Les réactions de l’enfant lors des soins dentaires

By 18 February 2013

Chapitre VI : Résultats

VI.1 Les données descriptives

VI.1.1 Le sexe

Nous avons eu pratiquement une quantité égale de patients valables (filles et garçons) dans la totalité. Il est vrai que dans le groupe 2 le nombre des garçons était supérieur et l’inverse s’est produit dans le groupe 3 (Cf. Tableau 16).

Groupe 1 Groupe 2 Groupe 3 Total
Patients valables 8 garçons8 filles 10 garçons6 filles 5 garçons11 filles 23 garçons25 filles

Tableau 16: Nombre de garçons et filles présents dans la recherche

VI.1.2 Education des parents

Le niveau d’études des parents a fait l’objet d’un questionnement et dans les groupes 1 et 2 la plupart des parents (car nous avons également posé la question à propos des pères) n’avaient pas achevé le niveau fondamental (quatre années d’étude). Dans le groupe 3, la moitié des parents avaient déjà terminé des études supérieures et 8 avaient des études en cours dont 6 finissant dans l’année universitaire 2007-2008 (Cf. Tableau 17).

VI.1.3 La provenance

Le lieu d’origine des familles peut constituer une caractéristique et être en rapport avec d’autres aspects socio-économiques tels que les revenus. Ainsi, nous avons dans le groupe 1 et 2 une majorité de parents (12 dans le groupe 1; 5 dans le groupe 2, mais les 7 venant des villes-satellites de ce groupe étaient originaires du nord-est; cf. Tableau 17) qui avaient quitté le nord-est du pays pour chercher du travail, une maison ou bien une « vie meilleure ».

Est particulièrement présent le dégoût de quelques mères des groupes 1 et 2 pour leur situation actuelle dans les villes satellites; ce qui est remarquable, c’est l’inquiétude à propos de l’avenir des enfants, la recherche d’une propriété (« l’envie d’avoir ma maison ») et le désir d’avoir un travail.

Dans le groupe 1, parmi les 12 mères venant du Nordeste du pays, 9 n’aiment pas vivre à Águas Lindas : endroit très dangereux, loin de la famille. Celles qui aiment y vivre, ont déjà leur « maison », travaillent de temps en temps ou bien préfèrent la situation présente à leur situation précédente. Dans le groupe 2, les 5 mères venues du Nordeste ont suivi quelqu’un de la famille. Deux d’entre elles regrettent le fait d’être là, l’une parce qu’elle est loin de la famille et l’autre à cause de la difficulté de trouver un travail. Nous pouvons illustrer ces derniers résultats par quelques extraits d’entretiens :

«Là-bas, on payait un loyer, à Ceilândia (autre ville satellite), ‘on a habité’ 13 ans en payant un loyer. Alors il a pris sa retraite et il a eu cet argent et j’ai dit, allez ‘on va’ acheter un petit lot, pour arrêter de payer un loyer et alors nous ‘l’avons acheté’ ici à Águas Lindas. (…) Je n’ai pas envie de retourner au Piauí (Nordeste du Brésil)… La seule chose c’est que tout est loin, je reste longtemps enfermée à la maison. Il y a beaucoup de bandits, j’habite au terminus, la police vient de temps en temps, nous avertissant pour qu’on ne sorte pas. Seulement dans ma rue, ils ont tué 4 bandits. Devant chez moi il y a un bar, je suis morte de peur, parce que je sais qu’il y a des bandits. Et je pense beaucoup à C., parce qu’il aime jouer dans la rue… C’est pour cela surtout que j’ai envie de partir d’ici. »

Mme Ernestina, mère de C., 8 ans, groupe 1

« La vie ici n’est pas meilleure (qu’à Minas Gerais, d’où elle vient), mais être logé par faveur, ça peut pas durer! (…) Et oui, ici tout est difficile, tout est loin… c’est pas humain, mais quand on a son petit coin…(soupirs) »

Mme Simone, mère de W., 8 ans, groupe 1

« Ah, on est venu ici parce que les conditions d’ici étaient meilleures, hein? Que là-bas… Là- bas, j’étais dans le besoin… ici, j’ai aussi des problèmes, vous savez, mais ‘c’est pas’ pareil, vous savez… ici c’est dur, mais vous recevez des légumes, vous allez au marché, alors ils mettent ces caisses de légumes, vous demandez si vous pouvez en prendre ou pas… »

Mme Cirlene, mère de C., 9 ans, groupe 2

VI.1.4 Les revenus

La plupart des mères/pères sont mariés (G1 : 13, G2 : 9, G3 :14) et vu que la plupart des mères du groupe 1 et 2 ne travaillent pas (G1 : 14 non G2 : 10 non), la base de leurs revenus est surtout constituée par ce que leurs maris gagnent. Dans le groupe 3, la grande majorité des parents enquêtés travaillent. De toute façon, pour ceux qui ne travaillent pas, le conjoint assure les dépenses financières sans problème.

