’un véritable travail d’équipe, entre nous et avec nos clients. Des relations enrichissantes et à long terme, le respect de chacun et le partage du savoir et de l’expérience favorisent chaque jour la concrétisation de cette valeur » (PWC, 2002).

1. Collaboration avec l’entreprise auditée

Les collaborations les plus utiles à développer avec le client portent sur la collaboration avec l’expert comptable intervenant dans l’entreprise (s’il y a lieu), les services comptables, financiers et d’audit interne, les juristes et les conseillers de l’entreprise.

Selon Herrbach (2000, p 52) « Pour l’exécution satisfaisante de sa mission, l’auditeur de terrain est fortement dépendant de la bonne volonté de ses interlocuteurs dans l’entreprise contrôlée ». En effet, il a besoin d’eux pour la collecte d’information sur la nature de l’activité de l’entreprise, la connaissance de son environnement économique, social et juridique et pour la description et l’évaluation des procédures existantes et l’appréciation du risque. Cette étape est généralement effectuée par l’intermédiaire d’entretiens avec les dirigeants, les responsables et même avec le personnel opérationnel de l’entreprise19. Si l’entretien avec le personnel ne pose pas de difficultés, l’accès aux niveaux hiérarchiques les plus élevés s’avère plus difficile.

Deux attitudes peuvent concrétiser le comportement des clients :
– une résistance passive, dans ce cas l’auditeur est mal perçu et ne trouve pas les informations nécessaires pour la bonne exécution de la mission
– une collaboration honnête, permettant à l’auditeur d’obtenir les pièces nécessaires pour la constitution de son dossier et toutes les informations demandées.

19 Selon ISA 315 « Bien qu’une grande partie de l’information que l’auditeur peut obtenir par des demandes d’informations puisse l’être auprès de la direction et des personnes responsables de l’information financière, des demandes d’informations auprès d’autres personnes au sein de l’entité, comme le personnel de production, les auditeurs internes et d’autres employés à différent niveau de responsabilités, peuvent être utiles pour lui » (ISA 315, § 9).

« En fait, c’est à chaque auditeur en fonction de sa personnalité, de son apparence et des circonstances, de déterminer l’attitude adéquate pour exécuter sa mission rapidement et de manière aussi agréable que possible » (Herrbach, 2000, p 52). La principale compétence comportementale à cette étape de travail est l’empathie. Selon Goleman (1999, p 58)

« L’habileté à diriger, l’aptitude à travailler avec différents types de gens et avec des employés de tous les niveaux, qu’il s’agisse de représentants, ou de dirigeants… tout cela demande de l’empathie et un grand contrôle de soi ». En outre, pour réussir à bâtir un esprit de collaboration constructif au sein de l’entreprise auditée, il est nécessaire de savoir gérer la diversité pour collaborer avec des personnes différentes.

2. Collaboration à l’intérieur d’une équipe de travail

Les missions d’audit se déroulent généralement par groupe appelé « équipe d’audit » à effectif et composition variables d’une mission à une autre.

Compte tenu des horaires considérables que les membres de l’équipe d’audit passent ensemble, essentiellement pour les missions en déplacement, la nature des relations entre eux présente une grande importance. En effet, « il se crée une dynamique particulière à l’intérieur de chaque groupe qui va dépendre des liens éventuels préexistants entre les individus, des personnalités et des réputations de chacun » (Herrbach, 2000, p 107).

2-1 : L’esprit d’équipe

« L’esprit d’équipe comprend les compétences nécessaires pour travailler avec d’autres personnes et doit être considéré en rapport avec les compétences relatives à la communication puisque l’acte de communiquer implique une interaction avec autrui.

Ces compétences sont aussi liées aux compétences relatives à l’attitude et aux comportements positifs car l’efficacité avec laquelle on parvient de maîtriser ses émotions et ses interactions avec les autres est intégrée à la capacité que l’on possède de faire preuve d’un bon esprit d’équipe » (Yaich, 2005, p 97, selon la conférence Board du Canada).