Il est intéressant de remarquer que quelques parents du groupe 2 profitent d’une aide financière du gouvernement (aide-maladie pour les enfants : transport gratuit, médicaments, argent) et il semble que cela puisse les place dans une situation « confortable » ce qui fait qu’ils ne cherchent pas vraiment à travailler. D’un autre côté, il ne faut pas oublier les fréquents aller-retours à l’hôpital, ce qui empêche un engagement sérieux des mères dans un travail.

« (…) chez moi il y a beaucoup de frais… tout le monde mange beaucoup! C., s’il y a rien à manger le matin, il commence à dire qu’il a cette chose mauvaise, qui le ronge entièrement, ou je demande à la voisine un œuf frit, je m’arrange toujours pour qu’il mange… la maîtresse dit qu’elle entend de loin son estomac qui gargouille… ‘il tient pas’… je gagne 130 (51 euros), de son revenu… de l’école. Oui, ça va pas, il y a l’eau, il a l’électricité! Ce mois-ci ça a été un peu difficile… des vêtements je peux même plus en acheter, si je m’en achète… je reçois encore un petit peu avec du crochet que je fais, vous savez…

Même aux cours que j’ai, l’après-midi, je l’emmène’ pour pas’ payer de ticket… Et’ il est pas’ content! Il dit ‘ah, maman, mais dans ce cours il y a pas de goûter…’ on reste de 14 à 17 heures… il est en colère, parce ‘qu’il y a pas’ de goûter…»

Mme Cirlene, mère de C., 9 ans, groupe 2

« (…) je suis allée à l’hôpital et quand j’y suis arrivée, le médecin a dit que j’avais droit, comme j’avais arrêté de travailler, à une aide-maladie au nom de B. Une aide de cinq ans, parce qu’encore ça a pas fait cinq ans d’aide. Alors j’ai couru la faire, il a fallu cinq mois, j’ai abandonné, parce que c’était difficile, j’ai pris beaucoup de portes dans la figure, vous voyez? Je pleurais à cause de ça, je trouvais que c’était humiliant, vous comprenez? (…)j’y suis retournée et ils m’ont dit que ça n’avait pas été résolu parce qu’il manquait un papier qui prouve les revenus, ce que j’avais comme revenus, et ‘je pouvais’ recevoir l’aide que si j’avais des revenus inférieurs à 90 reais (35 euros), jusqu’à 90 reais. Alors, j’ai dit, écoutez, je gagne que 60 reais (23 euros) de pension pour ma fille – aujourd’hui c’est 70 – toutes ces années, aujourd’hui c’est 70!!! Alors j’ai pris la preuve à la firme de mon mari et je suis depuis trois ans avec cette aide et c’est la seule chose qui peut m’aider…Ça donne un salaire minimum… (125 euros) si j’avais travaillé quand j’étais arrêtée, j’aurais ma carte signée, j’avais droit aussi à quelque chose de plus, vous comprenez? Mais comme ça a été une maladie qui n’est pas à moi, à ma fille, vous voyez? Que le salaire vraiment, c’est ce que j’ai pu avoir… mais j’ai eu ça quand j’ai prouvé que ‘j’avais pas’ de revenus… »

Mme Antonia, mère de B, 6 ans, groupe 2

« C’est travailler qu’il faudrait !! Ahhh, comment travailler comme ça? Hier, j’étais à l’hôpital d’Apoio, aujourd’hui je suis à l’ HuB (Hôpital Universitaire de Brasilia) … si je trouve un emploi, le patron me fait mourir du cœur ou il meurt! C’est l’un des deux! (rires) Ils veulent qu’on soit 100% tous les jours, hein? »

Mme Florencia, mère de J.F., 9 ans, groupe 2

VI.1.5 L’âge

VI.1.5.1 L’âge de l’enfant

Notre échantillon est constitué d’enfants entre 6 et 9 ans; donc l’âge moyen des enfants est de 7, 5 ans.

VI.1.5.2 L’âge lors du traitement oncologique

Comme il a été précisé dans le chapitre consacré à la Méthodologie (Cf. Chapitre V), tous les enfants du groupe 2 ont eu le cancer avant l’âge de 7 ans. A partir de la règle d’intervalle de temps post traitement, nous avons pu observer que 11 enfants ont eu le cancer après l’âge de 2 ans et avant 7 ans. Les 5 autres ont eu le cancer après leur naissance, lorsqu’ils n’avaient que quelques mois.

Groupe 1 Groupe 2 Groupe 3
Age enfant Moyenne : 7.62 ansMoyenne garçons :

7, 75 ans

Moyenne filles : 7, 5 ans

Moyenne : 7, 62 ans Moyenne : 7, 43 ans Moyenne garçons : 8, 1 ans Moyenne garçons : 7,6 ans Moyenne filles : 6, 83 ans Moyenne filles : 7,36 ans
Age parent Moyenne : 33,12 Moyenne : 34, 18 ans Moyenne 29, 68 ans
Education mere Arrêtées au secondaire : 3(une prétend suivre des études)

Arrêtées avant le

secondaire : 13

Arrêtées au secondaire : 6 8 niveau d’étudeArrêtées avant le secondaire : 10 supérieur

8 sont à la fac

Travail 14 non2 oui (gardienne, cuisine) Non : 10 14 oui Noter que 6 mères culpabilisent 2 non à cause de la maladieOui : 6

Travail : 2 femmes de ménage, secrétaire,

Pâtissière,

Volontaire dans l’institut kardéciste

Etat civil 13 mariées(9 disent vivre en couple)

3 célibataires

(vivent avec le père de l’enfant plus petit)

Mariées : 9 (3 disent vivre en 14 mariés couple) 2 célibataires Célibataires : 4Divorcées : 3
Revenus Moyenne* : 129 euros Moyenne* : 279 euros Moyenne* : 3200 euros
Origine 12 Nordeste1 Minas Gerais

2 Goiás

1 villes –satellites

7 Villes- satellites 14 Brasília5 Nordeste 1 São Paulo

3 Goiás 1 Ville-satellite

1 Minas 2 de ceux de Brasília affirment que la

Raison : famille est du Nord-est (Bahia et Piauí)

Enfants 9 mères ont 3 enfants5 mères ont 2 enfants

1 mère a 1 enfant

1 mère a 5 enfants

2 mères ont 5 enfants 9 ont 2 enfants1 mère a 4 enfants 4 ont 1 enfant

6 mères ont 3 enfants 2 ont 3 enfants

4 mères ont 2 enfants 1 a 4 enfants

3 mères ont 1 enfant

* La mo yenne des groupes 1 et 2 a été fait e par rapport aux re venus du père et/ou de la mère (l a plupart des

mèr es ne tra vaillent pas). La mo yenne du groupe 3 a été fa ite par rapport au salai re du père/ mère enquêté (ils ont préfér é dire s eule ment un des sal aire s)

Tableau 17: Ré sultat s du pr e mi er mo me nt de l’ e ntr etie n : que stions s ur l’i de ntifi c ation du pati ent et du pare nt

VI. 1.6 Le type de cancer

Le cancer le plus fréquent chez les enfants de la recherche est la leucémie lymphoïde aiguë; 7 enfants atteints (Cf. Tableau 37).

VI. 2 Les données relatives aux hypothèses

A partir des hypothèses de recherche, nous avons pu catégoriser les résultats et les séparer en deux situations distinctes : premièrement, les réactions de l’enfant lors des soins dentaires, avec des résultats tirés, d’un côté, de l’analyse des enregistrements vidéo concernant les réactions des enfants durant une consultation et, de l’autre, de la classification selon l’échelle de Frankl du comportement observé; deuxièmement, les attitudes des parents face à la situation de soins dentaires , avec des résultats obtenus par l’analyse des entretiens de recherche menés avec eux.

VI.2.1 Les réactions de l’enfant lors des soins dentaires

VI.2.1.1 Les résultats obtenus par l’analyse des enregistrements vidéo

L’organisation des résultats obtenus grâce aux enregistrements sur caméscope a été faite à partir de l’étude de Ionescu et alii.(1995) et nous avons constaté que cette méthode d’analyse de résultats pouvait nous aider à trouver le bon chemin conduisant à une présentation plus concise et plus structurée des divers comportements observés, compte tenu des variables de l’étude.

Ces résultats montrent que les comportements en contexte solitaire prédominent. Les groupes 1 et 2 sont plus expressifs, tant par leurs comportements interactifs/solitaires que par les comportements coopérants/non-coopérants (Cf. Tableaux 19-22).

Tout d’abord, il faut expliquer que le nombre de comportements différents présentés par les enfants dans chaque catégorie est donné par le total des exemples différents observés, sauf dans le cas où les catégories de comportement ne présentaient qu’un seul exemple de comportement (exemple : catégorie « immobilité » ayant comme exemple « rester immobile » ou catégorie « soupirs » avec un seul exemple « soupirer » (Cf. Annexe I et Tableaux 19, 23 et 24).

Dans la Méthodologie (Cf. Chapitre V) nous avons précisé que les comportements ont été classés selon l’interaction des enfants avec les personnes présentes dans le cabinet dentaire (« comportements solitaires » et « comportements interactifs ») et selon leur collaboration pendant les soins (« comportements coopérants » et « comportements non-coopérants »). A partir de là, nous observons que les « comportements solitaires » comprennent une quantité plus grande de catégories de comportements (8 types de catégories), mis à part le fait que nous avons une majorité de comportements présents dans chaque groupe (596 types de comportements; cf. Tableau 18).

comportements observés et distribués par classes de comportements
Tableau 18 : Quantité totale de comportements observés et distribués par classes de comportements

Passons aux considérations sur les groupes de patients; nous constatons que le groupe 2 a présenté une faible prédominance sur le total des comportements par rapport au groupe 1 (Cf. Tableau 19 : les catégories de comportements « autostimulation », « locomotion seul »; Tableau 20 : les catégories « communication verbale », « contacts physiques », « échanges non-verbaux »; Tableau 21 : les catégories « aides »; Tableau 22 : les catégories « mouvements brusques » et « pleurs » (comportements non-coopérants)).