Ainsi, dans les missions d’audit, où le travail est avant tout un travail d’équipe, l’esprit de groupe et la capacité de travailler en équipe sont une condition primordiale de succès.

L’aptitude à travailler en équipe est la capacité à créer des synergies en travaillant pour réaliser des buts communs. Selon Goleman (1999, p 261) : « Ceux qui possèdent cette capacité :
– présentent des qualités d’équipiers comme le respect et la serviabilité,
– communiquent leur enthousiasme et leur dynamisme à leurs coéquipiers,
– développent une identité de groupe, un esprit de corps et un sens du dévouement,
– protègent le groupe et sa réputation. Ne s’accaparent pas les mérites d’un travail collectif ».

Il en découle que les équipes sont performantes, lorsque les membres aiment travailler en groupe, ont la capacité de s’adapter les uns aux autres et sont capables de gérer les conflits20 qui peuvent surgir tout en privilégiant l’intérêt du groupe sur l’intérêt personnel. Selon Goleman, un superbe intellect et des talents techniques ne font pas à eux seuls de grande équipe, il faut aussi des compétences comportementales.

2-2 : L’esprit de collaboration

« La collaboration est l’effort déployé volontairement par un groupe pour une meilleure exploitation des ressources et des informations détenues par chacun. Elle traduit un engagement de la part de tout individu dans son travail et évite aux acteurs de recourir à des compromis inutiles » (Derbel et Ben Ammar, 2003, p 81).

Au niveau des groupes d’audit, l’esprit de coopération et de collaboration a une grande importance.

Au terme de l’ISA 300 § 3, la planification de la mission demande la participation de l’associé responsable et des autres membres clés de l’équipe affectée à la mission afin de bénéficier de leur expérience et de leur apport personnel et de rendre le processus de planification plus efficace et plus efficient.

Lors de l’exécution des travaux, l’ISA 315 rend obligatoire aux membres de l’équipe affectée à la mission de discuter des problèmes rencontrés et de la possibilité que les états financiers contiennent des anomalies significatives. L’objectif de cette discussion est d’obtenir une meilleure compréhension de l’entité et des anomalies significatives qui peuvent survenir, elle donne aussi une opportunité aux membres plus expérimentés de l’équipe de partager leur point de vue avec les autres membres de l’équipe. « La discussion au sein de l’équipe affectée à la mission souligne la nécessité de faire preuve d’esprit critique tout au long de la mission, afin d’être attentif à toute information ou à toute autre situation indiquant qu’une anomalie significative résultant de fraudes ou d’erreurs a pu survenir, et la rigueur qu’il convient d’avoir dans le suivi de telles informations » (l’ISA 315, §18).

20 Selon Beaudin (1999, p 3) « s’intégrer, s’impliquer, nouer des liens et faire preuve d’empathie sont des aptitudes particulièrement nécessaires tout comme savoir coopérer, négocier et aborder des conflits à l’amiable : elles permettent de vivre avec les autres et de travailler en équipe ».

En fait, chacun des membres de l’équipe ne dispose que d’une partie des informations nécessaires à l’exécution du travail, et il faut collaborer et coordonner ensemble pour échanger les idées, essayer de résoudre certains problèmes et atteindre les meilleurs résultats. En conséquence, la collaboration à l’intérieur de l’équipe d’audit permet d’aider les personnes en charge du dossier à la résolution des difficultés méthodologiques, et de partager l’ensemble des informations avec les autres collaborateurs impliqués dans le dossier (Yaich, 2003, p 102).

Lire le mémoire complet ==> (Les compétences comportementales dans les missions de commissariat aux comptes)
Mémoire pour l’obtention du diplôme national d’expert-comptable
Université du Sud – Faculté Des Sciences Economiques Et De Gestion De SFAX

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