Classes de comportements Catégories de comportements Distribution des Total comportements par groupe
Comportements solitaires Immobilité G1 14 G2 14 G3 13 41
Manipulation d’un objet seul G1 : 21 manipulations 44G2 : 14

G3 : 9

Regards G1 : 38 regards 91G2 : 34

G3 : 19

Autostimulation G1 : 74 autostimulations 260G2 : 135

G3 : 51

Locomotion seul G1 : 46 locomotions 147G2 : 56

G3 : 45

Pleurs G1 : 3 pleurer 9G2 :2

G3 :4

Cris G2 :2 2
Soupirs G1 : 2 soupirer 2
Total G1 : 198 G1+G2+G3 = G2 : 257 596G3 : 141

Tableau 19 : Total des comportements solitaires dans les trois groupes

Nous n’avons pas considéré la catégorie de comportement « prières » (Cf. Annexe I) dans le total, vu sa faible fréquence d’apparition et dans la même optique, nous avons également laissé de côté- dans la totalité des comportements observés- les exemples de comportements qui ne sont apparus qu’une seule fois. Mais toutes les catégories de comportement sont montrées dans la grille utilisée pour les vidéos (Cf. Annexe I) et le détail des exemples de comportements sont montrés également dans les tableaux 23 et 24.

Classes decomportements Catégories decomportements Distribution des comportements par Total groupe
Comportementsinteractifs Communication verbale G1 :12 communications 37G2 : 18

G3 : 7

Manipulation objetavec une personne G1 : 14 manipulations avec 31G2 : 7

G3 : 10

Contact physiqueavec une personne G1 : 2 contacts 7G2 : 5
EchangesVerbaux G1 : 7 échanges verbaux 20G2 : 6

G3 : 7

Echangesnon verbaux G1 : 109 échanges non verbaux 299G2 : 119

G3 : 71

Total G1 : 144 G1+G2+G3= G2 : 155 394G3 : 95

Tableau 20 : Total des comportements inter actifs dans les trois groupes

Par rapport aux résultats envisagés selon les classes, comportements « coopérants » et « non- coopérants », il a été démontré que le groupe 2 présente les résultats les plus positifs (coopérants : « sourires » 10 et « aides » 71) et en même temps, les résultats les plus négatifs (non coopérants : « mouvements brusques » 20, « pleurs » 4, « cris » 2, « silence » 3, « manque d’échanges » 4). Néanmoins, il faut noter que les résultats dans ces classes de comportements (coopérants et non- coopérants) se sont révélés bien équilibrés entre les trois groupes, sauf dans la catégorie « aides » où la quantité de comportements trouvée dans les groupe 1 (66) est plus élevée que dans le groupe 3 (51) et dans la catégorie « mouvements brusques », où le groupe 2 est mis en relief grâce à la grande différence des comportements trouvés par rapport aux deux autres (G1 : 5 mouvements, G2 : 20 et G3 : 4 mouvements; cf. Tableaux 21 et 22).

Classes decomportements Catégories decomportements Distribution des comportements par Total groupe
Comportementscoopérants Sourires G1 : 11 sourires 29G2 :10

G3 : 8

Aides G1 : 66 aides 188G2 : 71

G3 : 51

Total G1 : 77 G1+G2+G3= G2 : 81 217G3 : 59

Tableau 21 : Total des comportements coopérants dans les trois groupes

Classes decomportements Catégories decomportements Distribution des comportements par Total groupe
Comportementsnon-coopérants Mouvements brusques G1 : 5 mouvements 29G2 : 20

G3 : 4

Pleurs G1 : 2 pleurer 10G2 : 4

G3 : 4

Cris G2 : 2 crier 2
Silence G1 : 5 ne pas répondre 8G2 : 3
Manque d’échanges G1 : 9 ne pas regarder 15G2 : 4

G3 : 2

Total G1 : 23 G1+G2+G3= G2 : 31 64G3 : 10

Tableau 22 : Total des comportements non-coopérants dans les trois groupes

Afin de mieux comprendre quels sont les exemples de comportement les plus observés, on peut se reporter aux Tableaux 23 et 24. Les comportements semblent se distribuer de manière différente selon le groupe, comme nous l’avons remarqué et selon le moment de la consultation : il faut dire qu’au début et à la fin de la consultation, les enfants présentent tous un comportement assez semblable du à la locomotion initiale et finale (entrée dans la salle de soins, installation sur le fauteuil et sortie de la salle).Pendant la consultation, deviennent plus évidents les interactions, les manques d’échanges, les comportements solitaires et toutes les autres catégories en relation avec le déroulement de la consultation, et nous avons le détail des « échanges non-verbaux ». Cette catégorie de comportement est évidemment plus présente en raison surtout de l’occupation de la bouche durant les procédures de soins dentaires, ce qui fait que l’enfant et le dentiste stimulent leur communication non-verbale.

La deuxième catégorie de comportement la plus observée dans ce contexte a été l’ « autostimulation » avec une grande quantité d’exemples de comportements dans les trois groupes observés. Même si l’« autostimulation » se manifeste à travers 36 types différents de comportement (Cf. Annexe I), la fréquence des « échanges non-verbaux », avec 25 types différents, a été plus grande chez les enfants des trois groupes (total de la distribution des « échanges non-verbaux » dans les trois groupes : 299 et « autostimulation » dans les trois groupes : 260; cf. Tableaux 23 et 24).

Classes decomportements Catégories decomportements Exemples de comportements et distribution par groupes Total
Comportementssolitaires Immobilité G1 14 G2 14 G3 13 G1 14 G2 14G3 13
Manipulationd’un objet seul G1 : Manipuler miroir 10, brosse 4, cordon 3; Toucher lampe 2; Jouer G1 : 21appuie-bras 2 manipulations

G2 : Manipuler miroir 2, brosse 2; Toucher instrument plateau 4, lampe G2 : 14

2; Jouer avec appui 4 G3 : 9

G3 : Manipuler miroir 5, jouet, 2, brosse 2

Regards G1 : Caméscope sérieux 2, curiosité 9, caméscope sans expression 2, G1 : 38 regardssalle avec curiosité 6, dentiste avec curiosité 12, assistante 3, équipement G2 : 34

avec curiosité 6, instruments avec curiosité 2 G3 : 19

G2 : caméscope avec curiosité 6, sans expression 3, salle curiosité 7, dentiste curiosité 9, dentiste sans expression 3, instruments avec curiosité 6

G3 : caméscope avec curiosité 5, sérieux 2, dentiste avec curiosité 6, parent avec joie 2, instruments ave curiosité 2 équipement curiosité 2

Autostimulation G1 : toucher visage 2, cheveux 5, bouche 5; croiser les mains 2; tordre G1 :les mains 2, serrer les mains 2; balancer les pieds 2; jambes 3; mordre 74

les lèvres 2; lever le corps et regarder quelque chose 3, dentiste 5; autostimulations

s’allonger 2; frotter/gratter visage 6, tête 3, corps 2; bouger jambes 6, G2 : 135 mains 2, bras 2, pieds, mains 2; jouer mains 3; mouvoir de manière G3 : 51 répétitive bras 2; tourner la tête à la recherche dentiste 3, quelque chose

2; mettre doigt dans bouche 4; mettre mains sur le corps (poitrine) 2

G2 : toucher visage 6, cheveux 4, bouche 8; bouger langue 2; croiser mains 2; bouger dansant 3; balancer tête 3; balancer pieds 2, jambes 3;

mordre lèvres 4; frapper fauteuil 6; lever corps avec le but de chercherquelque chose 5, dentiste 5, instruments 2, équipement 2; s’allonger 6; bailler 5; frotter/gratter yeux 6, visage 11, nez 2; bouger mains 3, bras 9, jambes 5, pieds 2; jouer mains 2; tousser 3; mouvoir répétitivement bras 2, pieds 2; plier jambes 3; mettre doigt bouche 3; taper ventre 3; tourner tête à la recherche parent 2, dentiste 3, quelque chose 3; regarder plafond 3.

G3 : toucher visage 2, bouche 2; bouger langue 3; croiser jambes 5; serrer mains 4; balancer jambes 2; bouger jambes 6, pieds 7; frotter/gratter visage 7, tête 3, corps 2; mouvoir répétitivement pieds 3; mettre mains sur le corps (poitrine) 5.

Locomotion seul G1 : entrée souriant 4, timide 3, méfiant 4, sérieux 4; s’assoit sans G1 : 46problèmes 12, avec problèmes 4; sort tranquille 8, relief 2, content 5. locomotions

G2 : entrée tranquille 6, sérieux 7, souriant 5, s’assoit sans problèmes 16, G2 : 56

sortir tranquille 10, sérieux 2; glisser fauteuil 8; rester allongé 2. G3 : 45

G3 : entrée tranquille 7, sérieux 3, souriant 4; s’assoit sans problèmes

14, avec problèmes 2; sortir tranquille 6, sérieux 3, content 4, rester allongé 2.

Pleurs G1 : 3 (2 liés anesthésie) G1 : 3 pleursG2 :2 (2 liés anesthésie) G2 :2

G3 :4 (3 liés peur, 1 anesthésie) G3 :4

Cris G2 : 2 G2 : 2
Soupirs G1 :2 G1 : 2
Comportementsinteractifs Communicationverbale G1 : parler avec dentiste 10, parent 2. G1 :12G2 : parler avec dentiste 8, parent 8; se moquer 2 communications

G3 : parler avec dentiste 4, parent 3 G2 : 18

G3 : 7

Manipulationobjet avec une personne G1 : manipuler brosse 2; recevoir miroir 10, instrument 2. G1 :G2 : manipuler brosse 2, recevoir miroir 3, instrument 2. 14

G3 : recevoir miroir 6, chiffon, 4. manipulations avec

G2 : 7

G3 : 10

Contact physiqueavec une personne G1 : Recevoir câlin 2 G1 : 2 contactsG2 : Recevoir câlin 3; être tenu par assistant 2. G2 : 5
Echanges verbaux G1 : pleurs 3; éloges 4 G1 : 7 échangesG2 : cris 2; pleurs 2; éloges 2 verbaux

G3 : pleurs 4; éloges 3 G2 : 6

G3 : 7

Echanges non verbaux G1 : sourires vers dentiste 7, parent 2, seul 8; expression timide 4, G1 :sérieuse 8, triste 3, anxieuse 9 , effrayée 8, maligne 2, contente 3, 109 échanges méfiante 2, calme 3, contrainte 2; regards 15; regarde le caméscope, non-verbaux timidité 2; regarde le caméscope, sourire 4; regarde le caméscope, G2 : 119

méfiant 3; balance la tête (oui et non) 12; baisse la tête, honte 2; ferme G3 : 71

les yeux (lampe) 2; grimaces dentiste 2; montre la dent qui fait mal 4;

touche instrument après demande dent 2.G2 : sourires vers parent 11, dentiste 9, seul 2; gestes positifs 2, conversation 6; Expression timide 5, sérieuse 13, triste 2, déconcertée 2, maligne 2, anxieuse 2, contente 6, méfiante 2; regards 16; regarde caméscope, sourire 7; regarde caméscope, méfiant 2; balance tête 13; croise bras, fatigue 5; couvre visage, honte 2; indique avec doigt parent

2; ferme les yeux (peur anesthésie) 2; grimaces seul 4; montre dent qui fait mal 2.

G3 : Sourire vers parent 4, dentiste 8, seul 4, assistante 3; expression timide 3, sérieuse 7, triste 2, anxieuse 5, effrayée 4, contente 2, calme 4, contrainte 2; regards 12; regarde le caméscope, timidité 4; regarde le caméscope, sourire 3; balance la tête 4.

Tableau 23 : Distribution détaillée des exemples de comportements solitaires et interactifs dans les groupes

La richesse des exemples de comportement observés à partir des enregistrements (Cf. Annexe I et Tableaux 23 et 24) a pu décrire la situation de soins dans les types de procédures déjà mentionnés les plus divers et les comportements les plus observés sont, dans l’ordre :

.Echanges non-verbaux
.Autostimulation
.Aides
.Locomotion seul
.Regards
.Manipulation d’un objet seul
.Immobilité
.Communication verbale
.Manipulation d’objet avec une personne
.Mouvements brusques du corps
.Sourires
.Echanges verbaux
.Manques d’échanges
.Pleurs (comportements solitaires)
.Pleurs (comportements non coopérants)
.Contacts Physiques
.Cris et soupirs

Classe decomportements Catégories decomportements Exemples de comportements et distribution par groupes Total
Comportementscoopérants Sourires G1 : 11 G2 :10 G3 : 8 G1 :11 sourires
G2 :10G3 : 8
Aides G1 : tenir miroir 10; répondre demandes dentiste 12, parent 2; G1 : ouvrir la bouche 16; se brosser les dents avec le dentiste 2; rester 66 aides immobile 14 (2 au début); cracher 10. G2 : 71G2 : tenir miroir 3, serviette 2, main 2; répondre demande dentiste G3 : 51

11, parent 3; ouvrir bouche 15; rester immobile 14 (7 au début);

cracher 3.

G3 : tenir miroir 6, jouet 2; répondre demande dentiste 12; ouvrir bouche 13; rester immobile 13; être assis sur les mains sans demande 2, avec 3.

Comportementsnon-coopérants Mouvementsbrusques G1 : Bouger beaucoup fauteuil (non pendant les soins) 2; croiser G1 :bras poitrine 3. 5 mouvements

G2 : bouger beaucoup fauteuil 8; fermer lèvres 3; fermer bouche G2 : 20

3; tirer main vers bouche 2; couvrir bouche et visage avec bras 2; G3 : 4

tourner tête 2.

G3 : bouger beaucoup fauteuil 2; tirer main vers bouche 2.

Pleurs G1 : pleurer sans bouger 2 G1 : 2 pleursG2 : pleurer sans bouger 2, avec mouvements 2. G2 : 4

G3 : pleurer sans bouger 4. G3 : 4

Cris G2 : crier 2 G2 : 2 cris
Silence G1 : ne pas répondre 5 G1 :G2 : ne pas répondre 3 5 ne pas répondre

G2 : 3

Manque d’échanges G1 : ne pas regarder 9 G1 :G2 ne pas regarder 4 9

G3 ne pas regarder 2 ne pas regarder

G2 : 4

G3 : 2

Tableau 24 : Distri buti on détaill ée de s ex e mple s de c omporte me nt s c oopér ants et non coopé rant s dans les gr oupes

VI.2.1.2 Les résultats de l’observation selon l’échelle de Frankl

Les résultats de l’observation du comportement de l’enfant faite selon l’échelle de Frankl montrent une tendance au comportement positif dans la totalité des groupes (41 patients entre + et ++), vu que sept enfants seulement présentent un comportement négatif ou définitivement négatif (Groupe 1 : 2 -; Groupe 2 : 1 –, 3 -; Groupe 3 : 1 –)(Cf. Tableaux 25 et 26). Entre les groupes, nous observons un équilibre au niveau des catégories de comportement de Frankl.

Les facteurs en rapport avec chaque groupe seront ici décrits, mais nous devrons toujours considérer les éléments relevés au moyen des autres outils de recherche : les vidéos et les entretiens, ce qui sera mieux développé dans le chapitre VII (Discussion).

Les résultats apparaissent, en général, dans un équilibre qui reste prédominant (Cf. Tableau 28). Si on considère la variable sexe des enfants, nous pouvons faire mention du fait que, dans la totalité, les garçons ont présenté des conditions plus favorables aux soins vu que 2 seulement (les deux dans le groupe 2) ont montré des caractéristiques négatives, hostiles à la collaboration telles que :

1. le manque d’échanges (verbaux et non-verbaux) avec le dentiste
2. les mouvements brusques empêchant la continuité des soins
3. les pleurs et les cris
4. une réponse assez réduite, voire nulle aux demandes du dentiste ou du parent
5. la nécessité d’être tenu par quelqu’un pour que se poursuivent les procédures de soin

Garçons Filles Total
Groupe 1 6+ 2++ 2- 3+ 3++ 2 – 9+ 5++
Groupe 2 1– 1- 4+ 4++ 2- 3+ 1++ 1 — 3 – 7+ 5++
Groupe 3 4+ 1++ 1– 5+ 5++ 1 — 9+ 6++

Tableau 25: Distri buti on des c ompor te me nt s ét udié s dans les gr oupe s sel on l’é c hell e de Fr ankl e n foncti on du sex e des e nf ants

Garçons/Filles Groupes Total
Comportementdéfinitivement négatif 1/1 1g dans le G2 et 1f dans le G3 2 —
Comportement négatif ¼ 1g dans le G2 /2f dans le G1 et 2f dans le G2 5-
Comportement positif 14/11 6g dans le G1, 4g dans le G2 et 4g dans le G3/ 3f dans 25+le G1, 3f dans le G2 et 5f dans le G3
Comportementdéfinitivement positif 7/9 2g dans le G1, 4g dans le G2 et 1g dans le G3/ 3f dans 16++le G1, 1f dans le G2 et 5f dans le G3
Total 23/25 G1 : 8g/8f G2 : 10g/6f G3 : 5g/11f 48

g = garçon/ f = fille

Tableau 26 : Di stri buti on détaill ée de s co mport e ment s ét udi és sel on l’ éc helle de Fr ankl qui pr e nd le sex e en c onsi dér ati on

Nous ne pouvons pas nier que, dans la totalité, le nombre des filles dépasse celui des garçons (25/23), et 20 filles (contre 21 garçons) présentent un comportement de caractère positif- dont 9 sont définitivement positifs (contre 7 garçons) ce qui montre l’équilibre existant parmi les patients et le fait qu’il n’existe pas de différence significative due au sexe.

Au niveau des groupes, il est facile de constater, à partir des données du tableau 25 que les patients du groupe 1 et 3 ont un comportement plutôt positif.

Les patients du groupe 1 dévoilent un aspect intéressant : neuf des seize enfants n’étaient jamais allés chez le dentiste et pourtant, selon l’échelle de Frankl, ils ont eu un comportement assez positif face à la situation de soins (9 +, 5 ++). Si les enfants au comportement positif (+) montraient un peu de peur ou bien un manque d’échanges, leur intérêt ou leurs motifs de collaboration n’en étaient que plus remarquables.

A titre d’illustration, parmi les patients au comportement très collaborateur (++), un patient (garçon) peut être étudié en détail, vu le caractère très spécial de son attitude : il bougeait beaucoup, il se montrait d’une certaine façon très anxieux, mais pendant les soins, il obéissait, il manifestait de l’intérêt et il se comportait en général de façon sympathique, participative, avec des interactions et des échanges verbaux et non-verbaux avec le dentiste.

Pour le groupe 2, les types de comportement ont été un peu plus distribués (5++, 7+, 3-, 1- -) et nous avons au total quatre patients au comportement moins collaborateur que les autres.

D’ailleurs, cette distribution des comportements ne passe pas inaperçue, mais nous ne pouvons pas non plus ne pas citer 7 enfants de ce groupe ayant un comportement positif (+) qui présentent

cependant des caractéristiques négatives (manque d’échanges; silence; expressions sérieuse, triste, contrainte, expression d’anxiété, d’inquiétude; mouvements brusques comme bouger beaucoup sur le fauteuil; fatigue ) sans que cela empêche le résultat positif surtout en raison de la réponse immédiate aux demandes du dentiste et/ou du parent.

Dans le groupe 3, un seul enfant montre un comportement absolument négatif et tous les autres (15, dont 9+ et 6++) présentent des comportements positivement coopératifs lors des soins.

Avec l’aide de l’échelle de Frankl, nous avons pu procéder à une vérification plus simplifiée du rapport entre les réactions de l’enfant et le type de soins réalisé (Cf. Tableau 27). Etant donné que la plupart de ces enfants n’étaient jamais allés chez le dentiste, ou que ces consultations faisaient partie de leurs premières visites dentaires, pour rechercher un bon conditionnement, le choix s’est porté sur des procédures plus simples.

Néanmoins, deux enfants (2 filles) ont présenté des comportements négatifs (-) face à des procédures assez simples (prévention et examen clinique), ce qui peut indiquer que d’autres raisons sont à l’origine de l’anxiété (dans ce cas, nous constatons, à partir des résultats vidéo et de l’entretien, la peur de l’inconnu chez les deux filles et la peur des aiguilles chez une fille) et nous voulons ici mettre en relief les possibles croyances et rumeurs colportées à propos de la situation de soins dentaires, vu que ces deux filles n’étaient jamais allées chez le dentiste.

Comportement++ Comportement+ Comportement- Comportement Total- –
Groupe 1 Restauration 2(1f/1g)

Prévention * 3 (2f/1g)

Restauration 1 (1g)Examen clinique 1 (1g) Prévention 2 (2g)

Ex. clinique + prévention 5 (3f/2g)

Examen clinique 1 (1f)Prévention 1 (1f) 5++9+

2 –

Groupe 2 Ex. clinique 2 (2g)Restauration 2 (2g) Exodontie 1 (1f) Ex. clinique 3 (1f/2g)Prévention 1 (1g)

Prévention + Restauration 3 (1f/2g)

Ex. clinique + prévention1 (1f) Exodontie 2 (1f/1g) Exodontie 1 5++(1g) 7+

3 –

1 – –

Groupe 3 Ex. clinique 2 (2f) Prévention 3 (2f/ 1g) Restauration + Fluor1 (1f) Restauration 6 (4f/2g) Exodontie 2 (1f/1g) Chirurgie 1 (1g) Exodontie 1 (1f) 6++9+

1 – –

*(comment se brosser, application topique de fluor, recommandations)

g = garçon/ f = fille

Tableau 27 : Co mporte me nt s ét udiés sel on Fr ankl c or re spondant aux soins r éali sés chez l es e nf ants

Le groupe 2 présente quatre patients ayant un comportement moins collaborateur vis à vis des soins dentaires que les autres, et nous pouvons confirmer l’influence des expériences médicales antérieures dans le contexte dentaire de ces enfants. Encore une fois, nous rappelons l’équilibre des résultats, mais nous ne pouvons pas non plus ne pas préciser que 7 enfants ont un comportement positif avec des caractéristiques négatives (manque d’échanges; silence; expression sérieuse, triste, contrainte, expression d’anxiété, d’inquiétude; mouvements brusques comme s’agiter sur le fauteuil; fatigue;) et que cela n’empêche pas le résultat positif de l’étude de comportement, surtout au vu de la réponse immédiate aux demandes du dentiste et/ou du parent.

Le type de soin réalisé chez les enfants de ce groupe montre un rapport intéressant avec leur comportement. Tout d’abord, rappelons le fait que ces enfants ont tous déjà eu affaire au dentiste auparavant, surtout pendant le traitement oncologique, et dans la recherche, sur neuf enfants ayant été soumis à des procédures moins simples telles que des restaurations de dents (où il faut utiliser la roulette, parfois faire une anesthésie) et des exodonties, seuls 4 (1g –; 1g -; 2f –) ont présenté un comportement négatif.

L’hypothèse de la remontée de mauvais souvenirs laissés par un traitement oncologique antérieur, lors des soins dentaires, est confirmée et la peur des aiguilles, de la douleur, de l’ambiance hospitalière et du dentiste est plus forte que l’habitude que ces enfants devraient avoir des soins médico-dentaire. Là encore, il faut préciser que quelques enfants montrent des caractéristiques ambiguës et, malgré les sourires, les bonnes réponses aux demandes initiales, les échanges verbaux et non-verbaux positifs avec le dentiste, quand arrivait le moment où l’enfant comprenait qu’il pouvait avoir mal, le comportement devenait systématiquement négatif. Comme nous avons pu le remarquer jusqu’ici, chez certains enfants, nous avons pu constater que le contraire est également vrai et, à part la présence de caractéristiques assez fermées, moins interactives et des signes de timidité, le patient se montrait collaborateur la plupart du temps.

Dans le groupe 3, même si un seul enfant montre un comportement définitivement négatif, la grande majorité des comportements positifs dans ce groupe (15, dont 9+ et 6++) l’emporte sur l’aspect négatif du comportement de ce patient. Ajoutons que, pour le groupe 3, la complexité du type de soins semble être parfois en contradiction avec le comportement puisque dans trois cas (1 fille et 1 garçon passant par une exodontie et 1 garçon ayant subi une chirurgie dans la bouche), nous vérifions d’une façon vraiment marquante des caractéristiques de coopération surpassant les aspects négatifs courants dans ce type de soins, tels que les pleurs, les mouvements brusques et expressions de contrainte, de tristesse et d’anxiété. Ce qui peut s’expliquer par un conditionnement positif du comportement de ces patients lors des soins, tous ayant déjà connu la visite dentaire, la plupart, dès leurs premières années de vie.

Comportement++ Comportement+ Comportement- Comportement Total- –
Groupe 1 5 9 2 5++9+

2 –

Groupe 2 5 7 3 1 5++7+

3 –

1 – –

Groupe 3 6 9 1 6 ++9+

1- –

Tableau 28: Distribution générale des comportements

Lire le mémoire complet ==> (Les facteurs psychologiques impliqués lors des soins dentaires aux enfants brésiliens )
Thèse de doctorat en psychopathologie et psychologie clinique – Ecole Doctorale Cognition, Langage, Interaction
Université PARIS 8- VINCENNES-SAINT-DENIS